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Le secrétaire d’État Rex Tillerson, avec John Dickerson, de l’émission Face the Nation sur la chaîne CBS

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Département d’État des États-Unis
Bureau du porte-parole
Le 17 septembre 2017

 

 

QUESTION : Bonjour et bienvenue dans Face the Nation. Ici, John Dickerson. Nous allons revenir sur le gros titre qui a dominé les actualités une grande partie de la semaine dernière, à savoir la situation après le passage de l’ouragan Irma, mais il y a beaucoup d’autres nouvelles à couvrir ce matin ; nous allons ainsi commencer par un entretien avec le secrétaire d’État Rex Tillerson.

Monsieur le secrétaire, bienvenue. Permettez-moi de commencer avec l’Accord de Paris sur le climat. Le Wall Street Journal a indiqué que l’administration était à la recherche d’un moyen de rester dans cet Accord, mais en juin, le président Trump a déclaré qu’il était temps d’en sortir. Quelle est donc la position de l’administration sur ce sujet ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, notre position est menée et développée par Gary Cohn, du Conseil économique national. Et je pense que si vous vous le rappelez, le président avait également déclaré : écoutez, nous sommes prêts à travailler avec nos partenaires dans l’Accord de Paris sur le climat à condition de pouvoir mettre sur pied une série de termes que nous estimons être justes et équilibrés pour le peuple des États-Unis et qui prennent en compte notre économie, notre intérêt économique par rapport aux autres pays – en particulier, par rapport à la deuxième plus grande économie au monde, la Chine. Si vous prenez ces objectifs dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat, il y avait vraiment un déséquilibre entre les deux plus grandes économies. Je pense donc que c’est au directeur Cohn d’envisager d’autres façons de pouvoir travailler avec nos partenaires dans l’Accord de Paris sur le climat. Nous voulons être productifs, nous voulons être utiles. Les États-Unis obtiennent en fait d’excellents résultats en ce qui concerne la réduction de leurs propres émissions de gaz à effet de serre.

QUESTION : Il est donc possible d’envisager qu’à condition que les choses s’améliorent, tant dans la volonté des États-Unis, dans la volonté des États-Unis d’accepter des restrictions, que cela pourrait changer, également en ce qui concerne la Chine, qu’il serait possible pour les États-Unis de rester dans l’accord, c’est bien cela ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : Je pense que si les bonnes conditions sont réunies, oui. Le président a dit qu’il était disposé à essayer de trouver des conditions qui nous permettraient de rester engagés aux côtés des autres pays sur ce dont nous sommes tous d’accord pour dire qu’il s’agit d’une question toujours difficile.

QUESTION : Très bien, passons à la Corée du Nord. Cette semaine, les Nations unies ont renforcé les sanctions à l’égard de la Corée du Nord, suite à quoi, celle-ci a tiré un autre missile. Quelle est donc la prochaine étape ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, avant tout, John, je pense qu’il est important de comprendre la politique des États-Unis en ce qui concerne la Corée du Nord, à savoir qu’il n’est pas envisageable que la Corée du Nord possède une arme nucléaire ni la capacité d’en faire usage. Notre stratégie a été d’entreprendre cette campagne de pression pacifique, comme nous l’appelons, mise en place grâce aux quatre non, les quatre non étant que nous ne cherchons pas de changement de régime, que nous ne cherchons pas l’effondrement du régime, que nous ne cherchons pas une réunification accélérée de la péninsule, et que nous ne cherchons pas de raison d’envoyer nos forces au nord de la zone démilitarisée.

Donc, cette campagne de pression pacifique est bâtie autour de la coalition internationale la plus vaste et la plus forte possible, pour envoyer le même message à la Corée du Nord et à ses voisins, la Chine et la Russie, à savoir qu’il s’agit là de la politique du reste du monde. Et vous avez vu que cela a désormais été exprimé dans deux résolutions unanimes du Conseil de sécurité, qui ont imposé les sanctions les plus strictes jamais imposées jusqu’à maintenant.

Tout cela dans le but d’amener la Corée du Nord à la table des négociations pour amorcer un dialogue constructif et productif. Si nos efforts diplomatiques échouent toutefois, l’option militaire ne sera alors que notre seule option restante. Et tous ces efforts sont d’ailleurs soutenus par une option militaire très forte et résolue, mais soyons clairs : nous recherchons une solution pacifique à tout cela.

QUESTION : Donc, pour en revenir à ces quatre non, ce sont là autant de message adressés à la Corée du Nord pour convaincre celle-ci que malgré le fait qu’elle affirme que les États-Unis ont des objectifs agressifs, ce n’est pas le cas. Vous avez été très clair à ce sujet. Vous l’avez encore été ce matin. Mais le message n’a pas vraiment l’air de passer, n’est-ce pas ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : Non, c’est aussi un message pour assurer également à la Chine que c’est bien la politique des États-Unis, car, comme vous le savez bien, la Chine s’inquiète tout particulièrement de l’effondrement du régime et de l’impact que cela pourrait avoir le long de sa frontière. C’est donc également pour assurer au gouvernement de la Chine que ce n’est pas non plus notre programme, et une manière de la convaincre de prendre part à nos efforts ; elle s’est d’ailleurs jointe à nous dans ces derniers votes sur les sanctions de l’ONU. Nous pensons que la Chine et la Russie sont également en mesure de faire très fortement pression sur la Corée du Nord.

QUESTION : Vous avez dit que la Chine et la Russie devaient d’agir directement. Quelle action directe la Chine doit-elle prendre ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, il existe deux flux de revenus économiques spécifiques pour les Nord-Coréens qui contribuent de manière significative à leur capacité à financer leurs programmes d’armes et à maintenir leur activité économique au sein de leur propre pays. L’un, bien sûr, est l’énergie. Aucune économie ne peut fonctionner si elle n’a pas accès à l’énergie. La Chine est le principal fournisseur de pétrole de la Corée du Nord. Elle a coupé ses approvisionnements en pétrole dans le passé lorsque les choses allaient mal. Nous demandons à la Chine d’utiliser ce levier avec la Corée du Nord pour l’influencer. Et dans le cas de la Russie, ce sont les travailleurs étrangers. La Russie compte plus de 30 000 travailleurs étrangers en provenance de Corée du Nord. Leurs salaires sont tous récupérés par le régime nord-coréen.

QUESTION : La Chine affirme que si elle coupe son approvisionnement en pétrole, cela entraînera l’effondrement qui l’inquiète tant. Y a-t-il quelque chose que les États-Unis puissent faire pour apaiser ses craintes ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, nous sommes… ce que nous leur avons dit, c’est : écoutez, vous avez les meilleures informations. C’est votre main qui est sur la valve. À vous de définir à quel point fermer la valve pour produire le message que vous souhaitez envoyer à ce régime afin qu’il change de direction. À ce stade, nous laissons donc les choses entre les mains de la Chine.

QUESTION : Et pourquoi ne pas entamer les discussions dès maintenant ? La Chine, la Russie et la France ont toutes déclaré que les États-Unis devraient résoudre le problème autour de la table des négociations et de manière diplomatique.

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, j’attends que le régime de la Corée du Nord nous donne une indication qu’il est prêt à avoir des discussions constructives et productives. Nous avons essayé plusieurs fois de lui faire comprendre que nous serons prêts quand il le sera, et il a répondu avec encore plus de lancements de missiles et un test nucléaire. Tout ce qu’il doit faire pour nous faire savoir qu’il est prêt à parler, c’est simplement d’arrêter ces tests, d’arrêter ces actions provocatrices et d’abaisser son niveau de menace et sa rhétorique.

QUESTION : A-t-il besoin d’arrêter – on lui donne deux semaines ou quelque chose dans le genre pour ce faire, ou a-t-il besoin de dire : « Nous allons arrêter » ? Est-il nécessaire que ce soit une promesse verbale ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, comme je l’ai dit auparavant, John, nous le saurons en fonction de leur sérieux.

QUESTION : Si la Chine ne fait pas – en termes de sérieux justement – si la Chine ne fait pas ce que vous jugez nécessaire sur cette question du pétrole ou quoi que ce soit d’autre, y aura-t-il des mesures commerciales pour punir la Chine et exercer des pressions sur elle ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, le président a été très clair sur le fait qu’il considérait cette menace de la Corée du Nord comme toujours croissante, et alors même que nous assistons à chaque test de missile et à chaque test nucléaire, leur programme continue d’avancer. Il avance technologiquement et il avance en termes de capacités. Nous disons depuis le début que le temps nous est compté. Il ne nous reste aucune piste pour faire atterrir cet avion. Nous avons donc besoin de l’aide de la Chine pour les amener à la table des négociations.

QUESTION : Permettez-moi… cette semaine, le président va se rendre aux Nations unies. Il va y prendre la parole. Il a parlé d’une politique de l’« Amérique d’abord » (‘America first’). C’est ce dont il a parlé depuis son investiture. L’Organisation des Nations unies est un groupe d’action collective. Comment l’« Amérique d’abord » s’insère-t-elle dans un groupe qui… dans une organisation dont l’essence-même est l’action collective ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, je pense que c’est une semaine très importante pour le président au sein de l’Assemblée générale des Nations unies. Sa participation couvre deux aspects. L’un de ses aspects est le discours principal qu’il prononcera lors de l’Assemblée générale. Le monde sera à l’écoute. Les Américains seront à l’écoute. Et le message qu’il va prononcer dans ce discours est, d’abord, qu’il va promouvoir et défendre la force des valeurs démocratiques et il va réaffirmer le fait que ce sont ces valeurs communes qui unissent nos alliances et qui ont maintenu la stabilité dans le monde. Il va donc défendre ces valeurs et la protection de ces valeurs.

Ensuite, il va faire valoir que ces valeurs sont attaquées ; elles sont attaquées par ces menaces dont nous venons de parler en Corée du Nord ; elles sont attaquées par les menaces des tentatives de déstabilisation de l’Iran ; elles sont attaquées par d’autres qui voudraient saper nos valeurs démocratiques. Il va donc exprimer très clairement son point de vue, à savoir que c’est cela qui nous rassemble ; que c’est cela qui lie ces nations ensemble et qui fait de nous cette grande puissance, et que c’est cela qui crée également un monde stable.

Et ensuite, il va aborder ces menaces spécifiques de la Corée du Nord, de l’Iran, du terrorisme, du terrorisme international et les raisons pour lesquelles il est important que nous y fassions tous face et que nous les confrontions toutes comme un ensemble unifié. Je crois que selon lui, les Nations unies peuvent être un instrument fondamental pour s’attaquer à ces menaces à travers le monde, mais je pense qu’il considère également que les Nations unies n’ont pas répondu aux attentes et qu’il veut les motiver à cet égard.

QUESTION : Permettez-moi d’aborder la question de l’Iran. Le président a jusqu’au 15 octobre pour informer le Congrès en ce qui concerne le respect par l’Iran de l’accord nucléaire mis en place par l’administration précédente. Vous affirmez qu’il ne le respecte pas. Le ministre britannique des Affaires étrangères affirme que le contraire. Y a-t-il d’autres personnes qui font partie de cet accord et pour qui l’Iran ne respecte pas l’accord sur le nucléaire ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, mon point de vue sur l’accord sur le nucléaire est que l’Iran est en conformité technique avec ses dispositions. Mais si vous revenez en arrière et que vous lisez le préambule du plan d’action global commun, l’accord sur le nucléaire iranien, il y avait clairement une attente entre les parties, tant de la part des négociateurs des partis occidentaux que de l’Iran, qu’en ce qui concerne cette menace nucléaire, le but était de réduire la tension entre l’Iran et le reste du monde et de créer les conditions pour que l’Iran puisse rejoindre la communauté des nations en tant que pays productif souhaitant la stabilité, la paix et la prospérité dans la région. C’est pourquoi toutes ces sanctions ont été levées.

Mais depuis que l’accord nucléaire a été conclu, ce que nous avons vu, c’est que l’Iran a intensifié ses activités de déstabilisation au Yémen, en Syrie, exporte des armes au Hezbollah et à d’autres groupes terroristes, et continue de mettre en œuvre un programme de missiles balistiques très actif. Rien de tout cela, selon moi, n’est conforme à cet engagement dans le préambule qui a été adopté par tous.

QUESTION : Très rapidement, il ne s’agit toutefois pas d’une puissance nucléaire. Vous faites déjà face à la Corée du Nord. Pourquoi ne pas faire face à un problème à la fois ? Pourquoi confronter – pourquoi potentiellement s’en prendre à l’Iran sur cette question ? Pourquoi ne pas remettre ça à plus tard ? Le problème plus que sérieux de la Corée du Nord se dresse juste devant vous.

SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, je pense que c’est important lorsque vous prenez en compte notre relation avec l’Iran et la façon dont nous la considérons, comme je le disais… comme je l’ai dit à d’autres pays en Europe : prenez en compte toute l’étendue de notre relation. Et c’est ce que le président a également dit. Écoutez, nous avons beaucoup de problèmes avec l’Iran. La liste est longue, très longue. Le problème nucléaire n’est qu’un élément parmi tant d’autres de cette liste. Nous avons d’autres problèmes auxquels nous devons faire face, et cela concerne les activités déstabilisatrices de l’Iran.

QUESTION : Très vite, à propos de Cuba. Certains sénateurs ont suggéré de fermer l’ambassade là-bas. Est-ce ce que ce sera le cas ?

SECRÉTAIRE TILLERSON : On est en train d’examiner la question. C’est un problème très grave en ce qui concerne le préjudice subi par certains individus. Nous avons rapatrié certaines de ces personnes. On est en train d’examiner la question.

QUESTION : Très bien, monsieur le secrétaire. Merci beaucoup du temps que vous nous avez accordé.

SECRÉTAIRE TILLERSON : Tout le plaisir est pour moi.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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