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Interview Du Secrétaire D’état Rex Tillerson Par Chuck Todd, De Meet The Press

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INTERVIEW DU SECRÉTAIRE D’ÉTAT REX TILLERSON
PAR CHUCK TODD, DE MEET THE PRESS

Le 14 mai 2017

QUESTION : Hier je me suis entretenu avec le secrétaire d’Etat Rex Tillerson, et j’ai commencé en lui demandant s’il était d’accord avec le président quand il qualifie l’enquête russe de « fausses nouvelles » et de chasse aux sorcières.

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, Chuck, le président a clairement fait comprendre, je crois, qu’il était important de renouer les liens avec la Russie. Les relations avec la Russie, telles qu’il les a décrites et comme je les ai également décrites, sont selon moi au niveau le plus bas depuis la fin de la guerre froide, avec un très faible niveau de confiance. Je pense que le monde – et c’est dans l’intérêt du peuple américain, c’est dans l’intérêt de la Russie et du reste du monde, que nous fassions quelque chose pour voir si l’on peut améliorer les relations entre les deux plus grandes puissances nucléaires au monde. Le président est donc, je crois, au moins engagé à faire un effort dans ce domaine, et il m’a aussi demandé, il est vrai, de faire un effort important.

QUESTION : Je comprends, oui. Mais regardez ce qui s’est passé dans les nations d’Europe de l’Ouest – en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie – des accusations d’ingérence russe dans le processus démocratique. Quel message cela envoie-t-il à ces pays-là, si leur allié numéro un, les États-Unis, le président, a renvoyé l’homme à la tête de l’agence qui enquêtait sur le problème en question – l’ingérence russe dans la démocratie ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, Chuck, ce que j’entends des dirigeants d’autres nations, en Europe et au-delà – et le sujet de la Russie revient dans toutes nos conversations – c’est que toutes les autres nations veulent que les États-Unis et la Russie travaillent à l’amélioration de nos relations, pour toutes les raisons que je viens de mentionner.

Je pense qu’en grande partie, cela est perçu comme quelque chose de malsain pour le monde, ce n’est certainement pas sain pour nous, pour le peuple américain, pour nos intérêts de sécurité nationale, que cette relation demeure à ce faible niveau. Reste à voir si nous pouvons l’améliorer ou non. Ça va prendre un certain temps. Ça va être un travail difficile. Mais je pense que le président s’est engagé, à juste titre, et je m’engage aussi avec lui, à voir si nous ne pouvons pas faire quelque chose qui nous permette d’être en meilleurs termes en ce qui concerne nos relations avec la Russie.

QUESTION : Est-il possible d’être en meilleurs termes avec eux si vous n’abordez pas cette question de l’ingérence russe ? Je veux dire, votre homologue, le ministre russe des Affaires étrangères, M. Lavrov, a dit que vous n’aviez même pas encore discuté de cette question de l’ingérence russe dans notre élection parce que, comme il l’a dit, le – le président Trump lui-même a dit que c’était de « fausses nouvelles », et donc que ce n’était pas un problème. Pourquoi n’avoir pas abordé la question avec eux ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, Chuck, je pense que nous avons un éventail tellement large de questions importantes qui doivent être abordées dans les relations entre les États-Unis et la Russie. De toute évidence, l’ingérence dans l’élection en fait partie. Je pense que tout ça est bien documenté. C’est plutôt bien compris – la nature de cette ingérence ici et ailleurs. Et ce ne sont pas de nouvelles tactiques de la part du gouvernement russe, dirigées non seulement contre nous mais envers d’autres. Mais encore une fois, je pense que nous devons examiner cette relation dans son contexte plus global, et il y a beaucoup, beaucoup de domaines importants qui nécessitent notre attention si nous voulons revenir à une relation que nous croyons indispensable pour la sécurité des États-Unis.

QUESTION : Monsieur le secrétaire, pardon, mais ceci est fondamental. Ils ont entravé notre démocratie. Je ne comprends pas comment ce problème n’est pas un problème majeur que vous auriez dû adresser avant de commencer une nouvelle page blanche, essentiellement. Vous ne pouvez pas commencer une nouvelle page blanche jusqu’à ce qu’ils assument la responsabilité de ce qu’ils ont fait, ou qu’on les punisse de manière à ce qu’ils ne recommencent plus.

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, Chuck, je pense qu’il est important de comprendre que nous n’essayons pas de commencer une nouvelle page blanche. Je pense que dire qu’on peut tout reprendre à zéro est un leurre. On ne peut pas tout reprendre à zéro. On ne peut pas effacer le passé. On ne peut pas commencer une nouvelle page blanche, et nous n’essayons pas de le faire.
On commence là où on en est, et avec tous les problèmes que cela implique. On n’en écarte pas un. On ne permet pas à quiconque de s’en tirer sans conséquences. Ces problèmes font intégralement partie de la nature des discussions que nous allons avoir avec les Russes – et oui, il y a un grand nombre de questions que l’on doit aborder et adresser afin de renouer cette relation, si toutefois c’est possible.

QUESTION : Pendant vos audiences de confirmation, vous avez été très clair sur le fait que vous – que vous n’aviez pas – de toute évidence, que vous n’aviez pas été informé des rapports de renseignement selon lesquels 17 organismes différents étaient arrivés à la conclusion que les Russes avaient essayé de s’immiscer dans cette élection. Évidemment, il y a une enquête en cours pour déterminer s’il y a eu une quelconque collusion dans cette ingérence.
Depuis que vous êtes devenu secrétaire d’État en février, avez-vous été informé sur la question ? Avez-vous vu ces rapports de renseignement désormais ? Est-ce qu’il est bien clair dans votre esprit que c’est un fait avéré que les Russes ont interféré dans notre élection ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : J’ai vu les rapports de nos services de renseignement, Chuck. Et oui, je ne pense pas qu’il y ait le moindre doute que les Russes aient joué un rôle dans notre processus électoral. Mais encore une fois, ces rapports de renseignement ont également indiqué que les effets de ce rôle, s’il était avéré, n’étaient pas concluants.

QUESTION : Je comprends bien l’impact. Mais le fait qu’ils soient intervenus – quelles – quelles répercussions envisagez-vous désormais ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, cela s’inscrit juste dans cet ensemble plus vaste de conversations, Chuck. Et je pense que l’impact réel est qu’encore une fois, cela vient saper la confiance entre les États-Unis et la Russie. Et comme je l’ai dit, et comme le président l’a dit, nous sommes juste à un très, très faible niveau de confiance entre nos deux pays à l’heure actuelle. Ce que nous explorons, donc, c’est la manière dont nous pouvons entamer un processus de rétablissement de cette confiance, pour au final, aborder l’ensemble de ces questions.

QUESTION : J’aimerais vous donner l’opportunité de répondre à un éditorial que le sénateur John McCain a écrit, où il a évoqué votre nom, Monsieur. Il a dit, je cite : « Dans un récent discours aux employés du département d’État, le secrétaire d’État Rex Tillerson a dit, ‘Baser trop largement notre politique étrangère sur des valeurs crée des obstacles à l’avancement de notre intérêt national.’ » McCain continue et écrit, « Avec ces mots, le secrétaire Tillerson a envoyé un message aux peuples opprimés partout dans le monde : ‘ne regardez pas les États-Unis avec espoir. Nos valeurs nous rendent sympathiques à votre sort, et lorsque cela nous arrangera, nous pourrions officiellement exprimer cette sympathie.’ »
Des mots assez durs de la part du sénateur McCain. Qu’avez-vous à y répondre ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, tout d’abord, je dirais que si n’importe qui a gagné le droit d’exprimer son point de vue, c’est bien le sénateur McCain, pour qui j’ai beaucoup de respect.
Je pense que ce que j’essayais de dire, Chuck, dans ce message aux employés du département d’État, et c’est un message très important à comprendre, c’est que les valeurs des États-Unis concernant la liberté, le traitement des personnes, la dignité humaine, la liberté d’expression dans le monde entier – ce sont nos valeurs. Ce sont des valeurs immuables. Elles font partie de tout ce que nous faisons. Et d’ailleurs, elles nous servent de point de repère et de limites dans l’élaboration de nos approches de politique étrangère et de nos efforts diplomatiques.
Mais je fais une distinction entre les valeurs et la politique. Une politique doit être adaptée à chaque situation, à chaque pays, à sa situation, aux questions plus vastes auxquelles nous faisons face pour faire avancer nos intérêts de sécurité nationale, nos intérêts économiques nationaux. Et les politiques doivent donc se montrer adaptables ; elles doivent changer ; elles doivent s’adapter à ces conditions. Mais nos valeurs ne peuvent jamais changer. Nos valeurs ne peuvent jamais être mises dans une position ou elles seraient compromises. Et c’est donc les valeurs qui guident notre politique ; mais si nous mettons nos valeurs au-devant de nos politiques et que nous affirmons qu’il s’agit de notre politique, il ne reste aucune place pour nous adapter à l’évolution de la situation pour atteindre notre objectif ultime. Et je pense que si nous réussissons à atteindre nos objectifs ultimes en termes de diplomatie et de sécurité nationale, nous réussirons à créer les conditions pour la promotion de la liberté dans les pays du monde entier.

QUESTION : Monsieur le secrétaire Tillerson, je sais que vous êtes occupé, que vous devez partir, que vous avez ce grand voyage qui vous attend. Merci de nous avoir consacré de votre temps. Nous vous en sommes reconnaissants.

SECRÉTAIRE TILLERSON : Merci, Chuck. Et je voudrais souhaiter à toutes les mères une bonne fête des mères, plus particulièrement à ma mère, à ma femme et à mes deux belles-filles, les mères de mes petits-enfants. Je vous remercie, Chuck.

QUESTION : Un grand message à faire passer. Merci, Monsieur.

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Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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