rss

Allocution du sous-secrétaire d’État John J. Sullivan à l’occasion de la conférence ministérielle sur la lutte contre le terrorisme sur le continent américain

Facebooktwittergoogle_plusmail
English English, العربية العربية, Português Português, Español Español

Département d’État des États-Unis
Le 11 décembre 2018

 
 

M. LE SOUS-SECRÉTAIRE SULLIVAN : Merci beaucoup. Bonjour à tous. Merci, Nathan, de cette aimable présentation. C’est un plaisir pour moi que de vous accueillir tous ici, mesdames, messieurs les ministres, chers collègues et invités, pour cette importante discussion sur la lutte contre le terrorisme sur le continent américain. Je souhaiterais commencer, comme Nathan l’a fait, par vous remercier tous d’être venus, pour la plupart, de très loin pour ce rassemblement à Washington.

Lorsque l’on pense au terrorisme transnational, beaucoup pensent immédiatement aux photos de proches en deuil à la suite d’un attentat de grande envergure à l’encontre de civils qui vivent à l’autre bout du monde ou encore aux drapeaux noirs de Daech hissés dans la dernière poche de résistance du groupe en Syrie. Mais le terrorisme transnational représente une menace immédiate pour nous ici sur le continent américain. Bien que le centre de gravité soit perçu comme étant lointain, des groupes tels que Daech, al-Qaïda, le Hezbollah libanais opèrent là où ils peuvent trouver des recrues, lever des fonds de soutien, opérer sans être repéré et avancer davantage vers leurs objectifs terroristes.

Le maintien en sûreté et en sécurité de nos citoyens exige une vigilance constante et des ressources adéquates. Bien que nos pays se trouvent à des milliers de kilomètres de la Syrie et de l’Iraq, nous savons que de nombreuses tentatives d’attentats ont été recensées, un certain nombre d’entre elle ont été déjouées de peu et malheureusement d’autres ont été exécutées.

Nos armées collaborent dans la lutte contre le terrorisme sur le champ de bataille mais, en tant que sous-secrétaire d’État, je vois tous les jours toutes les administrations publiques américaines et les vôtres contribuer à la lutte contre le terrorisme à l’étranger et au niveau national. Depuis le 11 septembre 2001, s’il est une leçon que nous avons tirée c’est que… une leçon difficile et précieuse est que la seule manière de vaincre ces complots terroristes dépend de la coordination des efforts de nos administrations publiques en charge de la sécurité des frontières, des forces de l’ordre, du renseignement et des finances et de leur collaboration à tous les niveaux.

Toutes vos délégations sont venues ici aujourd’hui parce qu’elles reconnaissent, tout comme nous, que les menaces terroristes internationales évoluent tous les jours, que nos pouvoirs publics disposent d’expériences et d’informations vitales à partager entre eux et que la seule manière de lutter contre ces défis sérieux qui persistent consiste à travailler en collaboration. Les groupes terroristes et les personnes radicalisées tirent constamment des enseignements et s’adaptent toujours à la planification d’opérations plus complexes, fluides et décentralisées, ce qui rend leur détection et répression encore plus difficiles. Les terroristes semblent exploiter les lacunes en politiques et en ressources au sein de nos pays et au niveau de nos frontières. Tout manque de coordination entre les administrations publiques au sein d’un État ou entre plusieurs États contribue directement à la capacité qu’ont les terroristes d’exploiter ces failles.

Daech et al-Qaïda diffusent leur vision mondiale haut et fort. Alors même que Daech s’accroche à son dernier bastion en Syrie, l’organisation peut continuer à affirmer une lutte pérenne dans le monde par le biais de ses vidéos et messages publics calibrés avec attention. Par le biais de ces messages, Daech continue à rechercher des femmes et des hommes dans le monde entier qu’ils radicalisent et inspirent à adopter la cause et à agit là où ils le peuvent. Par opposition aux campagnes publiques fortes de Daech, d’autres groupes terroristes sont souvent plus discrets quant à leurs opérations de par le monde. Mais nous ne sommes bernés. Ces organisations restent tout aussi dangereuses et tout aussi proches.

Par exemple, le Hezbollah libanais. Malgré son nom, il opère au sein de bon nombre de nos pays et loin du Moyen-Orient. En 1994, le Hezbollah a fait 95 morts et des centaines de blessés à Buenos Aires lors d’un attentat à l’encontre de l’Association mutuelle israélites d’Argentine, tout juste deux ans après son attentat à l’encontre de l’ambassade israélienne dans le même pays.

Nous sommes reconnaissants du fait que tout autre attentat à cette échelle a été contré mais plusieurs de nos pays font encore face à des complots du Hezbollah de manière régulière. En septembre, le Brésil a arrêté un bailleur de fonds du Hezbollah dans la zone trifrontière à proximité du Paraguay et de l’Argentine. En 2016, le Paraguay a arrêté un autre agent du Hezbollah qui tentait de faire passer 39 kilos de cocaïne en contrebande. Les États-Unis le poursuivent actuellement en justice à Miami.

Le Hezbollah a également ciblé les États-Unis. En juin 2017, le FBI a arrêté deux agents du Hezbollah aux États-Unis, l’un à New York et l’autre dans le Michigan. L’agent de New York surveillait des installations militaires et policières, alors que l’agent basé à Détroit surveillait des cibles américaines et israéliennes au Panama ainsi que le Canal de Panama.

Tous nos pays ont réalisé des progrès de manière à assurer que nos politiques de lutte contre le terrorisme soient plus souples et efficaces pour suivre le rythme de la menace terroriste en croissance constante, en réduisant le nombre de lacunes que les terroristes seraient susceptibles d’exploiter. L’Argentine travaille à la réforme de son code pénal de manière à mieux poursuivre les terroristes. Trinité et Tobago a mis en place un groupe de travail interministériel qui recueille des renseignements sur les terroristes utilisables comme pièces à conviction devant un tribunal.

La politique des États-Unis continue elle aussi de s’améliorer et de s’adapter. En octobre, le président Trump a rendu publique notre nouvelle stratégie en matière de lutte contre le terrorisme, la première nouvelle stratégie nationale de lutte contre le terrorisme depuis 2011. Elle prescrit une approche complète et coordonnée qui vise à utiliser tous les aspects du pouvoir américain à l’encontre des menaces terroristes. Elle modernise et intègre nos outils de lutte contre le terrorisme et met l’accent sur les capacités non militaires.

De par sa conception, la stratégie ne se concentre sur aucune région en particulier. C’est parce que les menaces les plus graves sont de nature transnationale et s’étalent par-delà les frontières partout dans le monde. Elle ne se concentre pas non plus sur un ou deux groupes mais plutôt sur l’éventail complet des menaces terroristes, y compris les groupes soutenus par l’Iran.

Comme le président l’a dit, notre politique pour l’ « Amérique d’abord » en matière de défense n’est pas synonyme de l’Amérique seule. Nous cherchons à continuer à mener la lutte contre les groupes tels que Daech et al-Qaïda et le Hezbollah libanais mais nous demandons également à nos alliés et partenaires de se joindre à nous dans cette lutte et d’en faire davantage.

Notre sûreté dépend de la manière dont nous collaborons sur les questions de sécurité tout en continuons d’améliorer notre propre sécurité. Nous devons tirer des enseignements les uns des autres pour créer des outils et élaborer des politiques, ainsi que pour être plus rapides et plus intelligents que ceux qui nous souhaitent du mal. La protection de nos pays respectifs se traduit par la protection de la région tout entière. Nous devons tous faire ce qui nous incombe et travailler de concert pour défendre nos citoyens, notre pays et les valeurs qui nous sont chères.

Je suis encouragé par le fait que nous soyons déjà en train d’explorer des possibilités de coopération, qu’il s’agisse de pays qui souhaitent devenir membres de la Coalition mondiale contre Daech ou du Groupe régional d’action financière en Amérique latine, de travailler avec l’Organisation des États américains et sa Commission interaméricaine de lutte contre le terrorisme, de l’application de la stratégie de lutte contre le terrorisme de la communauté des caraïbes, ou encore de la satisfaction des obligations du Conseil de sécurité de l’ONU ciblant les combattants terroristes étrangers et les personnes qui financent le terrorisme.

Et certains pays sont allés encore plus loin. L’an dernier, nous avons travaillé avec l’Argentine pour organiser un atelier pour praticiens avec ses voisins du Brésil et du Paraguay de manière à aborder des questions relatives au terrorisme auxquelles la région trifrontière fait face ? Le Brésil, de la même manière, a tenu une formation de la Commission interaméricaine de lutte contre le terrorisme l’an dernier pour faire avancer la discussion sur l’utilisation illégale et terroriste d’Internet.

Cependant, cette lutte contre le terrorisme d’aujourd’hui ne se résume pas aux administrations publiques. Pour lutter de manière efficace contre les menaces terroristes, nous devons prendre en compte la collaboration d’un large éventail de parties prenantes, y compris les leaders de la société civile et des communautés, le secteur privé et les personnalités religieuses. Nous disposons tous de ressources, d’expériences, de relations et de capacités uniques en leur genre qui, si nous nous écoutons les uns les autres, peuvent nous aider à élaborer une politique plus forte, plus innovante et plus durable.

Votre participation à la rencontre d’aujourd’hui renforce le fait que vos pays reconnaissent les grandes menaces qui pèsent aujourd’hui sur nos pays et notre région mais que vous disposez également d’expériences précieuses en matière de lutte contre le terrorisme et de reddition de compte des personnes qui planifient des attentats et des adeptes de ces organisations. J’espère que nous apprendrons les uns des autres quant à ce qui a bien fonctionné et à ce que, selon vous, nécessite davantage de progrès.

Nous avons la possibilité aujourd’hui de faire de la coopération une priorité et de passer outre les délimitations ministérielles et les frontières nationales pour partager de nouvelles idées et de nouvelles manières d’améliorer nos efforts actuels pour être le plus efficace possible. Nous nous réjouissons de tirer des enseignements de vos expériences et de continuer à le faire à l’avenir, de manière à ce que vos pays et notre pays et le continent américain, qui est notre chez nous, deviennent plus sûrs.

Encore merci d’être ici aujourd’hui pour cette discussion. Je me réjouis de la possibilité de parler avec vous tous. Merci. (Applaudissements.)


Voir le contenu d'origine: https://www.state.gov/s/d/2018/288014.htm
Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
Mises à jour par courrier électronique
Pour vous abonner aux mises à jour ou pour accéder à vos préférences d'abonné, veuillez saisir vos coordonnées ci-dessous