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Allocution d’ouverture de Tibor Nagy, secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines Dialogue de haut niveau entre États-Unis et Union africaine

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Mission des États-Unis auprès de l’Union africaine
Commission de l’Union africaine, Addis-Abeba
Le 29 novembre 2018

 

Bonjour tout le monde, je suis très heureux d’être ici à Addis ce matin, de me joindre à vous pour cet important dialogue. Je tiens tout particulièrement à remercier le vice-président de la Commission de l’Union africaine, M. Quartey, ainsi que tous les commissaires et responsables de l’Union africaine présents.

Bien qu’il ne soit pas là aujourd’hui, je voudrais remercier également le président de la Commission, M. Faki, pour son leadership dynamique et tourné vers l’avenir.

Aujourd’hui s’ouvre le sixième dialogue annuel de haut niveau entre les États-Unis et l’Union africaine, et le mois de décembre marquera les douze ans d’existence de la Mission des États-Unis auprès de l’Union africaine.

En cette occasion, j’ai l’honneur de m’adresser à des amis qui, comme moi, pensent que l’Afrique est un continent palpitant, doté de tout le talent local possible et capable de se muer en moteur économique mondial.

Pendant trop longtemps, nos prédécesseurs se sont concentrés presque entièrement sur la tâche consistant à contenir les crises sécuritaires et humanitaires, au détriment de l’établissement de plans bien conçus pour stimuler le progrès économique et consolider les acquis démocratiques.

Certes, nous faisons face à d’importants problèmes de sécurité, et devons rester vigilants pour qu’aussi bien les Africains que les Américains soient à l’abri du danger, mais aujourd’hui nous devons également tracer des plans pour un continent plus prospère où les jeunes Africains auront des emplois leur permettant de rester chez eux et contribueront au développement d’un continent qui fera l’envie du monde.

L’Union africaine a un rôle crucial à jouer pour favoriser cet avenir positif pour l’Afrique. Les prochains grands scientifiques, médecins, magnats de l’industrie ou professeurs seront originaires d’un État membre de l’UA.

La collaboration entre États-Unis et Union africaine a posé les fondations d’une Afrique plus forte pour les années à venir. Cela a été possible grâce à un esprit collaboratif et des priorités claires. Nos intérêts communs s’inscrivent autour de quatre piliers, à savoir :

  • Favoriser la croissance économique, le commerce et l’investissement
  • Faire progresser la paix et la sécurité sur tout le continent
  • Promouvoir des institutions démocratiques solides et une bonne gouvernance
  • Favoriser les opportunités et le développement

Le premier pilier, « favoriser la croissance économique, le commerce et l’investissement », est crucial pour la réussite future de l’Afrique. Il est aussi inscrit en tête de la liste de mes priorités. Le fait est que cinq des dix économies ayant la croissance la plus rapide du monde se situent en Afrique. D’ici 2030, un quart de la main-d’œuvre et des consommateurs du monde seront en Afrique.

Un grand bouleversement démographique va se produire d’ici 2050, lorsque la population du continent aura doublé pour dépasser les 2 milliards et que la proportion d’Africains de moins de 25 ans atteindra plus de 75 %.

Comme me l’a dit un jour l’ex-Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, « si les États africains ne créent pas de possibilités pour leurs jeunes, ils seront submergés par eux ».

Nous devons commencer à créer des plateformes solides, dans tous les États membres de l’UA, pour encourager l’investissement étranger qui apportera des emplois et des opportunités à la jeunesse. Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre.

Les États-Unis et l’Afrique ont continué à accroître leurs liens commerciaux. Dans la première moitié de 2017, le commerce des États-Unis avec le continent africain a dépassé les 18 milliards de $, soit une augmentation de 15,6 % par rapport à l’année précédente.

Même si le commerce est en expansion, la continuation de la croissance économique dépendra des marchés intégrés et des politiques qui facilitent le commerce et l’investissement.

Un signe clair de l’engagement de cette administration à soutenir le potentiel économique de l’Afrique est le BUILD Act, signé en octobre par le président Trump. Cette loi créera l’International Development Finance Corporation (IDFC), destinée à doubler la capacité d’investissement des États-Unis, qui atteindra 60 milliards de $. Avec davantage de capital à investir, nous espérons révéler l’esprit d’entreprise de l’Afrique.

Par ailleurs, les avancées réalisées grâce à l’Accord africain de libre-échange continental vont bouleverser le regard que portent les partenaires commerciaux de l’Afrique sur le continent. Nous soutenons l’accord de libre-échange et sommes impatients de débattre de la façon dont les liens commerciaux bilatéraux et régionaux peuvent faire avancer cet effort.

Personnellement, j’aimerais voir les États-Unis mettre en place un accord de libre-échange avec une nation africaine, qui viendrait en complément de l’accord continental africain.

Et maintenant, passons au deuxième pilier – faire progresser la paix et la sécurité sur tout le continent. Ce pilier est essentiel à notre capacité à appuyer les opportunités et la croissance, au bénéfice de tous les Africains.

Les États-Unis travaillent sur tous les aspects de l’architecture africaine de paix et de sécurité, y compris la sécurité maritime et frontalière ainsi que la lutte contre le trafic d’armes, de stupéfiants et de faune sauvage.

Nous savons que les États membres de l’UA montrent la voie puisque 60 % des soldats de maintien de la paix sur le continent sont africains.

Les États-Unis aident à former et équiper les Casques bleus issus de plus de 20 pays africains.

Les défis transnationaux que sont le terrorisme et l’extrémisme exigent également des approches déterminées à l’échelle régionale.

L’UA et les États membres ont effectué de réelles avancées lors des opérations de stabilisation.

Nous soutenons la Mission de l’UA en Somalie, la Force conjointe G5 Sahel ainsi que la Force multinationale mixte, et lançons un appel en faveur de la pleine dotation du Fonds pour la paix de l’Union africaine.

Les États-Unis et l’UA ont clos récemment leur deuxième Semaine annuelle de lutte contre l’extrémisme violent (CVE). La Semaine CVE a rassemblé une soixantaine de professionnels de la lutte contre l’extrémisme violent venus de plus de vingt pays afin de collaborer, mettre leurs meilleures pratiques en commun et nouer des partenariats puissants. La Semaine CVE fait elle-même partie d’un programme d’échanges innovant conçu par la Mission des États-Unis auprès de l’Union africaine, qui a envoyé aux États-Unis 19 experts de la lutte contre l’extrémisme violent issus de toute l’Afrique – dont 5 de l’UA et des organes régionaux – pour un programme de 10 jours en juillet 2018.

En réunissant d’anciens participants des initiatives CVE parrainées par les États-Unis et l’UA, la semaine CVE a tissé un formidable réseau transcontinental de personnes et d’organisations partageant la même vision et déterminées à vaincre notre fléau commun, l’extrémisme violent.

Notre troisième pilier met l’accent sur les institutions démocratiques fortes et la bonne gouvernance qui sont essentielles à la stabilité et à un climat d’investissement sain.

Nous nous réjouissons du soutien continu de la Commission de l’UA en faveur d’élections libres et équitables, du renforcement des institutions démocratiques et de la promotion des droits humains, autant d’objectifs qui sous-tendent l’implication des États-Unis auprès de l’UA sur ce pilier essentiel.

Enfin nous voilà au quatrième pilier – l’opportunité et le développement, y compris l’accent que nous mettons sur la sécurité sanitaire. Les États-Unis et la Commission de l’UA ont collaboré sur plusieurs initiatives visant à relever des défis clés de l’Afrique, aussi bien socio-économiques que relatifs au développement.

Un exemple éloquent est l’établissement des Centres de contrôle des maladies en Afrique.

Nous avons également des accords de partenariat sur la jeunesse et le développement d’une main-d’œuvre inclusive, sur la réduction de la mortalité maternelle et infantile et sur l’autonomisation des femmes et l’égalité des sexes, y compris via l’implication des femmes dans les initiatives de paix et de sécurité.

L’autonomisation des femmes est d’ailleurs essentielle pour favoriser à la fois la prospérité économique et l’égalité des sexes. Le 25 novembre – Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes – marquait le démarrage officiel des 16 jours d’action contre la violence liée au genre.

Il est donc approprié que je fasse au passage l’éloge du président Faki et de la Commission de l’Union africaine, qui ont mis en place un comité de haut niveau pour enquêter comme il se doit sur les allégations de harcèlement sexuel contre des femmes employées à l’UA.

L’UA, qui a résolu d’appliquer sa politique de zéro tolérance en enquêtant sur les plaintes et mis en place une politique exhaustive sur le harcèlement sexuel qui protège les victimes et punit les auteurs, montre ainsi l’exemple à toute l’Afrique.

Les États-Unis se sont engagés à favoriser l’égalité des sexes et faire progresser le statut des femmes et filles du monde entier.

Que ce soit à travers le programme PEPFAR ou Power Africa, grâce à la loi AGOA, au programme Feed the Future en passant par la Young African Leaders Initiative, les États-Unis se tiennent aux côtés des nations africaines pour améliorer les moyens de subsistance, allonger l’espérance de vie, ouvrir leurs marchés aux exportations africaines, promouvoir la démocratie et les droits humains et donner à l’Afrique une meilleure place dans le monde.

D’après un vieil adage africain, « Si vous voulez aller vite, partez seuls. Si voulez aller loin, partez ensemble. » Avec nos partenaires africains, nous prévoyons d’aller loin.

Je vous remercie tous d’être présents aujourd’hui et de vous engager en faveur de la prospérité et de la paix en Afrique. Que Dieu vous bénisse, vous et vos familles.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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