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En direct du département d’État avec Madame l’ambassadrice Deborah L. Birx, coordonnatrice des États-Unis pour la lutte contre le VIH/sida et représentante spéciale pour les questions de santé mondiale

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Département d’État des États-Unis
2018/11/29

 

HÔTE : Bienvenue à LiveAtState, la plateforme virtuelle et interactive du département d’État pour les points de presse. Je suis ravi d’accueillir des participants du monde entier qui se joignent à nous aujourd’hui. Aujourd’hui, vous vous entretiendrez avec madame l’ambassadrice Deborah Birx, coordinatrice des Etats-Unis pour la lutte contre le VIH/sida et représentante spéciale pour les questions de santé mondiale. L’ambassadrice est médecin et ancien colonel de l’armée, et fait partie des intervenants du gouvernement des États-Unis les plus actifs dans le domaine de la lutte contre le sida depuis plusieurs dizaines d’années. C’est avec plaisir qu’elle répondra à vos questions aujourd’hui sur les résultats du programme PEPFAR pour 2018 et sur le Sommet PEPFAR qui vient de se terminer cette semaine au département d’État.

Avant de laisser la parole à l’ambassadrice Birx pour son allocution liminaire, je voudrais aborder quelques points d’ordre pratique. Vous pouvez commencer à soumettre vos questions dès maintenant dans la case en haut à droite de votre écran qui dit : « Saisissez votre question ». Si vous voyez une question à laquelle vous voudriez aussi une réponse, vous pouvez voter en faveur de celle-ci en cliquant sur le bouton « J’aime » à droite. Nous essaierons de répondre à autant de questions que possible, mais le temps dont nous disposons est limité. Vous pouvez donc indiquer votre intérêt pour les questions que vous aimeriez nous voir couvrir davantage en votant pour celles-ci. Si vous avez des difficultés à soumettre vos questions, vous pouvez toujours nous les envoyer par courrier électronique à l’adresse [email protected] Enfin, si vous ne vous êtes pas inscrit par le lien Eventbrite mais souhaitez tout de même voir les fichiers audio et vidéo du point de presse d’aujourd’hui, veuillez envoyer un courrier électronique à [email protected]

Et là-dessus, commençons. Madame l’ambassadrice Birx, merci beaucoup de votre présence aujourd’hui et je vous passe la parole pour l’allocution d’ouverture.

MADAME L’AMBASSADRICE BIRX : Formidable. Bonjour à tous. C’est merveilleux d’être avec vous tous en provenance du monde entier. Ce samedi, nous célébrerons le 30e anniversaire de la première Journée mondiale de lutte contre le sida, et cette année marque le 15e anniversaire de l’élaboration du Plan présidentiel d’aide d’urgence à la lutte contre le sida, mieux connu sous l’acronyme PEPFAR. Il y a quinze ans, avant le lancement du PEPFAR, le VIH était sur le point d’éliminer une génération entière dans de nombreux pays du monde. Puis, en 2003, le président Bush a lancé le PEPFAR dans son discours sur l’état de l’Union, et suscité un déferlement de nouvelles initiatives dans le cadre de la lutte contre cette maladie dévastatrice.

Depuis lors, sous trois présidents américains – le président Bush, le président Obama et le président Donald Trump – et huit congrès des États-Unis, le gouvernement du pays a investi plus de 80 milliards de dollars dans la riposte mondiale au VIH, l’engagement le plus important jamais pris par aucun pays pour faire face à cette maladie. Par le biais du PEPFAR, cet investissement a permis de sauver 17 millions de vies, de prévenir des millions de nouvelles infections au VIH et de transformer la riposte mondiale face à cette maladie. Pendant tout le temps que nous – avons aujourd’hui – merci – et nous pouvons passer aux questions.

HÔTE : Merci Madame l’ambassadrice Birx. Merci pour votre allocution d’ouverture. Et là-dessus, nous avons déjà quelques questions en attente posées par nos journalistes du monde entier, et nous allons passer à notre première question en provenance d’Haïti. La journaliste Violine Thelusma, de Pasroadeh Social Media, demande : Quelles sont les dernières avancées médicales en matière de traitement du sida en 2018 ?

MADAME L’AMBASSADRICE BIRX : Eh bien, c’est une excellente question et je vous en remercie. Nous avons un nouveau médicament et je veux simplement faire un commentaire sur les dernières évolutions en ce qui concerne les médicaments disponibles. Vous savez que nous avons des innovateurs dans le secteur pharmaceutique qui ont transféré ces médicaments novateurs, ces médicaments essentiels, aux fabricants de médicaments génériques et leur ont permis de les fabriquer pour les pays à ressources limitées, alors même qu’ils sont toujours protégés par des brevets dans de nombreux pays développés. Une de ces nouvelles combinaisons de médicaments et tous nos médicaments anti-VIH efficaces se présentent sous la forme d’un cocktail.

Nous avons un nouveau cocktail appelé TLD. Il comprend un nouveau médicament extrêmement efficace et nous travaillons résolument avec les gouvernements et les communautés du monde entier en vue de sa diffusion. Cette nouvelle combinaison de médicaments a beaucoup moins d’effets secondaires et est beaucoup moins susceptible de permettre de développer une résistance au virus. Et nous savons aujourd’hui que si vous prenez ce médicament, non seulement vous porterez-vous mieux, mais vous éviterez d’infecter d’autres personnes car vous ne pouvez pas transmettre le virus lorsque votre charge virale est indétectable.

HÔTE : Je vous remercie. Notre question suivante nous vient d’Elvis Chang, de New Tang Dynasty, Asia Pacific TV à Taiwan. Il demande : que pensez-vous de l’expérience de manipulation génétique des ‘scientifiques’ chinois sur des bébés pour lutter contre le sida?

MADAME L’AMBASSADRICE BIRX : Nous aimerions vraiment que tous les généticiens travaillent avec nous pour créer un virus ou un virus qui puisse être contrôlé de manière plus directe pour trouver un moyen de guérir le VIH. Ainsi, aujourd’hui, avec nos 37 millions de personnes infectées par le VIH, nous ne pouvons pas éliminer ou éradiquer le VIH tant que le VIH n’est pas réellement guéri. Et donc, ces 37 millions de personnes attendent un traitement, un traitement contre le VIH afin que tout le monde puisse parler d’éliminer et d’éradiquer le VIH. Si nous avions un vaccin et un traitement aujourd’hui, nous pourrions parler d’élimination, d’éradication, plutôt que de simplement de contrôle du virus.

HÔTE : Je vous remercie. Notre prochaine question vient d’une journaliste qui se trouve dans un groupe d’écoute à notre ambassade en Zambie : le président Trump a souligné la nécessité pour les pays africains de mobiliser leurs propres ressources pour financer leurs propres programmes de développement, y compris en matière de santé. La position du président et la politique de l’Amérique d’abord compromettent-elles les financements à destination de la Zambie et d’autres pays en développement ?

MADAME L’AMBASSADRICE BIRX : Je pense que vous avez parfaitement conscience de tout le soutien du président Trump au PEPFAR. Dès sa prise de fonctions, il a travaillé sur la Journée mondiale de lutte contre le sida et il a répondu présent à chaque fois que nous avons demandé à la Maison-Blanche de participer à nos événements et de prêter assistance au PEPFAR. C’est pour cela que j’ai dit en commençant qu’il a bénéficié du soutien de trois présidents. Ce n’est pas souvent qu’un programme est lancé par un président républicain, soutenu par un président démocrate et maintenant par un autre président républicain, et par huit congrès dont la majorité a changé à plusieurs reprises aux États-Unis. Ce soutien bipartite qui transcende les partis est vraiment unique en ce qui concerne le PEPFAR.

Je crois toutefois aussi que le président Trump a très clairement indiqué que son objectif était de faire en sorte que le programme devienne de plus en plus efficace et efficient chaque année pour bien montrer que l’aide étrangère peut avoir un impact et des résultats sans augmentation constante des ressources. Et simultanément, nous avons vu des pays accroître leurs investissements de manière considérable.

À l’heure actuelle, la Namibie, le Botswana, l’Afrique du Sud, l’Eswatini, l’Ukraine et le Vietnam – des partenaires essentiels pour nous dans cette lutte – financent en réalité 70 à 80 % de leur réponse. La Zambie finance un grand nombre des prestataires de soins de santé, de nombreuses installations, et il reste encore beaucoup à faire en termes d’investissements pour contrôler effectivement cette épidémie. La Zambie se rapproche tous les jours de cet objectif, mais elle pourrait en fait parvenir à endiguer l’épidémie si nous faisions preuve d’unité au sein de nos communautés et au sein de notre gouvernement, pour faire en sorte que tout le monde ait connaissance de son statut sérologique, que chacun sache comment éviter d’être infecté par le VIH, et que toutes les personnes infectées soient aujourd’hui sous traitement.

HÔTE : À propos de la « connaissance de son statut », la question suivante nous vient du Kenya, de Kevin Kelley, de Nation Media Group. Le PEPFAR travaille-t-il dans la même direction que l’OMS sur son thème « Connaissez votre statut » en cette Journée mondiale de lutte contre le sida ? Plus particulièrement, le PEPFAR intensifie-t-il ses activités de promotion du dépistage du VIH dans ses principaux pays cibles? Je m’intéresse ici aux efforts déployés en Afrique de l’Est – Kenya, Ouganda, Tanzanie.

MADAME L’AMBASSADRICE BIRX : Merci pour cette question. C’est une question très intéressante et compliquée. L’année dernière, nous avons testé près de 95 millions de personnes, dont la plupart en Afrique subsaharienne. L’année précédente, nous avions testé 85 millions de personnes. L’année précédente, 75 millions de personnes. Vous voyez donc qu’en quelques années, nous avons testé plus de 200 millions de personnes, principalement en Afrique subsaharienne.

Ce que nous cherchons à faire aujourd’hui, c’est faire en sorte que les gens les plus exposés au risque de contracter le VIH se soumettent au test de dépistage, et c’est à ce niveau-là que les communautés peuvent vraiment nous aider. Nous savons que 50 % des hommes de 15 à 35 ans échappent actuellement à ces activités de dépistage. Cela signifie que 50 % des hommes séropositifs qui doivent prendre des médicaments qui pourraient leur sauver la vie n’ont pas connaissance de leur statut sérologique, et que la maladie se déclare souvent très tard avec la tuberculose. Il nous faut donc travailler en partenariat pour savoir comment nous adresser aux hommes qui se croient en bonne santé. Parce qu’il ne faut pas oublier que pendant les 10 premières années de l’infection par le VIH, ou entre 8 et 10 ans, on ne sait pas que l’on est infecté par le virus, parce que l’on se sent bien. Nous voulons donc le savoir : votre corps subit les ravages de ce virus et votre système immunitaire est en cours de destruction.
Nous voulons donc trouver un moyen de toucher les hommes, en particulier les hommes âgés de 15 à 35 ans, pour qu’ils se manifestent vraiment et se fassent tester. Parce que nous savons que parmi les 95 millions de personnes que nous avons testées l’année dernière, beaucoup d’entre elles étaient inquiètes – des personnes qui ne courent aucun risque de contracter le VIH mais qui sont préoccupées par le VIH. Nous devons toucher les personnes qui se perçoivent comme ne risquant pas de contracter le VIH, qui s’estiment sans doute en bonne santé et vigoureuses, et faire en sorte qu’elles se soumettent aujourd’hui au test de dépistage du VIH afin que nous puissions les traiter avant qu’elles ne subissent les effets dévastateurs de la défaillance de leur système immunitaire.

HÔTE : Je vous remercie. L’une des tendances qui se dessine dans les économies nouvelles et émergentes est celle des travailleurs étrangers qui viennent y travailler et une fois sur place ont recours à des rapports sexuels tarifés, non protégés, ou ont plusieurs partenaires, ce qui favorise ensuite la transmission du VIH. Que proposeriez-vous de faire face à cette tendance ? A-t-on adopté une approche particulière face à cette situation ?

MADAME L’AMBASSADRICE BIRX : On observe deux choses et nous sommes vraiment ravis que des pays aient proposé des solutions innovantes. Aujourd’hui au Lesotho, à la frontière que traversent fréquemment beaucoup d’hommes et de mineurs, on a mis au point un système dans lequel, avant de traverser la frontière pour aller travailler, si l’on est séropositif, on vous remet une dose de six mois de ce médicament dont l’on a besoin pour sa propre santé, que l’on emporte avec soi de sorte que l’on n’a pas besoin de revenir au Lesotho pour obtenir des médicaments supplémentaires.

Également, si l’on sait que les hommes courent un risque important, comme on vient de le décrire dans cette question – et rappelez-vous de ce que j’ai dit à la dernière question, qu’il faut vraiment connaître son état sérologique ? Pour les hommes qui vivent dans des environnements à haut risque et qui sont séronégatifs, nous avons un médicament appelé PrEP, prophylaxie pré-exposition, qu’ils pourraient prendre chaque jour pour les empêcher de contracter le virus.

L’autre aspect concerne les hommes ou d’autres personnes qui se déplacent : si vous êtes circoncis, nous savons que votre risque est réduit de près de 65 % pour la vie. Il existe donc de réelles options pour les hommes qui craignent d’être exposés ou qui craignent de se retrouver dans des environnements à haut risque, mais, pour cela, il est essentiel de connaître leur statut.

HÔTE : Je suis content que vous ayez mentionné la PrEP. Cela a eu un impact spectaculaire sur les taux de transmission du VIH. Notre question suivante vient d’Antonia Laborde d’El Pais. C’est la suivante : misez-vous sur le TLD ou la PrEP ? Récemment, le groupe de travail américain sur les services de prévention a élevé la catégorie de la PrEP au niveau « A ». Quand estime-t-on que les assureurs distribueront les comprimés gratuitement aux patients ?

MADAME L’AMBASSADRICE BIRX : Eh bien, cela se passe dans certaines régions aujourd’hui. Je pourrais vous dire que dans l’ensemble du PEPFAR, les gens peuvent obtenir gratuitement la PrEP. Maintenant, il y a un coût dans la mesure où vous devez vous rendre dans une clinique ou dans une unité mobile pour vous faire tester. Donc – et nous revenons sans cesse au fait qu’il faut se faire tester, car c’est la condition d’accès aux activités de prévention indispensables pour rester séronégatif, et c’est votre condition d’accès, si vous êtes positif, à une vie saine.

Donc, en résumé, c’est vraiment la question principale. La PrEP est gratuite dans de nombreux endroits où nous travaillons. Le problème, c’est que les personnes qui sont vraiment à risque de contracter le VIH ne se présentent pas aux opérations de dépistage. Et donc, si elles se présentent et se font tester, et si elles sont identifiées comme à risque, elles peuvent bénéficier gratuitement de la PrEP.

HÔTE : Notre question suivante nous vient de Mohamed Ataya de Masrawy.com en Égypte. Il veut en savoir plus sur le virus et sur sa propagation dans des zones de conflit comme la Syrie et le Yémen. Y a-t-il des actions spécifiques engagées pour prévenir la propagation du VIH ou traiter les personnes infectées dans les zones de conflit ?

MADAME L’AMBASSADRICE BIRX : Partout où il existe un programme pour les réfugiés, il est possible de tester et de traiter les participants à ces programmes, ce qui est très important pour nous. Lorsqu’il y a des problèmes au Soudan du Sud, comme c’est le cas aujourd’hui, nous veillons à ce que des tests et des traitements soient disponibles en Ouganda – dans le nord de l’Ouganda. Et je pense que c’est vraiment essentiel, encore une fois, que les gens aient connaissance de leur état sérologique et qu’ils prennent des médicaments. S’ils en prennent, qu’ils s’en munissent lors de leurs déplacements, mais aussi dans les zones où il est possible de se faire tester et de se faire traiter. Et donc je pense que c’est très important.

Traditionnellement, les zones de conflit ont un taux de VIH beaucoup plus bas en général, mais cela – et donc je veux juste – je ne veux pas faire – je tiens à préciser que nous ne devrions pas stigmatiser les réfugiés et autres personnes qui fuient la violence. Ils ne sont pas particulièrement exposés au risque de propagation du virus. C’est souvent après leur arrivée dans ces pays de refuge qu’il y a eu des expositions. Nous sommes donc très attentifs maintenant à garantir l’accès aux tests et aux médicaments.

HÔTE : Kevin Kelley, du Nation Media Group au Kenya, demande : Même si le PEPFAR a fait d’énormes progrès dans la lutte contre le VIH/sida, les efforts des États-Unis ne seraient-ils pas encore plus efficaces s’ils étaient associés au travail de l’ONUSIDA ? Pourquoi les États-Unis devraient-ils lancer un programme national séparé ?

MADAME L’AMBASSADRICE BIRX : C’est une excellente question, mais elle témoigne vraiment d’un malentendu en quelque sorte. Nous travaillons en étroit partenariat avec l’ONUSIDA. Si vous regardez les rapports de l’ONUSIDA, si vous regardez leurs stratégies accélérées auxquelles les pays ont souscrit, il s’agit du 90-90-90, c’est la stratégie utilisée par le PEPFAR. Ainsi, l’ONUSIDA, en collaboration avec des pays, en particulier le Kenya, élabore une stratégie qui sera suivie par le PEPFAR. Nous apportons donc des ressources aux stratégies menées par les pays afin de veiller à leur bonne mise en œuvre. C’est donc notre rôle.

L’ONUSIDA collabore avec les pays pour élaborer des stratégies et définir des moyens d’obtenir de meilleurs résultats et un impact plus important, par exemple le 90-90-90, par le biais de l’intensification des activités de prévention par exemple, puis nous nous servons de ce document pour nous assurer que nous sommes parfaitement synchronisés. En fait, Michel Sidibe est arrivé ici hier pour participer à un événement aujourd’hui. Je vous dirai donc que les activités de l’ONUSIDA et du PEPFAR sont en harmonie complète.

HÔTE : Notre question suivante vient d’un autre groupe: le gouvernement américain a-t-il envisagé d’apporter un soutien technique ou financier à des chercheurs non conventionnels en Zambie qui prétendent avoir mis au point un traitement du VIH/sida à partir de plantes médicinales? Le PEPFAR soutient-il ce type de recherches ?

MADAME L’AMBASSADRICE BIRX : Eh bien le gouvernement des États-Unis a soutenu la recherche pour toutes les interventions crédibles et où cela se produit-il ? Cela intervient par l’intermédiaire de nos Instituts nationaux de la santé, qui étudient différentes plantes médicinales – pour tester réellement en laboratoire leur effet contre le virus et pour voir si elles sont fonctionnelles. Il existe donc une unité spéciale aux NIH qui examine spécifiquement chacun des remèdes de ce type et vérifie s’ils fonctionnent réellement ou non.

Donc c’est vraiment très important. Donc, si la Zambie ou tout autre pays dispose d’une combinaison qui, à son avis, est efficace, il est très important qu’elle soit testée dans des conditions très rigoureuses, comme tous nos médicaments le sont actuellement. Nous voulons nous assurer que, avant que quelque chose soit disponible pour quiconque, cette solution soit aussi bonne que ce dont nous disposons aujourd’hui, je demanderais donc à ce qu’elle soit remise au NIH à des fins d’étude.

HÔTE : Un des problèmes que l’on rencontre avec les traitements, c’est que de nombreux hommes ne se rendent pas dans une clinique avant de se sentir malade. Comment le PEPFAR y fait-il face ?

MADAME L’AMBASSADRICE BIRX : C’est vraiment notre plus gros obstacle en ce moment. Comme vous le savez, dans chaque pays, il existe une politique de dépistage chez les femmes enceintes. Donc, si vous regardez – et nous avons réalisé des enquêtes dans toute l’Afrique subsaharienne, dans 13 de ces pays, nous savons donc très bien combien d’hommes ne connaissent pas leur statut sérologique et ne sont pas sous traitement. Nous avons donc parlé des hommes qui se rendent tard dans les cliniques. Il faut donc aller les chercher dans la communauté pour vraiment déterminer le nombre de personnes qui ne sont pas prises en charge. C’est pour cette raison que je peux vous dire clairement que nous ne touchons pas 50 % des hommes et que nous – et que des hommes se présentent avec une numération de cellules que l’on appelle CD4 beaucoup plus faible, ce qui montre bien à quel point leur système immunitaire est détérioré.

C’est pourquoi nous avons lancé ce que nous appelons MenStar. Il s’agit d’un partenariat public-privé et qu’est-ce que cela signifie ? Nous nous appuyons sur les meilleures ressources du secteur privé pour communiquer avec les hommes dans les communautés et comprendre ce qu’ils veulent précisément pour pouvoir se rendre dans un établissement de santé, afin de pouvoir – et nous avons pensé pendant de nombreuses années que les hommes étaient en réalité indifférents à la connaissance de leur diagnostic. Mais ce que nous réalisons maintenant, c’est que les hommes sont réellement préoccupés par le VIH et ont peur de se rendre au dispensaire et d’y apprendre s’ils sont séropositifs ou non.

Et nous disons aujourd’hui à ces hommes dans toute l’Afrique subsaharienne et partout où nous travaillons, si vous venez aujourd’hui, vous serez reçu dans ce que nous appelons une clinique adaptée à l’accueil des hommes. Vous verrez d’autres infirmiers, des hommes médecins. On y respecte les normes de confidentialité les plus strictes. Nous voulons nous assurer que vous êtes en bonne santé et que vous vous portez bien, et nous savons que pour cela, il est indispensable que vous connaissiez votre statut et suiviez un traitement. Nous pensons donc que MenStar offre des perspectives très encourageantes. Nous sommes ravis de ce nouveau partenariat public-privé.

Nous avons un autre partenariat public-privé appelé DREAMS, qui est vraiment axé sur la prévention des infections chez les jeunes femmes. Nous avons publié cette semaine notre rapport qui indique que dans les 15 pays où nous travaillons et dans les districts – dans les 10 pays, les 63 districts – 85 % de ces districts continuent de connaître une baisse de l’incidence chez les jeunes femmes grâce au travail accompli sur le terrain dans le cadre de DREAMS – Determined, Resilient, Empowered, AIDS-free, Mentored and Safe Young Women (des jeunes femmes déterminées, résilientes, autonomes, séronégatives, encadrées et en sécurité).

Ainsi, ces partenariats public-privé, dans lesquels nous exploitons réellement l’intelligence et les idées du secteur privé, ont véritablement été la clé de notre succès, et nous espérons qu’ils apporteront leurs réflexions et leurs points de vue uniques – comme ils l’ont fait pour DREAMS pour prévenir les infections chez les jeunes femmes de 15 à 24 ans – que leurs contributions nous permettront de la même manière de savoir comment atteindre les hommes et les inciter à se rendre dans les dispensaires.

HÔTE : Vous avez parlé un peu de DREAMS, et trois nouvelles infections par le VIH sur quatre en Afrique subsaharienne concernent des femmes de 15 à 19 ans. Nous avons parlé de ce que le PEPFAR fait pour inciter les hommes à se rendre dans les dispensaires. Pouvez-vous parler un peu plus de ce que fait le PEPFAR pour amener les femmes vulnérables dans les cliniques ?

MADAME L’AMBASSADRICE BIRX : Donc, le partenariat DREAMS, qui est un partenariat avec ViiV et Gilead, Johnson & Johnson, Gates et Girl Effect, a vraiment été un partenariat extraordinaire, parce qu’il a commencé sous la forme d’une planification à la base. Et mettre l’adolescente au cœur du programme et vraiment l’écouter et créer des programmes axés autour d’elle, de la communauté et des familles pour aider les jeunes filles et faire en sorte qu’elles ne soient pas infectées par le VIH. C’est une série d’interventions qui seules ont montré des résultats prometteurs, et nous les avons réunies pour vraiment centrer ces interventions globales autour de ces jeunes femmes.

Et ce qui est passionnant, c’est que pour la première fois, nous disposons d’une telle base de données : lorsque vous faites de la jeune femme le centre de vos préoccupations, lorsque vous faites en sorte qu’elle reste scolarisée, lorsque vous empêchez le viol dans ces communautés, lorsque les familles et les communautés veillent à ce que les jeunes femmes soient valorisées et protégées, vous pouvez réduire de manière spectaculaire les taux d’infection par le VIH. Tout cela a été mis en lumière au cours des trois dernières années.

Donc, cela montre vraiment le pouvoir des communautés – et nous faisons appel aux meilleurs cerveaux du secteur privé, avec les ressources correspondantes, vraiment, à la générosité du peuple américain. Et je tiens simplement à ce que l’on n’oublie pas dans le monde entier que le PEPFAR existe aujourd’hui grâce aux contribuables de l’Amérique profonde, des États côtiers, qui font don de l’argent qu’ils ont gagné à la sueur de leur front pour que les populations du monde entier qui n’ont pas le même accès à ces ressources puissent vraiment rester séronégatives ou avoir une bonne qualité de vie avec le VIH grâce à des médicaments et à un traitement de suppression de leur charge virale. Donc, c’est vraiment – je veux juste vraiment toujours en revenir à remercier le peuple américain.

HÔTE : Et est-ce que le PEPFAR se sert de données pour élargir son impact et faire en sorte que les Américains dépensent intelligemment leurs dollars ?

MADAME L’AMBASSADRICE BIRX : Eh bien, nous sommes un programme d’aide étrangère quelque peu révolutionnaire. Ainsi, lorsque le PEPFAR a été lancé, il y a 15 ans, le président Bush voulait vraiment dispenser l’aide étrangère d’une manière différente, et il a proposé à la fois le PEPFAR et la Millennium Challenge Corporation. Dès le début, le PEPFAR était uniquement axé sur les résultats et reposait essentiellement sur des données. Nous sommes passés à l’étape suivante, du fait de la responsabilisation exigée par notre gouvernement en matière d’aide étrangère, de sorte que nous devons impérativement comprendre où vont les dollars des contribuables et leur impact.

Donc, si vous allez sur pepfar.gov aujourd’hui, vous trouverez chaque lieu où nous travaillons représenté sur notre site Web, avec des informations précises sur les résultats correspondants. Et cela nous a permis de responsabiliser les gouvernements, les communautés et les partenaires en ce qui concerne les ressources qu’ils reçoivent, afin de s’assurer que ces ressources produisent réellement l’impact et les résultats escomptés. Et j’ai parlé de ces enquêtes. Ces enquêtes constituent une source essentielle de nos données et sont facilitées par le CDC et par ce que nous appelons ICAP et l’Université du Maryland au Nigéria.

Ces enquêtes au niveau communautaire valident les données sur les progrès que nous réalisons grâce à nos installations et au travail communautaire, afin de faire en sorte que nous rendions compte de nos activités chaque jour. Mais la responsabilité est indissociable de la transparence. C’est pourquoi toutes les données de toutes les enquêtes et toutes les données de tous les établissements peuvent être consultées sur notre site Web par les communautés et les gouvernements, ainsi que tout le monde, pour qu’elles puissent être diffusées pour vraiment comprendre ce que nous faisons.

Ce qui est vraiment important – et vous ne feriez jamais cela dans le sport. Alors imaginez si vous aviez une équipe de football et une ligue et que vous disiez : « Oh, cette ligue est à 50 % ». Personne ne dirait cela. Tout le monde sait qui gagne le plus de matches et qui en perd le plus. Et ce que les données nous permettent de voir, ce sont les communautés qui gagnent contre le VIH et les communautés qui perdent contre le virus, plutôt que de céder à la tyrannie des moyennes et faire la moyenne de ces résultats. Ces données nous ont donc permis de déterminer ce qui fonctionne réellement et de l’appliquer à grande échelle, d’identifier les zones dans lesquelles cela ne fonctionne pas et d’y apporter des corrections, afin que chaque communauté dispose des meilleurs services de prévention et de traitement que nous puissions fournir. Les données nous permettent de voir au-delà de nos perceptions les personnes que nous servons et de nous assurer que nous obtenons les résultats dont nous avons besoin.

HÔTE : Et sur le sujet du financement, l’Afrique du Sud est en discussion avec le PEPFAR en ce qui concerne l’obtention d’un financement supplémentaire, qui, je crois comprendre, a abouti. Pouvez-vous nous faire part des détails en ce qui concerne le financement supplémentaire du PEPFAR qui a été affecté à l’Afrique du Sud ? Et cette question vient de Tamar Kahn du Business Day en Afrique du Sud

MADAME L’AMBASSADRICE BIRX : Nous travaillons toujours avec le gouvernement sud-africain dans ce domaine particulier. J’espère qu’une annonce sera effectuée le 2 décembre en ce qui concerne précisément ce que nous, le PEPFAR et notre gouvernement des États-Unis, allons faire dans le cadre d’un véritable partenariat avec le gouvernement de l’Afrique du Sud et les communautés d’Afrique du Sud qui ont été si dévastées par ce virus. Et il y a toujours des communautés où 25 à 30 % de tous les adultes sont séropositifs. C’est la tendance que nous devons inverser aujourd’hui, et c’est pourquoi nous travaillons d’arrache-pied en partenariat avec le gouvernement sud-africain pour offrir un nouvel avenir aux Sud-Africains.

HÔTE : Nous avons des journalistes de deux pays, l’Inde et l’Égypte, qui aimeraient tous deux en savoir plus sur le travail de PEPFAR dans ces pays de manières spécifique, et toute information dont vous pouvez nous faire part en ce qui concerne ces taux d’infection.

MADAME L’AMBASSADRICE BIRX : Eh bien, l’ONUSIDA a publié ces nouvelles données, région par région, et je demanderai à l’Égypte d’examiner avec soin ses données. Vous avez une épidémie de VIH très, très limitée.

En Inde, entre 1,5 et 2 millions de personnes séropositives ont besoin de services, et seulement 50 % environ d’entre elles connaissent leur statut et sont sous traitement, et ont un avenir devant elles. Et rappelez-vous qu’en Inde, il existe une relation entre le VIH et la tuberculose, comme c’est le cas dans le reste du monde. Ainsi, lorsque nous avons parlé du VIH qui affaiblit le système immunitaire, certaines – souvent la première infection que l’on contracte, est la tuberculose et, malheureusement, une forme de tuberculose qui est souvent beaucoup plus résistante aux médicaments que nous utilisons pour la tuberculose.

Nous travaillons donc très étroitement en Inde avec le gouvernement et les communautés indiennes afin de mettre au point une réponse complète et que toutes les personnes exposées au risque de VIH en Inde connaissent leur statut et suivent un traitement. Et je pense que c’est un véritable défi pour nous, mais l’Inde fait vraiment des progrès. Il faut simplement les accélérer et nous tenons à être présents à ses côtés, en partenariat.

HÔTE : Et là-dessus, Madame l’ambassadrice Birx, je voudrais vous remercier de votre participation au programme aujourd’hui, pour le retour inaugural de LiveAtState. C’est la première de ces émissions que nous ayons faite depuis un moment. Et j’espère que cela ne sera pas la dernière. Merci beaucoup de vous être jointe à nous aujourd’hui et de participer au programme. Et si vous souhaitez voir chez vous une transcription ou une vidéo du programme d’aujourd’hui, si vous vous êtes inscrit via Eventbrite, elle vous sera envoyée par courrier électronique. Si vous n’avez pas pu nous fournir votre adresse électronique, envoyez-la à [email protected] state.gov. Et merci beaucoup de vous être joints à nous, en particulier aux participants à nos audiences publiques dans nos ambassades en Afrique, en Zambie par exemple. Merci beaucoup d’avoir participé au programme aujourd’hui et nous espérons vous revoir bientôt.


Voir le contenu d'origine: https://www.state.gov/r/pa/ime/287684.htm
Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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