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Secrétaire d’État Mike Pompeo – L’après l’accord : une nouvelle stratégie pour l’Iran

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Département d’État des États-Unis
Secrétaire d’État Mike Pompeo
Allocution du secrétaire d’État Mike Pompeo
Le 21 mai 2018

M. LE SECRÉTAIRE POMPEO : Eh bien, bonjour, tout le monde. Je souhaitais avant tout remercier la Heritage Foundation et sa présidente, Kay Coles James. Encore merci de me recevoir aujourd’hui. Tout d’abord en tant que simple citoyen, et ensuite comme membre du Congrès et, même aujourd’hui, la Heritage Foundation a contribué de manière constante à façonner ma réflexion sur un grand nombre de questions relatives au monde et à la politique publique. Je suis reconnaissant de son travail.

Et merci de m’avoir rappelé que je ne peux parler de rien d’autre que ce dont nous allons parler aujourd’hui. (Rires.) Cela fait trois ans. Mais c’est un honneur que d’être ici.

Il y a deux semaines, le président Trump a mis fin à la participation des États-Unis au plan d’action global conjoint (JCPOA), plus communément connu sous le nom de l’accord sur le nucléaire iranien.

Le président Trump s’est retiré de l’accord pour une raison simple : l’accord n’est pas parvenu à garantir la sûreté des Américains face au risque que représentent les dirigeants de la république islamique d’Iran.

Fini. Finie, la création de richesses pour les kleptocrates iraniens. Finie, l’acceptation de missiles qui touchent Riyad et le plateau du Golan. Finies, les expansions sans conséquences de la puissance iranienne. Tout cela est fini.

Le Plan d’action global conjoint met le monde en danger du fait de ces défauts mortels.

Et il vaut la peine de les rappeler dans le détail aujourd’hui, ne serait-ce que pour faire en sorte que les accords ultérieurs ne comportent pas les mêmes erreurs.

Par exemple, les faibles clauses de caducités du Plan d’action global conjoint n’ont fait que retarder les capacités d’armement nucléaire inévitables du régime iranien.

Une fois que le délai se serait écoulé pour les clauses de caducité de l’accord, l’Iran aurait été libre d’accélérer sa quête d’une bombe, ce qui aurait potentiellement déclenché une course à l’armement catastrophique dans la région. En effet, la brièveté même du délai du programme nucléaire iranien encourage la prolifération au Moyen-Orient.

En outre, comme nous l’avons vu récemment avec l’opération de renseignement remarquable d’Israël, l’Iran a menti pendant des années en disant qu’il n’avait pas de programme d’armement nucléaire. L’Iran est entré dans l’accord de mauvaise foi. Il vaut la peine de faire remarquer que, même aujourd’hui, le régime continue de mentir.

Pas plus tard que le mois dernier, le ministre iranien des Affaires étrangères M. Zarif a déclaré lors d’une émission d’actualités du dimanche matin : « Nous n’avons jamais voulu produire de bombe ».

Cette déclaration… cette déclaration serait risible si elle ne cachait pas une tromperie délibérée. Non seulement, le programme AMAD existait, les Iraniens ont pris grand soin… bien que pas suffisamment soin, comme nous le voyons maintenant… de protéger, dissimuler et préserver les travaux de Mohsen Fakhrizadeh Mahabadi et de son équipe de chercheurs nucléaires.

Le Plan d’action global conjoint comportait d’autres défauts également.

Les mécanismes d’inspection et de vérification de la conformité de l’Iran à l’accord n’étaient tout simplement pas assez forts.

L’accord ne faisait rien pour prendre en charge le développement continu par l’Iran de missiles balistiques et de croisière, susceptibles de disperser des ogives nucléaires.

Le Plan d’action global conjoint permettait au régime iranien d’utiliser l’argent obtenu grâce au plan pour donner un coup de pouce économique à un peuple en difficulté mais les dirigeants du régime ont refusé de le faire.

Au lieu de cela, le gouvernement a utilisé ses fonds nouvellement acquis pour alimenter des guerres par procuration au Moyen-Orient et pour remplir les poches du Corps des gardiens de la Révolution islamique, du Hezbollah, du Hamas et des Houthis.

Souvenez-vous : L’Iran a poursuivi son avancée dans le Moyen-Orient alors que le Plan était en vigueur. Qasem Soleimani joue avec l’argent de la maison qui est maintenant maculé de sang. Des richesses créées par l’occident ont alimenté ses campagnes.

Sur le plan stratégique, l’administration Obama a fait un pari perdant en pensant que l’accord encouragerait l’Iran à cesser d’agir en état voyou et à se conformer aux normes internationales.

C’était un pari perdant dont les répercussions pour tous les habitants du Moyen-Orient sont énormes.

L’idée du Plan d’action global conjoint comme pilier stratégique de la stabilité au Moyen-Orient a été parfaitement saisie par John Kerry lorsqu’il a dit, et je cite : « je sais que le Moyen-Orient qui est en feu… sera mieux gérable avec cet accord », fin de citation.

Posez-vous la question de savoir si le Moyen-Orient est mieux gérable aujourd’hui qu’il ne l’était lorsqu’ils ont lancé le Plan d’action global conjoint.

Le Liban est désormais un lieu où le Hezbollah se sent encore plus chez lui aujourd’hui que lorsque nous avons lancé le Plan d’action global conjoint. Le Hezbollah est désormais armé jusqu’aux dents par l’Iran et a des vues sur Israël.

Grâce à l’Iran, le Hezbollah fournit des forces terrestres pour des expéditions militaires en Syrie. Le Corps des gardiens de la Révolution islamique continue également à envoyer des combattants en Syrie par milliers pour soutenir le régime meurtrier d’Assad et contribuer à faire de ce pays une zone de destruction de 185 000 km2.

L’Iran perpétue un conflit qui a déplacé plus de 6 millions de Syriens à l’intérieur du pays et a poussé plus de 5 millions Syriens à chercher un refuge en dehors du pays.

Parmi ces réfugiés se trouvent des combattants étrangers qui ont passé les frontières jusqu’en Europe et ont menacé de commettre des attentats terroristes.

En Iraq, l’Iran a parrainé les milices et les terroristes chiites pour qu’ils infiltrent et sapent les forces de sécurité iraquiennes et mettent en danger la souveraineté de l’Iraq, tout cela alors que le Plan d’action global conjoint était en vigueur.

Au Yémen, le soutien de l’Iran à la milice houthi alimente un conflit qui continue à maintenir le peuple yéménite affamé et sous la menace de la terreur.

Le Corps des gardiens de la révolution islamique a également donné aux Houthis des missiles pour qu’ils attaquent des cibles civiles en Arabie saoudite et aux Émirats, ainsi que pour qu’ils menacent les voies de transport maritime international dans la Mer rouge.

Et en Afghanistan, le soutien que l’Iran apporte aux talibans sous la forme d’armes et de financements mène à davantage de violences et entrave la paix et la stabilité du peuple afghan.

Aujourd’hui, la Force al-Qods de l’Iran mène des opérations secrètes d’assassinat au cœur de l’Europe.

Nous devrions nous souvenir également du fait que, sous le Plan d’action global conjoint, l’Iran continue de détenir des otages américains : Baquer Namazi, Siamak Namazi, Xiyue Wang et Bob Levinson, qui a disparu il y a plus de 11 ans.

Je ferai remarquer au peuple américain que vous devez savoir que nous travaillons d’arrache-pied pour ramener au pays chacun de ces Américains disparus et détenus à tort par l’Iran.

La liste ne s’arrête pas là. L’Iran continue d’être, sous le Plan d’action global conjoint, le premier parrain du terrorisme au monde. Il continue à faire office de sanctuaire pour al-Qaïda, comme c’est le cas depuis le 11 septembre, et n’est pas disposé à porter devant la justice les membres haut placés d’al-Qaïda qui résident à Téhéran.

Aujourd’hui, nous posons la question suivante au peuple iranien : Est-ce ce pour quoi vous souhaitez que votre pays soit connu, pour sa complicité avec le Hezbollah, le Hamas, les Talibans et al-Qaïda ? Les États-Unis sont convaincus que vous méritez mieux.

Et j’ai quelque chose d’autre à dire aux Iraniens pour leur donner matière à réflexion. Ici, en occident, le président Rouhani et le ministre des Affaires étrangères Zarif sont souvent vus comme étant sans lien avec le comportement terroriste et malveillant du régime. Ils sont traités de manière quelque peu séparée.

L’occident dit : « Eh bien, si seulement ils pouvaient contrôler l’Ayatollah Khamenei et Qasem Soleimani, les choses iraient bien. » Cependant, Rouhani et Zarif sont vos dirigeants élus. Ne sont-ils pas responsables de vos difficultés économiques ? Ces deux personnes ne sont-elles pas responsables du gaspillage de vies iraniennes de par le Moyen-Orient ?

Il vaut la peine, pour les Iraniens de prendre cela en considération, parce qu’au lieu d’aider ses propres citoyens, le régime continue à chercher à établir un couloir allant de ses frontières au littoral méditerranéen. L’Iran veut que ce couloir permette le déplacement des combattants et des armes avancées aux abords d’Israël. En effet, depuis quelques mois, le Corps des gardiens de la Révolution islamique a fait voler un drone armé dans l’espace aérien d’Israël et a lancé des roquettes sur le plateau du Golan à partir de la Syrie. Notre allié indéfectible a affirmé son droit souverain à l’auto-défense en réaction à cela, une position que les États-Unis continueront de soutenir sans équivoque.

Ce pari donc… Le pari selon lequel le Plan d’action global conjoint accroîtrait la stabilité au Moyen-Orient était mauvais pour les États-Unis, l’Europe, le Moyen-Orient et en fait le monde entier. Il est évident que le Plan d’action global conjoint n’a pas mis fin aux ambitions nucléaires de l’Iran et qu’il ne l’a pas non plus dissuadé dans sa quête d’hégémonie régionale. Les dirigeants de l’Iran ont vu l’accord comme le coup de pistolet de départ pour une course de prise d’assaut du Moyen-Orient.

Alors, que faire maintenant ? L’engagement des États-Unis vis-à-vis de la stratégie pour l’Iran que le président Trump a exposée en octobre reste inchangé, mais elle sera exécutée en dehors du Plan d’action global conjoint.

Nous continuerons de travailler avec nos alliés pour lutter contre les activités déstabilisantes du régime dans la région, pour bloquer son financement du terrorisme et pour prendre en charge la prolifération des missiles et autres systèmes d’armement avancés qui menacent la paix et la stabilité. Nous nous assurerons également que l’Iran n’ait pas de voie vers une arme nucléaire… Ni aujourd’hui, ni jamais.

À la suite de notre retrait du Plan d’action global conjoint, le président Trump m’a demandé de réaliser les objectifs suivants pour ce qui est de l’Iran : nous allons chercher à atteindre ces buts de plusieurs manières différentes.

Tout d’abord, nous appliquerons une pression financière sans précédent sur le régime iranien. Téhéran n’aura alors aucun doute quant à notre sérieux.

Grâce à nos collègues du département du Trésor, les sanctions entrent à nouveau pleinement en vigueur et de nouvelles sanctions suivront. La semaine dernière, nous avons imposé des sanctions au responsable de la banque centrale de l’Iran et à d’autres entités qui transmettaient des fonds aux forces al-Qods du Corps des gardiens de la Révolution islamique. Elles fournissaient également des fonds au Hezbollah et à d’autres organisations terroristes. Le régime iranien doit savoir que ce n’est là que le début.

La douleur des sanctions s’intensifiera si le régime ne change pas de cap en quittant cette voie inacceptable et non productive qu’il a choisie pour en choisir une qui rejoigne les nations du monde. Il s’agira en fin de compte des sanctions les plus fortes de toute l’histoire une fois appliquées.

Le régime se bat partout au Moyen-Orient depuis des années. Après l’entrée en vigueur de nos sanctions, il se battra pour maintenir son économie en vie.

L’Iran sera forcé de faire un choix : se battre pour maintenir son économie en vie ou continuer à gaspiller ses précieuses richesses dans des combats à l’étranger. Les ressources seront insuffisantes pour faire les deux.

Deuxièmement, je travaillerais en étroite collaboration avec le département de la Défense et nos alliés dans la région pour dissuader toute agression iranienne.

Nous devons assurer la liberté de navigation dans les eaux de la région. Nous devons prévenir et contrer toute cyber activité malveillante de l’Iran. Nous traquerons les agents iraniens et leurs intermédiaires du Hezbollah qui opèrent dans le monde entier et nous les écraserons. L’Iran n’aura plus jamais carte blanche pour dominer le Moyen-Orient.

Et je rappellerai aux dirigeants iraniens ce que le président Trump a dit : s’ils reprennent leur programme nucléaire, cela entraînera des problèmes plus graves encore, des problèmes plus graves que jamais auparavant.

Troisièmement, nous ferons également sans relâche le plaidoyer du peuple iranien. Le régime doit mieux traiter ses citoyens. Il doit protéger les droits de l’homme de tous les Iraniens. Il doit cesser de gaspiller ses ressources à l’étranger.

Nous demandons à nos partenaires internationaux de continuer à joindre leur voix à la nôtre en condamnant la manière dont l’Iran traite ses propres citoyens.

Les manifestations… les manifestations des quelques derniers mois montrent que le peuple iranien est profondément frustré par les échecs de son gouvernement.

L’économie iranienne est en difficulté du fait de mauvaises décisions prises par l’Iran. Les gens ne sont pas payés, des grèves se produisent tous les jours et le rial est en chute libre. Le chômage des jeunes est à un niveau sidérant de 25 %.

La mauvaise gestion des ressources naturelles de l’Iran par son gouvernement a causé des sécheresses et d’autres crises environnementales graves également.

Écoutez, ces problèmes sont aggravés par l’énorme corruption à l’intérieur de l’Iran et les Iraniens le sentent. Les manifestations de l’hiver dernier ont montré que beaucoup sont en colère contre le régime qui garde pour lui ce qu’il vole à son peuple.

Et les Iraniens sont aussi en colère contre les élites du régime qui engagent des centaines de millions de dollars dans des opérations militaires et des groupes terroristes à l’étranger, alors que le peuple iranien réclame une vie simple avec du travail, des débouchés et la liberté.

La réaction du régime iranien face aux manifestations n’a fait qu’exposer la peur des dirigeants. Des milliers de personnes ont été emprisonnées de manière arbitraire et au moins quelques dizaines de personnes ont été tuées.

Comme nous l’avons vu avec les manifestations de protestation contre le port du voile, les brutes du régime semblent être particulièrement terrifiés par les femmes iraniennes qui exigent leurs droits. En tant qu’êtres humains dotés d’une dignité inhérente et de droits inaliénables, les Iraniennes méritent les mêmes libertés que les Iraniens.

Mais cela s’ajoute à la terreur et aux tortures bien documentées que le régime inflige depuis des dizaines d’années à ceux qui sont en dissidence avec son idéologie.

Le régime iranien va un jour se regarder droit en face dans le miroir. Les Iraniens, particulièrement les jeunes, sont de plus en plus impatients de voir un changement économique, politique et social.

Les États-Unis sont solidaires de ceux qui veulent un pays de débouchés économiques, de transparence, de justice et de liberté accrue.

Nous espérons que le régime iranien viendra à la raison et soutiendra, au lieu de réprimer, les aspirations de ses citoyens, et nous y attendons en fait.

Nous sommes ouverts à de nouvelles mesures non seulement avec nos alliés et nos partenaires mais avec l’Iran également. Mais seulement si l’Iran est disposé à changer de manière significative.

Comme le président Trump l’a dit il y a deux semaines, il est prêt, disposé à et capable de négocier un nouvel accord. Mais l’accord n’est pas l’objectif. Le but est de protéger les Américains.

Tout nouvel accord garantira que l’Iran n’acquiert jamais l’arme nucléaire et dissuadera le comportement malveillant du régime d’une manière dont le Plan d’action global conjoint n’aurait jamais pu être capable. Nous ne répèterons pas les erreurs des administrations passées et nous ne renégocierons pas le Plan d’action global conjoint. La vague de destruction iranienne dans la région ne serait-ce que depuis quelques années est la preuve que les aspirations nucléaires de l’Iran ne peuvent être scindées de la question sécuritaire dans son ensemble.

De quoi doit-il s’agir ? Nous devons commencer par définir ce que nous exigeons de l’Iran.

Tout d’abord, l’Iran doit faire une déclaration complète à l’AIEA des dimensions militaires antérieures de son programme nucléaire et abandonner de manière permanente et vérifiable ces travaux à tout jamais.

Deuxièmement, l’Iran doit cesser l’enrichissement et ne jamais chercher à retraiter du plutonium. Cela inclut la fermeture de son réacteur à eau lourde.

Troisièmement, l’Iran doit également donner à l’AIEA un accès sans condition à tous les sites du pays.

L’Iran doit mettre fin à ses activités de prolifération de missiles balistiques et cesser de lancer et de développer des systèmes de missiles à capacités nucléaires.

L’Iran doit libérer tous les ressortissants américains, ainsi que les ressortissants de nos partenaires et alliés, portés disparus et tous détenus sur la base d’accusations fallacieuses.

L’Iran doit cesser de soutenir des groupes terroristes au Moyen-Orient, y compris le Hezbollah libanais, le Hamas et le Djihad islamique palestinien.

L’Iran doit respecter la souveraineté du gouvernement iraquien et autoriser le désarmement, la démobilisation et la réintégration des milices chiites.

L’Iran doit également mettre fin à son soutien militaire à la milice houthi et œuvrer en faveur d’un règlement politique pacifique au Yémen.

L’Iran doit retirer toutes les forces sous commandement iranien de la totalité du territoire syrien.

L’Iran doit également cesser de soutenir les talibans et d’autres organisations terroristes en Afghanistan et dans la région et arrêter de protéger les hauts responsables d’al-Qaïda.

L’Iran doit mettre également fin au soutien que les forces al-Qods du Corps des gardiens de la Révolution islamique apportent à ses partenaires terroristes et militants de par le monde.

Et l’Iran doit aussi cesser de menacer ses voisins, dont un grand nombre sont des alliés des États-Unis. Cela inclut sans aucun doute le fait qu’il menace de détruire Israël et qu’il lance des missiles sur l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Cela inclut également le fait qu’il menace les transports maritimes internationaux, et ses cyber attaques destructives.

La liste est plutôt longue mais si vous la regardez de près, elle compte 12 critères très simples. La longueur de la liste n’est que le reflet du comportement malveillant de l’Iran. Nous n’avons pas créé la liste, c’est l’Iran qui l’a fait.

Sur base de mes conversations avec nos amis européens, je sais qu’ils partagent généralement nos points de vue sur ce que le régime iranien doit faire pour être accepté par la communauté internationale. Je demande aux alliés des États-Unis de se joindre à nous en appelant le gouvernement iranien à agir de manière plus responsable.

En échange de changements majeurs de la part de l’Iran, les États-Unis sont disposés à adopter des mesures qui profiteront au peuple iranien. Ces domaines d’action incluent un certain nombre de choses.

Tout d’abord, une fois que cela sera fait, nous serons disposés à mettre fin aux principales composantes de chacune de nos sanctions à l’encontre du régime. Nous serons ravis à ce moment-là de pleinement rétablir nos relations diplomatiques et commerciales avec l’Iran. Et nous serons disposés à autoriser* l’Iran à avoir accès à une technologie avancée. Si l’Iran applique ce changement stratégique fondamental, nous sommes également préparés à soutenir la modernisation et la réintégration de l’économie iranienne dans le système économique international.

Mais le relâchement de nos efforts ne viendra qu’une fois que nous aurons vu des changements tangibles, avérés et pérennes dans les politiques de Téhéran. Nous reconnaissons le droit de l’Iran à défendre son propre peuple. Mais pas ses actions qui mettent en danger les ressortissants d’autres pays.

En outre, contrairement à l’administration précédente, nous souhaitons inclure le Congrès comme partenaire dans ce processus. Nous souhaitons que nos efforts jouissent d’un soutien généralisé de la part du peuple américain et qu’ils perdurent au-delà du mandat du président Trump. Un traité serait notre préférence.

Contrairement au Plan d’action global conjoint, qui a été en grande partie rejeté par les deux partis politiques, un accord proposé par le président Trump obtiendrait assurément ce type de soutien généralisé de la part de nos élus et des Américains.

Dans la stratégie que nous avons énoncée aujourd’hui, nous souhaitons obtenir le soutien de nos alliés et partenaires les plus importants dans la région et du reste du monde. Bien sûr, nos amis européens, mais bien plus encore.

Je veux que l’Australie, le Bahreïn, l’Égypte, l’Inde, le Japon, la Jordanie, le Koweït, Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Corée du Sud, les EAU et bien d’autres encore partout dans le monde se joignent à cet effort contre la république islamique d’Iran. Je sais que ces pays partagent les mêmes objectifs. Ils comprennent le défi de la même manière que les États-Unis. En effet, nous accueillons tout pays fatigué des menaces nucléaires, du terrorisme, de la prolifération des missiles et de la brutalité d’un régime qui est en porte-à-faux avec la paix dans le monde, un pays qui continue à infliger le chaos à son peuple innocent.

En effet, bien que pour certains les changements de comportement que nous recherchons de la part des Iraniens puissent sembler peu réalistes, nous devons nous souvenir du fait que ce que nous recherchons est conforme au consensus mondial d’avant le Plan d’action global conjoint.

Par exemple, en 2012, le président Obama a dit, et je cite, « l’accord que nous accepterons consistera en l’arrêt de leur programme nucléaire », fin de citation. Cela ne s’est pas produit. En 2006, les P5 ont voté au Conseil de sécurité pour que l’Iran suspende immédiatement toutes ses activités d’enrichissement. Cela ne s’est pas produit.

En 2013, le ministre français des Affaires étrangères a dit qu’il craignait d’être entraîné dans un, et je cite « jeu de dupes », fin de citation, en ce qui concerne l’autorisation de la poursuite de l’enrichissement d’uranium par l’Iran.

En 2015, John Kerry a dit, et je cite, « nous ne reconnaissons pas le droit à l’enrichissement », fin de citation. Cependant, les Iraniens enrichissent alors même que nous nous trouvons ici.

Nous ne demandons alors rien d’autre que le comportement de l’Iran soit conforme aux normes internationales, aux normes internationales largement reconnues avant le Plan d’action global conjoint. Et nous souhaitons éliminer sa capacité à menacer notre monde avec ces activités nucléaires.

En ce qui concerne ses activités nucléaires, pourquoi permettrions-nous à l’Iran d’acquérir davantage de capacités que celles que nous avons permises aux Émirats arabes unis et au royaume d’Arabie saoudite ? Nous avons conscience du fait que notre réimposition de sanctions et la campagne de pression à venir sur le régime iranien causeront des difficultés financières et économiques pour un certain nombre de nos amis. En fait, cela impose des défis économiques aux États-Unis également. Il s’agit de marchés sur lesquels nos entreprises voudraient bien être présentes aussi. Et nous souhaitons entendre leurs préoccupations.

Mais nous demanderons des comptes à ceux qui ne respectent pas les interdictions et font des affaires en Iran. Dans les semaines qui viennent, nous enverrons des équipes de spécialistes dans un certain nombre de pays de par le monde pour expliquer davantage la politique de l’administration, parler des ramifications des sanctions que nous imposons, ainsi que pour écouter.

Je le sais bien. J’ai passé beaucoup de temps avec nos alliés au cours de mes trois premières semaines. Je sais qu’ils risquent de décider de tenter de maintenir leur vieil accord nucléaire avec Téhéran. La décision leur appartient, c’est évident. Ils connaissent notre position.

L’an prochain marquera le 40e anniversaire de la république islamique… De la révolution en Iran. À ce jalon, nous devons nous poser les questions suivantes : Qu’est-ce que la révolution iranienne a donné au peuple iranien ? Le régime récolte la souffrance et la mort au Moyen-Orient aux dépens de son propre peuple. L’économie de l’Iran stagne et est dépourvue de perspectives, et les choses sont sur le point d’aller de mal en pis. Les jeunes dépérissent sous le poids de leurs ambitions frustrées. Ils ont envie de liberté et d’opportunités du 21e siècle.

Les dirigeants iraniens peuvent changer tout cela s’ils choisissent de le faire. Ali Khamenei est guide suprême depuis 1989. Il ne vivra pas éternellement, le peuple iranien ne respectera pas non plus les règles rigides des tyrans ad vitam aeternam. Depuis deux générations, le régime iranien coûte très cher à son propre peuple et au monde. Des millions d’Iraniens n’ont jamais connu autre chose que les tenailles tenaces de la répression.

Il est désormais temps pour le guide suprême et le régime iranien de prendre leur courage à deux mains pour agir de manière historique au profit de leur propre peuple, de cette nation ancienne et fière.

Pour ce qui est des États-Unis, nous ne nous leurrons pas quant à la nature de ce régime mais nous sommes tout ouïe quant à ce qui serait possible. Contrairement à l’administration précédente, nous recherchons des résultats qui profiteront au peuple iranien et non juste au régime.

Ceux qui doutent de la sincérité du président ou de sa vision, particulièrement les dirigeants iraniens, n’ont qu’à regarder de près notre diplomatie face à la Corée du Nord. Notre volonté de rencontrer Kim Jong-un souligne l’engagement de l’administration Trump en faveur de la diplomatie pour contribuer à la résolution des plus grands défis, même avec nos adversaires les plus farouches. Mais cette volonté s’est traduite par une campagne de pression douloureuse qui reflète notre engagement en faveur d’une résolution de ce défi une bonne fois pour toutes.

À l’Ayatollah, au président Rouhani et aux autres dirigeant iraniens, je dis : comprenez que nous ferons face à vos activités actuelles avec une détermination d’acier.

Mon message final d’aujourd’hui s’adresse en fait au peuple iranien. Je veux reprendre les paroles prononcées par le président Trump en octobre. Le président Trump a dit que « Nous sommes entièrement solidaires des victimes du régime iranien qui souffrent depuis le plus longtemps, à savoir son propre peuple. Les Iraniens ont payé le prix lourd de la violence et de l’extrémisme de leurs dirigeants. Le peuple iranien est désireux de se réapproprier sa fière histoire, sa culture, sa civilisation et sa coopération avec ses voisins. »

Les États-Unis espèrent que leur travail en faveur de la paix et de la sécurité portera ses fruits pour les Iraniens qui souffrent depuis si longtemps. Nous sommes désireux de les voir prospérer et s’épanouir comme ce fut le cas dans les décennies passées et, en fait, comme jamais auparavant.

Aujourd’hui, les États-Unis d’Amérique sont fiers d’emprunter une nouvelle voie vers cet objectif.

Merci. (Applaudissements).

MME JAMES : Merci beaucoup. Audacieux, concis, sans ambigüité. Nous vous remercions d’avoir choisi la Heritage Foundation, pour transmettre ce message. En regardant… Et vous avez dressé une liste lors de votre allocution de plusieurs de nos alliés, amis et partenaires, dont beaucoup sont en colère et certains déçus. Comment allez-vous les convaincre ? Comment allez-vous user de vos meilleures compétences diplomatiques pour les convaincre ?

M. LE SECRÉTAIRE POMPEO : Ces changements stratégiques s’opèrent dans le monde lorsque des pays décident d’un objectif partagé et cela commence toujours par un intérêt ou des valeurs partagés. J’ai passé les deux premières semaines de mon mandat comme secrétaire d’État à essayer de voir s’il était possible de corriger l’accord. Je me suis entretenu avec mes homologues européens. Je me suis rendu en Europe. J’ai atterri à Bruxelles alors que je n’étais secrétaire d’État que depuis 13 heures et j’ai rencontré mes homologues européens. Nous n’y sommes pas parvenus. Nous n’avons pas pu y trouver d’accord.

Les États-Unis ont l’intention de travailler dur sur le front diplomatique aux côtés de tous leurs partenaires. Nous nous concentrons sur les Européens, mais il y a des dizaines d’autres pays de par le monde qui partagent nos préoccupations et qui sont tout aussi menacés par le régime iranien. Voilà notre intérêt partagé, c’est l’ensemble de nos valeurs qui, à terme, sera la force motrice, à mon sens, d’une réaction internationale… Au plus grand parrain étatique du terrorisme au monde. Je suis convaincu que cela se produira. Mon équipe va y travailler d’arrache-pied. Nous allons le faire dans le contexte de la prise en charge des préoccupations de tous nos partenaires et je suis convaincu qu’au bout d’un certain temps il sera largement reconnu que la stratégie que le président Trump a présentée est la bonne et qu’elle positionnera l’Iran de manière à ce qu’il puisse un jour rejoindre la civilisation, comme nous espérons tous qu’il le fera.

MME JAMES : Vous l’avez exprimé clairement dans votre discours ce matin, vous voulez véritablement des sanctions fortes. Et je pense qu’une préoccupation subsiste quant à la manière dont vous allez prendre en charge la question du nucléaire. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ? Et permettez-moi de dire à notre public, au fait, que je souhaiterais passer plus de temps avec le secrétaire et qu’il faudra finir de manière abrupte parce que nous devons le libérer pour qu’il se rende à la CIA… pour la cérémonie de prestation de serment et nous ne voulons pas le mettre en retard.

Alors, parlez-nous de…

M. LE SECRÉTAIRE POMPEO : J’y retourne juste une fois de plus.

MME JAMES : Une fois de plus. (Rires.)

M. LE SECRÉTAIRE POMPEO : Écoutez, la question nucléaire est impérative. Elle représente la menace la plus grande et la plus grave, c’est évident. Le Plan d’action global conjoint n’a pas été à la hauteur. C’était une mesure de retardement. Notre objectif est de régler les choses une fois pour toutes. J’ai brièvement parlé du fait que j’ai demandé à nos partenaires du Moyen-Orient de faire des choses difficiles. Nous leur avons donné un accord détaillé en disant, « voici ce que vous devez faire ». Et ils ont dit « Mais les Iraniens enrichissent ». C’est raisonnable. Cela me semble être un argument raisonnable.

Eh bien, ce que nous exigeons de l’Iran n’est pas déraisonnable. Arrêtez votre programme. Mettez-y fin. S’ils choisissent de le reprendre, s’ils commencent à enrichir, nous sommes pleinement disposés à réagir également. Je ne vais certainement pas vous parler de cela aujourd’hui, de ce que sera notre réaction précise. Mais nous les regardons parler. Nous les avons entendu dire… J’espère qu’ils prendront une décision différente, qu’ils choisiront une voie différente. Nous les invitons à emprunter la voie que d’autres pays de la région commencent à prendre.

MME JAMES : Eh bien, pouvez-vous nous expliquer la structure des sanctions et la manière dont vous avez l’intention de cibler le régime iranien sans porter atteinte à nos amis européens ?

M. LE SECRÉTAIRE POMPEO : Eh bien, à chaque fois que des sanctions entrent en vigueur, des pays doivent cesser certaines activités économiques. Et les Américains ont renoncé à ces activités économiques depuis bien longtemps et je concèderais qu’il y a des sociétés américaines qui seraient ravies de travailler en république islamique d’Iran. Le marché est énorme. Il y a beaucoup de monde, les gens sont dynamiques, formidables. Mais tout le monde va devoir mettre la main à la pâte. Tous les pays devront comprendre qu’on ne peut pas continuer à créer des richesses pour Qasem Soleimani.

Eh bien, voilà. En fin de compte, il a reçu ce flux d’argent. Ces conditions économiques leur ont permis de faire tout ce qu’ils souhaitaient au Moyen-Orient. Nos efforts consistent à restreindre ses capacités économiques qui lui permettraient de porter préjudice au Moyen-Orient et au reste du monde. Les programmes nucléaires ne sont pas bon marchés. Dans la mesure où nous parviendrons de manière efficace à rendre la tâche plus difficile au régime iranien, nous réduirons les capacités qui lui permettent de continuer à construire son système d’armement nucléaire également.

MME JAMES : Vous avez présenté un plan très très audacieux ce matin. Avez-vous un calendrier pour le réaliser ?

M. LE SECRÉTAIRE POMPEO : Ainsi, les sanctions sont à nouveau entrées en vigueur et cela se poursuivra progressivement sur les 100 jours qui viennent et… 55 jours ? Il reste beaucoup à faire. C’est un effort qui implique toutes les administrations publiques. Nous travaillons évidemment sur l’aspect diplomatique de l’accord, mais le département du Commerce, le département de la Défense, chaque administration a reçu la même mission du président Trump. Je ne peux pas vous donner de calendrier. Mais en fin de compte, les Iraniens décideront du calendrier. En fin de compte, les Iraniens choisiront leurs dirigeants. S’ils prennent cette décision rapidement, tant mieux. S’ils choisissent de ne pas le faire, nous resterons sur nos positions jusqu’à ce que nous arrivions aux résultats que j’ai énoncés aujourd’hui.

MME JAMES : Eh bien, M. le secrétaire, encore une fois, au nom de la Heritage Fondation et des chercheurs ici présents qui travaillent sur ces questions depuis très longtemps, nous souhaitons vous remercier. Encore une fois, votre vision est audacieuse, claire, concise, sans ambigüité et nous souhaitons vous féliciter vous et le président et vous souhaitons une bonne continuation.

Je vais vous demander de rester assis pendant que le secrétaire quitte la salle. J’ai environ huit autres question à vous poser mais…

M. LE SECRÉTAIRE POMPEO : Ce sera pour une prochaine fois.

MME JAMES : Ce sera pour une prochaine fois.

M. LE SECRÉTAIRE POMPEO : Merci à tous de vous être joints à nous aujourd’hui.

MME JAMES : Merci beaucoup. (Applaudissements).


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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