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Allocation du secrétaire d’État Rex Tillerson lors de la séance plénière ministérielle de l’OSCE

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Département d’État des États-Unis
Bureau du porte-parole
Vienne (Autriche)
Le 7 décembre 2017

 

 

M. LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Merci de me donner l’occasion de m’exprimer devant cette instance. L’OSCE est un pilier indispensable de notre architecture de sécurité commune qui renforce la paix et la stabilité en Europe et en Eurasie. De tous les défis auxquels est confrontée l’OSCE aujourd’hui, aucun n’est plus important ou plus frustrant que celui de la situation en Ukraine. Les États-Unis sont attachés à la souveraineté, à l’indépendance et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues. Nous appelons à la pleine mise en œuvre des accords de Minsk. Nous n’accepterons jamais l’occupation et la tentative d’annexion de la Crimée par la Russie. Les sanctions liées à la Crimée resteront en place jusqu’à ce que la Russie rende le contrôle total de la péninsule à l’Ukraine.

Dans l’est de l’Ukraine, nous nous associons à nos partenaires européens pour le maintien des sanctions jusqu’à ce que la Russie retire ses forces du Donbass et respecte ses engagements pris à Minsk. Alors que l’Ukraine prend des mesures pour respecter ces accords (ce qu’elle doit continuer à faire), la Russie, quant à elle, ne le fait pas. En 2017, il y a eu plus de victimes civiles qu’en 2016. En novembre, les violations du cessez-le-feu à Donetsk et Louhansk ont augmenté de 60 %. Nous devons être clairs sur la source de cette violence : la Russie arme, dirige et forme les forces anti-gouvernementales, aux côtés desquelles elle combat. Nous appelons la Russie et ses mandataires à mettre fin à leur harcèlement, à leur intimidation et à leurs attaques contre la mission spéciale de surveillance de l’OSCE. Nous rendons hommage, pour son sacrifice, à Joseph Stone, ambulancier américain tué en avril lors d’une patrouille, et saluons le courage et l’engagement des observateurs de la mission spéciale d’observation qui travaillent sur le terrain aujourd’hui. Nous en appelons à l’OSCE toute entière à mettre en œuvre et à respecter les principes de l’organisation. Nous devons respecter le droit de chaque État à choisir son propre avenir politique. Là où les droits de l’homme ne sont protégés que faiblement, la stabilité devient encore plus difficile à maintenir et les progrès démocratiques et économiques sont au point mort, voire menacés.

Nous sommes confrontés à de graves problèmes de sécurité dans toute l’Europe, qu’il s’agisse des conflits en cours ou du terrorisme. À l’heure où les accords existants sur le contrôle des armements sont violés, nous ne pouvons raisonnablement discuter de nouveaux arrangements, mais nous devons insister sur la pleine application des accords existants et chercher à restaurer la transparence militaire en actualisant et modernisant le Document de Vienne. Depuis des dizaines d’années, l’OSCE fournit un cadre qui permet à ses membres de discuter des problèmes de sécurité sur un pied d’égalité. Le dialogue structuré, lancé plus tôt cette année, a permis des échanges francs sur les défis que les nations considèrent comme les principales menaces pour la paix et la sûreté. Nous devrions tous vouloir voir les principes fondamentaux de l’Acte final d’Helsinki respectés et avons tous intérêt à réduire le risque d’erreurs de calculs militaires, les menaces terroristes et celles posées par le retour des terroristes étrangers, ainsi que les menaces que constituent les cyberattaques malveillantes.

L’OSCE est une plate-forme importante pour échanger des points de vue sur ces problèmes ainsi que sur les défis mondiaux liés aux réfugiés et aux migrations. De nombreux pays ne connaissent que trop bien les conséquences sur leur sécurité qu’ont les vastes flux irréguliers de migrants. L’OSCE a un rôle essentiel à jouer dans l’échange de bonnes pratiques en matière de prise en charge des migrations, en renforçant ses partenariats avec les pays dont les migrants sont originaires et en luttant contre les organisations criminelles qui tirent parti de la contrebande et de la traite des personnes. Ce sont les innocents qui souffrent le plus.

Nous devons faire des progrès pour mettre fin au conflit de longue date en Géorgie et en Moldavie, ainsi que dans le Haut-Karabagh. Nous soutenons les efforts du Groupe de Minsk pour trouver une solution. Nous nous réjouissons des engagements pris par les présidents de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan lors de leur sommet d’octobre pour intensifier leurs négociations et réduire les tensions le long de la ligne de conflit. Lorsqu’une volonté politique existe, des progrès substantiels sont possibles et nous saluons leur décision d’hier d’accélérer les choses des deux côtés.

Nous nous félicitons des récents pourparlers 5+2 sur la Moldavie. Cependant, les actions de la Russie pour étouffer l’accès aux régions de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud en Géorgie doivent être condamnées.

Enfin, et malgré certains progrès, l’instabilité demeure dans certaines parties des Balkans. Les pays doivent accélérer leurs réformes économiques et politiques, y compris en renforçant leurs institutions, en mettant en œuvre des mesures anti-corruption et en faisant respecter l’état de droit. Ce sont là des étapes cruciales, dont tout particulièrement un accord sur la réforme en Bosnie-Herzégovine, en préparation des élections de 2018.

Qu’il s’agisse de mettre fin à la crise en Ukraine, de lutter contre le terrorisme, de promouvoir les droits de l’homme ou de résoudre les conflits de longue date, l’OSCE est une plate-forme importante pour relever ces défis. Les États-Unis continueront de soutenir fermement l’OSCE et rejetteront les efforts visant à affaiblir ses institutions ou ses missions sur le terrain, quelles qu’elles soient. Nous exhortons les pays membres à donner suite à nos recommandations d’aujourd’hui pour une Europe, une Eurasie et une Asie centrale plus pacifiques et plus prospères.

Je vous remercie.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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