rss

Allocution du secrétaire d’État Rex Tillerson à un point de presse

اردو اردو, English English, العربية العربية

Bureau du porte-parole
Le 22 août 2017

 

SECRÉTAIRE TILLERSON : Bonjour, tout le monde. Je pensais commencer en faisant quelques remarques rapides sur la stratégie pour l’Asie du Sud que le président Trump a exposée hier soir dans son discours à la nation et répondre ensuite à quelques-unes de vos questions à ce sujet.

Je pense que le président a fait, selon moi, un travail assez complet dans sa manière de décrire la nouvelle approche militaire. Et je pense que ce qu’il faut en retenir, c’est l’existence d’une approche basée sur des conditions, par opposition à une approche basée sur des dates qui déterminaient des plafonds en termes de troupes et des dates butoirs, et je pense que le président a été tout à fait clair sur ce qui est… sera différent cette fois, c’est qu’il sera permis à nos commandants militaires sur le terrain de prendre des décisions plus rapidement pour mener des opérations sur le champ de bataille basées sur les conditions sur le terrain et en suivant les plans de bataille que le secrétaire à la Défense M. Mattis approuvera. Cela va considérablement changer la dynamique sur le terrain. Ce sont quelques-unes des mêmes tactiques qui ont été employées dans la campagne très réussie de lutte contre Daech en Syrie et en Iraq, et donc, je pense que nous appliquons à l’Afghanistan beaucoup de ces leçons tirées de notre succès.

Nos forces armées vont mettre un certain temps à mettre en place tout un nouvel ensemble de formations pour les forces afghanes. Les combats seront toujours assumés par les forces afghanes, par leurs forces armées et leurs forces de sécurité, mais nous pensons que nous pouvons inverser la tendance de ce qui a été une bataille perdue d’avance au cours de la dernière année et demie et au moins stabiliser la situation, et nous espérons pouvoir commencer à voir quelques victoires sur le champ de bataille de la part des forces afghanes, qui ont lutté très courageusement, mais qui ont lutté, je crois, avec moins de fonctionnalités que celles que nous pouvons leur apporter dans l’ensemble.

Je pense que même sur le front diplomatique, nous allons aussi adopter une diplomatie basée sur les conditions. Nous allons conditionner nos efforts ainsi que les progrès accomplis par le gouvernement afghan que nous avons pu observer, un gouvernement qui doit poursuivre les efforts de réforme sur lesquels nous avons travaillés depuis un certain temps – en particulier, des efforts beaucoup plus rigoureux dans la lutte contre la corruption.

Maintenant, la corruption, à certains égards, fait face aux défis créés par les méthodes et les manières dont nous avons apporté certaines de nos aides. Nous n’avons pas été aussi stricts avec nous-mêmes, selon moi, sur la manière dont nous avons veillé à ce que nos programmes d’aide et de développement livrent les résultats escomptés. Cette difficulté est en partie à attribuer à l’environnement en termes de sécurité. Il est très difficile pour beaucoup de nos travailleurs humanitaires d’opérer en Afghanistan. Maintenant que l’environnement en termes de sécurité s’améliore, nous prévoyons d’adopter une approche différente quant à la manière dont nous apportons l’aide et le développement qui permettent de soutenir le gouvernement afghan dans ses réformes.

Je pense que le président a clairement dit que cet effort dans son ensemble visait à faire pression sur les talibans pour leur faire comprendre que non, ils n’allaient pas remporter de victoire sur le champ de bataille. On ne gagnera peut-être pas, mais eux non plus. Et à un moment donné, on doit donc s’installer à la table des négociations et trouver un moyen de mettre fin à tout cela. Maintenant, il s’agit d’une approche régionale, et l’une des raisons pour lesquelles cet effort a mis aussi longtemps à être en place, c’est que nous avons choisi de ne pas seulement nous concentrer sur l’Afghanistan, mais nous avons entrepris un examen assez approfondi de nos relations au Pakistan et de nos relations avec l’Inde. Et nous considérons cette approche comme nécessitant une intégration de l’ensemble de ces trois stratégies, en ayant recours au Pakistan, à l’Inde, pour également faire pression sur la situation en Afghanistan.

Le Pakistan en particulier peut jouer un rôle important ici, notamment en amenant les talibans à la table des négociations. Le Pakistan a été victime d’actes de terrorisme, ses citoyens ont subi des actes de terrorisme autant… je pense, aussi dramatiques que ceux nous avons vus partout ailleurs. Et nous sommes prêts à aider le Pakistan à faire face aux organisations terroristes basées à l’intérieur du pays, mais il doit… il doit lui-même adopter une approche différente.

Au fil de l’histoire, le Pakistan et les États-Unis ont entretenu de très bonnes relations, mais au cours des dernières années, il y a eu une réelle érosion de la confiance entre nos deux gouvernements. On constate une érosion en termes de confiance parce qu’on a pu voir des organisations terroristes trouver refuge au Pakistan, planifier et mener des attaques contre des soldats américains, des responsables américains, et perturber les efforts de paix en Afghanistan. Le Pakistan doit adopter une approche différente, et nous sommes prêts à travailler avec lui pour l’aider à se protéger contre ces organisations terroristes, et en tout cas pour commencer à mettre fin à leurs attaques qui perturbent nos efforts de paix. Nous allons conditionner notre soutien au Pakistan et notre relation avec le pays en fonction des résultats qu’il sera en mesure de produire dans ce domaine. Nous voulons travailler avec le Pakistan de manière positive, mais il doit modifier son approche.

L’Inde est en passe de devenir un partenaire stratégique régional très important pour les États-Unis et a joué un rôle important en soutenant le gouvernement afghan, notamment en soutenant son économie. L’Inde a fourni une aide en termes de développement. Elle a fourni une aide économique. L’Inde va accueillir une importante conférence économique la semaine prochaine.

Tout cela est important pour stabiliser l’Afghanistan en tant que nation – pour faire en sorte que son économie fonctionne, pour stabiliser le pays afin que ce dernier puisse offrir davantage d’opportunités à ses citoyens. Ce sont là autant d’éléments qui conduiront à la stabilité et, finalement, à un accord de paix. Mais encore une fois, l’effort se fait sur le plan régional. Faire pression sur les parties pour qu’elles comprennent que ce combat ne mène nulle part et qu’il est temps d’entamer un processus – un processus qui pourrait s’avérer être long – de réconciliation et un accord de paix.

Et l’Afghanistan, comme l’a dit le président, peut choisir la forme de gouvernement qui réponde le mieux aux besoins de ses habitants – tant qu’il rejette le terrorisme, qu’il ne laisse aucune portion de son territoire comme pouvant servir de repère aux terroristes et qu’il est prêt à accueillir tous les groupes représentés au sein de l’Afghanistan, les groupes ethniques et les autres. Comment il choisit de s’organiser, cette décision lui appartient. Mais il faut reconnaître que la culture du pays est une culture tribale, et que son histoire va de pair avec la nature de ces relations. Il n’y a aucune raison pour que sa forme de gouvernement ne puisse aller de pair avec cela également.

Nous voulons donc faciliter un processus de paix et de réconciliation, et nous amènerons le pays à arriver à une conclusion sur la manière dont il souhaite s’autogouverner. C’est là toute l’essence de la stratégie.

Et avant de répondre à vos questions, j’aurai juste un commentaire sur la Corée du Nord. Je pense qu’il est intéressant de remarquer qu’il n’y a eu aucun lancement de missiles ni aucun acte de provocation de la part de la Corée du Nord depuis l’adoption à l’unanimité de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Et j’aimerais souligner ça ; j’aimerais qu’on en prenne note. Je suis heureux de voir que le régime de Pyongyang a définitivement fait preuve d’un certain niveau de modération auquel nous n’avions jamais assisté dans le passé. Nous espérons qu’il s’agit là du début de ce signal que nous avons recherché, qui indiquerait que les Nord-Coréens sont prêts à restreindre leur niveau de tensions, qu’ils sont prêts à maîtriser leurs actes de provocation, et que, peut-être, cela pourrait être une voie pour qu’à un moment donné dans un futur proche, nous puissions entamer un dialogue. Nous avons besoin qu’ils en fassent davantage, mais je tiens à saluer les mesures qu’ils ont prises jusqu’à présent. Je pense qu’il est important d’en prendre note.

Sur ces mots, je suis ravi de répondre à vos questions.

MME NAUERT : Je vais prendre les questions de certains journalistes présents. Merci de vous assurer que vos questions ne soient pas trop longues ; nous n’avons pas énormément de temps aujourd’hui. Matt Lee, de l’AP, on commence avec vous.

QUESTION : Merci. Je vais être très bref. Il semblerait – du moins, selon moi – qu’avec cette notion de refus de construction d’une nation qu’a exposée le président hier soir et  ce que vous venez de dire, la principale différence – en plus de la partie concernant les dates butoir pour l’armée – la principale différence entre cette nouvelle approche et l’ancienne est que vous êtes en train de supprimer les deux-tiers de ce qu’on appelait jusqu’à présent la stratégie du « clear, hold, and build » (nettoyer, tenir et reconstruire le terrain). En d’autres termes, nous nettoyons – ou plutôt, vous nettoyez le terrain, vous le tenez, mais nous ne construisons pas ; c’est vous qui le ferez. Donc, si c’est bien ça, que va-t-il se passer en ce qui concerne les efforts de lutte contre la corruption que vous avez mentionnés, la bonne gouvernance, la lutte contre les stupéfiants, les programmes d’éducation ? Que va-t-il en advenir ? Et plus précisément, qu’est-ce que cela va signifier, en particulier pour les femmes et les filles afghanes, à qui deux administrations distinctes ont assuré au cours des 16 dernières années qu’elles ne les abandonneraient pas ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, je ne veux pas suggérer qu’il existe une différence radicale en ce qui concerne nos attentes en matière de résultats du gouvernement afghan. Et comme vous l’avez bien dit, des progrès énormes ont été accomplis en Afghanistan, tant en ce qui concerne les millions d’enfants qui vont maintenant à l’école, qu’en ce qui concerne le rôle actuel des femmes dans l’économie afghane, qui a radicalement changé. Je ne m’attends pas à un retour en arrière sur ces choses-là. Je pense que cela fait désormais partie de la structure du gouvernement afghan ; cela fait désormais partie de ce à quoi les Afghans eux-mêmes s’attendent, je pense.

Si on revient des années en arrière, bien avant toutes ces perturbations, c’était à cela que ressemblait l’Afghanistan. C’était là la nature de l’Afghanistan il y a 30, 40, 50 ans. Donc je pense que cela fait déjà partie intégrante de leur culture. Nous voulons encourager cela.

En termes de la stratégie qui consiste à nettoyer et à tenir le terrain, c’est toujours l’approche que nous avons : les zones vont être nettoyées et les forces de sécurité afghanes sont en mesure de tenir ces zones, ce qui permet une certaine croissance de l’économie afghane. L’Afghanistan fait en partie face à la difficulté de n’avoir le contrôle que sur une partie de leur économie. Suffisamment, donc, pour que les forces de sécurité soient capables de maintenir des zones et de les stabiliser afin de ne pas abandonner de nouveaux terrains, même si aujourd’hui encore, comme vous le savez bien, ils continuent de perdre du terrain. Donc, ça va prendre un peu de temps. Mais c’est pour stabiliser et, on l’espère, pouvoir reprendre le contrôle (et au fur et à mesure que le terrain sera repris, les forces de sécurité afghanes se chargeront de le tenir), tout en permettant au gouvernement afghan de continuer à faire ce qu’il a fait avec beaucoup d’efficacité pendant de nombreuses années et grâce à notre aide, sans revenir en arrière sur les avancées qui ont été faites. C’est… je ne crois pas non plus que ce soit ce à quoi aspire le gouvernement afghan, ni le peuple afghan.

Nous allons donc continuer à les aider au niveau de leurs institutions. Nous pouvons adopter différentes approches et ne pas utiliser autant d’argent des contribuables américains sur le terrain, construire des écoles et construire des infrastructures. Nous pensons que nous allons également faire appel à beaucoup d’autres pays pour leur demander de l’aide. Nous sommes plutôt là pour ouvrir la voie et nous assurer qu’il existe une voie qui permettre des pourparlers de réconciliation et de paix, alors que cette pression commence à faire effet et que nous faisons… nous croyons, nous savons déjà, qu’il existe certains éléments modérés parmi les talibans qui sont prêts et qui souhaitent, selon nous, aider à développer une marche à suivre. Combien de temps cela va-t-il prendre, encore une fois, tout dépendra des conditions sur le terrain.

MME NAUERT : Très bien. Andrea Mitchell, NBC.

QUESTION : Merci beaucoup. Monsieur le secrétaire, une question qui englobe aussi bien le côté militaire que l’aspect diplomatique. Sur le plan militaire, les nouvelles règles d’engagement ne signifient-elles pas qu’à court terme, au moins, nos forces seront plus vulnérables, car elles mèneront potentiellement à nouveau des raids nocturnes contre les talibans, pas seulement dans le cadre de la formation, mais aussi en soutien, jouant un rôle plus actif, les troupes afghanes n’étant pas du tout à la hauteur ici pour repousser l’avancée des talibans ? Et sur le plan diplomatique, pourquoi le président n’a-t-il pas mentionné le réarmement des talibans par la Russie, ce dont le général Nicholson a parlé très ouvertement ? C’est comme s’il épargnait la Russie dans son discours. Et avez-vous assez de personnel, vu que beaucoup de postes de diplomates censés être nommés et confirmés par Trump sont vacants dans la région?

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, en ce qui concerne les opérations militaires, je vais vous demander de vous tourner vers le département de la Défense pour qu’il puisse répondre à cette question ; tout ce que je sais, c’est que l’approche sera, comme je l’ai dit, similaire à celle qui a fait notre succès ailleurs. Comme le secrétaire Mattis l’a décrit, c’est une approche « par le biais de, au moyen de et grâce à », et je pense qu’une partie de la nécessité d’une augmentation des effectifs des troupes, c’est pour désormais pouvoir, au niveau du bataillon, organiser et aider l’armée afghane à lutter différemment, avec un conseil de terrain au plus près, au niveau du bataillon, et avec la possibilité de demander des renforts le plus rapidement possible, afin d’assurer une victoire, et non pas se retrouver dans une impasse ou une défaite.

En ce qui concerne le commentaire sur la Russie, dans la mesure où la Russie fournit des armes aux talibans, cela constitue une violation, évidemment, des normes internationales et une violation des normes du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous allons certainement nous y opposer et attirer l’attention de la Russie sur ce sujet. Si des armes doivent être fournies, cela doit se faire par le biais du gouvernement afghan.

En ce qui concerne notre empreinte sur le terrain, nous avons des gens très compétents, très capables et très expérimentés sur place actuellement. Notre ambassadeur en Afghanistan reste à son poste actuel. Nous avons un ambassadeur pour le Pakistan qui a été nommé ; nous espérons que le processus de son affectation se fera rapidement. Et même pendant cette transition en Afghanistan, l’ambassadeur Hale se préparant à quitter son poste, nous avons nommé l’ambassadeur Bass, un diplomate très expérimenté ; il avait été chef… il dirigeait l’ambassade d’Ankara, en Turquie, une région d’une grande complexité. Il a toutes les qualités requises pour intervenir également dans cette situation. Et nous examinons quelques candidatures pour le poste de représentant spécial en Afghanistan et au Pakistan. Ce poste est toujours ouvert actuellement ; dans tous les cas une personne très expérimentée va décrocher ce poste. Nous sommes donc prêts à aller de l’avant avec ces personnes très compétentes, et je ne suis pas du tout inquiet quant au niveau de compétences ou d’expérience des personnes avec lesquelles nous travaillons. J’ai une grande confiance en elles.

QUESTION : Et pour l’Inde ?

MME NAUERT : Je vous remercie. Prenons la question suivante. Martha Raddatz, pour NBC ; ABC, pardon.

QUESTION : Pas de souci. Secrétaire Tillerson, je sais que vous ne voulez pas parler de tout ce qui a trait à l’armée, mais vous venez juste d’utiliser quelques termes militaires, comme le niveau de bataillon, et tout ça. Je sais, et je comprends pourquoi l’administration ne veut pas parler de ses mouvements tactiques, mais pour la stratégie… le peuple américain ne mérite-t-il pas de savoir environ combien d’autres de leurs fils et de leurs filles seront envoyés à nouveau en Afghanistan dans une guerre qui dure depuis près de 16 ans ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, je pense – et je ne veux pas parler pour le secrétaire Mattis – mais je pense qu’une fois que la décision aura été prise au niveau des troupes, il est prévu que les choses soient transparentes à ce sujet. Je pense que ce que le président a communiqué, et je le rejoins complètement sur cette question, c’est que nous n’allons pas indiquer en avance quels sont nos plans. Nous n’allons pas à l’avance indiquer d’augmentation, ou de diminution, ou de date précise ou rien de tout cela. Tout dépendra des conditions sur le terrain. Le seul moyen pour nous de vaincre un ennemi agile et évasif sur le plan tactique, comme c’est le cas ici, est de nous montrer nous aussi rusés et tactiques, tout comme eux. Et nous ne nous sommes pas battus de cette façon.

QUESTION : Est-ce que cela pourrait comprendre des frappes au Pakistan ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : Je ne vais pas commenter sur ce que cela pourrait inclure, mais le président a clairement exprimé que nous allions protéger les soldats américains. Nous allons attaquer les terroristes où qu’ils se trouvent, et nous avons informé les gens : si vous hébergez et offrez  refuge aux terroristes, soyez avertis. Soyez avertis. Et nous allons entrer en contact avec ceux qui leur fournissent un refuge pour leur demander de changer ce qu’ils font et nous aider à les aider. Car, selon moi, le meilleur… les plus grands bienfaiteurs, à part le peuple afghan lui-même, pour atteindre la stabilité et la paix en Afghanistan, ce sont les habitants du Pakistan. Ils en bénéficieront plus que n’importe quel autre pays.

MME NAUERT : Margaret Brennan, CBS.

QUESTION : Merci. M. le secrétaire, je suis ici, dans le fond. Vous avez dit : aucune condition préalable aux pourparlers. Plus concrètement, êtes-vous en train de dire que les États-Unis ne s’attendent plus à ce que les talibans acceptent la constitution afghane et, plus spécifiquement, les droits des femmes. Et en ce qui concerne le Pakistan, avez-vous communiqué au Pakistan en des termes spécifiques – ou prévoyez-vous de le faire – les conséquences possibles de leurs actions, qu’il s’agisse de sanctions, ou de l’abandon de leur statut d’allié en dehors de l’OTAN ? Je veux dire, qu’avez-vous déjà communiqué ou qu’avez-vous l’intention de communiquer ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, j’ai eu une bonne conversation téléphonique avec le Premier ministre du Pakistan hier après-midi afin de lui donner quelques informations sur ce qu’il allait entendre dans le discours du président. Et nous avons aussi abordé rapidement les points dont je vous ai parlés aujourd’hui. Nous leur communiquerons sérieusement et de manière approfondie nos attentes et les conditions qui les accompagnent. Et toutes ces choses que vous venez d’énumérer font également l’objet de discussion si, de fait, ils refusent de changer leur position ou leur approche sur la façon dont ils traitent les nombreuses organisations terroristes qui trouvent un refuge sûr à l’intérieur du Pakistan. Encore une fois, c’est dans l’intérêt du Pakistan de prendre ces mesures.

Quand nous disons qu’il n’y a aucune condition préalable pour entamer des pourparlers, je pense que nous disons ceci: le gouvernement afghan et les représentants des talibans doivent s’asseoir autour d’une table et régler ces problèmes. Ce n’est pas aux États-Unis de leur imposer un modèle particulier, les conditions à suivre, et je pense que c’est ce que le président veut dire quand il dit que nous ne sommes plus des constructeurs de nation. Nous sommes – écoutez, nous avons essayé d’encourager certains principes et certaines formes dans le monde, et parfois, cela fonctionne ; dans de nombreux endroits, cela ne marche pas. Nous ne savons pas ce qui va émerger ici. Nous serons présents, évidemment, pour encourager les autres. Mais il appartiendra au gouvernement afghan et aux représentants des talibans d’élaborer un processus de réconciliation qui répondra à leurs besoins et qui réalisera les objectifs du peuple américain, soit la sécurité – pas un lieu de refuge permettant aux terroristes d’agir n’importe où en Afghanistan aujourd’hui ou dans l’avenir.

MME NAUERT : Tom Rogan, du Washington Examiner.

QUESTION : Monsieur le secrétaire, vous avez mentionné les préoccupations concernant la protection des forces et la visite prochaine de l’ambassadeur Bass en Afghanistan et les discussions relatives au représentant spécial en Afghanistan et au Pakistan. Mais comment allez‑vous pouvoir avoir quelqu’un capable de sortir de ses retranchements et de négocier fonctionnellement, chaque semaine régulièrement avec des individus du réseau Haqqani et cette préoccupation au sujet de la sécurité des forces ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, nous allons devoir améliorer l’environnement sécuritaire. Ce n’est pas – l’environnement aujourd’hui ne favorise pas la réalisation de ces types d’activités. Vous avez tout à fait raison. Et parmi les choses que nous devrons faire, c’est d’abord nous assurer que nous serons prêts à nous engager quand les conditions nous permettront de nous engager. Encore une fois, c’est la raison pour laquelle le Pakistan est aussi très important dans cette discussion. Le Pakistan peut faciliter une grande partie de cette discussion.

Et il y a d’autres acteurs régionaux pour lesquels ce conflit particulier et cette situation instable en Afghanistan sont importants. Nous avons eu des discussions avec les Chinois concernant le rôle qu’ils pourraient jouer. Nous avons eu des discussions avec les Russes sur le rôle qu’ils pourraient jouer, s’ils faisaient ce choix. Et certainement les acteurs régionaux dans le Golfe, les pays membres du Conseil de coopération du Golfe, souhaitent aussi vivement voir cette région stabilisée en Afghanistan. Il y a donc de nombreux partenaires dans la périphérie qui pourraient avoir des rôles importants à jouer de temps en temps, à mon avis. Au final, on en revient aux deux parties – le gouvernement afghan et les représentants des talibans.

MME NAUERT : Felicia Schwartz, du Wall Street Journal.

QUESTION : Merci, monsieur le secrétaire. Pour en revenir au Pakistan, des responsables depuis déjà un certain temps – les administrations démocrates comme républicaines – ont essayé de faire en sorte que le gouvernement mette un terme à – arrête d’accorder une zone de refuge au réseau Haqqani, les groupes terroristes. À votre avis, de quels moyens de pression disposez‑vous ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, je pense que c’est – évidemment, nous avons des moyens de pression qui sont en cours de discussion s’agissant du volume d’aide et d’assistance militaire que nous leur fournissons, de leur situation en tant que partenaire de l’alliance extérieur à l’OTAN. Tout cela peut être mis sur la table. Mais en fin de compte, le Pakistan doit décider de ce qui est dans son intérêt à long terme du point de vue de la sécurité, pour lui-même et pour sa population. Très franchement, lorsque j’évalue la situation actuelle du Pakistan, si j’étais le gouvernement du Pakistan, je serais de plus en plus préoccupé par la puissance des talibans et d’autres organisations à l’extérieur du Pakistan, dont les effectifs et la présence vont croissant au point qu’ils finiront par présenter une menace réelle pour la stabilité du gouvernement pakistanais lui-même.

Je pense qu’il faut qu’il pense également à ce qui est dans son intérêt à long terme et aux façons dont nous pouvons travailler ensemble pour faire du Pakistan un pays plus sûr, plus stable au cours des prochaines décennies. Je crois que cela dépend vraiment de lui. Il faut qu’il se pose cette question. Pourquoi est-ce – pourquoi cela fonctionne-t-il pour lui et pourquoi cela sera – continuera à favoriser sa stabilité et la survie de son gouvernement pour les années à venir, s’il continue à permettre à ces éléments de se développer simplement et de rester présents à l’extérieur du Pakistan.

MME. NAUERT : Dernière question. Bienvenue, AFP. Le bureau ici devant.

QUESTION : Merci. Merci, M. le secrétaire. Ne craignez-vous pas, au contraire, qu’une pression excessive, trop forte, sur le Pakistan risque de déstabiliser Islamabad et pourrait avoir un impact déstabilisant sur toute la région avec le renforcement des talibans dans le pays ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : C’est une préoccupation, et c’est pour cela que j’ai fait les commentaires que je viens de faire, selon lesquels je pense qu’il est important que le Pakistan commence à penser à sa capacité à contenir ces groupes également.

C’est pour cela que nous adoptons une approche régionale. Le États-Unis seuls ne vont pas changer cette dynamique avec le Pakistan. L’Inde et le Pakistan ont leurs propres problèmes sur lesquels ils doivent continuer à travailler, mais je crois qu’il existe des domaines dans lesquels même l’Inde peut prendre des mesures de rapprochement sur les questions ayant trait au Pakistan pour accroître la stabilité au sein du Pakistan et éliminer certaines des raisons pour lesquelles le pays est confronté à ces éléments instables sur son propre territoire.

Comme je l’ai dit, d’autres acteurs régionaux s’intéressent fortement au Pakistan. La Chine s’intéresse fortement au Pakistan. Un futur Pakistan stable et sûr est dans l’intérêt de beaucoup d’entre nous. Il s’agit d’une puissance nucléaire. Nous sommes préoccupés par leurs armes, la sécurité de leurs armes. Il y a beaucoup de domaines dans lesquels nous pensons que nous devrions mener un dialogue très productif au service de nos intérêts et de l’intérêt de la région à la fois.

Donc il s’agit – encore une fois, il ne s’agit pas d’une situation dans laquelle les États-Unis disent : « Voilà, c’est une question à régler entre vous et nous uniquement. » Notre approche consiste à rassembler – comme je l’ai dit, cette approche régionale consiste à rassembler toutes les autres parties derrière cet effort. Un peu comme nous l’avons fait avec la Corée du Nord pour mobiliser cet effort mondial en Corée du Nord, je crois que, trop souvent, nous essayons de décomposer ces défis pour les ramener au seul problème entre les États-Unis et un autre pays, de sorte qu’il ne peut être résolu qu’entre nous deux. Nous devons élargir le cercle des intérêts et associer également d’autres pays à cet effort, et c’est ce que nous ferons aussi avec le Pakistan.

MME NAUERT : Merci, Monsieur le secrétaire. Merci à tous.

SECRÉTAIRE TILLERSON : Merci.

MME NAUERT : Nous vous retrouverons demain. Nous aurons une conférence de presse à 14 heures. Merci.

QUESTION : Merci.

 

 

 

 


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
Mises à jour par courrier électronique
Pour vous abonner aux mises à jour ou pour accéder à vos préférences d'abonné, veuillez saisir vos coordonnées ci-dessous