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Allocation de Mark Green, administrateur de l’Agence des États-Unis pour le développement international à l’occasion du Sommet technique des communautés confessionnelles et du VIH du PEPFAR

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L’Agence des États-Unis pour le développement international – USAID
Bureau des relations avec la presse
Le 27 novembre 2018

 

MONSIEUR L’ADMINISTRATEUR GREEN : C’est un grand plaisir de vous voir tous. Alma, merci pour cette aimable présentation. Madame l’ambassadrice Birx, merci d’accueillir ce formidable sommet. Merci pour le travail extraordinaire que vous faites tous les jours avec l’équipe du PEPFAR. Comme l’a dit Alma, nous sommes fiers de faire partie de votre équipe. Et il s’agit bien d’une équipe, et d’un effort mondial multisectoriel à l’échelle de toute la communauté, et c’est pour nous un grand honneur d’y prendre part.

Beaucoup d’entre nous qui sommes ici cet après-midi ont été je crois séduits par les expériences et les personnes que nous avons rencontrées dans le cadre de ce programme. Pour ma part, à chaque Journée mondiale de lutte contre le sida, je ne peux m’empêcher de me souvenir d’une pauvre dame tanzanienne que j’ai rencontrée il y a de nombreuses années à la périphérie de la ville de Morogoro. Je faisais partie d’une petite équipe qui apportait de la nourriture aux familles touchées par le sida, la pandémie. Je n’oublierai jamais le moment où nous sommes arrivés chez cette dame, c’était une structure précaire. Très franchement, cela ressemblait plus à un hangar de ferme abandonné qu’à un endroit où des êtres humains avaient effectivement vécu. Il n’y avait pas de fenêtre. Seuls quelques rayons de lumière filtraient par des trous dans les murs en tôle ondulée. Le sol était en terre battue. Il y avait quelques trous qui suggéraient qu’il pouvait y avoir eu des chambres à un moment donné.

Je me souviens que nos yeux ont mis quelque temps à s’adapter à l’obscurité. Nous avons alors pu y distinguer notre pauvre hôte. Elle était naturellement un peu mal à l’aise, mais elle nous a tout de même invités chez elle et elle a commencé à se détendre lorsque nous avons ouvert la caisse avec les sacs de céréales que nous avions apportés. Elle a même souri lorsque nous avons salué certains de ses enfants qui entraient et sortaient en courant. Sa respiration était laborieuse et bruyante, mais elle était reconnaissante pour les modestes aliments que nous avions pu apporter. Et elle était si ravie d’avoir de la compagnie qu’elle a pris le temps de nous parler et de nous raconter son histoire.

Il se trouve qu’elle avait été une femme d’affaires accomplie par le passé. Mais son mari était mort du sida, elle avait perdu un de ses enfants et, comme le dirait plus tard le médecin de notre groupe, elle était elle-même au bout. Il était difficile de comprendre son kiswahili du fait de la faiblesse de sa voix et ses difficultés d’élocution, de sorte que nous avons dû avoir recours à un interprète. Mais elle m’a alors dit, elle a dit : « Balozi (ambassadeur), j’ai une question pour vous ». Et j’ai été frappé par son honnêteté et sa sincérité. Elle ne cherchait pas à démontrer quoi que ce soit. Elle ne cherchait pas à produire un effet quelconque, ne cherchait pas la pitié. Elle voulait sincèrement des réponses. Et elle m’a dit : « Avec ce peu d’argent qu’il me reste, devrais-je acheter des manuels scolaires pour mes enfants en bonne santé ou des médicaments pour ceux qui ne le sont pas ? » Comment répondez-vous à une question comme celle-là ? Je n’en ai pas été capable.

Avant le PEPFAR ou le Fonds mondial, le monde n’avait aucun moyen de vaincre ni même de contenir la terrible pandémie du sida. Nous n’avions aucun espoir à offrir à ceux qui en étaient affligés. Les innombrables personnes frappées par cette terrible maladie étaient condamnées aux mêmes choix que cette pauvre mère tanzanienne. L’expression « vivre avec le VIH » n’avait aucun sens. Elle ne voulait rien dire. Cela n’était pas possible.

Mais il y a 15 ans, le monde s’est réveillé. Nous avons assisté à la tragédie humaine qui se jouait dans des communautés partout en Afrique, dans les Caraïbes et dans le monde entier. Nos cœurs étaient brisés. Nous avons mobilisé des niveaux de financement sans précédent. Aussi précieux qu’aient été et que soient les dollars des contribuables, nous savions également que sans argent pour acheter des médicaments, construire des cliniques ou former des travailleurs de la santé, beaucoup des incendies qui embrasaient le monde entier ne pourraient être éteints.

Mais nous savions aussi que l’argent seul ne suffisait pas. Il était impossible de redonner espoir à beaucoup de ces communautés. Nous devions habiliter et lancer ce que le président Bush appelait les armées de la compassion : les communautés de foi, les organisations confessionnelles représentées par beaucoup d’entre vous cet après-midi. Pour renverser la vapeur, nous devions atteindre tous les coins, toutes les communautés, en particulier celles que les institutions gouvernementales avaient oubliées ou laissées pour compte. Pour cela, nous devions susciter l’engagement de personnes qui bénéficiaient de la confiance des populations à risque et de leurs voisins. Nous avions besoin d’elles pour nous aider à lutter contre la stigmatisation, le type de stigmatisation qui accompagnait alors trop souvent un diagnostic de VIH. Nous devions mobiliser des porte-paroles de confiance susceptibles d’encourager les gens à se faire tester et à suivre leur traitement. Il n’y a tout simplement pas de voix plus dignes de confiance que les aînés et les leaders religieux au sein de leurs communautés.

Donc, cette semaine, nous célébrons les progrès historiques réalisés sur la voie d’une mission que l’on disait vouée à l’échec il n’y a pas si longtemps. Et nous célébrons le progrès, pas la victoire. Il reste encore beaucoup, beaucoup de travail à faire. Je dirais que les défis les plus importants restent encore à relever.

À l’USAID, nous disons que notre raison d’être doit être de faire en sorte que nous n’en ayons plus. Notre objectif principal est donc d’aider les pays sur la voie de l’autosuffisance afin qu’ils puissent mieux répondre aux besoins de leurs populations et construire leur propre avenir. Dans la lutte contre le sida, nous nous réinvestissons, dans le cadre du PEPFAR, et avec vous tous, pour donner aux communautés et aux pays les moyens de prendre progressivement en charge leurs propres problèmes de santé. Nous encouragerons les réformes, renforcerons les capacités internes des pays et aiderons à préparer une génération à revendiquer le rôle de leader qui lui revient.

Tout comme il y a 15 ans, c’est en vous tous présents ici cet après-midi et ceux que vous représentez que réside la clé de la réussite. Nous vous demandons donc, comme nous l’avons fait il y a 15 ans, d’unir vos forces aux nôtres. Nous avons besoin d’une nouvelle génération de citoyens qui comprennent le VIH et ses modalités de propagation, qui ne ressentent aucune stigmatisation, mais qui sont motivés et animés par la compassion. Nous avons besoin d’une nouvelle génération de dirigeants qui assument la responsabilité des personnes atteintes et des personnes dans le besoin. La réussite de ce projet est entre vos mains.

J’ai suggéré un peu plus tôt que des personnes que nous avons rencontrées en cours de route nous ont tous conduits ici. Il y a une autre femme africaine que je n’oublierai jamais, une femme ghanéenne du nom de Cynthia. Je ne l’ai rencontrée qu’il y a quelques semaines, à Accra, lors de la visite de la première dame, Melania Trump. Cynthia a été diagnostiquée séropositive en 2008 et a alors été confrontée à une stigmatisation et une discrimination terrible. Les enfants du quartier ne voulaient pas jouer avec ses enfants et elle a même été rejetée par d’autres personnes du dispensaire où elle était soignée. Alors, qui l’aurait blâmée si elle avait renoncé ? Mais elle ne l’a pas fait. Elle a pris part à un programme lancé par l’USAID et le ministère de la Santé du Ghana pour recruter et former des pairs conseillers séropositifs dans le cadre des traitements antirétroviraux. Elle est devenue l’un des modèles d’espoir du programme. Ils sont appelés ainsi parce qu’ils acceptent leur statut sérologique et parce qu’ils sont déterminés à mener une vie prometteuse, une vie au service des autres malgré leur diagnostic. Cynthia a aidé des centaines de personnes séropositives à suivre leur traitement, à apprendre à se soigner pour rester en bonne santé et à préserver la santé de leurs conjoints et de leurs enfants. Elle a montré à ses voisins que le VIH n’était pas une condamnation à mort, à moins que l’on s’y résolve. Cynthia attribue ce qu’elle a accompli à sa formation et à sa foi. Elle est un modèle d’espoir pour tous.

Nous avons fait beaucoup de progrès au cours des 15 dernières années, mais il nous reste encore beaucoup à faire. Un célèbre président américain, Teddy Roosevelt, a déclaré un jour il y a environ 100 ans : « De loin, le plus grand prix que la vie puisse offrir est de faire un travail difficile qui en vaut la peine ». C’est tout à fait juste. C’est pour cela que nous sommes ici. Un travail difficile, très difficile, un travail qui en vaut la peine.

Merci.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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