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Allocution du secrétaire d’État Rex Tillerson et du ministre des Affaires étrangères tchadien, M. Mahamat Zene Cherif lors d’un point de presse

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Département d’État des États-Unis
Bureau de la porte-parole
Le 12 mars 2018
N’Djamena, Tchad

 
 

(Extraits)

LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, merci beaucoup, M. le ministre des Affaires étrangères Cherif. Je suis ravi d’être de retour au Tchad, cette fois en tant que secrétaire d’Etat, la première visite d’un secrétaire d’État américain au Tchad.

Je connais le président Deby depuis longtemps maintenant et je tiens à le remercier de son accueil et de l’hospitalité dont il a fait preuve aujourd’hui. Ma visite fait suite à l’inauguration d’un nouveau bâtiment de l’ambassade des États-Unis à N’Djamena en octobre dernier. Cette inauguration et ma visite témoignent de l’engagement des États-Unis à approfondir nos relations avec le Tchad. Comme je l’ai dit au président Deby, les États-Unis considèrent le Tchad comme un partenaire stratégique dans cette région.

Nous savons que le Tchad fait face à de nombreuses menaces à chacune de ses frontières. Nous reconnaissons le rôle important du Tchad dans la sécurité de ses propres citoyens ainsi que sa contribution à la sécurité de ses voisins. Le Tchad joue un rôle essentiel dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent dans le bassin du lac Tchad et dans le grand Sahel. Le Tchad apporte plus de 4 000 soldats aux forces régionales qui protègent les Tchadiens et d’autres pays partenaires. Et nous rendons hommage aux nombreux sacrifices de ces soldats tchadiens qui ont servi avec la mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali et avec la force multinationale conjointe, et à l’engagement de ces soldats envers la Force conjointe du G5 Sahel. Toutes ces mesures sont d’une grande importance en matière de lutte contre le terrorisme en Afrique et de promotion d’une plus grande stabilité.

Les conflits dans la région ont fomenté des demandes intérieures au Tchad, qui accueille d’ailleurs de nombreux réfugiés et de nombreuses personnes déplacées à cause de l’instabilité régionale. Lors de nos échanges, le président Deby et moi-même avons discuté de l’importance de l’engagement continu du Tchad envers les efforts de lutte contre le terrorisme dans la région et de l’engagement des États-Unis à renforcer notre partenariat avec le Tchad.

Nous avons également discuté de l’engagement des États-Unis en faveur de réformes démocratiques. La constitution tchadienne prévoit la liberté d’expression et de réunion. Des rassemblements pacifiques et des manifestations non-violentes permettent aux citoyens de partager leurs préoccupations avec leur gouvernement. Ce type d’engagement citoyen devrait être autorisé. Nous avons également encouragé le Tchad à prendre des mesures proactives pour rejoindre la lutte internationale contre la traite des personnes. Nous nous réjouissons d’une coopération accrue avec le Tchad sur tous les fronts, y compris dans les domaines de la lutte contre le terrorisme, l’encouragement des réformes démocratiques et le renforcement des liens économiques entre nos pays.

Merci encore, M. le ministre Chérif, de m’accueillir dans votre pays et je tiens à remercier à nouveau le président Deby d’avoir été si généreux dans le temps qu’il m’a accordé lors de ces échanges d’une grande importance. Je vous remercie.

(…)

LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Oui, en ce qui concerne l’interdiction de voyager, le président Deby et moi-même avons eu un très bon échange à ce sujet, et je voulais d’abord m’assurer que les Tchadiens comprennent qu’ils sont les bienvenus aux États-Unis. Les mesures qui ont été prises sont nécessaires en raison des conflits qui sévissent aux frontières du Tchad ; nous reconnaissons les défis que cela représente pour le Tchad et le gouvernement du Tchad, s’il veut s’assurer de pouvoir être en mesure de contrôler de manière exhaustive les personnes qui entrent et sortent de ses propres frontières.

En fin d’année dernière, le département de la Sécurité intérieure et le département d’État des États-Unis sont venus ici en déplacement au Tchad, et nous avons eu de très bons échanges. De nombreuses mesures positives importantes ont été prises par le gouvernement du Tchad pour renforcer le contrôle de ses propres passeports, renforcer le partage d’informations sur les personnes à risque, les terroristes potentiels. Et ces mesures, je pense, vont nous permettre d’agir pour commencer à normaliser notre relation avec le Tchad en matière de voyages. Un rapport va être préparé aux États-Unis un peu plus tard ce mois-ci, qui sera examiné par le président en avril et nous espérons… nous espérons que nous pourrons revenir à une normalisation des choses, mais nous devons d’abord attendre le rapport final.

(…)

LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, je pense que, comme je viens de l’indiquer dans ma réponse à la question précédente, l’impulsion donnée aux restrictions de voyage – et le Tchad n’était pas le seul pays concerné – avait trait à l’évaluation de la capacité du Tchad à garantir que la délivrance, l’annulation et le suivi des passeports perdus, faisaient tous l’objet d’un processus très rigoureux au sein du gouvernement tchadien pour s’assurer qu’il puisse garder le contrôle des passeports. Le deuxième point consistait à délivrer de nouveaux passeports et à faire en sorte que les dernières technologies soient utilisées pour la délivrance de nouveaux passeports. Et le troisième point, ensuite, concernait le partage de l’information en ce qui concerne certaines personnes.

Et je pense que ces mesures sont tout à fait dans l’intérêt du Tchad également, car elles contribuent à renforcer la sécurité interne du Tchad et répondent, plus largement, à certaines des préoccupations en matière de sécurité exprimées par les États-Unis. Et encore une fois, comme je l’ai indiqué, tous ces domaines ont été pris en charge par le Tchad et des progrès significatifs ont été accomplis lors de notre engagement le plus récent en fin d’année dernière.

Et donc… il n’y a pas eu d’autre impulsion derrière l’action qui a été prise que celle d’améliorer la sécurité dans nos deux pays.

QUESTION : Monsieur le secrétaire, le président a alloué au département [d’Etat] la somme de 120 millions de dollars pour contrer l’ingérence russe dans les démocraties occidentales. Mais plus d’un an après, cette somme n’a pas été dépensée. Pourquoi ? Et cet échec ne fait-il pas partie du large éventail de (inaudible) sous votre direction, y compris une paralysie

­– en particulier (inaudible) et (inaudible) l’incapacité à se rapprocher d’un leadership complètement en place désormais ? (…)

 

LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Concernant les fonds auxquels vous faites référence, certains faisaient partie du budget du département de la Défense (Department of Defense ou DOD); le Congrès a autorisé le transfert de fonds, et un protocole d’accord a été développé dans le but de transférer ces fonds. Ce protocole avait été sollicité en mars de l’année dernière. Nous n’avons reçu l’accord du DOD qu’au cours de ces derniers mois, donc une grande partie de ces fonds était bloquée au DOD.

En ce qui concerne l’utilisation des fonds, maintenant qu’un sous-secrétaire chargé des Relations diplomatiques a été confirmé (pour la diplomatie publique), des mesures très actives sont en train d’être mises en place par le biais du Global Engagement Center, qui utilise les réseaux sociaux et d’autres outils encore pour commencer à répondre à l’ingérence russe… en particulier l’ingérence et l’intervention de la Russie dans les élections, non seulement ici, mais aussi à l’étranger. Nous en sommes donc aux premiers stades du développement de ces mesures et de ces programmes, et certains de ces fonds sont utilisés ­– de très petites sommes pour le moment – alors que nous nous employons à répondre de façon plus proactive.

Cela dit, d’autres mesures ont déjà été prises par le biais de processus interinstitutionnels pour répondre à cette demande.

QUESTION : Monsieur le secrétaire, (inaudible) que le ministre des Affaires étrangères, à quel point êtes-vous préoccupé par la menace de Daech en Libye, ainsi que dans le Sahel (inaudible) ? Et quelles assurances avez-vous données (inaudible) ? (…)

LE SECRÉTAIRE TILLERSON : Eh bien, comme nous l’avions prévu, une fois que Daech serait vaincu en Iraq et en Syrie, nous savions que les combattants fuiraient cette région, et nous savions qu’ils allaient se rendre en Afrique. Maintenant, ils se sont établis dans diverses régions et ils mènent actuellement des campagnes de recrutement. Nous sommes donc préoccupés par la présence de Daech en Libye, mais aussi par la présence d’éléments de Daech ailleurs dans le Sahel. C’est la raison pour laquelle nous soutenons fermement les forces du G5 Sahel, mais aussi les forces au Mali, pour contrôler la propagation de Daech dans cette région. Comme nous l’avons dit à maintes reprises, ce combat pour vaincre Daech est un combat mondial, sur le champ de bataille, mais aussi sur le plan idéologique, et c’est une lutte qui se poursuit très activement en Afrique, avec notre important partenaire, le Tchad, qui contribue de manière significative à ce combat.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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