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Point de presse du secrétaire d’État Rex Tillerson et du secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, au sujet des rencontres du président lors du G20

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La Maison-Blanche
Bureau du porte-parole
Pour diffusion immédiate
Le 7 juillet 2017
Hambourg, Allemagne

LE SECRÉTAIRE MNUCHIN : Bonjour tout le monde. Je souhaitais simplement présenter quelques points brièvement, puis le secrétaire Tillerson prendra le relais, et ensuite, nous répondrons tous les deux à quelques questions.

Mais le président Trump vient de passer quelques journées très chargées de sens. Je pense que vous le savez, nous étions en Pologne mercredi. Là-bas, il a rencontré 12 dirigeants. Nous avons participé à des réunions bilatérales avec la Croatie et la Pologne, ainsi qu’à une réunion avec 10 autres dirigeants de la conférence des « Trois mers » où nous avons abordé la question de l’énergie, et plus particulièrement l’importance des marchés énergétiques et celle d’un approvisionnement en énergie indépendant, ainsi que des infrastructures et des débouchés là-bas. Comme vous le savez sûrement, le discours, qui s’inscrit dans le cadre de notre thème de « l’Amérique d’abord mais pas seule », a été particulièrement bien reçu.

Puis, depuis son arrivée ici, le président a déjà eu de très importantes rencontres dans le cadre du G20. Hier, nous avons eu l’occasion de rencontrer la chancelière Angela Merkel et son équipe. La réunion a été très, très productive, et placée sous le signe de l’amitié. Il existe très clairement un grand nombre de domaines sur lesquels collaborer. Nous avons soulevé les questions économiques, et celle des échanges commerciaux. Nous avons participé à un dîner de travail très productif hier soir, le secrétaire Tillerson, le général McMaster et moi-même, aux côtés du président Moon Jae-in et du Premier ministre Abe et de leurs équipes, où nous avons discuté de l’importance de la situation en Corée du Nord et des problèmes qui s’y rapportent. Et ensuite, aujourd’hui, nous avons déjà participé à plusieurs réunions bilatérales, six autres étant prévues pour demain.

Le président a également participé aujourd’hui à une session d’une grande importance sur les échanges commerciaux et à une session tout aussi importante sur l’environnement et l’économie. Je dirais, de manière générale, que nos réunions sur les thèmes économiques ont été très productives. Des questions de fonds ont été abordées. La problématique de la Corée du Nord a fait l’objet d’intenses discussions, à savoir l’intensification des actions de la Corée du Nord.

Et sur ce, je souhaiterais passer la parole au secrétaire Tillerson pour qu’il vous parle de ses réunions, et ensuite, nous répondrons à quelques questions.

LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Merci, Steve, et merci d’être restés avec nous si tard ce soir.

Le président Trump et le président Poutine ont passé deux heures et quinze minutes en tête-à-tête, ici, en marge du G20 cet après-midi. Les deux chefs d’État ont échangé leurs points de vue sur la nature actuelle et future de la relation entre les États-Unis et la Russie.

Ils ont parlé des progrès d’importance réalisés en Syrie et je pense que vous avez tous pris connaissance du dernier développement, à savoir l’accord et le mémorandum sur la désescalade du conflit conclus par les États-Unis, la Russie et la Jordanie, pour une large zone du sud-ouest de la Syrie qui met en péril la sécurité de la Jordanie, et qui constitue également une zone particulièrement complexe du champs de bataille syrien.

Cette zone de désescalade du conflit a fait l’objet d’un accord, il s’agit d’un accord qui définit clairement qui devra sécuriser cette zone. Un cessez-le-feu a été déclaré. Et c’est, à mon sens, le premier signe qui montre que les États-Unis et la Russie sont en mesure de travailler ensemble en Syrie. Et de ce fait, nous avons longuement parlé des autres zones de Syrie dans lesquelles nous pouvons continuer à travailler ensemble pour une désescalade de la violence une fois que nous aurons vaincu Daech, et dans lesquelles nous travaillons ensemble sur l’élaboration d’un processus politique qui sécurisera l’avenir du peuple syrien.

De ce fait, à la demande du président Poutine, les États-Unis ont nommé, et je pense que vous  avez déjà vu l’annonce, un représentant spécial pour l’Ukraine, l’ambassadeur Kurt Volker. L’ambassadeur Volker est fort de dizaines d’années d’expérience au sein du corps diplomatique des Etats-Unis, aussi bien en tant que représentant auprès de l’OTAN qu’en tant que nommé politique permanent.

Les deux dirigeants ont également reconnu les défis posés par les cyber menaces et par l’ingérence dans les processus démocratiques des États-Unis et d’autres pays, et se sont accordés à réfléchir à la création d’un cadre autour duquel les deux pays pourront travailler ensemble afin de mieux comprendre comment prendre en charge ces cyber menaces, aussi bien en ce qui concerne les outils utilisés pour l’ingérence dans les affaires internes des pays, qu’en ce qui concerne la manière dont ces outils sont utilisés pour menacer les infrastructures et également à des fins terroristes.

Le premier sujet abordé par le président lors de sa rencontre avec le président Poutine a été les préoccupations du peuple américain concernant l’ingérence russe dans les élections de 2016. Les échanges sur ce point ont été vigoureux et ont duré longtemps. Le président a insisté à plusieurs reprises auprès du président Poutine sur l’implication de la Russie. Le président Poutine a nié toute implication, comme je pense qu’il a fait par le passé.

Les deux chefs d’État se sont toutefois accordés sur le fait qu’il s’agissait d’un obstacle considérable quant à la capacité pour les relations entre la Russie et les États-Unis d’aller de l’avant et ils ont décidé d’échanger davantage de travaux sur la question des engagements en matière de non-ingérence dans les affaires des États-Unis et leur processus démocratique, ainsi que dans celles d’autres pays. Les travaux se poursuivront sur ce point.

Je serais ravi de répondre à vos questions. Qui veut jouer le rôle de l’arbitre, Sean ?

QUESTION : M. le secrétaire, Nick Waters, pour Bloomberg News. Pouvez-vous nous dire si le président Trump a indiqué qu’il y aurait des conséquences pour la Russie du fait de son ingérence dans les élections aux États-Unis ? A-t-il donné des détails sur les conséquences auxquelles la Russie ferait face ? Et une autre question, sur le cessez-le-feu en Syrie, quand rentrera-t-il en vigueur ? Et qu’est-ce qui vous fait croire que le cessez-le-feu sera respecté cette fois-ci, alors que les accords de cessez-le-feu antérieurs entre les États-Unis et la Russie ont échoué ?

LE SECRÉTAIRE TILLERSON : En ce qui concerne l’ingérence dans les élections, je pense que le président a pris note des actes qui ont fait l’objet de discussions au Congrès. Plus récemment, des sanctions supplémentaires adoptées par le Sénat montrent à quel point la situation est sérieuse. Mais je pense que ce sur quoi les deux présidents se sont concentrés, à juste titre, à mon sens, est la manière dont nous pouvons avancer, la manière d’avancer à partir de là. Parce qu’il n’est pas évident, selon moi, que nous arrivions un jour à une résolution de cette question entre les deux pays sur laquelle ils s’accordent.

Alors, la question est, que faisons-nous maintenant ? Et je pense que la relation, et le président l’a aussi clairement exprimé, est trop importante ; elle est trop importante pour qu’on ne puisse pas trouver de moyen d’avancer. Loin de moi l’idée d’écarter cet enjeu de quelque manière que ce soit ; je ne voudrais pas vous donner cette impression. Et c’est pourquoi nous avons accepté de poursuivre nos discussions sur la manière d’obtenir un engagement de la part du gouvernement russe, qui fasse état qu’il n’a aucunement l’intention, à l’avenir, de s’immiscer dans nos affaires, ou dans celles d’autres pays, et qu’il ne le fera pas, ainsi que sur la manière de créer un cadre dans lequel nous disposons d’une certaine capacité d’évaluation de la situation dans le cyber monde et de qui doit être tenu pour responsable. Et cela est bien évidemment une question qui dépasse de loin les États-Unis et la Russie, mais nous voyons très certainement la manifestation de cette menace dans les événements qui ont marqué l’an passé.

Je pense donc, encore une fois, que les présidents se sont concentrés à juste titre sur la manière de passer outre ce qui peut constituer un désaccord difficile à résoudre à ce stade.

En ce qui concerne le cessez-le-feu en Syrie, je dirais que ce qui peut différer cette fois-ci, à mon sens, c’est le niveau d’engagement de la part du gouvernement russe. Ils voient la situation en Syrie comme une transition suite à la défaite de Daech, défaite qui progresse rapidement, comme vous le savez. Et c’est ce qui est vraiment à l’origine de cette discussion avec eux, à savoir que faire pour stabiliser la Syrie, une fois gagnée la guerre contre Daech.

Et, je pense, que la Russie a tout intérêt aussi à voir la Syrie devenir une zone stable et unifiée, et, à terme, un endroit où nous pourrons faciliter le dialogue politique quant à son avenir, y compris l’avenir de son leadership.

Je pense donc que c’est en partie pourquoi nous… et encore une fois, nous verrons ce qu’il adviendra quant à la capacité de maintenir le cessez-le-feu. Mais je pense que ce qui diffère, en partie, est notre position par rapport à la guerre contre Daech, et notre position, je crois, concernant l’opposition quant à sa force au sein du pays, et le régime en lui-même.

À bien des égards, les gens en ont assez. Ils se lassent du conflit. Et je pense que nous avons l’opportunité, nous l’espérons, de créer les bonnes conditions dans cette zone, et le sud est, selon moi, la première preuve de notre réussite. Nous espérons pouvoir reproduire cela ailleurs.

SPICER : Abby.

QUESTION : M. le secrétaire, vous avez parlé, quand vous évoquiez le cessez-le-feu, de l’existence d’informations détaillées sur qui serait en charge de le faire respecter. Pouvez-vous nous donner davantage d’informations sur les conclusions auxquelles vous êtes arrivés ? Et vous avez parlé de qui serait à la tête de la Syrie à l’avenir. Pensez-vous toujours qu’Assad n’a pas de rôle à jouer dans ce gouvernement ?

LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Pour ce qui est des rôles spécifiques en particulier pour les forces de sécurité sur le terrain, je vais vous demander d’attendre, parce que d’autres réunions sont prévues à ce sujet. Je pense que vous savez que cet accord a été conclu entre la Jordanie, les États-Unis et la Russie. Et nous sommes… nous avons une idée très claire de quel pays offrira ses forces de sécurité mais il nous reste encore quelques détails à régler. Et si vous me le permettez, je souhaiterais vous demander d’attendre que tout soit réglé.

Je pense que tout sera réglé d’ici… dans moins d’une semaine. Les négociations sont en cours et très actives.

Quelle était votre deuxième question déjà ?

QUESTION : Est-ce que le gouvernement américain pense toujours qu’Assad n’a pas de rôle à jouer au sein du futur gouvernement syrien ?

LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Oui, notre position continue d’être que nous ne voyons pas de rôle pour la famille ou le régime Assad sur le long terme. Et nous avons exprimé cela de manière claire pour tous… nous l’avons très certainement dit clairement à la Russie… que nous ne pensons pas que la Syrie peut être reconnue sur le plan international à l’avenir. Même si un processus politique était couronné de succès, la communauté internationale n’acceptera tout simplement pas une Syrie avec le régime Assad à sa tête.

Et donc, pour que la Syrie puisse être acceptée et avoir un avenir sûr, aussi bien sur le plan sécuritaire qu’économique, cela exige d’autres dirigeants à sa tête. Nous pensons qu’il sera difficile pour la Syrie d’attirer l’aide humanitaire et l’assistance en matière de reconstruction qui seront requises, du fait d’un niveau de confiance extrêmement faible envers le gouvernement Assad. Notre position reste donc inchangée.

Et comme nous l’avons dit, la manière dont Assad quittera le pouvoir reste indéterminée, mais nous pensons qu’à un moment ou à un autre du processus politique, une transition qui écartera la famille Assad du pouvoir s’opérera.

QUESTION : Merci. Demetri Sevastopulo, pour le Financial Times. Pour ce qui est de la Corée du Nord, est-ce que le président Poutine a accepté de faire quoi que ce soit pour aider les États-Unis à faire davantage pression sur la Corée du Nord ? Et deuxièmement, vous semblez être arrivés à une sorte d’impasse avec la Chine pour ce qui est de la pression qu’elle peut appliquer sur la Corée du Nord. Comment allez-vous la pousser à aller plus loin que ce qu’elle a déjà fait ? Et qu’est-ce que le président Trump va dire au président Xi sur cette question demain ?

LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Les échanges sur la Corée du Nord ont été bons. Je dirais que les Russes voient cela quelque peu différemment de nous, nous allons donc poursuivre les discussions et leur demander d’en faire davantage.

La Russie s’adonne effectivement à des activités économiques avec la Corée du Nord mais je me hâterais d’ajouter que la politique officielle de la Russie est la même que la nôtre, à savoir une péninsule coréenne dénucléarisée.

Ainsi je pense qu’ici, encore une fois, il existe une différence quant au point de vue sur les tactiques et le rythme d’action, et nous continuerons donc à travailler avec les Russes pour voir si nous pouvons les persuader de l’urgence de la situation, telle que nous la constatons.

Je pense que, en ce qui concerne la Chine, notre expérience a été, et je l’ai déjà dit à d’autres personnes, elle a été inégale. La Chine a agi de manière significative et ensuite, pour diverses raisons à mon sens, elle a cessé de le faire et n’a pas pris davantage d’initiatives. Elle a ensuite adopté des mesures, puis s’est arrêtée. Et je pense que, de notre propre point de vue, beaucoup de choses expliquent peut-être la raison de ces pauses. Mais nous sommes restés engagés de manière étroite avec la Chine, aussi bien par le biais de nos dialogues de visu, que lors de nos conversations téléphoniques. Nous parlons à nos homologues chinois très fréquemment de la situation en Corée du Nord.

Nous comprenons donc clairement nos intentions respectives. Et je pense que les actions relatives aux sanctions mises en œuvre ces 7 à 10 derniers jours ont très certainement attiré l’attention de la Chine et lui ont fait comprendre notre détermination quant à l’application d’une pression accrue sur la Corée du Nord, en nous attaquant directement aux entités qui s’adonnent à des activités économiques avec la Corée du Nord, où qu’elles soient basées. Nous avons continué à dire clairement à la Chine que nous préférerions qu’elle agisse d’elle-même. Et nous lui demandons toujours de le faire.

Je dirais donc que notre engagement avec la Chine reste inchangé et que nos attentes restent les mêmes.

QUESTION : Et vous n’avez pas perdu l’espoir ?LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Non, nous n’avons pas perdu l’espoir. Lorsque vous utilisez une approche telle que celle-ci… que je nomme d’ailleurs une campagne de pression pacifique. Nombreux sont ceux qui la décrivent autrement, mais il s’agit d’une campagne qui doit nous mener à une résolution pacifique. Parce que si elle échoue, il ne nous restera pas beaucoup de bonnes options. Il s’agit donc d’une campagne de pression pacifique, qui exige des augmentations calculées de pression qui permettent au régime de réagir à cette pression. Et il faut laisser un peu temps pour que les choses se passent. Vous appliquez une pression, il faut un certain temps pour que les choses fassent leur chemin.

Cela va donc exiger une certaine patience, mais lorsque nous disons que notre patience stratégique s’épuise, nous voulons dire que nous n’allons pas rester les bras croisés et que nous allons suivre les choses jusqu’à ce qu’elles soient résolues.

QUESTION : Merci. M. le secrétaire, un point que je souhaitais soulever… vous avez parlé de la Corée du Nord. Nous avons pris note du fait que la Chine et la Russie ont récemment dit… elles ont demandé à la Corée du Nord d’arrêter… de geler, en fait, ses activités nucléaires et elles ont également demandé aux États-Unis de cesser le déploiement de son système THAAD. Est-ce que le président Poutine a exprimé sa préoccupation quant au déploiement du système THAAD ? Et aussi, quelles sont les attentes du président Trump pour sa réunion de demain avec le président Xi Jinping, outre la question de la Corée du Nord? Merci.

LE SECRÉTAIRE TILLERSON : La question du THAAD n’a pas été soulevée lors de l’entretien avec le président Poutine.

En ce qui concerne les progrès de la Corée du Nord et leur dernier lancement de missile, encore une fois, les points de vue divergent quelque peu en matière de tactiques… pour ce qui est de la manière de procéder. Le président Poutine, à mon sens, a exprimé un point de vue qui n’est pas très différent de celui la Chine, à savoir qu’il soutiendrait un gel en soi.

Si nous nous penchons sur l’histoire de ces 25 dernières années en ce qui concerne nos relations avec les divers régimes de la Corée du Nord, cela a déjà été fait. Et à chaque fois, la Corée du Nord a poursuivi son programme.

Le problème du gel aujourd’hui… si nous appliquons un gel aujourd’hui, nous gèlerons leurs activités à un très haut niveau de capacités. Nous ne pensons pas que cela donne le bon ton pour amorcer les négociations. Nous demandons à la Corée du Nord de bien vouloir participer aux négociations, en comprenant que ces discussions ont pour but de l’aider à planifier une marche à suivre pour arrêter son programme nucléaire et en réduire l’échelle. Voilà de quoi nous voulons parler. Une discussion sur la manière d’arrêter le programme à son niveau d’avancement actuel ne nous intéresse pas. Parce qu’un arrêt à son niveau actuel n’est pas acceptable à nos yeux.

SPICER : Margaret.

QUESTION : Margaret Talev, pour Bloomberg. M. le secrétaire, pouvez-vous nous donner une feuille de route ? Vous êtes-vous accordés sur une prochaine série de discussions entre le président et Vladimir Poutine ? Et j’ai une autre question, un peu plus générale et personnelle, portant davantage sur vos impressions. La réunion devait durer 30 minutes. Elle a fini par durer deux heures et seize minutes. Cela vous a donné la possibilité d’observer les interactions entre les deux chefs d’État et aussi de les voir simplement… bref. Qu’avez-vous à nous dire là-dessus ? Aussi, très rapidement, du nouveau sur les datchas ? Vont-ils les récupérer ? Et sur les sanctions relatives à l’Ukraine, une résolution ou des progrès à ce sujet ? Merci.

LE SECRÉTAIRE TILLERSON : OK, donc la première question ?

QUESTION : Les prochaines discussions.

LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Les prochaines discussions. Il n’y a pas d’autres réunions de prévu entre les deux présidents. Ils se sont accordés sur des réunions de suivi entre les divers groupes de travail au département d’État. Nous nous sommes mis d’accord sur la mise en place d’un groupe de travail qui commencera à réfléchir à un accord cadre sur la question cybernétique et sur la question de la non-ingérence. Ces discussions seront donc continues à divers niveaux du département.

QUESTION : Qui est à la tête de ces efforts ? Est-ce Rob Joyce, du côté des Etats-Unis ?

LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, cela se passera au niveau du département d’État et…

QUESTION : Le département d’État.

LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Et du bureau du conseiller à la sécurité nationale.

Pour ce qui est de la durée de la réunion de deux heures et quinze minutes, permettez-moi avant tout de dire que la réunion a été très constructive. Je dirais que le courant est passé tout de suite entre les deux présidents. Ils ont très clairement des atomes crochus. Je pense, encore une fois… et je pense qu’un point positif que j’ai pu observer… et j’en ai observé beaucoup, lors des nombreuses réunions avec le président Poutine par le passé, est qu’ils n’ont pas ressassé le passé. Je crois que tous deux sont d’accord pour dire qu’ils sont insatisfaits d’un grand nombre de choses survenues par le passé. Nous sommes mécontents, ils sont mécontents.

Je pense que leur point de vue à tous les deux consiste à dire que leur relation est d’une grande importance. Les deux plus grandes puissances nucléaires au monde. C’est une relation d’une importance capitale. Comment faire en sorte que les choses commencent à bien marcher ? Comment vivre ensemble ? Comment travailler ensemble ? Nous devons simplement trouver la marche à suivre. Et je pense que c’était, cela a été dit et redit, exprimé à plusieurs reprises, je pense, par les deux présidents, cette volonté forte.

La relation, aujourd’hui, est très compliquée, du fait de toutes les questions en suspens. Et l’une des raisons pour lesquelles la réunion a duré si longtemps, à mon sens, est qu’après s’être rencontrés et avoir fait connaissance assez rapidement, il y avait tellement de choses à couvrir… toutes ces questions. Pratiquement tout a été couvert plus ou moins en profondeur. Et je pense que le niveau d’engagement et d’échange était tellement élevé que ni l’un ni l’autre ne voulait s’arrêter. À plusieurs reprises, j’ai rappelé l’heure qu’il était au président, et beaucoup de personnes venaient entrouvrir la porte. Et je pense que même eux… ils ont même envoyé la première dame à un moment pour voir si elle pouvait nous sortir de là, mais en vain. (Rires.)

QUESTION : C’est vrai ?

LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Mais… oui, c’est vrai. Mais c’était…

QUESTION : Et alors ?

LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, la réunion a continué pendant près d’une heure après son intervention. (Rires.) Elle a donc clairement échoué.

Mais je pense… ce que je vous ai décrit, les deux heures et quinze minutes, c’était une réunion d’une importance extraordinaire. Je veux dire, c’était tout simplement… il y avait tant de choses à couvrir. Et c’était un bon début. Maintenant, je vous dirais que nous avons passé de très, très longs moments à parler de la Syrie, avec de nombreux échanges détaillés sur l’accord que nous avons conclu aujourd’hui… et qui a été annoncé… mais également sur la marche à suivre et sur le fait d’essayer d’obtenir davantage d’éclaircissements sur la manière dont la Russie voit les choses évoluer, où se situent nos points de vue convergents et divergents, et sur la question de savoir si nous partageons les mêmes objectifs.

Et je vous dirais que, globalement, nos objectifs sont exactement les mêmes. C’est sur la manière d’y arriver que chacun a son point de vue. Mais les points communs sont beaucoup plus nombreux que les différences. Nous souhaitons donc continuer à travailler sur la base de ces points communs et nous avons passé un long moment à parler des prochaines étapes. Et en ce qui concerne les domaines de divergence, nous avons davantage de travail à faire pour nous rejoindre et nous comprendre. Il se peut que leur approche soit la bonne et que la nôtre soit la mauvaise.

On a donc passé de longs moments sur la Syrie, simplement parce qu’il se passe tant de choses dans ce domaine.

SPICER : Peter.

QUESTION : Merci beaucoup. M. le secrétaire, pouvez-vous dire si le président a exprimé son point de vue sans ambiguïté selon lequel la Russie s’est immiscée dans les élections ? A-t-il proposé de fournir des preuves ou de convaincre M. Poutine ?

LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Les Russes ont demandé des preuves. Je laisserais le soin à la communauté du renseignement de répondre à cette question. Encore une fois, je pense que le président, à ce stade, a insisté et puis a pensé qu’il était temps de parler de la manière de passer outre cela. Et je pense que c’était plus productif de parler de cela plutôt que de s’attarder sur un désaccord dont tout le monde connaît l’existence.

SPICER : Un grand merci, messieurs. Bonne soirée.

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Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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