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Nathan Sales, coordinateur de la lutte contre le terrorisme sur la publication des rapports par pays sur le terrorisme 2017

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Département d’État des États-Unis
Le 19 septembre 2018
Point de presse officiel

 

Par téléconférence

M. PALLADINO : Je vous remercie. Bonjour à tous. Robert Palladino ici. Merci beaucoup de vous joindre à nous pour l’appel d’aujourd’hui. L’appel d’aujourd’hui est officiel. Et je tiens également à noter que l’appel et le rapport sont tous deux sous embargo jusqu’à la fin de l’appel.

Le département d’État publie aujourd’hui ses rapports annuels par pays sur le terrorisme, à la demande du Congrès, qui présentent la situation dans le monde en matière de lutte contre le terrorisme en 2017. Ce rapport nous permet de mettre en lumière les tendances significatives en matière de terrorisme et dresse un état des lieux de l’efficacité des activités des États-Unis et de la communauté internationale face à ces menaces. Il nous aide également à prendre des décisions et élaborer des plans plus éclairés en ce qui concerne nos politiques, nos priorités et l’affectation de nos ressources.

J’aimerais maintenant passer la parole à Monsieur l’ambassadeur Nathan A. Sales, chargé de la coordination de la lutte contre le terrorisme depuis août 2017. Nathan, merci infiniment d’être ici aujourd’hui.

M. L’AMBASSADEUR SALES : Merci beaucoup, Robert, pour cette présentation. Et merci à tous ceux qui se sont connectés à l’appel d’aujourd’hui. Le rapport par pays sur le terrorisme est un document important qui présente l’évaluation des récentes tendances en matière de lutte contre le terrorisme par le gouvernement des États-Unis, et souligne certains des efforts que nous avons déployés avec nos partenaires pour combattre des groupes tels que Daech, Al-Qaïda, les menaces sous l’égide de l’Iran et d’autres groupes terroristes présents au niveau mondial.

Permettez-moi de commencer par quelques chiffres. Le rapport comprend une annexe statistique préparée par le Consortium national pour l’étude du terrorisme et les réponses au terrorisme, qui se trouve tout près d’ici à l’université du Maryland. L’annexe note que le nombre total d’attaques terroristes dans le monde en 2017 a diminué de 23 %. De même, le nombre total de décès dus à des attaques terroristes a diminué de 27 %. Ces deux chiffres sont comparés à ceux de 2016.

Même si on a constaté une baisse de la violence terroriste entre 2016 et 2017 dans de nombreux pays, cette tendance générale était due dans une large mesure à la diminution spectaculaire des attaques et des morts en Iraq. Bien que des attaques terroristes aient eu lieu dans 100 pays en 2017, elles ont été concentrées en termes géographiques. Cinquante-neuf pour cent de toutes les attaques étaient situées dans cinq pays : l’Afghanistan, l’Inde, l’Iraq, le Pakistan et les Philippines. De même, 70 % de tous les décès dus à des attaques terroristes ont été constatés dans cinq pays, à savoir l’Afghanistan, l’Iraq, le Nigéria, la Somalie et la Syrie.

Le rapport prend acte des progrès considérables des États-Unis et de nos partenaires internationaux sur la voie de la défaite et de l’affaiblissement des organisations terroristes en 2017. Nous avons travaillé avec des alliés et des partenaires du monde entier pour promouvoir l’échange d’informations, la sécurité de l’aviation, les capacités de maintien de l’ordre et d’application du droit, et pour lutter contre la radicalisation terroriste en mettant l’accent sur la prévention du recrutement et de la récidive.

En décembre 2017, la résolution 2396 du Conseil de sécurité des Nations unies portée par les États-Unis a été adoptée à l’unanimité avec 66 coauteurs. La résolution 2396 exige que les États membres recueillent et utilisent des données biométriques et des données sur les voyageurs, y compris des données nominatives sur les passagers, pour identifier et perturber les déplacements des terroristes et élaborer des listes de surveillance ou des bases de données sur les terroristes connus ou les personnes soupçonnées de terrorisme.

Nous continuons à travailler avec nos partenaires étrangers pour conclure des accords bilatéraux en vue de l’échange d’informations sur l’identité de terroristes connus et présumés, en vertu de la directive présidentielle sur la sécurité intérieure 6, ou HSPD-6.

Depuis 2007, le bureau de la Lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent et le centre de détection du terrorisme du FBI ont signé 71 de ces accords avec des partenaires étrangers. Ils facilitent l’identification, le suivi et la dissuasion des déplacements de terroristes connus et présumés.

En 2017, les États-Unis et la Coalition mondiale ont déployé des efforts considérables dans le cadre de la lutte contre Daech. 99 % des territoires préalablement détenus par Daech en Iraq et en Syrie sont maintenant libérés. Environ 50 % de ces gains sont intervenus depuis janvier 2017. De même, plus de 7,7 millions de personnes ont été libérées de l’emprise brutale de Daech – environ 4,5 millions en Iraq et 3,2 millions en Syrie. On estime qu’environ 5 de ces 7,7 millions de personnes ont été libérées depuis 2017.

Nous avons intensifié la pression sur Al-Qaida pour empêcher sa résurgence. Nous travaillons en étroite collaboration avec nos alliés pour faire en sorte qu’Al-Qaida ne puisse plus recruter, mobiliser des fonds, se déplacer et conspirer. En mai de cette année, le département d’État a élargi la désignation terroriste d’une organisation affiliée à Al-Qaida en Syrie. Nous avons également désigné la branche malienne d’Al-Qaida au début du mois, le 5 septembre, et nous avons travaillé au sein du Conseil de sécurité de l’ONU pour désigner de nombreuses organisations et personnes affiliées à Al-Qaida.

Malgré ces nombreux succès, la complexité de la situation en matière de terrorisme n’a fait que s’accroître en 2017. Daech, Al-Qaïda et leurs organisations affiliées se sont avérés résilients, déterminés et adaptables. Ils se sont adaptés à la forte pression antiterroriste en Iraq, en Syrie, en Somalie et ailleurs. Des combattants terroristes étrangers rentrent chez eux en provenance de la zone de guerre en Iraq et en Syrie, ou se rendent dans des pays tiers pour y rejoindre des branches de Daech. Nous assistons également à une augmentation des attaques de terroristes locaux – c’est-à-dire des personnes qui ont été inspirées par Daech mais n’ont jamais mis les pieds en Syrie ou en Iraq. Nous avons vu des attaques dirigées par Daech ou sous son inspiration en dehors de la zone de guerre sur des cibles vulnérables et dans des espaces publics tels que des hôtels, des centres touristiques et des sites culturels. Nous avons vu cette tendance dans des endroits aussi éloignés que Bamako, Barcelone, Berlin, Londres, Marawi, New York, Ouagadougou, entre autres.

L’Iran demeure le principal État commanditaire mondial du terrorisme et est responsable de l’intensification des multiples conflits et des atteintes aux intérêts américains en Syrie, au Yémen, en Iraq, au Bahreïn, en Afghanistan et au Liban, par l’intermédiaire d’un certain nombre de mandataires et autres instruments tels que le Hezbollah libanais et les Forces Al-Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique. Les menaces que présente le soutien de l’Iran au terrorisme ne se limitent pas au Moyen-Orient. Elles sont véritablement d’envergure internationale.

Depuis 2012 seulement, le Hezbollah a mené avec succès une attaque en Bulgarie qui a fait six morts et fomenté deux complots distincts à Chypre. Il a dissimulé des quantités importantes de matériel militaire et d’explosifs au Koweït, au Nigéria et en Bolivie, et envoyé des agents terroristes au Pérou et en Thaïlande.
Le 30 juin de cette année, les autorités allemandes ont arrêté un responsable iranien qui avait participé à un complot terroriste visant à bombarder un rassemblement politique à Paris. Les autorités belges et françaises ont également procédé à des arrestations dans le cadre de ce complot terroriste facilité par l’Iran.

Voilà donc certains des points clés qui figurent dans le rapport. Je vous remercie d’avoir bien voulu prendre le temps de participer à cet appel et j’attends avec impatience vos questions. Je vous remercie.

M. PALLADINO : Merci, Monsieur l’ambassadeur Sales. Nous allons maintenant répondre aux questions. J’aimerais demander à tous de bien vouloir identifier leur organe de presse et leur nom, et de se limiter à une seule question. Merci.

OPÉRATEUR : À titre de rappel, nous avons atteint la phase des questions et réponses de notre appel en conférence. Veuillez appuyer sur *1 maintenant.

Notre première question nous vient de la ligne de Carol Morello du The Washington Post. Allez-y s’il vous plaît.

QUESTION : Merci. Je me demandais si vous pouviez parler un peu plus de ce que vous appelez dans le rapport « la présence quasi-mondiale de l’Iran et de ses mandataires ». Et vous en avez parlé un peu à la fin. Il semble que chaque fois que cela est mentionné, il s’agit d’un incident ici et là, dans certains cas peut-être inspiré par, et non effectivement exécuté par l’Iran. Pensez-vous que vous puissiez exagérer la, je cite, « présence quasi-mondiale de l’Iran et de ses mandataires » au niveau du terrorisme ?

M. L’AMBASSADEUR SALES : Pas du tout. L’Iran est le plus grand commanditaire mondial du terrorisme et investit les ressources d’un État dans ses activités terroristes. Nous avons vu les activités terroristes de l’Iran et de ses mandataires dans le monde entier. Il existe des réseaux de collecte de fonds actifs dans des endroits aussi éloignés que l’Afrique, en Amérique du Sud. Nous avons vu des caches d’armes installées dans le monde entier. Nous avons vu une activité opérationnelle non seulement au Liban par le Hezbollah, mais aussi par des terroristes soutenus par l’Iran au cœur de l’Europe. L’Iran se sert du terrorisme comme d’un outil politique. Il n’a aucun scrupule à l’utiliser sur n’importe quel continent.

M. PALLADINO : Question suivante, s’il vous plaît.

OPÉRATEUR : Nous avons une question de Susan George, de l’Associated Press. Allez-y s’il vous plaît.

QUESTION : Bonjour. Merci d’organiser cet appel. Je me demande si vous pourriez parler un peu d’Al-Qaïda. Vous dites que le groupe a de plus en plus de membres. Pourriez-vous nous donner un peu plus de détails en ce qui concerne ce que vous entendez exactement par là ?

M. L’AMBASSADEUR SALES : Bonjour, Susan. Merci pour la question. Al-Qaida est un adversaire déterminé et patient. Il n’a essentiellement pas fait les gros titres ces dernières années et s’est contenté de laisser Daech porter le poids de la réaction internationale, mais nous ne devrions pas penser que cette période de calme relatif signifie qu’Al-Qaïda a renoncé à ses capacités ou ses intentions de nous frapper et de frapper nos alliés. C’est pourquoi nous continuons à faire pression sur Al-Qaida, ses organisations affiliées et ses membres individuels. Le rapport détaille un certain nombre d’initiatives que nous avons entreprises pour désigner – et j’en ai parlé dans mon allocution liminaire – des efforts que nous avons déployés pour désigner les entités affiliées à Al-Qaida en Syrie, au Mali, ainsi que les personnes associées au groupe.
Ainsi, même si c’est Daech qui fait les gros titres, notre attention reste centrée sur Al-Qaida et nous restons déterminés à le combattre où que nous le rencontrions.

M. PALLADINO : Question suivante, s’il vous plaît.

OPÉRATEUR : Cristobal Vasquez, de Caracol Radio. Allez-y s’il vous plaît.

QUESTION : Oui, bonjour. Merci. Je voudrais vous poser une question au sujet des FARC. Selon un récent rapport du New York Times, environ 40 % des militants des FARC n’ont pas en fait adhéré à l’accord de paix ou – et ils sont toujours libres et continuent à mener des activités illicites. Pouvez-vous nous parler un peu plus en détail de ces militants qui ne figurent pas dans l’accord de paix de – signé par les FARC avec le gouvernement colombien ?

M. L’AMBASSADEUR SALES : Eh bien, merci pour la question, Cris. Je peux vous dire que c’est une situation que nous observons de très près au département d’État et dans l’ensemble du gouvernement américain. Nous avons toujours soutenu les efforts déployés par la Colombie pour garantir une paix juste et durable. Le peuple colombien ne mérite pas moins que cela. Nous nous engageons à coopérer avec la Colombie pour lutter contre ces groupes terroristes et leurs vestiges – des groupes comme l’ELN, des dissidents des FARC.

M. PALLADINO : Question suivante, s’il vous plaît.

OPÉRATEUR : J.J. Green, WTOP. Allez-y s’il vous plaît. M. Green, votre ligne est ouverte.
(Pause.)

OPÉRATEUR : Nous avons une question de la ligne de Marian Molina de W Radio Colombia. Allez-y s’il vous plaît.

QUESTION : Bonjour, merci. Je veux revenir aux FARC car nous avons déjà des membres des FARC dans notre congrès en Colombie. Ils ont signé un accord de paix, comme l’a dit mon collègue, mais vous les incluez toujours dans la liste des organisations terroristes étrangères. Le département d’État envisage-t-il à un moment donné, et pourquoi n’ont-ils pas été retirés de cette liste s’ils ne sont déjà plus une organisation terroriste ? Ou ils ne sont pas censés l’être, du moins.

M. L’AMBASSADEUR SALES : Merci pour la question. Je ne vais pas être en mesure de commenter des délibérations internes qui pourraient ou non avoir lieu. Ce que je peux vous dire, c’est que les normes légales pour figurer sur la liste des organisations terroristes étrangères ou en être éliminé sont très claires et – et nous appliquons les normes que le Congrès nous a données en fonction des informations que nous avons devant nous, quels que soient l’organisation et le pays.

M. PALLADINO : Merci. Question suivante, s’il vous plaît.

OPÉRATEUR : Kim Dozier du Daily Beast. Allez-y s’il vous plaît.

QUESTION : Bonjour. Merci d’avoir organisé l’appel. Je voudrais comprendre où vous voyez les groupes terroristes en concurrence en termes d’attaques dirigées contre les États-Unis continentaux. Entre Al-Qaïda, Daech, d’autres groupes et géographiquement, où voyez-vous la menace la plus importante pour les États-Unis ? C’était Al-Qaida dans la péninsule arabique auparavant, mais cela semble avoir changé.

M. L’AMBASSADEUR SALES : Eh bien, je pense que les trois principaux adversaires terroristes que j’ai soulignés ont à la fois la capacité et l’intention de frapper les États-Unis et nos alliés. Le leader d’Al-Qaida, Ayman al-Zawahiri, a appelé à plusieurs reprises les membres d’AQ et ses partisans à commettre des attaques ici aux États-Unis. Des attaques inspirées par Daech ont eu lieu ici aux États-Unis, en particulier à New York en octobre dernier. Et en ce qui concerne les organisations terroristes soutenues par l’Iran, nous avons arrêté un certain nombre d’agents dont on pense qu’ils évaluaient des cibles pour le compte d’organisations terroristes soutenues par l’Iran et qui doivent maintenant répondre d’accusations devant un tribunal fédéral.

Je pense donc que tous les trois ont à la fois la capacité et l’intention, et la question clé devient alors la suivante : que faisons-nous à ce sujet ? Et je pense qu’il existe une gamme d’outils utiles contre ces trois types de menaces. Il faut interrompre le flux d’argent vers ces organisations. C’est pourquoi nous désignons des particuliers, des facilitateurs et des pourvoyeurs de fonds. Il faut être en mesure de faire obstacle aux déplacements des terroristes. C’est pourquoi nous recueillons par exemple des données biométriques à la frontière, nous échangeons des informations sur des terroristes connus et présumés, nous analysons les données des réservations des compagnies aériennes pour identifier des menaces jusqu’alors inconnues. Et il faut aussi se servir des outils d’application de la loi pour intenter des poursuites, enquêter et, une fois les terroristes présumés reconnus coupables, les incarcérer.

M. PALLADINO : Je voudrais remercier maintenant l’ambassadeur Sales, chargé de la coordination de la lutte contre le terrorisme au département d’État, pour nous avoir donné cette opportunité aujourd’hui. Cet appel est maintenant terminé. Il a été enregistré. Et l’embargo est maintenant levé pour l’appel, son contenu et les rapports eux-mêmes. Merci à tous de vous être joints à nous aujourd’hui. Au revoir.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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