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Interview du secrétaire d’État Mike Pompeo avec Setareh Sieg, de Voice of America Persian Service

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Département d’État des États-Unis
Le 24 mai 2018

 

 

QUESTION : M. le secrétaire Pompeo, merci beaucoup de faire cette interview avec nous.

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Je suis absolument ravi d’être avec vous.

QUESTION : En tant que secrétaire d’État, vous avez choisi l’Iran comme sujet pour votre premier grand discours en matière de politique étrangère. Pourquoi l’Iran ? Est-ce à cause de son caractère urgent ou important ?

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Je pense que les deux. Le président a considéré ce sujet comme une menace sérieuse pour la stabilité au Moyen-Orient, et donc, pour la sécurité nationale américaine et aussi, en prenant en compte la situation dans laquelle se trouve le peuple iranien, il pense que c’est un endroit où les États-Unis peuvent changer les choses. Il pense depuis longtemps que l’accord conclu par l’administration précédente ne servait aucun de ces intérêts : ni les intérêts du peuple iranien ou la stabilité au Moyen-Orient ni même, pour être honnête, ceux des États-Unis. C’était donc une priorité pour lui et je voulais donc qu’au cours des premières semaines au poste de secrétaire d’État, je puisse avoir l’occasion d’expliquer la manière dont le président Trump pense que nous pouvons améliorer les choses dans chacune de ces trois situations.

QUESTION : Quel est l’objectif ultime du nouveau cadre de sécurité proposé, et en quoi est-il différent ? En quoi diffère-t-il du Plan d’action global conjoint initial ?

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Oui, il est extrêmement différent. Différent en termes d’envergure, et différent aussi, selon moi, en termes de l’objectif qu’il poursuit. Le premier accord était très restreint. Il s’agissait d’une tentative dont le but était d’affirmer que le régime iranien dépensait des sommes d’argent considérables sur son programme nucléaire et qui tentait de mettre fin à cela – un objectif noble, et bon, et digne. Mais la menace que l’Iran représente va bien au-delà de tout cela, voyez-vous. Il prend – il lance des missiles sur les pays musulmans. Il est – il prive son peuple des droits de l’homme qui sont les siens.

Je pense que le président Trump se soucie énormément de toutes ces choses, et sa vision est qu’il nous faut recommencer à exprimer ce que nous pensons être des idées assez fondamentales, voyez-vous. Donc, ces douze choses que j’ai énumérées sont toutes assez simples. Nous ne demandons pas la lune aux dirigeants iraniens, simplement de se comporter comme des dirigeants normaux : de ne pas piller leur peuple, de ne pas gaspiller l’argent de leur peuple pour aller s’aventurer en Syrie et au Yémen et au Liban et en Iraq, la liste continue ; mais de mener leur peuple, de construire une grande nation, d’utiliser les ressources à leur disposition pour cela. Voilà tout bonnement ce que nous recherchons.

QUESTION : Est-ce que le fait que l’Iran arrête ou doive arrêter de s’ingérer dans les affaires d’autres pays fera partie du nouveau cadre de sécurité proposé ?

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Oui, nous avons demandé cela, en effet. Voyez-vous, nous leur avons demandé d’arrêter de semer la terreur dans le monde, de ne pas mettre en place des milices en Iraq, de ne pas gaspiller des dollars iraniens et des citoyens iraniens, qui perdent leur vie en Syrie. Cela ne s’inscrit pas dans la sécurité au Moyen-Orient, et cela fait du tort au pays. Notre objectif est donc de fixer des conditions dans lesquelles l’Iran se comportera comme une nation normale, d’accord ? Et s’il y arrive, s’il – et ce n’est pas le peuple iranien. Ce sont les dirigeants iraniens qui ont pris le contrôle et infligent ces dommages. Si nous pouvons créer des conditions où ils arrêteront d’agir ainsi, le peuple iranien connaîtra le succès, et nous aurons… et des Américains se rendront là-bas, et nous aurons toutes ces bonnes choses dont nous bénéficions entre amis et alliés, au lieu d’avoir ces gens qui représentent des risques pour notre pays.

QUESTION : J’aborderai aussi la question des droits de l’homme, monsieur. Mais si vous me permettez, j’aimerais poursuivre sur la question du cadre de sécurité, si possible. En ce qui concerne une obligation pour l’Iran de laisser ses sites militaires être inspectés ? Est-ce que cela va faire partie du cadre ?

LE SECRÉTAIRE POMPEO : En effet. En ce qui concerne l’utilisation de matières nucléaires en Iran, tout comme en Arabie saoudite, tout comme nous l’avons fait avec les Émirats arabes unis, nous ne pensons pas qu’il soit approprié que l’Iran ait la capacité de créer des matières fissiles, d’enrichir de l’uranium ou de posséder une installation de plutonium. Si le pays veut un programme d’énergie nucléaire pacifique, pourquoi pas, mais il peut importer ce matériel. Et d’autres pays le font ; cela fonctionne pour beaucoup de pays de par le monde. Et pour que nous y parvenions, pour que nous puissions être à l’aise avec ce cas de figure, il faudra qu’il y ait des inspections. Cela inclurait des inspections dans les sites militaires et les laboratoires de recherche et dans tous les endroits qui avaient participé aux précédentes versions du programme iranien.

QUESTION : Et vous avez mentionné les droits de l’homme. Il y a des manifestations, des manifestations contre le gouvernement, partout en Iran. Je voulais avoir votre opinion sur la question. Que pensez-vous de ces manifestations ? Et pensez-vous que peut-être, les États-Unis puissent apporter leur soutien aux manifestants ?

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Nous pouvons certainement apporter un soutien moral. Je pense que le peuple iranien prendra ces décisions pour lui-même. Ces manifestations se poursuivent maintenant depuis des mois et des mois – certaines sont relativement petites, d’autres plus importantes – souvent très en phase avec ce que j’ai présenté la semaine dernière, leur – la manière dont cette richesse revient à Qasem Soleimani, et non aux citoyens ordinaires dans le sud-est de l’Iran, ou à Téhéran, ou ailleurs. Cette richesse est gaspillée, aussi, les citoyens iraniens ordinaires envoient-ils leurs jeunes hommes combattre et mourir, mener des vies qui ne sont pas aussi sûres et aussi riches qu’elles pourraient l’être si l’Iran changeait simplement son comportement.

Donc, ce n’est pas à propos de… vous avez posé une question concernant le changement de régime. Il ne s’agit pas de changer le régime. Il s’agit de changer le comportement des dirigeants en Iran pour qu’ils se conforment à ce que le peuple iranien souhaite vraiment qu’ils accomplissent.

QUESTION : Donc, c’est ce que John Bolton avait dit plus tôt : que le but de l’administration n’était pas un changement de régime en Iran ?

 LE SECRÉTAIRE POMPEO : C’est exact. Oui, madame.

QUESTION : Et que pensez-vous des groupes d’opposition aux États-Unis et en Europe ? Soutenez-vous leurs efforts ?LE SECRÉTAIRE POMPEO : Oui. Ils devraient être – tant qu’ils œuvrent pour le même objectif que celui pour lequel nous œuvrons. J’ai vu parfois que ce n’était pas toujours le cas de certains groupes, certains des plus petits groupes, pour être franc. Tant qu’ils œuvrent pour la même chose. Nous ne voulons pas qu’ils défendent un changement de régime. Nous voulons qu’ils travaillent au nom du peuple iranien, des citoyens iraniens ordinaires qui ne veulent rien de plus que de vivre leur vie, d’être en mesure de retirer leur hijab, d’aller travailler, d’élever leur famille et de pratiquer leur religion comme ils désirent. Cela revient au peuple iranien, et donc, si certaines personnes extérieures œuvrent pour atteindre cet objectif, c’est avec plaisir que nous accueillons la démarche.

QUESTION : Monsieur le secrétaire, il y a deux ans, en tant que membre du Congrès, vous vouliez vous rendre en Iran, vous étiez prêt à vous rendre en Iran, et vous vouliez pousser les dirigeants – Khamenei et Zarif – à vous donner accès aux otages américains. En tant que secrétaire, allez-vous encore presser les dirigeants iraniens de libérer les otages américains ? Et je ne vous apprends rien, Bob Levinson a disparu il y a plus de 11 ans.

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Je connais bien l’histoire de M. Levinson. Je prie pour son retour en toute sécurité, et notre équipe y travaille tous les jours. Quant aux autres Américains, nous espérons que les dirigeants iraniens, M. Rouhani et M. l’ayatollah Zarif, verront tous que c’est dans leur intérêt de… et que ne serait-ce que pour une question d’humanité de base, de permettre à ces Américains de rentrer et être parmi leurs proches. Il existe de gros, gros problèmes, mais il me semble assez fondamental de ne pas empêcher des innocents de rentrer chez eux et d’être parmi leurs proches.

Alors oui, nous y travaillerons. Nous prierons pour cela. Et nous espérons qu’un jour, de la même manière qu’il y a quelques semaines, nous avons eu la chance de voir trois Américains rentrer de Corée du Nord, nous pourrons vivre ce jour pour ceux qui sont détenus par la République islamique d’Iran.

QUESTION : Je voulais avoir votre avis sur les chants, les slogans que nous entendons encore en Iran : « Mort à l’Amérique » et « Mort à Israël ». Avant tout type d’accord que l’Iran ou Téhéran et les États-Unis pourraient avoir sur l’Iran, ne pensez-vous pas que cela devrait être une obligation pour l’Iran de mettre fin à ce genre de choses ?

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Oui, leurs dirigeants plus particulièrement. Aux États-Unis, les gens disent toutes sortes de choses. Nous avons une démocratie ouverte. Certains aiment le président Trump et d’autres pas. Je trouve cela très bien. Cela ne me dérange pas.

Quand vous avez des hauts dirigeants, quand vous avez d’autres personnes qui encouragent ce genre de faux rassemblements qui n’ont d’autre but que de…que de chanter « Mort à l’Amérique » ou « Mort à Israël », les dirigeants iraniens doivent y mettre fin. Ils devraient y mettre fin car ce n’est pas la bonne chose pour leur peuple.

Je pense que la plupart des Iraniens… je pense que la plupart des Iraniens regardent ce que nous avons pu accomplir ici en Amérique et à quel point nous avons été bénis, et qu’ils pensent que c’est un modèle qui fonctionne dans le sens où nous adopterons certainement une forme différente de démocratie, et que nous aurons une forme différente de gouvernement, et que nous aurons des valeurs et des croyances différentes à l’égard d’un certain nombre de choses, que nous aurons différentes religions, et que cela… que tout ça, ça va. Mais l’humanité s’accorde sur quelque chose de basique, à savoir que chaque être humain doit être traité avec dignité et respect, et qu’on n’exporte pas la violence dans le monde, qu’on ne vole pas et qu’on ne pille pas son peuple, ces valeurs fondamentales qui sont civilisationnelles, cela fait partie de notre histoire… Je pense que le peuple iranien partage de cela tout comme le peuple américain.

QUESTION : Monsieur le secrétaire, je voudrais revenir sur quelque chose que vous avez dit, à un moment donné de votre discours. Vous avez souligné – et vous venez de le mentionner à l’instant ­– qu’il n’y aurait plus « plus de création de richesse pour les kleptocrates iraniens ». Que pensez-vous des efforts du Congrès pour exposer au grand jour la richesse cachée des dirigeants corrompus de l’Iran, de l’ayatollah Khamenei au président ? Et si un tel projet de loi venait à passer au Congrès, l’administration soutiendrait-elle cette démarche ?

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Ouh la. Nous pensons que c’est très important. C’est aussi important à titre d’information. Le peuple iranien mérite la vérité. On a des hauts dirigeants qui empochent de l’argent, qui utilisent des entreprises factices et qui, franchement, volent. Dans la mesure où nous pouvons le prouver et le démontrer, je serais heureux de pouvoir l’exposer au grand jour afin que le peuple iranien puisse juger par lui-même si ce sont là les individus qu’il veut voir à la tête de son pays.

QUESTION : Monsieur le secrétaire, merci beaucoup.

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Merci beaucoup, madame. C’était un plaisir que d’être en votre compagnie.

QUESTION : Nous vous en sommes très, très reconnaissants.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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