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Allocution à la presse

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Département d’État des États-Unis
Secrétaire d’État Michael R. Pompeo
Le 15 mars 2019

 
 

M. LE SECRÉTAIRE POMPEO : Bonjour à tous. Aujourd’hui, je souhaiterais m’exprimer brièvement au sujet de deux questions de politique étrangère. Mais avant tout, je souhaite exprimer mes condoléances personnelles à la Nouvelle-Zélande à la suite des attaques monstrueuses à l’encontre de mosquées à Christchurch. Les pensées et les prières des Américains accompagnent les victimes et leur famille aujourd’hui. Les États-Unis condamnent cette attaque haineuse. Nous promettons à la Nouvelle-Zélande et aux Néo-Zélandais notre solidarité infaillible en ces heures sombres et nous nous tenons disposés à offrir toute assistance.

Maintenant, je souhaiterais faire un commentaire sur le vote qui s’est tenu au Sénat cette semaine pour mettre fin au soutien à la coalition menée par les Saoudiens qui lutte au Yémen. Nous voulons tous que ce conflit prenne fin. Nous voulons tous améliorer la situation humanitaire pressante. Mais l’administration Trump est en désaccord fondamental sur le fait que la réduction de notre assistance à la coalition menée par les Saoudiens soit la manière qui permette d’atteindre ces objectifs. Les sénateurs qui ont voté « pour » indiquent qu’ils veulent que les bombardements cessent au Yémen et qu’ils veulent soutenir les droits de l’homme. Mais nous devons vraiment réfléchir à la question suivante: les droits humains de qui ?

Si vous teniez véritablement à la vie des Yéménites, vous soutiendriez l’initiative menée par les Saoudiens pour éviter que le Yémen ne devienne un État pantin de la république islamique d’Iran brutale et corrompue. Si nous tenions véritablement aux vies des Saoudiens, vous souhaiteriez empêcher les Houthis, soutenus par l’Iran, de lancer des missiles sur Riyad. Si vous teniez véritablement à la vie des Arabes de la région, vous soutiendriez les efforts alliés cherchant à éviter l’expansion du règne autoritaire de l’Iran de Téhéran à la mer Méditerranée et jusqu’au Yémen. Et si nous tenions véritablement à la vie et aux moyens de subsistance des Américains, ainsi qu’à la vie et aux moyens de subsistance des habitants du monde entier, nous comprendrions que l’Iran et ses intermédiaires ne peuvent être autorisés à contrôler les couloirs de navigations au large du Yémen.

Nous sommes profondément conscients de la crise humanitaire au Yémen et nous la déplorons. Les États-Unis ont fait don de plus de 2 milliards de dollars pour aider les Yéménites depuis le début du conflit et l’Arabie saoudite a fait don de plus de 500 millions de dollars en 2018 uniquement et a promis 500 millions de plus pour cette année. La république islamique d’Iran a fourni zéro dollar en aide humanitaire.

La manière de soulager les souffrances des Yéménites ne consiste pas à prolonger le conflit en handicapant nos partenaires dans la lutte mais plutôt en offrant à la coalition menée par les Saoudiens le soutien dont elle a besoin pour vaincre les rebelles soutenus par l’Iran et pour assurer une paix juste. Nous espérons… Je me suis entretenu avec Martin Griffiths hier… Nous espérons que des accords pourront être appliquer de manière à mener à une désescalade mais nous devons nous assurer que cette crise touche à sa fin.

Le deuxième point que je souhaitais aborder aujourd’hui a trait à la Cour pénale internationale. Lors d’une allocution à Bruxelles l’an dernier, j’ai exprimé clairement le fait que l’administration Trump croit en la réforme des institutions internationales, avec un retour de la concentration sur leur mission de base, ainsi que sur leur reddition de comptes lorsqu’elles ne parviennent pas à servir les personnes qu’elles sont censées aider. Nous cherchons à établir des partenariats avec des pays responsables afin de nous assurer que les instances internationales respectent les principes de la liberté, de la souveraineté et de l’état de droit. Les états-nations se rassemblent pour créer ces institutions et ce n’est qu’avec leur consentement que ces institutions existent.

Depuis 1998, les États-Unis déclinent l’offre de rejoindre la CPI du fait de ses pouvoirs de poursuites larges et non responsabilisés, ainsi que de la menace qu’elle représente pour la souveraineté nationale américaine. Nous sommes déterminés à protéger le personnel militaire et civil américain et allié pour qu’il ne vive pas dans la crainte de poursuites judiciaires injustes pour des actes commis en défense de notre grand pays. Nous craignons que la cour ne s’adonne à terme à des poursuites d’Américains motivées par des raisons politiques. Et nos craintes sont justifiées.

En novembre 2017, le procureur de la CPI a demandé l’autorisation d’entamer une enquête sur, et je cite, « la situation en Afghanistan », fin de citation. Elle pourrait illégitimement cibler le personnel américain pour des poursuites et peines. En septembre 2018, l’administration Trump a mis en garde la CPI contre le fait que si elle tentait de mener l’enquête sur les Américains là-bas, il y aurait des conséquences. Je crois comprendre que la demande d’ouverture d’enquête du procureur reste ouverte.

Ainsi, aujourd’hui, conformément à l’autorité juridique existante permettant d’imposer des restrictions de visa aux étrangers, et je cite, « dont l’entrée ou les activités proposées aux États-Unis auraient potentiellement des conséquences néfastes en matière de politique étrangère », fin de citation, j’annonce une politique de restrictions de l’octroi de visas américains aux personnes directement responsables de toute enquête de la CPI sur du personnel américain. Cela inclut les personnes qui agissent ou ont agi pour demander ou faire avancer une telle enquête. Ces restrictions d’octroi de visas peuvent également être utilisées pour dissuader les efforts de la CPI visant à poursuivre le personnel de nos alliés, dont les Israéliens, sans le consentement des alliés. L’application de cette politique est déjà en vigueur. Conformément au droit américain, les dossiers de demande de visa des personnes sont confidentiels, je ne vous fournirai donc aucun détail sur les personnes qui sont concernées ou le seront.

Mais sachez que si vous êtes responsable de l’enquête proposée de la CPI sur le personnel américain en lien avec la situation en Afghanistan, vous ne pouvez présumer que vous disposez toujours d’un visa ou que vous en obtiendrez un, ou encore que vous serez autorisé à entrer sur le territoire des États-Unis. Les États-Unis mettront en œuvre ces mesures conformément à la loi en vigueur, y compris nos obligations dans le cadre de l’accord relatif au siège de l’ONU. Ces restrictions d’octroi de visas ne marquent pas la fin de nos initiatives. Nous sommes disposés à entreprendre des actions supplémentaires, y compris des sanctions économiques si la CPI ne change pas de cap.

La première obligation de notre État, et la plus importante également, consiste à protéger ses citoyens et cette administration s’acquittera de cette tâche. L’engagement pérenne des États-Unis en faveur de l’état de droit, de la reddition de comptes et de la justice fait des envieux partout dans le monde et il constitue le cœur-même de la réussite de notre pays. Lorsque des militaires américains ne respectent pas notre code de conduite militaire strict, ils sont réprimandés, ils sont jugés par un tribunal militaire et écopent de la peine qu’ils méritent. Les États-Unis, dans la mesure du possible, agissent sur le plan juridique à l’encontre de ceux qui commettent des crimes internationaux. Les États-Unis orientent l’aide étrangère de manière à renforcer les systèmes judiciaires nationaux des pays, c’est la première ligne de défense, et la meilleure, contre l’impunité.

Les États-Unis soutiennent également les mécanismes judiciaires hybrides lorsqu’ils fonctionnent de manière efficace et qu’ils correspondent à notre intérêt national. Il s’agit, par exemple, du mécanisme qui s’occupe des atrocités rwandaises et yougoslaves, ainsi que le travail international de collecte de preuves en Syrie comme en Birmanie. Mais la CPI est en train d’attaquer l’état de droit des États-Unis. Il n’est pas trop tard pour que la cour change de cap et nous l’encourageons vivement à le faire immédiatement. Merci.
(…)

QUESTION : Très brièvement sur la décision de la CPI, prenez-vous cette décision parce qu’ils n’ont pas clos ni laissé tomber l’enquête ouverte sur l’Afghanistan ou y a-t-il une autre raison ?

Et deuxièmement, je me demande si vous avez eu l’occasion de voir ce que la vice-ministre des affaires étrangères de Corée du Nord a dit dans la nuit quant au fait que les États-Unis auraient laissé tomber une opportunité en or en quittant le sommet de Hanoi, en vous reprochant personnellement à vous et à l’ambassadeur Bolton d’avoir créé cette atmosphère hostile. Pourriez-vous y répondre ?

M. LE SECRÉTAIRE POMPEO : Alors, en ce qui concerne la raison des mesures adoptées aujourd’hui, cela fait partie des efforts visant à convaincre la CPI de changer de cap en ce qui concerne son enquête potentielle et ses poursuites potentielles d’Américains pour leurs activités et celles de nos alliés en Afghanistan, visant à les arrêter, à les empêcher d’agir d’une manière profondément incohérente, à notre sens, avec la façon de procéder mise en place pour la CPI, bien que nous n’en soyons pas membre. C’est un modèle dont nous avons déjà parlé et nous mettons aujourd’hui en œuvre ce dont nous avons déjà parlé.

J’ai eu la possibilité de voir l’allocution de Choe Son Hui la nuit dernière. À Singapour, après beaucoup de travail, les deux dirigeants se sont réunis et se sont engagés sur la voie qui a mené aux sanctions les plus strictes jamais imposées à la Corée du Nord, des sanctions mondiales, les sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU qui restent en vigueur. Les exigences de ces sanctions comptent la dénucléarisation complète de la Corée du Nord, des missiles, de leurs systèmes d’armement et du programme d’ADM tout entier. C’est l’exigence du Conseil de sécurité de l’ONU.

Les deux dirigeants se sont vus. Le dirigeant Kim s’est engagé à dénucléariser. Nous avons poursuivi notre travail entre Singapour et Hanoi pour obtenir ce résultat. Nous avons fait rentrer des otages. Nous les avons fait arrêter les tests de missiles et nucléaires. Nous avons l’espoir de pouvoir continuer à discuter et négocier. J’ai vu son allocution. Elle a laissé ouverte la possibilité que les négociations continuent, très clairement. L’administration souhaite que nous continuions à avoir des conversations autour de ce sujet. Comme le président l’a dit lorsqu’il était à Hanoï, l’offre qu’ils ont faite n’est simplement pas à un niveau acceptable compte tenu de ce qu’ils demandaient en échange.

(…)


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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