rss

Allocution à l’occasion du débat ouvert du Conseil de sécurité de l’ONU sur la paix et la sécurité en Afrique : le renforcement des opérations de maintien de la paix en Afrique

Facebooktwittergoogle_plusmail
English English

Mission des États-Unis auprès des Nations unies
Ambassadeur Jonathan Cohen
Représentant permanent adjoint des États-Unis après des Nations unies
Le 20 novembre 2018

 

 

Merci monsieur le président. Et nous remercions le secrétaire général M. Guterres et le commissaire Chergui pour leurs exposés.

Je voudrais également commencer par dire quelques mots pour rendre tout particulièrement hommage aux Casques bleus des Nations unies malawites et tanzaniens et aux soldats des forces armées congolaises qui ont été tués au Congo la semaine dernière. C’est un rappel important pour nous tous que les décisions prises en cette enceinte ont des conséquences réelles pour les Casques bleus et leurs familles. Nos prières vont aux familles des hommes et des femmes tués la semaine dernière, et aux survivants blessés.

L’efficacité et la responsabilisation des missions de maintien de la paix vis-à-vis des personnes qu’elles servent est une priorité absolue pour les États-Unis. L’Union africaine a été et reste un partenaire solide et nécessaire des Nations unies pour faire progresser les objectifs politiques, sécuritaires, économiques et humanitaires en Afrique. La relation entre ces deux organisations est unique et particulière, et doit le rester.

Monsieur le président, les États-Unis reconnaissent les sacrifices que l’Union africaine et les pays africains qui mettent des troupes à disposition consentent déjà aux opérations de maintien de la paix en Afrique. L’Éthiopie à elle seule a plus de 8 000 soldats affectés aux opérations de maintien de la paix des Nations unies et plus de 4 000 autres à la mission de l’UA en Somalie. Le Burkina Faso compte plus de 2 000 soldats déployés au service des opérations de maintien de la paix des Nations unies. Le mois dernier, deux de ses soldats ont perdu la vie dans un attentat terroriste au Mali.

La question qui nous est posée aujourd’hui est la suivante : comment pouvons-nous améliorer la relation unique entre les Nations unies et l’Union africaine – non pas pour les organisations elles-mêmes, mais pour aider les peuples d’Afrique à se bâtir un avenir prospère et pacifique C’est une question qui mérite une conversation ciblée, honnête et à long terme. Les membres du Conseil de sécurité ne doivent pas être pressés de prendre des décisions qui créent des précédents sans en examiner soigneusement les conséquences.

Nombre de personnes présentes aujourd’hui ont appelé le Conseil de sécurité à mettre à disposition des contributions obligatoires des Nations unies aux fins du financement prévisible et durable des opérations de maintien de la paix en Afrique. Cette proposition, en particulier, exige que nous nous y attardions pour examiner en quoi cela contribuerait à la paix, à la sécurité et aux droits de l’homme en Afrique.

Monsieur le président, le Conseil de sécurité a officiellement annoncé deux résolutions qui témoignent de son souhait de collaborer avec l’UA afin de mettre en place des structures de financement fiables pour le maintien de la paix. Nous avons également affirmé que la responsabilité première en matière de prévention des conflits incombait aux États et que le Conseil de sécurité était prêt à travailler avec eux pour maintenir la paix.

Ces résolutions – 2320 et 2378 – définissent clairement les conditions auxquelles l’Union africaine doit répondre avant que le Conseil de sécurité ne puisse même envisager d’utiliser les contributions obligatoires de l’ONU pour financer des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine. Entre autres, l’UA doit couvrir au moins 25 % du coût des opérations. Le Conseil de sécurité a demandé une transparence et une responsabilité financières complètes. Et nous exigeons que les troupes de l’UA adhèrent à des normes de performance élevées et fassent preuve d’une conduite et d’une discipline témoignant du respect des droits de l’homme.

Des progrès ont été accomplis et nous en félicitons l’UA. Mais il reste encore beaucoup à faire avant de pouvoir considérer que les conditions énoncées par le Conseil de sécurité sont respectées. Il est trop tôt pour prendre des décisions en ce qui concerne une modification des relations de l’ONU avec l’UA en matière de maintien de la paix alors que celle-ci travaille encore sur ses réformes internes.

Il y a d’autres questions qui amènent les États-Unis à penser que cette mesure reste prématurée. D’importantes questions restent sans réponse en ce qui concerne les modalités de protection de l’autorité du Conseil de sécurité s’agissant de la paix et de la sécurité internationales, dans tout mécanisme futur d’appui aux opérations de maintien de la paix de l’UA à l’aide des contributions statutaires de l’ONU.

Et les membres du Conseil de sécurité doivent avoir le temps de s’assurer qu’ils disposent du soutien politique et législatif total de leurs capitales avant de prendre cet engagement. L’accord de notre Congrès est un impératif pour les États-Unis. Je sais que c’est le cas pour les autres pays et leurs assemblées législatives. Et nous ne pourrons pas soumettre cette question importante et complexe à notre nouveau Congrès avant le Nouvel An, de sorte que nous ne pouvons pas envisager d’aboutir à un consensus sur une nouvelle résolution avant au moins cette date.

Monsieur le président, les États-Unis appellent à une réflexion supplémentaire avant d’engager des fonds de l’ONU dans le cadre d’opérations de maintien de la paix de l’UA. Mais il serait erroné d’interpréter notre prudence comme un manque de soutien à la paix, à la sécurité et aux droits de l’homme sur le continent africain. Les États-Unis sont depuis longtemps et resteront le principal contributeur des Nations unies aux missions de maintien de la paix de cette organisation.

Mais en plus de nos contributions, nous sommes résolus à aider les pays fournisseurs de contingents à préparer leurs troupes en vue de leur déploiement dans le cadre des opérations de maintien de la paix des Nations unies en Afrique. Depuis 2005, nous avons dépensé 1,5 milliard de dollars pour l’aide à la formation de 23 partenaires actifs en Afrique. En 2018, les États-Unis ont participé à la formation de personnel militaire dans des missions de maintien de la paix en Afrique en République centrafricaine, au Mali, au Congo, au Darfour, en Abiyé et au Soudan du Sud.

Monsieur le président, les États-Unis contribuent également à la sécurité en Afrique au moyen de centaines de millions de dollars d’aide à la lutte contre le terrorisme et au maintien de l’ordre. Des millions de femmes et d’enfants bénéficient également de notre aide humanitaire, sanitaire, à l’éducation et au développement.

En quelques mots, les États-Unis sont attachés à la stabilité et à la prospérité futures de l’Afrique. Nous sommes fiers de notre partenariat avec l’UA et les nombreux pays africains fournisseurs de contingents.

En conclusion, nous voyons le débat d’aujourd’hui comme un pas en avant dans notre effort commun pour renforcer le partenariat de l’ONU avec l’UA. Un processus précipité en vue d’une prise de décision en quelques jours qui aurait un effet permanent sur le maintien de la paix compromettrait nos progrès. Continuons au contraire le bon travail accompli par toutes les parties pour rapprocher ces deux organisations, dans le respect de leurs rôles uniques, afin d’aider les peuples de l’Afrique à créer l’avenir pacifique, sûr et prospère qu’ils méritent. Je vous remercie.


Voir le contenu d'origine: https://usun.state.gov/remarks/8776
Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
Mises à jour par courrier électronique
Pour vous abonner aux mises à jour ou pour accéder à vos préférences d'abonné, veuillez saisir vos coordonnées ci-dessous