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Allocution du secrétaire d’État des Etats-Unis, M. Rex Tillerson lors de la réunion de Vancouver des ministres des Affaires étrangères sur la sécurité et la stabilité dans la péninsule coréenne

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Département d’État des États-Unis
Bureau du porte-parole
Le 16 janvier 2018
Vancouver (Canada)
Extraits

 

M. LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, permettez-moi tout d’abord de remercier Mme Freeland, la ministre des Affaires étrangères, d’avoir accepté de présider cet événement à mes côtés, et merci également au Canada d’avoir permis que cette rencontre ait lieu à Vancouver. La Corée du Nord est l’une des nombreuses questions de sécurité à propos de laquelle les États-Unis savent qu’ils peuvent compter sur notre voisin et ami, le Canada, pour un alignement étroit. Je tiens également à mentionner le ministre des Affaires étrangères, M. Kang, le ministre des Affaires étrangères de la république de Corée, M. Kono, et à les remercier également de s’être joints à nous. En tant qu’alliés, leur pays ont été au centre de la campagne de pression maximale contre la Corée du Nord, et notre coordination avec eux se poursuivra. Les États-Unis expriment leur gratitude à toutes les nations pour les efforts qu’elles ont déployés jusqu’ici dans le cadre de cette campagne de pression.

Cette assemblée, composée des pays représentatifs des États expéditeurs du Commandement des Nations unies, est représentée par des ministres des Affaires étrangères et des diplomates. Il s’agit des nations qui, il y a près de 60 ans, ont répondu à l’appel de la lutte pour garantir la liberté dans la péninsule coréenne et, au prix de grands sacrifices, ont garanti la liberté de la péninsule coréenne pour le peuple de la république de Corée. Et bien que ce conflit reste bloqué dans le temps avec un armistice, aucune de ces nations n’a jamais cessé de s’intéresser au maintien de la liberté dans la péninsule.

Et je pense que, comme le président Trump l’a si bien souligné dans son discours à l’Assemblée générale de la république de Corée en novembre dernier, les différences en termes de liberté et de démocratie entre le peuple de la Corée du Sud et les conditions de vie de celles et ceux qui vivent sous la tyrannie du régime nord-coréen sont frappantes. Et seule une menace de cette nature, une grave menace nucléaire, est capable d’unir des nations autrefois ennemies, les États expéditeurs et la Chine, dans un objectif commun de dénucléarisation de la péninsule coréenne. Et les États expéditeurs se tiennent aux côtés de la Chine, de la république de Corée, du Japon et de la Russie, et à présent la communauté internationale tout entière s’y est jointe pour dire au régime nord-coréen que nous ne pouvons pas et ne voulons pas l’accepter comme État nucléaire.
Cela fait presque un an que les États-Unis, de concert avec leurs alliés et partenaires, ont commencé une campagne mondiale de pression maximale contre la Corée du Nord. Comme c’était le cas au début, le principal objectif de cette campagne de pression est de couper les sources de financement auxquelles la Corée du Nord a recours pour financer ses programmes illégaux de missiles nucléaires et balistiques. En outre, nous devons augmenter les coûts associés au comportement du régime, afin de pousser la Corée du Nord à se présenter à la table pour des négociations crédibles.

L’objet des négociations, si elles ont lieu et quand elles auront lieu, est la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la Corée du Nord. Toutes les nations ici présentes aujourd’hui sont unanimes quant à cet objectif. Permettez-moi de souligner ceci : nous ne permettrons pas à la Corée du Nord de faire obstacle à notre résolution ni à notre solidarité. Nous rejetons une approche qui consisterait à « geler pour geler », dans laquelle les exercices militaires défensifs légitimes reviendraient au même que les actions illégales de la RPDC.
La campagne de pression continuera jusqu’à ce que la Corée du Nord prenne des mesures décisives vers la dénucléarisation. C’est une stratégie qui exige de la patience et qui continuera d’en exiger, mais grâce au soutien de tous les pays autour de cette table et du monde entier, le régime fait déjà face à des coûts qu’il a bien du mal à supporter. Le but de nos réunions d’aujourd’hui est d’améliorer l’efficacité de la campagne de pression maximale et de lutter contre les tentatives de la Corée du Nord d’échapper aux sanctions. Les États-Unis se réjouissent d’entendre les suggestions de l’ensemble des participants sur la meilleure manière d’y parvenir.

Aujourd’hui, les États-Unis sont encouragés par les mesures que les pays du monde entier ont déjà prises. En 2017, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté trois résolutions unanimes, imposant des sanctions plus sévères que jamais à la Corée du Nord. En outre, les nations du monde entier ont pris leurs propres mesures unilatérales, telles que l’expulsion des travailleurs nord-coréens, la fermeture des ambassades nord-coréennes et l’interdiction de l’importation de produits nord-coréens. Les États-Unis félicitent ces pays d’avoir pris ces mesures.

Ces progrès sont encourageants, mais nous ne pouvons pas nous en satisfaire. Le régime de Kim Jong-un, avec ses missiles balistiques et ses tests nucléaires illégaux, continue de menacer la paix et la sécurité internationales. Jetez un coup d’œil à la carte derrière moi, et vous verrez la comparaison entre les… entre les exercices militaires défensifs et leurs tests irresponsables. Cette carte montre le trafic aérien en Asie tel qu’il était à la date du vendredi 12 janvier au matin, une journée plutôt ordinaire. Chaque icône d’avion représente un avion qui traverse la région, et comme vous pouvez le voir, il y a beaucoup d’activité aérienne, chaque jour.

La possibilité qu’un missile nord-coréen ou qu’une partie de celui-ci touche des avions civils est bien réelle. Le 28 novembre, des voyageurs en provenance de San Francisco et à destination de Hong-Kong ont observé de leurs propres yeux dans le ciel des parties du test de missile balistique intercontinental effectué par la Corée du Nord. Selon l’aviation civile américaine, (la Federal Aviation Administration, ou FAA) le vol se trouvait à 280 milles marins du point d’impact et, à cette même heure, neuf autres vols transitaient dans cette zone. Au cours de cette journée, selon le département de la Défense, environ 716 vols devaient transiter dans cette zone. La FAA indique que le nombre total de sièges disponibles sur ces 716 vols était de 152 110. Cela représente un nombre considérable de personnes issues d’un nombre considérable de pays, qui sont mises en danger par des tests irresponsables de missiles balistiques.

Mon argument est le suivant : la Corée du Nord, dans son empressement à lancer des missiles à tout moment, présente une menace quotidienne dans l’espace aérien de la région pour des personnes de toutes les nationalités. Compte tenu de son insouciance passée, nous ne pouvons nous attendre à ce que la Corée du Nord tienne compte de ce qui pourrait empêcher un missile ou une partie d’un missile de se briser. Sans même parler des erreurs technologiques potentielles associées à un lancement qui pourraient causer un vrai désastre.

Bien sûr, ce n’est pas la seule menace posée par les missiles nord-coréens, ni celle la plus probable. L’an dernier, à deux reprises, la Corée du Nord a lancé sur le Japon des missiles qui auraient pu tomber sur des agglomérations. La menace nord-coréenne a de multiples facettes, qui doivent toutes être contrées. Le régime a montré qu’il se souciait peu des nations du monde entier. D’après ses actions actuelles, on peut concevoir ce que la Corée du Nord pourrait très bien faire plus tard si elle obtenait des capacités complètes de vecteurs de missiles et d’armes nucléaires.

Si l’on considère que la RPDC a déclaré vouloir attaquer des cibles civiles, qu’Oslo est plus proche de Pyongyang que de Seattle, que Londres est plus proche de la Corée du Nord que Los Angeles, qu’Amsterdam, Ankara, Bruxelles, Pékin, Paris et Moscou sont plus proches que New York, nous voyons un problème à l’échelle mondiale nécessitant une solution à l’échelle mondiale. À la lumière de la trajectoire abrupte de régression de la Corée du Nord, nous devons mettre en œuvre une solution permanente et pacifique pour éviter une crise future. Les provocations de la Corée du Nord ont donné lieu et continuent à donner lieu à la mise en place de conséquences claires et substantielles appropriées.

Premièrement, nous devons tous exiger une application intégrale des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU, car c’est la lettre de la loi. Nous exhortons en particulier la Russie et la Chine à les respecter. La pleine mise en œuvre est une mesure essentielle pour la sécurité de leur population et une indication claire de leur volonté d’honorer leurs engagements internationaux. Nous ne pouvons tolérer les manquements ou les lacunes. Nous continuerons à attirer l’attention et à désigner des entités et des particuliers complices de telles mesures d’évitement.
Deuxièmement, nous devons tous collaborer pour améliorer les opérations d’interdiction maritime. Nous devons mettre fin aux transferts illégaux de navire à navire qui sapent les sanctions de l’ONU. Et troisièmement, de nouvelles conséquences doivent être instaurées contre le régime chaque fois qu’une nouvelle agression est commise.

Nous reconnaissons qu’aucune action ni résolution ne forcera la Corée du Nord à renoncer à son programme nucléaire, mais si tous les pays abandonnent ou réduisent de manière significative leurs engagements économiques et diplomatiques envers la Corée du Nord, l’ensemble de nos efforts nationaux individuels augmentera les chances d’une solution négociée. Nos nations souhaitent que la Corée du Nord ait un avenir, mais la responsabilité ultime de la réalisation de ce nouvel avenir incombe à la Corée du Nord. Ce n’est qu’en abandonnant sa trajectoire actuelle que la Corée du Nord pourra atteindre la sécurité et la stabilité qu’elle souhaite et un avenir prospère pour son peuple.

Au nom des États-Unis, je me réjouis de partager aujourd’hui des idées avec nos alliés et partenaires afin de renforcer la campagne de pression maximale et de créer ainsi une voie vers la sécurité pour l’ensemble de nos membres. Je vous remercie.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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