rss

Allocution du secrétaire d’État Rex Tillerson et du ministre des Affaires étrangères du Nigéria, M. Geoffrey Onyeama, lors d’un point de presse

Facebooktwittergoogle_plusmail
English English

Département d’État des États-Unis
Bureau de la porte-parole
Abuja, Nigéria, le 12 mars 2018
(Extraits)

 
 

M. LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, bonjour. Je suis enchanté d’être de retour au Nigéria, un endroit où je me suis rendu à maintes reprises, et je tiens tout particulièrement à remercier le président Buhari et le ministre des Affaires étrangères Onyeama pour le temps qu’ils m’ont accordé lors de nos discussions concernant les relations entre nos deux pays, et surtout, nos engagements mutuels présents et à venir.

Notre collaboration vise à créer un grand nombre de possibilités qui permettront d’accroître les échanges commerciaux et les investissements et d’élargir l’accès à l’électricité, une composante essentielle du développement, sur le plan humain et économique. Nous avons également relevé un certain nombre de défis à travers le continent, de la corruption aux épidémies en passant par le terrorisme. Le Nigéria, plus grande économie d’Afrique, est le deuxième partenaire commercial des États-Unis sur le continent avec un total de biens échangés entre les deux pays au cours de l’année dernière s’élevant à plus de 9 milliards de dollars.

Dans quelques mois, nous inaugurerons le dialogue commercial et d’investissement entre les États-Unis et le Nigéria, ainsi que le Conseil de l’Accord-cadre sur le commerce et les investissements, deux mesures très positives visant à renforcer les réseaux d’entreprises et à surmonter les obstacles à l’augmentation des échanges commerciaux et des investissements en provenance des États-Unis. Nous attendons également avec impatience la finalisation de l’accord de libre-échange continental par l’Union africaine. Il s’agit d’un mécanisme important qui permettra d’accroître les échanges commerciaux intra-africains, une mesure qui, selon nous, entraînera des investissements directs étrangers encore plus importants et, j’en suis persuadé, une plus grande implication et de nombreux investissements de la part des États-Unis en Afrique, et plus particulièrement au Nigéria, en raison de l’importance de sa population et de sa croissance économique.

Nous remercions le Nigéria pour son rôle de chef de file dans la force multinationale conjointe du bassin du Lac Tchad avec des pays comme le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Bénin. Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest sont responsables du déplacement de millions de personnes et ont dérobé toute possibilité d’avenir à un grand nombre de personnes. L’enlèvement récent de plus de 100 écolières est un événement tragique. Les États-Unis apportent leur plein soutien au Nigéria ; nous travaillons activement avec nos partenaires ici dans le pays pour mettre en place d’autres manières d’aider le pays dans cette lutte.

Enfin, j’ai fait part au président de l’optimisme des États-Unis sur l’avenir de la gouvernance démocratique ici et à travers le continent. Les élections au Nigéria et le transfert pacifique du pouvoir en 2015 ont démontré au reste de l’Afrique et au monde entier que des sociétés hétérogènes pouvaient mener des transitions gouvernementales pacifiques et démocratiques. Les États-Unis ont hâte de se joindre au gouvernement et aux groupes issus de la société civile pour apporter leur soutien au retour à des élections transparentes, crédibles, équitables et pacifiques au Nigéria.

Les États-Unis saluent également les mesures prises par le Nigéria en matière de lutte contre la corruption. Les actions du président Buhari ont fait écho à travers le continent, comme l’indique sa récente reconnaissance par l’Union africaine de son statut de défenseur de la lutte contre la corruption. Nous n’aurons de cesse d’encourager le gouvernement nigérian à travailler avec les dirigeants civiques et communautaires pour créer une infrastructure sociale, économique et politique durable qui soutienne une paix et un développement pérennes pour les décennies à venir. Ceci est essentiel pour renforcer la confiance de la population dans son gouvernement, améliorer les efforts qui sont faits dans le domaine de la sécurité au nord-est du pays et augmenter la capacité des ÉtatsUnis à travailler en partenariat avec le Nigéria à l’avenir. Nous sommes convaincus que le Nigéria est voué à un avenir radieux, tout comme les relations entre les États-Unis et le Nigéria. Je vous remercie.

(…)

QUESTION : M. le secrétaire Tillerson, pendant que nous sommes ici en Afrique, Jared Kushner a rencontré le président du Mexique sans inviter l’ambassadeur des États-Unis au Mexique. Il tente de négocier la paix au Moyen-Orient alors même qu’il a perdu son habilitation de sécurité, et il fait l’objet d’un examen de plus en plus rigoureux à la suite de certaines rumeurs indiquant que ses liens commerciaux avec les EAU l’auraient poussé à convaincre l’administration de prendre position contre le Qatar dans la crise du Golfe. Pouvezvous nous dire en quoi cela rend service à votre diplomatie ? Merci.

(…)

M. LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, oui, je pense qu’en ce qui… ce voyage en Afrique est d’une grande importance pour l’administration, et c’est ce sur quoi je me suis concentré la semaine dernière, comme vous le savez. Je pense, en ce qui concerne l’agenda de missions qui a été confié à M. Kushner par le président [Trump], je pense qu’il est préférable de le laisser répondre lui-même, ou la Maison-Blanche, à ce sujet.

QUESTION : Merci, M. le secrétaire d’État. Ibrahim Adra, Channels Television. Laissez-moi vous souhaiter la bienvenue au nom de l’organe de presse de l’État : j’espère qu’il ne s’agira pas de votre dernière visite.

M. le secrétaire, comme vous l’avez bien mentionné, l’une des conséquences liées à l’insurrection de Boko Haram (contre laquelle le Nigéria a lutté et qu’il essaie de contenir), est l’enlèvement de ce groupe de collégiennes à Chibok et plus récemment à Dapchi. Et l’on vient juste d’apprendre à l’instant que Monsieur le président [du Nigeria] a exprimé sa reconnaissance envers les efforts des États-Unis, mais je voudrais en savoir davantage sur la question. Concrètement, de quelle manière les États-Unis vont-ils aider le Nigéria à protéger ces jeunes filles de leurs ravisseurs, et dans quel délai ?

M. LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, d’abord, nous respectons les responsabilités du gouvernement du Nigéria. Le Nigéria est un territoire souverain. Mais nous apportons notre aide sous la forme de capacités, que ce soit en termes d’équipement, mais aussi en termes de formation du personnel pour les opérations spéciales, et de la communication de certains renseignements, afin qu’il dispose de toutes les informations nécessaires pour planifier et mener à bien des actions visant à retrouver et libérer ces jeunes filles.

Mais je pense qu’il est également important de remettre cela dans un contexte régional plus large. Boko Haram représente une menace pour les autres pays de la région, ce qui a d’ailleurs été l’un des sujets abordés lors de mes réunions dans d’autres pays en Afrique. Et au cours de mes échanges, notamment lors de ceux que j’ai eus plus tôt dans la journée avec le président Deby, au Tchad, nous avons parlé de la menace de Boko Haram. Et je pense que cette collaboration du groupe de travail conjoint (dont font partie le Nigéria et le Tchad) est un élément crucial, et l’un des éléments les plus puissants, pour apporter une réponse à cette menace terroriste, dont Boko Haram est une organisation parmi d’autres. Il existe d’autres menaces auxquelles les dirigeants de cette partie du pays doivent faire face et auxquelles cette partie du continent doit faire face.

Les États-Unis sont donc également très engagés dans cet effort coordonné, à la fois en termes de soutien, d’équipement, de formation, et dans les domaines où nous pouvons conseiller et fournir des informations. Je pense que c’est la meilleure manière d’aider le gouvernement du Nigéria à obtenir la libération de ces jeunes filles, ce qui, nous l’espérons, se fera de manière pacifique. Nous espérons que l’on pourra trouver une solution et que le gouvernement réussira à persuader les ravisseurs de libérer ces jeunes filles rapidement. C’est du moins ce pour quoi nous prions.

(…)

QUESTION : Merci beaucoup. Monsieur le secrétaire d’État, après que le président Trump a accepté l’invitation de la Corée du Nord à prendre part à des pourparlers directs, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un n’a fait aucune annonce publique. Les Nord-Coréens vous ont-ils dit quelque chose à titre privé ? Selon vous, quelle est la probabilité que la réunion ait effectivement lieu ? Pensezvous que les deux dirigeants parviendront à un accord ? Et aussi, où suggéreriez-vous que la rencontre ait lieu ? (…)

M. LE SECRÉTAIRE TILLERSON : En ce qui concerne les discussions en cours sur une éventuelle rencontre entre le président Trump et Kim Jong-un, comme vous le savez, c’est une évolution très récente. Il y aura… plusieurs étapes seront nécessaires pour convenir d’un emplacement, ainsi que de la portée de ces discussions. Nous n’en sommes qu’aux balbutiements. Nous n’avons pas reçu de réponse directe de la Corée du Nord, même si c’est justement cela que nous attendons de leur part. Je sais qu’il s’agit de questions auxquelles les gens ont hâte d’avoir des réponses. Je dirais juste de faire preuve de patience ; nous verrons bien ce qui se passera.

QUESTION : Et comme endroit pour la rencontre ?

M. LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Là aussi. Rien… rien n’a été convenu, et je ne veux pas commencer à faire circuler dans les médias des idées plus ou moins avérées. Je pense qu’il sera très important que les conversations de ce type aient lieu discrètement entre les deux parties.

(…)

QUESTION : Monsieur le secrétaire d’État, je m’appelle… je m’appelle Tony Aileman et je suis journaliste pour le journal BusinessDay. Monsieur, nous… lorsque vous vous êtes exprimé récemment au sujet de votre voyage, vous avez dit que les pays africains devraient être vigilants face au type de prêts qu’ils recevaient de la Chine. Monsieur, vous n’êtes par ailleurs pas sans ignorer que les pays africains sont confrontés à une carence massive en termes d’infrastructures. Je voudrais donc savoir quelles alternatives sont disponibles pour que les pays africains puissent obtenir des ressources qui leur permettent de remédier à leurs déficiences massives en infrastructures. Merci.

M. LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, je me suis déjà exprimé sur cette question à plusieurs reprises, et je pense qu’il est important que notre point de vue soit compris de manière claire. Nous ne cherchons pas à faire obstacle aux investissements chinois dans les pays qui en ont besoin. Là où nous mettons les pays en garde, c’est qu’il leur faut examiner attentivement les implications de leur niveau d’endettement, les termes de la dette ; s’assurer que les arrangements liés à ce financement créent effectivement des emplois au niveau local, qu’ils développent les capacités locales, ou encore que les projets menés par des travailleurs étrangers bénéficient bien à leur pays. La structure du financement leur permettra-t-elle de toujours rester maître de leur infrastructure ? Existe-t-il des mécanismes susceptibles de permettre de gérer les défauts de paiement sans pour autant perdre la propriété de leurs propres biens ? Ces atouts sont ceux du continent, qu’il s’agisse des ports, de voies de chemins de fer ou des grands axes routiers.

Et nous avons vu cela se produire dans d’autres pays qui, eux, n’ont pas fait preuve d’assez de prudence : ils se sont alors retrouvés dans une situation où ils ont finalement perdu le contrôle de leurs infrastructures, où ils en ont perdu les droits de propriété et d’exploitation. Voilà juste ce sur quoi nous avons quelques réserves. Il existe des règles et des normes internationales connues de tous, des structures de financement connues de tous pour faire face à des circonstances imprévues, et je pense que nous ne faisons que… nous recommandons aux pays d’examiner les choses attentivement.

Et il existe d’autres alternatives. Il existe d’autres mécanismes de financement alternatifs disponibles, et je pense par ailleurs qu’il existe notamment un énorme potentiel de coinvestissements dans les infrastructures entre le secteur public et privé, à condition que les gouvernements créent les bonnes conditions autour de ces investissements relatifs aux infrastructures. Et nous développons des mécanismes : le président a chargé certains membres de son personnel de haut niveau aux États-Unis de commencer à développer des mécanismes de financement alternatifs qui créeront également des opportunités alternatives à ce que la Chine offre. Et encore une fois, il se peut que tout se passe bien avec la Chine, mais nous avons vu beaucoup, beaucoup d’exemples à travers le monde où cela ne s’est pas très bien passé pour le pays hôte. Et en tant qu’amis de tous les pays, nous leur demandons juste de rester prudents.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
Mises à jour par courrier électronique
Pour vous abonner aux mises à jour ou pour accéder à vos préférences d'abonné, veuillez saisir vos coordonnées ci-dessous