rss

Allocution prononcée lors de la conférence internationale sur la mobilisation des efforts entrepris par les organismes d’application de la loi dans la lutte contre Daech

العربية العربية, English English, हिन्दी हिन्दी, Português Português, Русский Русский, Español Español, اردو اردو

Département d’État des États-Unis
Bureau du porte-parole
Le 27 février 2018
l’ambassadeur Nathan A. Sales, coordinateur de la lutte contre le terrorisme

 
 

Bonjour à tous. Au nom du département d’État, d’Interpol et de l’Institut international pour la justice et l’état de droit, je vous souhaite à tous la bienvenue.

Merci à tous d’être venus de si loin pour participer à cette conférence importante sur les efforts collectifs de nos services des forces de l’ordre dans la lutte contre Daech. Et merci d’avance des conversations stimulantes à venir.

Permettez-moi de commencer par souligner les progrès extraordinaires réalisés sur le terrain en Iraq et en Syrie par la Coalition mondiale de lutte contre Daech. Presque tout le territoire autrefois contrôlé par Daech est désormais libéré.

Cependant, alors même que nous sommes en train de remporter la lutte contre Daech sur le champ de bataille, le groupe s’adapte à nos succès. La lutte est loin d’être terminée ; elle passe tout simplement à une nouvelle phase. Des terroristes endurcis par les combats reviennent des zones de guerre ou font des ravages dans des pays tiers. Les terroristes nationaux, inspirés par Daech mais qui n’ont jamais mis les pieds en Syrie ou en Iraq, mènent des attaques.

Nous avons besoin d’une stratégie coordonnée et efficace pour cette prochaine étape du conflit et c’est pourquoi nous sommes ici aujourd’hui. Pour ce faire, nous avons besoin d’une compréhension commune de Daech au fur et à mesure de son évolution et d’outils adaptés pour y faire face. Au fur et à mesure que Daech se disperse davantage, notre priorité doit être de l’empêcher de se reconstituer en tant que force combattante disposant d’un sanctuaire physique. Nous devons également l’empêcher d’utiliser Internet comme sanctuaire virtuel à partir duquel radicaliser ou recruter de nouveaux adeptes.

Alors que Daech s’adapte, la lutte un peu partout passera d’une solution militaire à une solution associée aux forces de l’ordre. De plus en plus, pour vaincre Daech, nous devrons ajouter à nos efforts militaires des mesures civiles susceptibles d’assurer la défaite durable du groupe.

Permettez-moi d’être plus précis. Nos efforts comprendront des outils qui relèvent des forces de l’ordre, tels que les poursuites des combattants terroristes étrangers, la collecte de preuves sur le champ de bataille et leur utilisation, ainsi que la mise à jour de nos lois pour un meilleur ciblage des menaces. Nous aurons besoin d’un contrôle aux frontières plus rigoureux et d’un partage d’informations plus solide, à la fois au sein des administrations publiques d’un même pays et qu’entre les pays. Nous devrons désigner et sanctionner les groupes affiliés et les bailleurs de fonds de Daech afin de couper son flux d’argent. Et nous aurons besoin de contrer son discours terroriste.

Ces lignes d’effort ont reçu un puissant coup de pouce en décembre dernier, lorsque le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité la résolution 2396, avec 66 cosignataires. La résolution 2396 du Conseil de sécurité de l’ONU inclut un certain nombre d’outils et d’obligations clés en matière de lutte contre le terrorisme. Des listes de surveillance des terroristes connus et présumés. Le partage d’informations, y compris les dossiers de passagers, les DP. Des poursuites judiciaires des combattants revenant du champ de bataille et de ceux que Daech a inspirés. Et des désignations pour couper le flux financier des organisations terroristes et de leurs membres.

Je voudrais prendre quelques instants pour expliquer ce que les États-Unis font dans la lutte contre Daech dans le domaine des forces de l’ordre. J’espère que cela servira de point de départ utile à nos discussions des deux jours qui viennent.

Listes de surveillance et partage d’informations

Chaque jour, plus d’un million de personnes entrent aux États-Unis par voie terrestre, maritime et aérienne. Nous vérifions leurs noms ainsi que d’autres données et les comparons à nos listes de surveillance de terroristes connus et présumés afin d’identifier les menaces potentielles. Tous les pays dont le souhait réel est de protéger leurs frontières bénéficieront de ce type de contrôle. Les États-Unis et beaucoup d’autres pays présents dans cette salle sont prêts à soutenir les efforts de tous les pays consistant à mettre en place un système de surveillance pour assurer leur protection et améliorer la sécurité internationale.

Depuis plusieurs années, nous avons conclu des dizaines d’accords bilatéraux avec nos alliés et partenaires au titre de la directive présidentielle HSPD-6 du département de la Sécurité intérieure. Ces accords en matière d’échange d’informations nous permettent d’échanger des données de surveillance avec nos pays partenaires. Ces données nous permettent de nous aider les uns les autres à repérer les terroristes qui se déplacent entre nos pays.

Ne serait-ce que l’année dernière, nous avons conclu dix autres de ces arrangements HSPD-6, portant leur nombre total à 69. Nous chercherons à en conclure davantage dans l’année à venir. Et nous souhaitons que nos partenaires qui ont signé ces accords les mettent pleinement en œuvre.

Il est également crucial que le partage d’informations se fasse via des plateformes multilatérales, telles qu’INTERPOL. Ce n’est pas un hasard si Interpol est l’un des organisateurs de l’événement de cette semaine. Alors que nous passons à la prochaine phase de notre combat contre Daech, les capacités que l’organisation sera en mesure de fournir seront de la plus haute importance.

Les bases de données d’INTERPOL multiplient l’impact que peut avoir la vérification des listes de surveillances nationales. Ces outils rassemblent les informations fournies par des dizaines de pays en un seul et même endroit, permettant ainsi aux pays de contrôler les voyageurs grâce à des informations auxquelles ils n’auraient pas accès autrement.

Une inscription n’est toutefois pas suffisante pour avoir accès aux bases de données d’Interpol. Un terminal isolé connecté à INTERPOL, situé dans un bureau tout aussi isolé, est quasiment inutile. À moins que nos autorités de contrôle des frontières et nos agents des forces de l’ordre puissent y avoir un accès direct et en temps réel, nous ne serons jamais assez rapides et minutieux pour contrecarrer la prochaine attaque. J’invite ainsi chacun d’entre vous, à votre retour au pays, à vous demander si tous les agents de vos services aux frontières et de police ont accès à ces bases de données. Si ce n’est pas le cas, vos forces de première ligne n’ont pas les informations dont elles ont besoin pour assurer la protection de vos citoyens.

Je tiens également à souligner l’importance des données des DP, c’est-à-dire les dossiers passagers. Les données des DP sont les informations communiquées par les passagers à une compagnie aérienne lors du processus de réservation d’un billet : les noms, les sièges attribués, les coordonnées, etc.

Les donnes des DP constitue la base de la sécurité des frontières des États-Unis depuis des années. Nous y avons recours pour identifier des tendances de voyage suspectes et ainsi repérer des menaces susceptibles de passer inaperçues. Nous y avons également recours pour éclairer les liens cachés entre des terroristes connus et leurs collaborateurs inconnus.

En vertu de la résolution 2396 du Conseil de sécurité des Nations unies, tous les membres de l’ONU sont tenus de créer les mêmes types de systèmes. Les États-Unis sont déterminés à faire tout leur possible pour leur venir en aide. Nous sommes prêts à partager notre système de DP avec les pays qui le souhaitent et les Pays-Bas se penchent également sur la possibilité de rendre leur système disponible via des canaux internationaux.

Poursuites judiciaires et détentions

Quand des terroristes sont appréhendés par nos policiers ou nos soldats, nous souhaitons parfois entamer des poursuites judiciaires. Ici, aux États-Unis, nous disposons d’un ensemble solide de lois pénales auxquelles nous avons recours pour empêcher les agents de Daech de circuler librement dans les rues de Manhattan ou de Washington.

En vertu de la résolution 2396 du Conseil de sécurité des Nations unies et conformément à d’autres résolutions, nous appelons les autres pays à promulguer des lois adéquates pour garantir l’accès des procureurs aux outils nécessaires pour la prise en charge de la prochaine phase de la menace de Daech. À savoir, des lois qui couvrent un large éventail d’activités terroristes et des lois qui imposent des peines importantes aux personnes jugées coupables.

Des poursuites judiciaires fructueuses reposent également sur l’acceptation de la responsabilité du rapatriement de nos ressortissants capturés sur le champ de bataille. Je tiens à être clair : aussi difficile que cela puisse être aujourd’hui d’un point de vue politique, le fait de refuser maintenant d’assumer la détention de ces combattants conduira plus tard à des conséquences plus difficiles et plus douloureuses. Si ces combattants rentrent chez eux ou sur le territoire de nos alliés et partenaires, nous paierons  tous le prix de l’inaction.

Dans le même temps, nous devons reconnaître que dans certains cas, les poursuites ne seront pas appropriées. C’est la raison pour laquelle le président Trump a annoncé le mois dernier sa décision de réexaminer notre politique de détention militaire et la possibilité de maintenir ouverts les installations de détention de Guantanamo.

Désignations

Enfin, tous les pays doivent créer les régimes juridiques nécessaires pour désigner et sanctionner les terroristes. Cela nous permet de couper leur financement ; nous ne souhaitons pas seulement stopper le poseur de bombe, nous souhaitons stopper l’argent qui permet d’acheter la bombe.

Dans le même sens, j’annonce aujourd’hui la décision du secrétaire Tillerson de désigner comme terroristes sept groupes affiliés à Daech : l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ou EIAO), Daech-Somalie, Daech-Égypte, Daech-Bangladesh, Daech-Philippines, le groupe Maute et Jund al-Khilafa en Tunisie. Le secrétaire a également désigné deux dirigeants affiliés à Daech : Mahad Moalim et Abu Musab al-Barnawi.

Ces terroristes ont été désignés sous une combinaison de régimes, y compris en tant que terroristes mondiaux expressément désignés (SDGT) en vertu du décret présidentiel 13224 et en tant qu’organisations terroristes étrangères (FTO) en vertu de l’article 219 de la Loi sur l’immigration et la nationalité.

Il faudrait une journée entière pour dresser la liste de toutes les atrocités commises par ces groupes, je n’en mentionnerai donc que quelques-unes. En décembre 2016, Daech-Égypte a commis un attentat à la bombe la cathédrale copte chrétienne du Caire, tuant 28 personnes. Daech-Bangladesh a tué 22 personnes lors d’un assaut en juillet 2016 à l’encontre de la Holey Artisan Bakery à Dhaka. Jund al-Khilafa en Tunisie a décapité un berger en novembre 2015. Le groupe Maute est responsable du siège de la ville de Marawi aux Philippines et de l’attentat à la bombe sur le marché de Davao en septembre 2016, qui a fait 15 morts et 70 blessés.

Les désignations d’aujourd’hui se rajoutent à celles des huit groupes affiliés à Daech que nous avons précédemment ajoutés à la liste. Nous avons désigné ces groupes et personnes pour mettre la lumière sur le réseau mondial de Daech et pour souligner que la campagne contre Daech est loin d’être terminée. Ces désignations priveront le réseau de Daech des ressources qui lui sont nécessaires pour mener des attaques terroristes.

Conclusion

En conclusion, je tiens à exprimer ma profonde gratitude pour la coopération internationale que nous avons constatée dans notre campagne contre Daech. Je sais que beaucoup d’entre vous sont en train d’élaborer leurs propres initiatives pour continuer ce combat alors que nous passons d’une phase militaire à une phase civile.

J’espère que cette conférence nous aidera à concentrer notre attention sur la réalisation de la défaite durable de cette organisation terroriste dépravée, ainsi que celle des terroristes autodirigés et d’Al-Qaïda qui s’inspirent de ces groupes.

Sur ce, encore une fois, je tiens à remercier tous les participants de leurs efforts continus et engagés en faveur de cette cause et je me réjouis de ces deux jours de discussions.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
Mises à jour par courrier électronique
Pour vous abonner aux mises à jour ou pour accéder à vos préférences d'abonné, veuillez saisir vos coordonnées ci-dessous