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Allocution du secrétaire d’État Mike Pompeo sur le renouveau économique des États-Unis

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Département d’État des États-Unis
Secrétaire d’État Mike Pompeo
Le 18 juin 2018

 

  1. LE SECRÉTAIRE POMPEO : Merci. Merci, Gerry, et merci au Detroit Economic Club de m’accueillir. C’est un vrai plaisir que d’être avec vous. Tout cette activité là-haut avec Twitter me rend vraiment nerveux. (Rires.) Et d’être – d’avoir mon nom mentionné dans la même phrase que d’illustres personnes comme Rusk et Kissinger et Shultz, est pour moi très étrange et source d’humilité ; cela me pousse vraiment à faire mon travail tous les jours d’une manière qui honore notre pays tout comme chacun d’eux a pu le faire.

Avant que je vienne ici – quand il a initialement été établi que je ferais un discours, j’étais directeur de la CIA. J’ai accepté l’invitation à ce moment-là. Mon allocution portait donc sur l’espionnage et l’économie. Je reviendrai là-dessus. Mais mon rôle est un peu différent aujourd’hui, un peu plus public. Vous remarquerez que je me suis plié à l’usage dans le Michigan ­– je ne porte ni bleu ni vert, je porte du rouge, la couleur neutre ici, si je comprends bien. J’ai le même problème avec ma famille entre l’armée de terre et la marine : je porte toujours du noir et de l’or.

Le président Trump comprend parfaitement que, pour atteindre nos objectifs en matière de politique étrangère, nous avons besoin de force ici, chez nous, que les communautés florissantes comme ici à Détroit sont de véritables multiplicateurs de force pour nous tous à travers le monde. Il sait que la force à l’étranger est impossible sans la force au sein de notre propre pays. Et donc, je suis ravi de vous parler aujourd’hui de ce que fait le département d’État, de la manière dont nous apportons notre pierre à l’édifice, pour pouvoir tous vous aider dans la création de richesses, de la manière dont nous aidons les entreprises et les familles américaines, et peut-être, surtout, de la raison pour laquelle cela compte dans le rôle que j’occupe aujourd’hui.

Maintenant, je sais que quand vous m’entendez parler de la manière dont nous allons vous aider, que quand quelqu’un du gouvernement vous dit qu’il est là pour vous aider, ça vous fait un peu tiquer. Ce que je comprends très bien. Comme l’a mentionné Gerry, j’étais dans le secteur privé la plus grande partie de ma vie – la plus grande partie de ma vie d’adulte. J’ai dirigé deux petites entreprises. Il s’agissait d’entreprises manufacturières. Mais avant cela, j’ai été nommé employé du mois à deux reprises chez Baskin-Robbins. (Rires.) Ma mère était vraiment fière. Personne d’autre qu’elle, mais ma mère, elle, pensait que c’était quelque chose de chouette.

Les entreprises que nous avons montées dépendaient d’une clientèle américaine et internationale forte. La première entreprise vendait des pièces à Boeing et Gulfstream et Lockheed et Cessna et Raytheon – tous les fabricants de fuselage – nous avons fait passer la société de pratiquement zéro à un chiffre d’affaires de plus de 100 millions de dollars par an, et chacune de ces sociétés vendait son produit à son tour dans le monde entier.

Les gens qui travaillaient avec moi chez Thayer Aerospace étaient de vrais Américains. Ils avaient souvent un deuxième emploi dans une exploitation laitière, ils travaillaient la terre, sans compter le temps qu’ils passaient à travailler sur leur tour ou à leur moulin. Et je dirais la même chose à propos de la compagnie pétrolière que j’ai dirigée. Nous vendions des pièces mécaniques, des produits en acier, jusqu’à des foreurs à fond creux : des pompes, des crochets pivotants, et ainsi de suite.

Je vous raconte cette histoire, cette partie de ma vie, parce qu’elle est essentielle à ma compréhension de la manière dont le département d’État doit faire en sorte que l’Amérique soit forte et que notre politique étrangère soit réussie. Ce n’est pas parce que je suis à la recherche d’un emploi. J’ai plus de travail à ce jour que ce que je n’arrive à accomplir, croyez-moi. Mais je veux que vous sachiez que je considère les éléments économiques, un peu moins visibles, de l’action du département d’État, comme tout aussi importants que ses autres tâches.

La plupart du temps, quand on entend parler du département d’État, c’est au sujet de quelque chose que nous avons fait dans le monde – en Corée du Nord, en Iran ou en Afrique – mais en fait, la diplomatie économique, quand elle est bien faite, a toujours été au cœur de la mission du département d’État.

Cela signifie que nous utilisons la puissance, la volonté économique et l’influence américaines comme outil de politique pour aider les États-Unis à défendre leurs intérêts et à promouvoir nos valeurs dans le monde entier. Et si nous faisons cela correctement, cela se traduit également par de la prospérité dans notre pays. Nous établissons des relations qui créent des emplois, qui soutiennent les entreprises américaines et qui stimulent la croissance économique dans notre pays. Nous faisons tout notre possible pour dénoncer les comportements économiques déloyaux et faire tomber les barrières à l’entrée sur le marché, afin que nos entreprises aient des opportunités équitables et réciproques de vendre sur les marchés du monde entier.

Cela remonte à longtemps. Vous avez mentionné trois de ces grands noms. Le secrétaire d’État Thomas Jefferson écrivait en 1790 qu’il était essentiel pour lui de protéger les échanges commerciaux américains en Méditerranée – et faisait remarquer que les pirates nord-africains qui attaquaient nos navires commerciaux lui portaient préjudice. Le problème est un peu différent aujourd’hui, mais le vol de nos produits reste un défi central pour les États-Unis.

Aujourd’hui, nous comptons plus de 200 personnes dans notre bureau des Affaires économiques et 1 500 diplomates spécialisés dans l’économie dans nos ambassades du monde entier. Chacune de ces personnes a le devoir de s’assurer que nous continuons à avoir l’économie la plus robuste, l’économie la plus dynamique du monde entier. Nous espérons pouvoir vous aider de cette manière aussi. Alors que vous parcourez le monde, nous vous invitons à venir nous rendre visite. Nous partagerons nos idées concernant la manière dont nous opérons là-bas. Nous vous aiderons également à relever les défis réglementaires dans ces endroits. C’est en effet notre tâche d’aider les entreprises américaines à avoir la possibilité de réussir dans le monde entier.

Et nous avons des partenaires au service du commerce extérieur du département du Commerce qui font aussi le même travail. J’espère que vous profiterez de cette ressource que vous, les contribuables américains, avez fournie.

Nous avons un bon exemple de cela ici, dans la salle, avec nous aujourd’hui. Notre ambassade au Nicaragua, en collaboration avec le département du Commerce, travaille avec des partenaires locaux, Flex Building Systems – j’ai rencontré quelques-uns d’entre vous dans les ateliers là‑bas – une entreprise du Michigan qui fabrique des produits préfabriqués. Nous sommes fiers de travailler avec Flex. Ils ont fourni des solutions de logement rapides et abordables à la suite d’un certain nombre de catastrophes naturelles et ont aidé à construire des écoles, des cliniques et des hôpitaux dans des régions reculées d’Amérique centrale, des Caraïbes et d’Afrique. Je suis ravi que vous soyez tous ici aujourd’hui. C’est un bon exemple du travail du département d’État aux côtés des entrepreneurs pour résoudre avec succès les problèmes et créer de la richesse ici, aux États-Unis.

Si nous y parvenons, la diplomatie économique renforce également notre sécurité nationale. Selon la stratégie du président Trump, la sécurité économique est en effet la sécurité nationale. Elles sont, comme il l’a décrit, synonymes. S’assurer que chacun d’entre vous a la possibilité de faire ce que vous faites de mieux est essentiel pour… pour créer la prospérité qui sous-tend notre sécurité et nos libertés.

La diplomatie économique renforce également les alliances dans le monde. Je l’ai constaté quand j’étais à la tête de mes deux petites entreprises. Le monde sait que l’économie américaine est la plus grande et la plus influente et, franchement, la plus innovatrice de la planète. Elle fait des envieux parmi nos alliés et nos adversaires. Cette puissance économique est l’un des outils les plus importants, l’un de mes plus grands atouts en termes de crédibilité quand je parcours le monde. Sans cela, j’aurais beaucoup moins d’influence. C’est ce qui nous permet de galvaniser nos alliés vers des objectifs communs et de respecter nos engagements envers eux.

Et notre équipe dans l’administration Trump est engagée dans la diplomatie économique. J’en ai parlé au président à plusieurs reprises. Notre première mission – il passe son temps à me le rappeler – est de créer des emplois et de générer de la richesse ici, aux États-Unis. Mais pour ce faire, nous devons nous engager sur la scène internationale. Mais avant de parler de cela, je veux parler du bilan national que nous avons établi en 17 mois : près de 3 millions d’emplois, plus de 300 000 dans le secteur manufacturier – quelque chose qui était important pour moi et important pour cette grande ville, plus de 300 000 nouveaux emplois dans le secteur de la construction également ; le taux de chômage le plus bas depuis avril 2000 ; et pour chaque nouvelle réglementation établie, nous en avons supprimé 22. Cela aide les cultivateurs de cerises et les constructeurs ici, au Michigan, les producteurs d’énergie dans des endroits comme le Kansas et, franchement, tous les employeurs entre ces deux États. Les réductions d’impôt à hauteur de 3 200 milliards de dollars vous ont bénéficié à vous, et non au gouvernement. Soixante-sept pour cent des Américains pensent désormais que c’est une période propice pour trouver un emploi. Il y a désormais plus d’emplois disponibles que de chercheurs d’emploi. Nous devons continuer à développer les emplois et à créer une main-d’œuvre capable de les occuper.

Cette reprise économique, je vous ai tous entendu en parler ici-même, à Detroit. Ici, vous appelez cela la renaissance, le renouveau de Détroit. Vous devriez en être très fiers. Nous croyons que cela se passe partout aux États-Unis, et nous voyons des données qui confirment cette conviction. Nous pensons que c’est important pour les entreprises, mais surtout très important pour les hommes et les femmes dont vous avez parlé, qui sont en tongs en ce moment, qui seront bientôt à la recherche d’un job d’été ou de leur premier job à la sortie du lycée dans un corps de métier, ou encore avec leur diplôme d’études universitaires en poche, à la recherche d’un travail quelque part ici, aux États-Unis. Nous avons l’obligation, au département d’État, de créer des opportunités pour eux.

J’ai dressé la liste des accomplissements du président parce que ce que je fais tous les jours les complète. Aucune de ces initiatives n’a été centralisée au département d’État. Mais je le sais. Je sais que si chacun d’entre vous n’a pas l’occasion de vendre des biens à l’étranger et d’acheter des composants à l’étranger, cette croissance diminuera, et nous ne pouvons tout simplement pas laisser cela se produire. Avec une dette de 21 milliards de dollars, une énorme croissance économique est nécessaire pour maintenir notre mode de vie.

Mais je dois vous dire aussi que j’ai assisté à cela. Je l’ai vu – je le vois dans mon rôle actuel, et je l’ai vu dans mon rôle précédent en tant que directeur de la CIA. Cette nature dynamique qui caractérise notre économie est riche d’enseignements. Elle est une source d’enseignement pour les autres de par le monde. Notre modèle n’est pas le modèle qui a été adopté dans de nombreuses régions. Pour être honnête, certaines des économies les plus prospères actuellement n’ont pas adopté notre modèle, mais je suis convaincu que ce sera le cas. Elles le feront parce que le capitalisme et la nature dynamique des États-Unis sont essentiels à la réussite économique. Et on peut faire sans pendant un petit moment, mais en définitive, le dynamisme, la créativité et l’innovation qui en découlent ne peuvent se produire que dans un environnement politique semblable au nôtre, où chaque individu, pour atteindre le succès, bénéficie de chances égales et d’opportunités.

J’aimerais parler des manières dont le département d’État est impliqué dans cela.

Premièrement, nous travaillons pour maintenir la souveraineté américaine sur la scène économique internationale. Si le gouvernement des États-Unis ne s’implique pas de manière solide dans une participation économique internationale, ce sera à nos dépends et au bénéfice de pays comme la Chine. Mais ce faisant, jamais nous ne devons renoncer à notre souveraineté économique. L’expérience du Brexit, qui est en cours, et de l’Union européenne, nous montre qu’il est difficile de retrouver l’indépendance économique une fois abandonnée. Elle nous montre également que les politiques économiques qui centralisent le pouvoir diminuent la capacité du marché libre à créer de la richesse et la réussite des consommateurs comme des entreprises.

Deuxièmement, le département d’État a la responsabilité principale de s’assurer que les marchés soient ouverts. Depuis notre arrivée au pouvoir, nous avons rencontré beaucoup de succès dans la suppression des barrières, mais beaucoup de travail reste à faire.

Par exemple, la Corée du Sud a accepté de permettre beaucoup plus d’exportations automobiles des États-Unis – une priorité de longue date pour les trois grands fabricants automobiles ici à Détroit – et elle répond également à d’autres préoccupations concernant l’accord commercial entre la Corée et les États-Unis. En Argentine, nous avons réussi à faire rouvrir le marché du porc aux producteurs américains (qui était fermé depuis 1992). Dans l’ensemble, nous sommes convaincus que s’il s’agit d’un produit américain, nous voulons avoir accès à ce marché ; et quand nous y aurons accès, je suis confiant que les Américains surpasseront presque tous nos concurrents.

Troisièmement, nous travaillons d’arrache-pied pour attirer des investissements internationaux ici, aux États-Unis. Beaucoup d’entre nous, y compris ma petite entreprise d’alors, en dépendent. Dans le cadre de notre initiative avec l’Arabie saoudite, nous entendons faire en sorte qu’ils injectent davantage de fonds aux États-Unis. Au cours de son premier voyage, le président a obtenu des milliards de dollars de nouveaux fonds en provenance de l’extérieur vers les États-Unis. Lorsque ces fonds arrivent, nous recevons également des investissements du secteur privé des États-Unis.

Quatrièmement, nous capitaliserons sur les abondantes ressources énergétiques des Américains. C’est un énorme avantage compétitif. Il est logique d’en profiter et d’exploiter les abondantes réserves que nous avons maintenant non seulement identifiées, mais que nous avons également déterminé comment produire à un prix économique qui peut être compétitif où que ce soit dans le monde. Nous l’avons fait dans des endroits comme le Dakota du Nord, l’Ohio et la Pennsylvanie, et dans bien d’autres États. En effet, augmenter nos exportations est essentiel à notre sécurité. Si nous pouvons exporter en Europe, nous prenons l’avantage sur la Russie. Si nous pouvons exporter en Asie, nous pouvons faire de même avec la Chine.

Nous avons vu la diplomatie énergétique profiter à des entreprises comme Cheniere qui exportent des cubiques – excusez-moi, du gaz naturel, vers plus d’une vingtaine de pays depuis son port de Louisiane, près de 1 000 emplois directs et plus de 100 000 emplois indirects déjà créés.

Nous avons également fourni une assistance technique à l’autre extrémité du processus aux pays qui préféreraient de loin les produits énergétiques américains à ceux d’autres pays dont ils pourraient devenir dépendants et qui en profiteraient d’une manière qui ne serait pas dans le meilleur intérêt de leur pays.

Enfin, nous adoptons une ligne très dure sur les pratiques étrangères qui nuisent aux États-Unis. Que ce soit en menaçant notre leadership technologique par le vol de propriété intellectuelle ou le transfert de technologie forcé, nous travaillons d’arrache-pied pour garantir la protection de la propriété américaine. Tout le monde sait aujourd’hui que de tels comportements sont principalement perpétrés par la Chine. C’est à un niveau sans précédent – un niveau de plagiat sans précédent. J’étais avec le président Xi jeudi soir. Je lui ai rappelé qu’il ne s’agissait pas là de concurrence loyale.

Les acteurs chinois continuent également de mener des activités cybernétiques : ils ne se contentent donc pas de s’approprier les choses par transfert de technologie forcé ou de s’en emparer contractuellement, non. Ils commettent purement et simplement du vol. Nous avons la responsabilité énorme, chacun de nous, de travailler pour y mette un terme.

Les investissements chinois, aussi, dans le monde entier – ils sont les bienvenus, mais nous devons nous assurer qu’ils ne sont pas accompagnés de conditions qui avantagent la Chine aux dépens de notre marché ou de nos échanges commerciaux. Dans la mesure où elle adopte un comportement dont les entreprises américaines ne feraient jamais preuve, c’est-à-dire qu’elle utilise les investissements pour exercer une influence politique et un contrôle sur les nations rivales, la diplomatie américaine a l’obligation de s’efforcer d’y répondre.

Vous l’avez vu avec certaines des décisions du président Trump en matière de droits de douane. Pendant trop longtemps, les États-Unis ont laissé le cadre de libre-échange se déformer à l’avantage de pays autres que les États-Unis. Rappelez-vous que notre diplomatie met les travailleurs américains et les entreprises américaines au premier plan.

Il ne s’agit pas uniquement de la Chine. Le président Trump a clairement indiqué que les relations commerciales déséquilibrées avec les pays du G7 devaient également être reconsidérées en profondeur. Ils doivent abaisser leurs barrières commerciales ; ils doivent accepter nos légumes, notre bœuf, nos fruits, nos produits manufacturés. Il s’agit là d’obstacles non tarifaires qui ne devraient pas exister si l’on veut réaliser un commerce libre et équitable.

C’est un principe moral simple, cette idée d’équité. Comme vous l’avez vu au G7, le président Trump a dit très clairement que nous serions heureux d’avoir des tarifs de 0 % sur chaque produit. C’est avec plaisir que nous éliminerions toutes les subventions. Nous serions ravis de voir les obstacles non tarifaires éliminés dans leur intégralité. Si chaque pays le fait, nous le ferons aussi, et je ne doute pas que cela sera bon pour l’Amérique.

Vous l’avez également vu quand il s’agit de sécuriser notre nation. Le président parle beaucoup du partage de la charge de la sécurité nationale. Nous l’avons vu aussi en Corée du Nord et nous avons vu nos alliés réagir. L’œuvre du président Trump la semaine dernière à Singapour n’aurait pas été possible sans une véritable diplomatie économique. Le président Trump a rallié toutes les nations du monde pour faire pression sur la Corée du Nord afin qu’elle reconsidère sa propre sécurité et voie son système d’armes nucléaires non pas comme un filet de sécurité, mais comme une menace potentielle pour son leadership et son régime. C’était la diplomatie économique en action.

Il reste encore beaucoup de travail à faire. Je vais y travailler sans relâche dans les jours et les semaines à venir. Mais nous avons maintenant mis en place des conditions dans lesquelles le peuple nord-coréen peut également réussir sur le plan économique. Comme le dit le président, un avenir meilleur pour la Corée du Nord ne se fait au détriment de personne, mais profite à tous.

C’est une méthode qui nous réussit bien depuis très longtemps. N’oublions pas le plan Marshall. Nous avons donné 110 milliards de dollars à l’Europe – une somme en dollars d’alors. Nous l’avons fait pour aider nos partenaires européens lorsqu’ils avaient besoin d’aide. Mais cela fait maintenant 70 ans, et nous devons en fait veiller à bien réévaluer chacune de ces relations afin que nous puissions continuer à entretenir de bonnes relations commerciales avec le Canada et à effectuer d’excellents échanges commerciaux avec l’Europe au cours des années à venir.

Si l’on regarde autour de soi, on a critiqué certains des droits de douane. Mais demandez-vous simplement : la Chine aurait-elle permis à l’Amérique de lui faire ce que la Chine a fait à l’Amérique ?

Prenez leurs industries de l’aluminium et de l’acier. La Chine produit de l’acier et de l’aluminium en quantité bien supérieure à la demande nationale. Elle ne veut pas interrompre cette production, de sorte que ces produits sont exportés. L’excès de production arrive ici, aux États-Unis, à des prix avec lesquels les entreprises américaines ne peuvent pas rivaliser.

Il s’agit d’un principe élémentaire de l’économie prédatrice, et beaucoup d’autres pays l’ont reconnu. Le président Trump travaille maintenant à rééquilibrer ce rapport de force.

Les dirigeants chinois s’affirment depuis quelques semaines favorables à l’ouverture et la mondialisation, mais c’est une plaisanterie. Soyons clairs : c’est le gouvernement économique le plus prédateur qui opère contre le reste du monde aujourd’hui. C’est un problème auquel on aurait dû faire face depuis longtemps.

Au sujet de l’ALENA et du Mexique, le président y travaille sans relâche. Je suis persuadé que nous parviendrons à des accords, des ententes qui seront avantageuses pour le Mexique, un accord avantageux pour le Canada, et des ententes qui seront formidables pour les travailleurs américains. Beaucoup de choses ont changé au cours des 24 années qui ont suivi la mise en place de l’ALENA, et notre objectif est de parvenir à un résultat qui rééquilibre cette situation. Nous allons uniformiser les règles du jeu pour l’industrie automobile américaine et d’autres secteurs, en encourageant la fabrication ici et non là-bas.

C’est très important pour vous, ici, au Michigan. Cela représente 23 % de la production automobile. Nos équipes de négociation de l’ALENA travaillent en étroite collaboration avec nos homologues canadiens et mexicains, et j’espère que dans les prochaines semaines, nous serons en mesure d’annoncer que nous avons des accords que le monde jugera nettement meilleurs pour l’économie mondiale. Je suis de nature optimiste. Mon travail l’exige d’ailleurs. Je sais que c’est aussi votre cas.

Cette région qui abritait l’arsenal de la démocratie pendant la Seconde Guerre mondiale a connu des temps difficiles et il reste encore beaucoup à faire. Mais nous voyons cette nouvelle croissance, nous la voyons dans toutes les grandes villes d’Amérique. L’administration Trump a foi en vous. Nous sommes confiants que si nous pouvons vous aider à accéder aux marchés et rééquilibrer le commerce, vous, les gens de Détroit, réussirez.

Je vais conclure là-dessus : pour chaque petite entreprise en Amérique, il y a une opportunité. Il y a une opportunité d’accéder à une situation dans laquelle vous ne vous êtes jamais trouvés ou que vous n’avez jamais vue ou jamais connue. Je suis convaincu que si nous, au département d’État, faisons bien notre travail, vous aussi pourrez le faire. Et vous le ferez d’une manière qui vous bénéficiera et qui profitera à votre entreprise et votre famille, ce qui est formidable.

Mais le plus important, c’est que vous le ferez pour ceux qui vous entourent et pour votre communauté. Et c’est ce qui nous pousse tous les jours au département d’État à diriger l’équipe économique d’une manière qui permette à la diplomatie américaine d’opérer partout dans le monde, et à l’économie américaine de rester l’exemple pour le monde qu’elle a été au long de toutes ces années.

Je vous remercie. Merci de m’avoir accueilli au Detroit Economic Club. C’est vraiment un honneur pour moi d’être avec vous tous aujourd’hui, et je suis heureux de répondre à juste une – je disais avant que je répondrais – que je répondrais à une question sur n’importe quoi, maintenant je dis presque n’importe quoi. Alors merci. (Applaudissements.) Merci.

  1. ANDERSON : D’accord. Eh bien, Monsieur le Secrétaire, nous avons bien des questions qui ont été posées, avant et pendant le discours, ce qui n’est pas étonnant, étant donné la présence de l’industrie automobile à Détroit, comme vous l’avez mentionné, et le fait qu’une telle proportion du commerce avec le Canada traverse notre frontière commune ici, de nombreuses questions ont été posées sur les négociations commerciales, les droits de douane et leurs répercussions sur les relations. J’essaierai donc de résumer ces questions en disant… en vous demandant votre point de vue sur l’impact des négociations commerciales et des impositions tarifaires sur les relations avec le Canada. C’était probablement la question numéro un, mais il y a des questions similaires pour nos proches alliés en Europe et avec la Chine.
  2. LE SECRÉTAIRE POMPEO : Je suis convaincu – j’ai parlé avec mon homologue canadienne samedi matin, Chrystia Freeland. Je pense qu’elle est d’accord. Je suis convaincu que quand… que lorsque les négociations commerciales seront terminées, il y aura plus… plus de volume, plus de dollars et plus de liberté commerciale entre les États-Unis et le Canada. J’en suis totalement persuadé. J’ai vu le travail qui a été fait. Certaines choses ont simplement commencé à ne plus fonctionner, et cela peut être un artifice historique ou peut-être que les temps changent simplement – certaines choses ne correspondaient pas à l’environnement d’aujourd’hui. Et le président est déterminé à essayer de les corriger. Et je dirais la même chose à propos de l’Europe et du Mexique aussi. Je les mettrais tous dans le même sac de cette façon.

Mais je pense également que nos relations avec ces pays sont tellement plus importantes que de simples relations économiques. Lorsque j’ai parlé à Chrystia, nous avons certainement parlé des droits de douane et des choses qui nous préoccupaient beaucoup, mais nous travaillons côte à côte en Ukraine. Ils ont des gens qui travaillent avec nous en Afghanistan. Elle a offert de nous aider en Corée du Nord. Les Canadiens ont joué un rôle incroyablement important à cet égard. Je dirais la même chose pour les Européens et les Mexicains. Notre relation n’est pas uniquement définie par nos échanges commerciaux, et je ne doute absolument pas que, lorsque ces négociations commerciales seront terminées, les relations historiques entre les États-Unis et le Canada, et les États-Unis et nos partenaires européens, resteront ce qu’elles sont maintenant depuis quelque 70 ans avec l’Europe.

  1. ANDERSON : Très bien. Il ne surprendra personne qu’il y eût aussi un certain nombre de questions liées au récent sommet avec la Corée du Nord. Donc, pour combiner quelques-unes de ces questions, un sommet de suivi sera-t-il nécessaire pour consolider et solidifier les résultats des récentes réunions avec la Corée du Nord ? Et quelle est la perspective des Russes et des Chinois sur l’évolution de la relation entre les États-Unis et la Corée du Nord ?
  2. LE SECRÉTAIRE POMPEO : Je vais commencer par la première question. Lorsque je me suis rendu à Pékin après Singapour, j’ai parlé avec mon homologue russe ce matin à 8h15, heure de Washington. Ils sont ravis d’avoir cette opportunité. C’est chez eux, après tout. Éliminer la menace de prolifération, la menace nucléaire en Corée du Nord, c’est quelque chose qu’ils ont longtemps déclaré souhaiter, mais il n’y avait pas d’impulsion pour y parvenir. Je suis donc sûr que nos intérêts divergent à certains égards, mais l’opportunité fondamentale de remodeler essentiellement la perception de la Corée du Nord par elle-même et de sa place dans la communauté des nations – la Russie et la Chine sont pleinement d’accord avec nos efforts.

Quant à savoir s’ils auront besoin d’un autre sommet, difficile de le savoir. Il y a beaucoup de travail à faire entretemps. Mon équipe y travaille déjà. Je vais probablement m’y rendre de nouveau sous peu. Il y a beaucoup de travail à faire. Nous devons encore étoffer tout ce qui sous‑tend les engagements pris ce jour-là à Singapour. J’étais là dans la pièce avec le président Kim. C’était la troisième fois que je rencontrais le président Kim : deux fois à Pyongyang et là, à Singapour, maintenant. Il a clairement exprimé son engagement à dénucléariser complètement son pays. C’est l’essentiel, n’est-ce pas ? Ce ne sont pas seulement les systèmes d’armement, c’est le tout. (Applaudissements.)

En retour, le président s’est engagé à faire en sorte que nous modifiions l’accord d’armistice, et offrions les garanties de sécurité dont le président Kim a besoin. Et je ne sais pas si vous avez eu la chance de voir la vidéo que le président Trump a montrée au président Kim ce jour-là lors de la réunion, mais elle parle de – elle montre ce que la Corée du Nord pourrait être : de belles plages, un endroit merveilleux, la réussite. Il y a beaucoup de travail à faire pour y parvenir, mais le président Trump s’engage également à respecter cette partie du marché. Et si nous pouvons faire en sorte que ces deux choses interviennent de manière simultanée, nous aurons réduit la menace mondiale qui a plané sur les États-Unis et le monde pendant des décennies.

  1. ANDERSON : Très bien. Merci. Changeons de continents maintenant, l’Afrique semble évoluer et se transformer rapidement. De plus, la Chine s’affirme sur le continent. Et le continent a aussi de sérieux problèmes avec les groupes extrémistes. Compte tenu de tout cela, quel rôle les États-Unis peuvent-ils et doivent-ils jouer sur le continent ?
  2. LE SECRÉTAIRE POMPEO : Eh bien, en fait, mon dernier déplacement en tant que directeur de la CIA était en Afrique. J’ai voyagé dans six pays en autant de jours, où j’ai confronté chacun de ces problèmes, franchement : le risque posé par al-Shabaab et Al-Qaïda au Maghreb islamique ; j’ai travaillé sur des questions économiques dans d’autres parties du pays ; puis à Djibouti pour voir les Chinois construire un port juste à côté d’un port parfaitement adapté et utile, sans doute destiné à terme à servir d’installation militaire chinoise.

Donc, en Afrique, je vois deux défis. Le premier : dans la mesure où un extrémisme islamique menace l’Amérique, nous avons l’obligation de le vaincre et de protéger la patrie. Mais le deuxième défi est en fait une opportunité. Je vois une énorme croissance économique. La croissance de la population y sera plus importante que n’importe où ailleurs par habitant, en pourcentage, que n’importe où ailleurs dans le monde au cours des prochains dix ou vingt ans. La croissance économique est à la traîne, mais dans certains endroits, nous pensons pouvoir faciliter une amélioration rapide.

Comme nous le savons tous, les continents sont surprenants. Quand ils ont de petites économies, ils peuvent croître de 8, 10 ou 14 % par an. Ce n’est pas sans précédent. Si nous pouvons mettre en place les éléments de base, ceux que nous connaissons tous, n’est-ce pas, l’état de droit, les droits de propriété, une sorte de compréhension centrale de la croissance économique, je suis convaincu que cette croissance se produira avec un modèle qui ressemble plus à celui de l’Occident qu’à celui de la Chine. Si vous regardez ce que la Chine fait là-bas, il y a beaucoup d’argent qui entre, mais bon sang, ces dirigeants commencent à comprendre de quoi il en retourne. Cet argent arrive à un prix dont ils savent qu’il n’est pas lié au commerce et aux marchés, mais plutôt en fin de compte à l’exercice d’une influence politique quand il le faut. Et les dirigeants africains l’ont bien compris, ils en sont profondément conscients et ils cherchent des alternatives. Une présence américaine, pas seulement la présence du gouvernement mais votre présence, offre une opportunité réelle pour vous à la fois de retour de capital, et de rentabilité de votre investissement, et faire en sorte que les intérêts de l’Afrique soient bien plus proches des nôtres ici en Occident que de ceux de la Chine.

  1. ANDERSON : Très bien. Une autre situation d’actualité sur laquelle on a posé des questions est celle du Venezuela, et la question était : le Venezuela continue à faire face à d’énormes problèmes, à la fois économiques et politiques. Existe-t-il des perspectives de solution dans ce pays ?
  2. LE SECRÉTAIRE POMPEO : Il s’agit effectivement d’un défi important. Le Venezuela a été la grande réussite économique de ces 40 dernières années. Donc je ne le prédirai pas une fois de plus, trop de risques. Le régime de Maduro s’est avéré tenace et capable de se maintenir au pouvoir et d’infliger des souffrances considérables au peuple vénézuélien. Nous avons fait de notre mieux pour permettre à l’Amérique du Sud et centrale de prendre les devants pour répondre à cette crise, et nous avons exhorté le Venezuela à revenir à quelque chose à l’aspect plus démocratique que ce qu’il est aujourd’hui. Nous avons eu recours à certains de nos pouvoirs de sanction – l’autorité de sanction économique – pour faciliter cela, et j’ai … c’est probablement le meilleur rôle à jouer pour les États-Unis. Ils appellent à la régénération des institutions démocratiques et permettent à l’Amérique du Sud et centrale de prendre l’initiative face à cette situation.
  3. ANDERSON : Cette question est, je dirais, plus personnelle et porte sur votre rôle. Vous occupez votre poste actuel depuis relativement peu de temps. Y a-t-il eu des surprises ? Et comment compareriez-vous les défis de la direction du département d’État avec ceux de la gestion de la CIA ?
  4. LE SECRÉTAIRE POMPEO : Oui, ils sont totalement différents. (Rires.) Tout d’abord, quand j’étais directeur de la CIA, je n’ai jamais vu une caméra et je m’en portais très bien – (rires) – donc, un rôle très différent.

Vous voyez, il s’agit de fonctions fondamentalement différentes. Le défi du leadership, cependant, n’est pas très différent. Ce n’est pas très différent du défi de leadership que j’ai connu lorsque je dirigeais Thayer Aerospace ou Sentry International. Donc, prendre de grandes organisations et leur faire comprendre l’intention du commandant, puis leur donner le pouvoir et l’autorité d’aller marquer des points. J’ai eu une chance incroyable dans ces deux endroits, à la CIA et maintenant, au département d’État. J’ai un personnel incroyablement compétent. L’Amérique envoie certains de ses meilleurs jeunes gens travailler dans chacune de ces institutions. Je l’en remercie.

Mon travail en tant que leader est de m’assurer qu’ils comprennent clairement ce que le président Trump essaie de réaliser et, la manière dont j’essaie de mettre en œuvre ces objectifs de politique étrangère pour le président. Et ensuite, d’éliminer la bureaucratie qui, dans une institution gouvernementale, est une forme d’art à part entière, mais d’éliminer cette bureaucratie de façon à ce que vous puissiez donner à ces gens la possibilité de…  de vraiment gagner au nom de l’Amérique, de faire en sorte qu’ils comprennent ce que nous essayons d’accomplir et de les laisser se servir de tous leurs talents pour le faire. Donc, le défi du leadership, ce n’est pas différent de celui de la direction de Thayer Aerospace. C’était un défi beaucoup plus réduit que ces deux-là, mais il s’agissait de créer ces mêmes conditions.

J’ai parlé, au département d’État, de l’autre élément. Nous sommes partout dans le monde, et le monde regarde comment l’Amérique se comporte. Et je rappelle à nos responsables – j’ai eu l’occasion de parler à notre équipe à Séoul et à notre équipe à Pékin, en plus de l’équipe à Singapour, de rappeler à nos diplomates que le monde les observe. Nous avons donc des politiques et il y a des choses que nous essayons d’accomplir, mais pendant que nous faisons chacune de ces tâches, le monde a les yeux braqués sur nous. Disons-nous la vérité ? Est-ce que nous nous comportons avec courtoisie ? Traitons-nous chaque être humain avec la dignité qu’il mérite ? Ce sont des valeurs typiquement américaines, et si nous le faisons, le bien que nous ferons en nous efforçant de défendre les valeurs et les intérêts américains dans le monde et d’accomplir ces objectifs aura l’avantage corollaire de montrer le meilleur de l’Amérique. Et franchement, ce n’est pas différent dans mon rôle actuel qu’à la CIA, mais c’est très différent du secteur privé.

  1. ANDERSON : Eh bien, nous finirons peut-être par une question internationale un peu plus proche de chez nous, et c’est une question à propos de Cuba. Cuba a donc le premier président non-castriste depuis des décennies. Pensez-vous que nous continuerons à nous rapprocher de Cuba ? Comment voyez-vous cette relation évoluer ?
  2. LE SECRÉTAIRE POMPEO : C’est vrai que son nom de famille n’est pas Castro. (Rires.) Mais on ne le dirait pas au vu de ses politiques et de ses projets. Donc, je ne vois pas de changements significatifs dans le gouvernement cubain. Cela dit, je vois d’importantes possibilités. Je pense qu’au fil du temps, sa proximité avec les États-Unis, la nature des êtres humains là-bas, je pense que nous – je pense que les choses finiront par s’améliorer à Cuba. La question a toujours été la rapidité, la rapidité avec laquelle on peut y parvenir et les outils appropriés pour renforcer ce processus et le rendre plus probable. Le président Trump a clairement fait savoir qu’il voulait que nous le fassions, il veut que nous nous engagions de sorte à accroître la capacité des Cubains ordinaires à disposer des opportunités que nous avons tous en Amérique, à la fois de libertés économiques et politiques. Et aujourd’hui, nous avons encore beaucoup de travail à faire.
  3. ANDERSON : Sur ce, je vais conclure la séance de questions-réponses, mais je voudrais juste terminer là où j’ai commencé, en vous remerciant d’avoir pris le temps aujourd’hui de venir à Détroit. Votre message était formidable et nous sommes très heureux de l’avoir entendu. Merci beaucoup.
  4. LE SECRÉTAIRE POMPEO : Très bien. Merci beaucoup. (Applaudissements.)

Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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