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Déclaration de la délégation du gouvernement des États-Unis au sommet 2017 sur la solidarité pour les réfugiés en Ouganda

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Par l’ambassadrice des États-Unis en Ouganda, Deborah R. Malac
Le 23 juin 2017

 
 

La situation des réfugiés en Ouganda a atteint les proportions d’une crise. Afin de prévenir un désastre humanitaire de plus grande ampleur, les actions des autorités ougandaises et de la communauté internationale doivent s’attaquer à trois aspects qui se regroupent. Premièrement, nous devons tous ensemble répondre aux besoins des réfugiés eux-mêmes pour qu’ils puissent vivre en sécurité et dans la dignité. Deuxièmement, nous devons répondre aux besoins des communautés locales qui les accueillent pour augmenter leur capacité de résistance face à cette situation. Enfin, nous devons faire cesser le principal facteur de cet afflux de réfugiés : le conflit en cours au Soudan du Sud, qui a poussé au déplacement des millions de personnes, dont des centaines de milliers sont venues chercher refuge en Ouganda.

Les États-Unis ont joué un rôle prépondérant pour répondre aux crises liées aux réfugiés affectant la région. Notre pays est le premier donateur individuel dans les régions touchées d’Ouganda ; suite à la détérioration des conditions dans ces zones, nos contributions ont même augmenté de manière significative. Depuis octobre 2016, nous avons fourni près de 154 millions de dollars pour l’assistance humanitaire, dont les 57,4 millions de dollars annoncés par le président Trump le 24 mai dernier. Notre financement soutient des actions d’urgence susceptibles de sauver des vies, comme la protection infantile, la nourriture, le logement, les soins de santé, l’accès à l’eau potable et le soutien aux rescapées de violences basées sur le genre. Cette aide vient compléter les importantes actions de développement que nous avons menées pendant des années partout en Ouganda, augmentant ainsi la capacité de résistance et de subsistance des populations locales. Les États-Unis resteront fidèles à leur engagement de fournir une aide de ce type et prévoient d’ailleurs des moyens d’assistance supplémentaires au cours des prochains mois.

Mais l’augmentation des besoins de la population réfugiée en Ouganda exigera encore davantage de ressources et d’engagements, à la fois de la part du gouvernement ougandais et de celle de la communauté internationale. Les autorités ougandaises ont montré la voie dans leur façon de s’occuper des réfugiés, mais étant donné que ce nombre a explosé, elles doivent désormais en faire davantage pour les protéger. Le gouvernement doit notamment poster davantage de personnel de sécurité dans les zones de campement, où l’on rapporte de plus en plus d’actes de violence, en particulier envers les femmes.

Il revient également à la communauté internationale d’en faire davantage pour améliorer la situation, notamment de la part des donateurs qui ne s’occupent pas de crises humanitaires habituellement. En effet, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et le Programme alimentaire mondial font face à des manques de financement pour l’année à venir. L’aide humanitaire a bien du mal à répondre aux besoins croissants, en grande partie à cause des besoins financiers qui ne sont pas satisfaits.

En Ouganda, un modèle de campements unique en son genre permet aux réfugiés de conserver leur dignité et leur indépendance. Mais il présente aussi des problèmes tout aussi uniques.  Les campements ont été conçus pour favoriser l’ouverture et la liberté de déplacement, précieuses au regard de la dignité humaine et de l’autosuffisance, mais la topographie et l’étendue du terrain, ainsi que la logistique nécessaire, représentent un défi pour assurer la sécurité et les secours. Nous devons en faire davantage pour surmonter ces obstacles et pour permettre le lien entre la réponse humanitaire et les programmes de développement, afin de répondre au mieux aux demandes et aspirations aussi bien des communautés hôtes que des populations réfugiées. Soutenir de tels efforts est d’ailleurs indispensable pour maintenir la stabilité interne de l’Ouganda.

Les États-Unis reconnaissent l’importance de tels liens ; d’ailleurs, nos programmes s’orientent déjà dans cette direction. Notre soutien aux centres de santé à Arua et Hoima permet de réduire le nombre de cas de tuberculose et de transmissions du VIH de la mère à l’enfant. L’accès à la santé s’est amélioré grâce à l’extension des soins de base vers des zones qui n’étaient pas couvertes auparavant. Nos programmes aident aussi à protéger près de deux millions de personnes du paludisme. Nous avons formé des milliers d’enseignants et fourni des livres à des centaines d’écoles. Les programmes agricoles financés par les États-Unis améliorent les moyens d’existence et l’accès aux produits du marché, tout en réduisant la précarité alimentaire. Nous renforçons les capacités du gouvernement local à fournir des services et à gérer les conflits. Chacun de ces efforts, qu’ils soient financés par nos équipes de l’humanitaire ou du développement, permet l’intégration des réfugiés dans les communautés locales, répondant ainsi aux besoins des deux populations et créant ainsi une société et un pays plus forts, plus sains et plus résistants.

Tout en soutenant la mise en œuvre par le gouvernement ougandais du Cadre d’action global pour les réfugiés, ne sous-estimons pas l’importance de la responsabilité et de la transparence. Des millions de vies dépendent de cette aide humanitaire. C’est pourquoi nous appelons tous les acteurs impliqués, les donateurs, les ONG, les organisations internationales, le gouvernement ougandais, à s’engager à être pleinement responsables et transparents lors de la réalisation de ce travail d’une importance capitale.

Je conclurai en disant qu’on ne pourra jamais résoudre la crise des réfugiés en Ouganda à moins de trouver une solution politique durable au conflit du Soudan du Sud. L’Ouganda, la république démocratique du Congo, l’Éthiopie, le Soudan, le Kenya et la communauté internationale ne peuvent supporter indéfiniment cette charge, causée par la réticence des acteurs impliqués au Soudan du Sud à cesser les violences. Nous soutenons les actions des voisins influents du Soudan du Sud, qui se sont unis en une position commune, exigeant le cessez-le-feu et le retour à un processus politique ouvert, en faisant pression sur les parties qui poussent à la violence, y compris le gouvernement du Soudan du Sud. Il n’existe aucune solution militaire à ce conflit. Le gouvernement du Soudan du Sud et l’opposition sud-soudanaise doivent, l’un comme l’autre, mettre fin aux violences contre leur peuple et reprendre les négociations. Les points clés de l’accord de 2015 sur la résolution de la crise du Soudan du Sud, et notamment le cessez-le-feu, le partage du pouvoir, les réformes et la justice transitionnelle, peuvent fournir une voie vers la paix. Nous encourageons les partenaires de l’IGAD à organiser rapidement un forum de redynamisation, comme le mentionnait l’IGAD dans un communiqué du 12 juin, pour réunir les parties belligérantes autour de la table des négociations. De même, nous exhortons les acteurs régionaux à user de leur influence au Soudan du Sud pour instaurer une paix durable. Nous ne pouvons accepter ce statu quo plus longtemps. Quatre millions de Sud-Soudanais déplacés, y compris près d’un million vivant actuellement en Ouganda, méritent mieux que cela. Si des actions urgentes ne sont pas prises, des centaines de milliers d’autres réfugiés se joindront aux campements que nous connaissons aujourd’hui.

Ce sommet ne doit pas marquer la fin de nos efforts communs pour résoudre la crise des réfugiés en Ouganda. Il doit au contraire être le début d’un engagement renouvelé de la communauté internationale pour ramener la paix, établir la sécurité et permettre un espoir nouveau pour plus d’un million de réfugiés aspirant à une vie sans persécutions.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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