rss

Allocution de l’ambassadrice Haley à l’occasion d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur le cessez-le-feu en Syrie

Facebooktwittergoogle_plusmail
Русский Русский, English English, العربية العربية

Mission des États-Unis auprès des Nations unies
Service de presse et de diplomatie publique
Le 12 mars 2018

 
 

Merci monsieur le président, et je tiens à féliciter les Pays-Bas et votre équipe qui assument la présidence du Conseil ce mois-ci.

Je tiens également à remercier le secrétaire général Guterres pour sa présentation et pour tous ses efforts au service de la paix en Syrie.

Il y a seize jours, nous nous sommes assis autour de la table de négociation avec nos collègues du Conseil de sécurité, et nous avons convenu d’un cessez-le-feu de 30 jours face au bombardement brutal de civils en Syrie. Les négociations ont été longues et difficiles. Chaque minute de retard signifiait la mort de plus de personnes innocentes. Mais la délégation russe a freiné les travaux et fait traîner les pourparlers. Elle a imposé des conditions à l’interruption des massacres. Les États-Unis étaient réticents à accepter ces conditions. Mais pour mettre fin aux tueries en Syrie, nous les avons acceptées. Nous avons essayé de travailler de bonne foi avec la Russie pour mettre fin à la violence en Syrie.

Ainsi, il y a seize jours, nous sommes parvenus à un accord. La Russie a voté en faveur de l’accord. Et par ce vote, elle s’est engagée en faveur d’un cessez-le-feu de 30 jours, tout comme le reste des membres du Conseil de sécurité. Avec ce vote, la Russie a déclaré qu’elle aussi souhaitait mettre en place des conditions pour que l’aide alimentaire et les médicaments puissent parvenir aux familles syriennes affamées. Avec ce vote, la Russie nous a dit qu’elle userait de son influence auprès du régime syrien pour faire taire les armes en Syrie. Elle nous a dit que les Russes honoreraient eux-mêmes le cessez-le-feu dont ils ont voté l’exigence. Avec ce vote, la Russie s’est engagée envers nous, envers le peuple syrien et envers le monde – un engagement à mettre fin aux massacres en Syrie.

Aujourd’hui, nous savons que les Russes n’ont pas tenu leur engagement. Aujourd’hui, nous voyons que leurs actions ne sont pas en accord avec ces engagements, puisque les bombes continuent de tomber sur les enfants de la Ghouta orientale. Aujourd’hui, nous devons nous demander si la Russie peut encore influencer le régime d’Assad pour mettre fin à l’horrible destruction d’hôpitaux, de cliniques et d’ambulances. Pour qu’il cesse de larguer des armes chimiques sur les villages.

La situation en Syrie s’est-elle inversée, et la Russie est-elle maintenant à la solde d’Assad ? Ou pire, de l’Iran ? Nous devons poser ces questions parce que nous savons que les Russes eux-mêmes n’ont pas mis fin à leurs propres bombardements.

Au cours des quatre premiers jours qui ont suivi le cessez-le-feu, des avions militaires russes ont effectué au moins 20 missions quotidiennes de bombardement à Damas et dans la Ghouta orientale. Les Russes ont négocié chaque mot de la formulation du cessez-le-feu. Ils ont voté pour le cessez-le-feu. Et ils l’ont immédiatement ignoré.

Au cours des 16 derniers jours, plus de 500 civils sont morts, et certains rapports font état d’un nombre encore plus élevé de victimes. C’est inacceptable. Des milliers de Syriens ont désespérément besoin de soins médicaux, mais aucune liste de l’ONU n’a été évacuée. Nous avons entendu dire que des discussions sont en cours avec le régime pour procéder à l’évacuation médicale de 25 personnes dans les semaines à venir. Ces civils devraient faire l’objet d’une prise en charge médicale d’urgence, et nous demandons pourquoi il a fallu si longtemps. Quand les plus de 1000 blessés et malades identifiés seront-ils évacués ?

Il n’y a eu pratiquement aucune livraison de médicaments et de matériel chirurgical, car le régime d’Assad les a retirés des convois humanitaires de l’ONU. Le convoi qui a atteint la Ghouta orientale le 5 mars a dû naviguer autour des frappes aériennes constantes du régime. Les bombardements étaient si intenses que l’ONU pouvait à peine décharger la nourriture que les camions transportaient. Et au cours des 16 derniers jours, il a été fait état de trois attaques au chlore gazeux. Cela n’a rien d’un cessez-le-feu. C’est le régime d’Assad, l’Iran et la Russie qui poursuivent leur guerre contre leurs opposants politiques.

Et il y a une autre raison pour laquelle nous savons que les Syriens et les Russes n’ont jamais eu l’intention d’appliquer le cessez-le-feu : c’est qu’ils se sont préparés en conséquence. Au cours des deux dernières semaines, les régimes russes et syriens se sont attachés à qualifier de « terroristes » tous les groupes d’opposition de la Ghouta orientale. Pourquoi ? Ils peuvent ainsi exploiter une disposition de la résolution sur le cessez-le-feu qui autorise les opérations militaires contre Daech et Al-Qaïda.

Il y a bien des terroristes en Syrie. Mais les régimes russe et syrien qualifient quiconque résiste à leur contrôle absolu de terroriste. Aux yeux de la Russie, de l’Iran et d’Assad, les quartiers de la Ghouta orientale regorgent de « terroristes ». Les hôpitaux sont pleins de « terroristes ». Les écoles sont pleines de « terroristes ». Les régimes syrien et russe affirment avec insistance qu’ils ciblent des terroristes, mais leurs bombes et l’artillerie continuent à pilonner les hôpitaux et les écoles – et faire des victimes civiles innocentes. Ils ont délibérément – et avec préméditation – exploité une faille dont ils ont négocié l’inclusion dans le cessez-le-feu pour continuer à affamer et à harceler des centaines de milliers de civils syriens innocents. Ils ont fait de ce processus et de cette institution une moquerie. Dans l’intérêt du peuple syrien et dans le souci de l’intégrité de ce Conseil, nous devons réagir et agir.

Pendant les négociations, les États-Unis ont averti toutes les parties que nous devions agir si le cessez-le-feu n’était pas respecté, et les membres du Conseil de sécurité en ont convenu. Et c’est aujourd’hui le cas. Le cessez-le-feu a échoué. La situation des civils dans la Ghouta orientale est désastreuse. Et les États-Unis agissent. Nous avons rédigé une nouvelle résolution sur le cessez-le-feu qui est incontournable. Elle est simple, directe et contraignante, et  prendra effet immédiatement dès son adoption par le Conseil. Elle ne contient aucune échappatoire sous couvert de la lutte contre le terrorisme pour Assad, l’Iran et les Russes. Et elle se concentre sur la zone que le secrétaire général a identifiée – comme le monde entier peut le voir – comme celle où l’urgence est la plus grande pour la vie de civils innocents : la ville de Damas et la Ghouta orientale.

Si la Russie, l’Iran et Assad ne peuvent convenir d’un accord pour mettre fin aux  bombardements dans cette partie limitée de la Syrie pour ce laps de temps réduit, ils n’accepteront rien qui en vaille la peine. Et s’ils ne tiennent pas leur parole lorsqu’ils ont accepté un cessez-le-feu, alors comment pouvons-nous leur faire confiance ?

En fin de compte, c’est ce qui rend le travail de ce Conseil possible – la confiance. Si nous ne pouvons pas compter sur les membres du Conseil pour honorer leurs engagements, nous ne pourrons rien accomplir. Et si nous ne pouvons pas agir quand des enfants meurent, nous n’avons rien à faire ici. Si nous ne pouvons pas sauver des familles qui n’ont pas vu le soleil depuis des semaines parce qu’elles se terrent dans des abris souterrains pour échapper aux bombes barils, le Conseil de sécurité est impuissant comme l’affirment ses pires détracteurs.

Il y a près d’un an, à la suite de l’attaque au gaz sarin du régime syrien à Khan Sheikhoun, les États-Unis ont lancé un avertissement à ce Conseil. Nous avons dit que lorsque la communauté internationale manque régulièrement à son devoir d’action, il arrive que les États se trouvent contraints d’agir seuls. Le Conseil de sécurité n’a rien fait. Et les États-Unis ont procédé avec succès à des frappes contre la base aérienne de laquelle Assad avait lancé son attaque chimique. Nous réitérons cet avertissement aujourd’hui. Nous invitons toutes les nations à travailler ensemble pour prêter secours au peuple syrien. Et nous soutenons le processus politique des Nations unies pour mettre fin à la guerre en Syrie.

Mais nous mettons également en garde toute nation qui entendrait imposer sa volonté au moyen d’attaques chimiques et de souffrances inhumaines, en particulier le régime syrien illégitime : les États-Unis se tiennent prêts à agir en cas de nécessité. Ce n’est pas la voie que nous préférons, mais nous avons montré que nous en étions capables, et nous sommes préparés à y recourir une nouvelle fois.

Merci.


Voir le contenu d'origine: https://usun.state.gov/remarks/8330
Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
Mises à jour par courrier électronique
Pour vous abonner aux mises à jour ou pour accéder à vos préférences d'abonné, veuillez saisir vos coordonnées ci-dessous