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Allocution de l’ambassadrice Nikki Haley lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie

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Mme l’ambassadrice Nikki Haley
Représentante permanente des États-Unis auprès des Nations unies
Mission des États-Unis auprès des Nations unies
New York, le 5 février 2018

 
 

Merci, M. le Président. Merci, Izumi, de votre exposé.

Les nouvelles qui nous viennent de Syrie ce matin s’inscrivent dans une tendance problématique. On signale qu’une attaque aux armes chimiques a encore eu lieu dimanche. Les victimes de ce qui semble être du gaz chloré arrivent en masse dans les hôpitaux.

Peu de choses ont autant horrifié mon pays et le monde que l’utilisation par le régime Assad d’armes chimiques à l’encontre de son propre peuple. Ce Conseil s’est exprimé de manière franche sur la question de la fin de l’utilisation d’armes chimiques par la Syrie, et pourtant, cela ne cesse pas.

Les obligations du régime Assad au titre de la Convention sur les armes chimiques et de la résolution 2118 du Conseil de sécurité sont claires, à savoir qu’il doit immédiatement cesser l’utilisation de toute arme chimique. Il doit résoudre les lacunes et incohérences de sa déclaration à la Convention sur les armes chimiques. Et il doit détruire toutes les armes chimiques qui restent en sa possession sous la supervision de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.

Il s’agit là de buts nobles. Il s’agit là de buts urgents. Et, malgré cela, nous avons passé une grande partie de l’année passée au sein de ce Conseil à regarder un pays protéger l’utilisation des armes chimiques par le régime Assad en refusant de lui demander de rendre des comptes.

Alors que voient les Américains ? Que voient les citoyens de tous les autres pays ? Ils voient un Conseil qui ne peut s’accorder sur la marche à suivre, même après qu’un mécanisme d’enquête, créé par ce Conseil, a découvert que le régime Assad a utilisé des armes chimiques.

Maintenant, on nous signale que le régime Assad a eu recours au gaz chloré à l’encontre de son peuple à plusieurs reprises depuis quelques semaines, y compris pas plus tard qu’hier. Des dizaines de victimes apportent des preuves probantes. Nous avons donc proposé la publication d’un communiqué de presse du Conseil de sécurité condamnant ces attaques.

Jusqu’à présent, la Russie a retardé l’adoption de ce communiqué, qui n’est rien d’autre qu’une simple condamnation du fait que des enfants syriens sont en train de suffoquer sous l’effet de gaz chloré. J’espère que la Russie agira comme il convient pour adopter ce texte, montrant ainsi que le Conseil est unifié dans la condamnation des attaques aux armes chimiques.
La reddition de comptes est un principe fondamental. Mais il ne s’agit là que de la première étape. Notre but doit être de mettre fin à l’utilisation de ces armes néfastes et injustifiables. Lorsque les actes ont des conséquences, et lorsque les auteurs sont identifiés et punis, nous nous rapprochons de notre but. Mais si nous ne sommes pas en mesure de franchir la première étape d’instauration de la reddition de comptes pour l’utilisation d’armes chimiques, nous devons sérieusement nous demander ce que nous faisons ici.
Les critères relatifs à la reddition de comptes pour l’utilisation d’armes chimiques n’ont pas changé depuis que ce Conseil a adopté à l’unanimité la création d’un Mécanisme d’enquête conjoint en 2015. Ils n’ont pas changé depuis que la Russie a agi seule pour tuer ce mécanisme l’an dernier.
Un tel mécanisme se doit d’être indépendant et impartial. Il doit être libre de toute influence politique. Il doit être contrôlé par des experts, et non par des politiciens ou des diplomates. Et il se doit d’être définitif.

Le dernier projet russe en date de résolution ne répond à aucun de ces critères. Le projet de résolution de la Russie ne tient aucunement compte des conclusions du Mécanisme d’enquête conjoint sur une enquête que la Russie soutenait jusqu’à ce que les enquêteurs concluent que le régime Assad était responsable. Cela devrait suffire à nous rendre sceptiques. Mais d’autres problèmes plus profonds existent. Pour la nouvelle enquête, la Russie souhaite pouvoir trier les enquêteurs sur le volet. Elle souhaite insérer des normes d’enquête inutiles et arbitraires. Et elle souhaite que le Conseil de sécurité soit en mesure de passer en revue toutes les conclusions de cette enquête et de décider ce qui sera intégré au rapport final. Il ne s’agit pas d’un mécanisme impartial. Il s’agit d’étouffer les conclusions de la dernière enquête que la Russie cherche désespérément à enfouir. Personne ne doit croire que ce projet de résolution constitue une bonne base de discussion alors qu’il est conçu pour saper nos principes essentiels sur les armes chimiques. Nous ne pouvons espérer mettre fin à l’utilisation des armes chimiques si les personnes qui les utilisent échappent aux conséquences de leurs actes.

Ainsi, bien que nous regrettions la nécessité de sa création, nous félicitons la France pour le lancement du Partenariat international contre l’impunité d’utilisation d’armes chimiques. Il s’agit d’une autre manière encore de demander des comptes au régime Assad, ainsi qu’à tout groupe qui utilise des armes chimiques.

Les États-Unis ont également annoncé leur contribution au Mécanisme international, impartial et indépendant sur les crimes internationaux commis en Syrie, l’IIIM. Les États-Unis soutiennent résolument l’IIIM comme outil viable de reddition de comptes du régime Assad pour les atrocités commises, y compris son recours continu et répété à des armes chimiques.

Le fait que la Russie nous ait ramenés à la case départ, pour ce qui est de mettre fin au recours aux armes chimiques en Syrie, est une véritable tragédie. Mais nous n’arrêterons pas de chercher à connaître la vérité sur les actions du régime Assad et nous nous assurerons que la vérité soit connue et que la communauté internationale agisse en fonction.

C’est pourquoi nous avons accueilli les 15 membres de ce Conseil au Musée de l’Holocauste (U.S. Holocaust Museum) la semaine dernière. L’exposition s’intitule : « Syrie : ne nous oubliez pas, s’il vous plaît ». Nous avons tous vu les preuves des atrocités et violations des droits de l’homme commises par le régime Assad. Nous ne pouvons et ne devons pas oublier le peuple syrien. Les États-Unis ne l’oublieront pas.

Bien que ce Conseil n’ait pas encore pu agir de manière à mettre en place une véritable reddition de comptes pour l’utilisation d’armes chimiques en Syrie, les États-Unis ne renonceront pas à leur responsabilité d’y parvenir.

Il s’agit là du vœu sincère du peuple américain et je sais qu’il est partagé par bien d’autres au sein de ce Conseil aujourd’hui. Nous ne sommes pas motivés par les règlements de comptes ni la vengeance ni encore les jeux de pouvoir. Nous sommes motivés par la nécessité urgente de mettre fin à la souffrance unique et horrible qu’infligent les armes chimiques aux hommes, femmes et enfants innocents de Syrie. Le peuple syrien compte sur nous.

Merci.


Voir le contenu d'origine: https://usun.state.gov/remarks/8285
Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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