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Allocution à la presse

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Département d’État des États-Unis
Secrétaire d’État Michael R. Pompeo
Le 1er février 2019

 
 

M. LE SECRÉTAIRE POMPEO : Bonjour à tous. Au cœur de la politique étrangère du président Trump se trouvent quelques vérités très très simples. La sécurité du peuple américain doit être notre considération la plus importante, les accords que nous concluons doivent servir les intérêts américains et les pays doivent être tenus responsables de toute violation des règles. Pendant des années, la Russie a enfreint les conditions du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire sans aucun remord. À ce jour, la Russie reste en violation substantielle de ses obligations en vertu du traité consistant à ne produire, posséder ou tester en vol de système de missiles de croisière lancés au sol à portée intermédiaire, à savoir d’une portée de 500 à 5 500 kilomètres. Malgré cette violation, depuis près de six ans, les États-Unis ont consenti d’énormes efforts dans le but de préserver cet accord et d’assurer la sécurité de notre peuple, de nos alliés et de nos partenaires. Nous avons soulevé la question de la non-conformité de la Russie auprès de représentants officiels russes, y compris au plus haut niveau du gouvernement, à plus de 30 reprises, cependant, la Russie continue de nier le fait que son système de missiles n’est pas conforme au traité et l’enfreint.

Cette violation par la Russie accroît le danger encouru par des millions d’Européens et d’Américains. Elle a pour but de désavantager les États-Unis sur le plan militaire et elle sape la possibilité que notre relation bilatérale prenne une meilleure tournure. Il nous incombe de réagir de manière adéquate. Lorsqu’un accord est ignoré si effrontément et que notre sécurité est si ouvertement menacée, nous nous devons de réagir. Nous l’avons fait en décembre dernier lorsque les États-Unis, avec le soutien fort de leurs Alliés de l’OTAN, ont formellement déclaré que la Russie était en violation substantielle du traité. J’ai également indiqué au même moment qu’à moins que la Russie ne se remette en conformité pleine et vérifiable sous 60 jours, nous suspendrions nos obligations au titre de ce traité. Nous avons donné à la Russie un créneau amplement suffisant pour qu’elle change de cap et respecte ses engagements. Demain, ce créneau arrive à échéance. La Russie a refusé d’adopter quelque mesure que ce soit pour se remettre en conformité réelle et vérifiable au cours de ces 60 jours.

Les États-Unis suspendront donc leurs obligations au titre du Traité FNI à compter du 2 février. Nous communiquerons à la Russie et aux autres parties un avis formel indiquant que le retrait du Traité FNI par les États-Unis entrera en vigueur dans six mois, conformément à l’Article 15 de ce traité.

La Russie a mis en danger les intérêts sécuritaires des États-Unis et nous ne pouvons plus être restreints par ce traité alors que la Russie l’enfreint de manière éhontée. Si la Russie ne se remet pas en conformité pleine et vérifiable au cours de cette période de six mois en détruisant, de manière vérifiable, ses missiles, lanceurs et équipement connexe non-conformes, le traité prendra fin.

Avant de conclure, je souhaiterais remercier tout spécialement nos Alliés de l’OTAN qui ont été solidaires de notre mission consistant à faire respecter l’état de droit et à protéger notre peuple. Leur solidarité témoigne de la force et de l’unité historiques de l’Alliance de l’OTAN. Leur soutien est une bonne chose pour notre sécurité partagée, pour l’unité transatlantique et pour la paix et la sécurité internationales. Le président Trump vous est reconnaissant de tout ce que vous avez fait.

Les États-Unis espèrent que nous pourrons remettre notre relation avec la Russie sur une meilleure voie mais il incombe désormais à la Russie de changer de cap et de cesser ses activités déstabilisantes à répétition, non seulement sur cette question mais également sur bien d’autres. Les États-Unis sont disposés à dialoguer avec la Russie dans le cadre de négociations sur un contrôle de l’armement vérifiable et applicable susceptible de promouvoir la sécurité des États-Unis et de leurs alliés et partenaires. Elles doivent également inclure tous les partenaires qui doivent tous se conformer à leurs obligations de manière responsable. Alors que nous restons confiants quant à la possibilité d’un changement fondamental de la position de la Russie, les États-Unis continueront à faire de leur mieux pour les Américains et nos alliés.

Je serais maintenant ravi de répondre à quelques questions.

M. PALLADINO: Reuters, Lesley Wroughton.

QUESTION : Merci. Bonjour, M. le secrétaire.

M. LE SECRÉTAIRE POMPEO : Bonjour, Lesley.

QUESTION : M. le secrétaire, un des principaux points qui inquiète tout le monde a trait à ce que cela pourrait, à terme, enclencher une course à l’armement. Que faites-vous pour éviter que cela ne se produise ? Dans quelle mesure êtes-vous préoccupé par la possibilité que la Russie ne se manifeste pas au cours de ces six prochains mois et qu’elle puisse voir cette position comme une menace et qu’elle agisse en fonction ?

M. LE SECRÉTAIRE POMPEO : Eh bien, le risque-même que vous avez identifié existe aujourd’hui ; c’est celui dont nous souffrons actuellement. Les Russes sont en violation de l’accord. C’est-à-dire que leur engagement… cet accord qui existe depuis bien longtemps, les Russes l’enfreignent. C’est-à-dire qu’ils ont commencé à entrer dans… ce risque que vous avez en fait identifié à l’instant. Et vous avez entendu ce que j’ai dit ce matin. Nous allons poursuivre nos conversations avec eux. Nous espérons qu’ils se remettront en conformité. Nous avons eu des conversations à tous les niveaux, à des niveaux élevés, à des niveaux techniques, des conversations sur la nature de ces systèmes. On ne peut se méprendre quant au fait que les Russes ont choisi de ne pas se conformer à ce traité et qu’ils représentent un risque en matière d’augmentation de l’armement, contre laquelle ils s’étaient engagés lors de la signature de ce traité et ils ne s’y sont pas tenus. Et si une seule partie se conforme au traité, on se trouve sur la voie que vous décrivez.

Nous allons continuer à travailler avec les Russes de manière à arriver à un résultat qui nous mène quelque part. Le président Trump veut véritablement disposer d’un accord vérifiable et applicable sur ces systèmes et j’espère que nous pourrons convaincre les Russes qu’il en va également de leur intérêt. Nous sommes convaincus que c’est le cas.

M. PALLADINO : Une autre question. Michael Gordon, pour le Wall Street Journal.

M. LE SECRÉTAIRE POMPEO : Monsieur.

QUESTION : Monsieur, l’administration Trump s’est retirée d’accords qui ne lui plaisaient pas, comme l’Accord sur le nucléaire iranien, et maintenant vous nous faites part de vos intentions relatives au FNI du fait de la violation présumée des Russes, mais la question est de savoir si… Quels nouveaux accords peuvent être négociés pour les remplacer. Les Russes ont indiqué qu’ils étaient disposés à parler d’une nouvelle extension du traité START. Le traité arrive à échéance dans deux ans, ce qui ne laisse pas beaucoup de temps si l’administration souhaite adopter une autre approche. Quand est-ce que les États-Unis seront prêts à parler de l’avenir du contrôle de l’armement stratégique et quelle est votre vision de la manière de procéder pour éliminer ou réduire les armes les plus dangereuses au monde ?

M. LE SECRÉTAIRE POMPEO : Oui, il s’agit de questions d’une importance extrême. Je m’aventurerais à dire que le président Trump a fait du risque de prolifération le premier intérêt de sécurité nationale américaine et nous faisons tout notre possible pour assurer que les risques de prolifération, fortement accrus avec ces systèmes de destruction massive, soient réduits. Cependant, Michael, il ne sert à rien de signer un accord auquel une seule partie se conforme. Le morceau de papier, si l’on ne s’y conforme pas, ne réduit pas le risque, il ne réduit pas la menace. Pour les gens du monde entier : le document du FNI est aujourd’hui enfreint par les Russes. Cet accord-même qu’ils ont accepté. Nous ne les avons pas forcés à le faire, ils ont décidé qu’il était dans leur intérêt de l’accepter. Ils ont désormais décidé qu’il n’était plus dans leur intérêt de s’y conformer.

Nous sommes disposés à entamer des négociations sur ces questions complexes de contrôle de l’armement dans le monde entier, y compris des conversations au sujet du renouvellement des accords de contrôle de l’armement à l’avenir. Mais ne vous méprenez pas quant à la mission du président Trump. La mission du président Trump consiste à s’assurer que tout accord conclu par les États-Unis soit dans leur intérêt, c’est-à-dire qu’il protège les Américains, nos alliés dans le monde et qu’il contienne des dispositions envers lesquelles d’autres pays sont capables et disposés à s’engager, et qui nous permettent d’en vérifier la conformité. En l’absence de ces conditions, on ne fait que s’asseoir à une table et parler. Il est extrêmement important que nous nous assurions que les dispositions de ces accords soient applicables et vérifiables ; c’est notre objectif. C’est notre objectif dans toutes nos discussions importantes sur le contrôle de l’armement auxquelles cette administration participera.

Merci à tous. Bonne journée.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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