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Allocution à l’occasion de Kwibuka 25

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Département d’État des États-Unis
Dr J. Peter Pham
Envoyé spécial pour la région des Grands Lacs d’Afrique
Le 7 avril 2019

 
 

Excellence, professeure Mathilde Mukantabana, ambassadrice de la république du Rwanda,

Excellences et autres collègues du corps diplomatique,

Chers invités,

Mesdames et Messieurs,

C’est un honneur et un privilège d’être ici parmi vous cet après-midi, à la fois à titre personnel et en tant que représentant du gouvernement des États-Unis d’Amérique en cette occasion solennelle.

Ce qui nous rassemble est l’un des moments les plus sombres de notre histoire commune en tant qu’humanité : le début du génocide au Rwanda il y a exactement vingt-cinq ans aujourd’hui. Kwibuka, le nom donné à cette commémoration annuelle en langue kinyarwanda est également un impératif, en particulier alors que nous atteignons ce jalon d’un quart de siècle : souvenez-vous !

Le peuple des États-Unis d’Amérique se joint à ses amis rwandais – et, en fait, à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté – pour évoquer les événements tragiques qui se sont déroulés au cours des cent jours suivants. Nous nous souvenons des centaines de milliers de Rwandais qui ont perdu la vie, des hommes, des femmes et des enfants systématiquement massacrés – souvent par leurs propres voisins – dans le cadre d’une campagne de violence organisée et délibérée menée par un régime génocidaire contre la population tutsi.

Mais alors même que nous nous souvenons de ceux qui sont morts et que nous offrons nos sincères condoléances à ceux qui ont perdu des membres de leur famille et d’autres êtres chers, alors que nous exprimons toute notre solidarité avec les survivants et appuyons leur quête incessante de justice pour que les auteurs d’atrocités en rendent compte, l’appel à la mémoire doit aussi susciter en nous un immense espoir, comme il nous accable de chagrin.

Nous n’oublions pas non plus que c’est de ces cendres qu’est né le Rwanda que nous connaissons aujourd’hui. À la suite du génocide, alors que la plupart des prétendus experts du monde entier avaient fait une croix sur ce pays, la force, la résilience et la volonté indomptable du peuple rwandais leur ont donné tort. L’âme de battant qui a permis aux Rwandais de mettre par eux-mêmes fin au massacre en neutralisant les assassins est aussi ce qui a permis le véritable miracle auquel nous avons tous assisté au cours des vingt-cinq dernières années. On pourrait énumérer à l’infini tous les accomplissements qui méritent d’être rappelés :

  • Alors que son économie était en recul de 11,4 % l’année du génocide – et cela en plus des taux anémiques des années précédentes – chaque année suivant sa libération, le Rwanda a affiché une croissance économique positive, généralement de l’ordre de 10 %. L’année dernière, selon le Fonds monétaire international, la croissance réelle du PIB réel a atteint 8,6 %.
  • Des performances similaires ont été enregistrées dans d’autres secteurs que l’économie, notamment la santé et l’éducation. Grâce aux progrès considérables permis par l’assurance maladie à base communautaire, la Mutuelle de santé, la quasi-totalité de la population bénéficie d’une couverture médicale, une merveille quelle que soit la région, a fortiori sur le continent africain. Le Rwanda est également l’un des pays d’Afrique les plus performants en matière d’éducation, et a atteint l’objectif 2 du Millénaire pour le développement en ce qui concerne l’accès à l’éducation primaire universelle, avec un taux de scolarisation net de 97,7 %. Il convient de noter que les taux pour les filles (98 %) sont supérieurs à ceux des garçons (97,3 %).
  • Au vu de ce dernier chiffre, il n’est pas surprenant que le Rwanda compte également la plus grande proportion de femmes parlementaires au monde : depuis l’élection de la Chambre des députés de septembre 2018, les femmes occupent les deux tiers des sièges de l’organe législatif du Rwanda.

« L’unité » est le deuxième élément du thème de la commémoration de cette année. Si la solidarité internationale a cruellement fait défaut aux Rwandais il y a vingt-cinq ans, on ne peut en dire autant de la solidarité du Rwanda avec ceux qui, les années suivantes, se sont retrouvés eux-mêmes pris dans un conflit. Comme l’a souligné l’ambassadeur John Bolton, le conseiller à la Sécurité nationale des États-Unis, lors de l’annonce de la nouvelle stratégie africaine de l’administration Trump : « Notre objectif est de faire en sorte que les nations de la région assument la responsabilité de la paix et de la sécurité dans leur propre voisinage ». À la fin du mois de février de cette année, le Rwanda était le troisième contributeur mondial de forces militaires et de police aux opérations de maintien de la paix des Nations unies. Nous ne pouvons que saluer ce revirement extraordinaire de la situation du Rwanda, d’un pays déchiré par la violence et les atrocités à un contributeur à la protection des populations civiles d’autres pays, même sur le continent américain, où 146 policiers rwandais sont actuellement déployés dans le cadre de la mission de l’ONU en Haïti dirigée par mon amie Helen La Lime, ancienne ambassadrice des États-Unis au Mozambique et en Angola.

Le leadership rwandais jouit d’une reconnaissance croissante dans toute l’Afrique et dans le monde entier, comme l’atteste le mandat du président Paul Kagame à la présidence de l’Union africaine qui vient de se conclure, mandat qui a été marqué par un réel effort de réforme de l’organisation panafricaine dans un souci d’efficacité accrue pour relever les défis actuels, ainsi que la récente accession de l’ancienne ministre des Affaires étrangère, Louise Mushikiwabo, aux fonctions de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie.

Ce qui m’amène au dernier élément du thème de Kwibuka 2019 : « le renouveau ». Les États-Unis d’Amérique sont fiers de se tenir aux côtés du Rwanda pour faire face ensemble aux défis et saisir les opportunités de ce moment historique.

Dans un discours prononcé le mois dernier lors de sa visite à Kigali, le secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines, Tibor Nagy, a réaffirmé « l’engagement indéfectible de l’Amérique envers l’Afrique » et une relation fondée sur « la coopération, le respect mutuel et la transparence », et souligné que « la solidité et l’étendue du partenariat américano-africain ne sont peut-être nulle part ailleurs plus évidentes qu’ici au Rwanda ».

À l’occasion de cet anniversaire solennel, nous, le gouvernement et le peuple des États-Unis, réaffirmons notre solidarité avec le Rwanda et les Rwandais, dans le deuil de toutes les souffrances subies et de toutes les vies perdues depuis ce même jour il y a vingt-cinq ans. En même temps, le plus grand hommage que nous puissions rendre aux victimes est de nous unir et de réaffirmer notre engagement, par la grâce de Dieu et notre volonté commune, à ne jamais oublier – et encore moins nier ! – les terribles actes qui ont été commis, pour qu’aucun crime semblable contre le Créateur et contre l’humanité créée à son image ne souille jamais plus la terre. Ibibi byabaye, ntibizongere kuba ukundi… plus jamais pareil mal ne se reproduira, plus jamais.

Merci infiniment.

Que Dieu bénisse les États-Unis d’Amérique !

Que Dieu bénisse le Rwanda !

Imana iguhe umugisha!


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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