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Les gouvernements locaux intensifient leurs efforts de lutte contre l’extrémisme violent

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Département d’État des États-Unis
DipNote – blog officiel
Par Michael Duffin le 17 juillet 2018

 

L’Institute for Strategic Dialogue (Institut pour le dialogue stratégique), un partenaire du département d’État qui œuvre en faveur de la collaboration mondiale dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, vient d’accueillir le troisième Sommet mondial annuel du réseau Strong Cities à Melbourne, en Australie, les 10-11-12 juillet derniers. La lutte contre l’extrémisme violent (countering violent extremism ou CVE) fait appel à une approche de l’ensemble de la société qui prend en compte la dynamique locale que les terroristes exploitent à des fins de recrutement. Même si les leaders locaux sont les mieux placés pour mobiliser les parties prenantes de la communauté dans le cadre de ces initiatives, peu d’entre eux ont été formés aux bonnes pratiques internationalement reconnues ou disposent d’une plate-forme pour échanger leurs expériences. C’est ce qui a motivé la création du réseau Strong Cities (Réseau des villes fortes), que le département d’État a contribué à lancer il y a trois ans en partenariat avec l’Institute for Strategic Dialogue, une organisation non gouvernementale. Le réseau Strong Cities permet à 120 gouvernements infranationaux sur six continents de disposer d’un forum en vue de l’acquisition et de l’échange de bonnes pratiques en matière de CVE et de la protection des cibles vulnérables dans un contexte antiterroriste.

Les membres du réseau Strong Cities présents à Melbourne ont présenté un aperçu de leurs travaux les plus significatifs :

  • Au Kenya, le gouvernement du comté de Mombasa a établi et doté en personnel une ‘Direction de la CVE’ chargée de renforcer les capacités locales et la coordination dans une ville qui a été durement touchée par le terrorisme ces dernières années. Le comté de Mombasa a élaboré un plan d’action CVE qui met en avant des objectifs communs en matière de CVE, sert de modèle national et accorde une place plus importante aux femmes, aux jeunes, au monde des affaires et aux médias. Mombasa a également adopté quelques bonnes pratiques en matière de prévention communautaire à la suite d’un voyage parrainé par le réseau Strong Cities à Kristiansand, en Norvège, début 2018.
  • En Macédoine, la municipalité de Cair à Skopje travaille en collaboration avec Women Without Borders pour informer les mères des signes avant-coureurs du recrutement terroriste et de la radicalisation. Cair travaille sur un programme semblable qui s’adressera à la jeunesse vulnérable.
  • En Jordanie et au Liban, les membres danois du réseau Strong Cities travaillent avec les municipalités jordaniennes d’Al-Karak, Irbid et Zarqa, et les municipalités libanaises de Majdal Anjar, Saida et Tripoli, pour établir six réseaux locaux de prévention. Chacun de ces réseaux réunit une douzaine de parties prenantes locales, dont des enseignants, des animateurs de jeunesse, des chefs religieux, des représentants des jeunes, des représentants d’ONG et des prestataires de services d’intervention psychosociale.
  • Au Canada, la ville de Montréal et le gouvernement du Québec ont formé le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV) en 2015. Il s’agit d’une organisation indépendante sans but lucratif dont la vocation est de prévenir la violence en travaillant avec les personnes radicalisées ou en voie de radicalisation menant à la violence. Le centre œuvre également en faveur de la prévention des incidents haineux et conseille les victimes. Il a aidé Bordeaux, membre du réseau Strong Cities, à mettre au point son programme CAPRI (Centre d’action et de prévention contre la radicalisation des individus), qui adopte une approche interdisciplinaire de la prévention et de l’intervention.
  • Au Pakistan, le réseau Strong Cities s’est associé avec l’ONG locale Individualland en novembre dernier pour former les maires et les autorités locales de Nowshera, Peshawar et Quetta, en vue d’un travail en plus étroite collaboration avec les éducateurs, les professionnels de la santé et les forces de l’ordre en matière de CVE. Cette collaboration a mené à une formation supplémentaire sur la reconnaissance de la radicalisation et le travail auprès des jeunes à risque.
  • En Belgique, la ville de Vilvorde a connu le plus grand nombre de départs de combattants terroristes étrangers par habitant en Europe de l’Ouest. Vilvoorde a ensuite lancé son projet Second Wave, un programme d’engagement communautaire des forces de l’ordre et des jeunes à risque. Vilvoorde a significativement réduit les départs pour l’Iraq et la Syrie grâce à un programme inspiré, en partie, d’un échange bilatéral parrainé par le département d’État en 2014-15 avec Columbus, Ohio, avec la participation du maire de Vilvoorde, de son chef de la police et des leaders de la société civile.
  • En Inde, l’État du Maharashtra a élargi sa panoplie d’outils CVE grâce à sa participation au réseau Strong Cities. La brigade antiterroriste a par exemple élaboré une série de vidéos projetées dans les cinémas de la région dans le cadre de la lutte contre le recrutement et la radicalisation des terroristes et a commencé à mettre en place un programme d’intervention. À Mumbai, le dialogue interconfessionnel a permis de jeter des passerelles entre les nombreuses religions représentées dans la plus grande ville de l’Inde. En février, plusieurs de ces leaders religieux ont accueilli le maire d’Anaheim, Tom Tait, et le maire de Louisville, Greg Fischer. À Calcutta, le réseau Strong Cities a organisé cette année un atelier régional à l’intention des décideurs et des praticiens locaux du Bangladesh, de l’Inde, des Maldives et du Sri Lanka.
  • En Colombie, la ville de Medellin favorise la résilience de ses 1,7 million d’habitants grâce à un plan de développement complet sur trois ans appelé Resilient Medellin. Medellin est un membre actif du groupe de travail du réseau Strong Cities sur les réfugiés et le déplacement interne. Les praticiens de Medellin y ont présenté leurs expériences en matière de déplacements urbains et ruraux-urbains à la suite d’un conflit armé national qui a duré plusieurs dizaines d’années et des menaces ciblées de violence de la part de gangs et d’organisations criminelles.
  • Aux États-Unis, la ville de San Diego a travaillé avec l’Université de San Diego pour mettre en œuvre une subvention du département de la Sécurité intérieure afin d’accroître la capacité des organisations à but non lucratif qui renforcent la résilience des jeunes face au recrutement et à la radicalisation. Le bureau du maire Kevin Faulconer a organisé un atelier en novembre dernier à l’intention des membres de la communauté et des délégués d’un programme de visite de dirigeants internationaux du réseau Strong Cities aux États-Unis. Le réseau Strong Cities a également bénéficié de l’engagement actif d’autres membres des États-Unis. Le maire de Chattanooga, Andy Berke, et le maire de Los Angeles, Eric Garcetti, ont coparrainé une résolution demandant à la Conférence des maires des États-Unis de travailler plus étroitement avec le réseau Strong Cities. Le maire Berke a également présidé un atelier du réseau Strong Cities à l’intention des maires et des responsables de villes du Canada, de l’Allemagne, de l’Irlande, de l’Italie, du Royaume-Uni et des États-Unis en marge de la réunion d’hiver de la Conférence des maires.

En moins de trois ans, le réseau Strong Cities a mobilisé et formé des milliers de parties prenantes locales dans le monde entier aux bonnes pratiques CVE. Des ateliers ont permis l’acquisition d’une expertise adaptée au contexte local, tandis que les sommets mondiaux, les échanges et le centre en ligne ont permis de former un groupe mondial de décideurs et de praticiens locaux du CVE. Pour en savoir plus sur le réseau Strong Cities, veuillez consulter http://strongcitiesnetwork.org/.

À propos de l’auteur : Michael Duffin est conseiller politique au Bureau de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent du département d’État des États-Unis.

Note du rédacteur : cet article figure également dans Medium, une publication du département d’État.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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