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Allocution du président Trump à l’occasion des commémorations du 75e anniversaire du débarquement en Normandie

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La Maison-Blanche
Cimetière américain de Colleville-sur-Mer, France
Le 6 juin 2019


MONSIEUR LE PRÉSIDENT : Monsieur le président Macron, Mme Macron et le peuple français ; Madame la première dame des États-Unis et Messieurs les membres du Congrès des États-Unis ; invités de marque, anciens combattants et compatriotes américains :

Nous sommes rassemblés ici sur l’autel de la liberté. Sur ces rives, sur ces falaises, il y a 75 ans aujourd’hui, 10 000 hommes ont versé leur sang et des milliers d’autres ont sacrifié leur vie pour leurs frères, pour leur pays et pour la survie de la liberté.

Aujourd’hui, nous nous souvenons de ceux qui sont tombés et nous honorons tous ceux qui se sont battus ici même en Normandie. Ils ont reconquis ces territoires pour la civilisation.

Aux plus de 170 anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale présents avec nous aujourd’hui : vous faites partie des plus grands Américains qui vivront jamais. Vous êtes la fierté de notre pays. Vous êtes la gloire de notre république. Et nous vous remercions du fond du cœur. (Applaudissements.)

Plus de 60 anciens combattants qui ont débarqué le Jour J sont ici présents avec vous. Notre dette envers vous est éternelle. Aujourd’hui, nous exprimons notre gratitude éternelle.

Quand vous étiez jeunes, ces hommes se sont engagés dans une grande croisade – l’une des plus grandes de tous les temps. Leur mission est l’histoire d’une bataille épique et de la lutte farouche et éternelle entre le bien et le mal.

Le 6 juin 1944, ils se sont joints à une force de libération d’une puissance impressionnante et d’une échelle à couper le souffle. Après des mois de planification, les Alliés avaient choisi cette côte ancienne pour lancer leur campagne et éliminer la tyrannie diabolique de l’empire nazi de la face de la Terre.

La bataille a commencé dans les cieux au-dessus de nous. Au cours de ces premières heures tendues au milieu de la nuit, on entendait le vrombissement de 1 000 avions transportant 17 000 soldats aéroportés alliés qui se préparaient à se lancer dans le noir au-delà de ces arbres.

Et puis le jour s’est levé. L’ennemi qui occupait ces hauteurs a vu la plus grande armada navale de l’histoire du monde. À seulement quelques milles de la côte se trouvaient 7 000 navires transportant 130 000 soldats. C’était des citoyens de nations libres et indépendantes, unis par leur devoir envers leurs compatriotes et des millions d’enfants à naître.

Il y avait les Britanniques, qui, grâce à leur noblesse et leur courage ont pu surmonter les pires épreuves de Dunkerque et du bombardement de Londres. Toute la violence de la fureur nazie ne pouvait rivaliser avec la grandeur de la fierté britannique. Merci. (Applaudissements.)

Il y avait les Canadiens, qu’un solide sens de l’honneur et une grande loyauté ont obligés à prendre les armes aux côtés de la Grande-Bretagne dès les premiers instants.

Il y avait les combattifs Polonais, les durs-à-cuire Norvégiens et les Australiens intrépides. Il y avait les vaillants commandos français qui partaient à la rencontre de milliers de braves compatriotes prêts à écrire un nouveau chapitre de la longue histoire de la bravoure française. (Applaudissements.)

Et, enfin, il y avait les Américains. Ils venaient des fermes du cœur d’un vaste pays, des rues de villes illuminées et des forges de puissantes villes industrielles. Avant la guerre, beaucoup ne s’étaient jamais aventurés au-delà de leur propre communauté. Maintenant, ils venaient offrir leur vie à l’autre bout du monde.

Cette plage, nom de code Omaha, a été défendue par les nazis avec une puissance de feu monstrueuse, des milliers et des milliers de mines et de pics profondément enfoncés dans le sable. C’est ici que des dizaines de milliers d’Américains sont arrivés.

Les GI qui ont embarqué dans la péniche de débarquement ce matin-là savaient qu’ils portaient sur leurs épaules non seulement un sac-à-dos de combat, mais aussi le destin du monde. On a demandé au colonel George Taylor, dont le 16e régiment d’infanterie se joindrait à la première vague : qu’adviendrait-il si les Allemands les arrêtaient sur-le-champ sur la plage – les arrêtaient tout simplement ? Que se passerait-il ? Ce grand Américain a répondu : « Pourquoi, le 18ème régiment d’infanterie arrive juste derrière nous. Le 26e le suivra. Ensuite, la 2e division d’infanterie a déjà pris la mer. Et la 9e.  Et la 2e division blindée. Et la 3e. Et tout le reste. Ce ne sera peut-être pas la 16e qui y arrivera, mais quelqu’un y arrivera. »

L’un de ces hommes du 16e régiment de Taylor est le médecin militaire Ray Lambert. Ray n’a que 23 ans, mais il a déjà reçu trois Purple Hearts et deux Silver Stars lors de combats en Afrique du Nord et en Sicile, où lui et son frère Bill, depuis décédé, ont servi côte à côte.

Aux premières heures du matin, les deux frères se retrouvent sur le pont de l’USS Henrico avant d’embarquer dans deux péniches de débarquement Higgins séparées. « Si je n’en reviens pas », dit Bill, « s’il te plait, prends soin de ma famille ». Ray demande à son frère de faire de même.

Sur les 31 hommes embarqués sur les péniches de débarquement de Ray, seuls Ray et 6 autres atteignent la plage. Il n’en reste que quelques-uns. Ils arrivent dans le secteur ici même en dessous de nous. On l’appelait « Easy Red ». Ray retourne à plusieurs reprises dans l’eau. Il en sort un homme après l’autre en les traînant. Il est touché au bras. Sa jambe est déchirée par un éclat d’obus. Son dos est cassé. Il a failli se noyer.

Il est sur la plage où il perd du sang et sauve des vies depuis des heures, quand il perd finalement conscience. Il se réveille le lendemain sur un lit pliant à côté d’un autre soldat grièvement blessé. Il se tourne et voit son frère Bill. Ils s’en étaient sortis. Ils s’en étaient sortis. Ils s’en étaient sortis.

À 98 ans, Ray est ici avec nous aujourd’hui avec son quatrième Purple Heart et sa troisième Silver Star d’Omaha. (Applaudissements.) Ray, le monde libre vous salue. (Applaudissements.) Merci, Ray. (Applaudissements.)

Pendant près de deux heures, les tirs incessants en provenance de ces falaises contraignent les Américains à rester allongés sur le sable, maintenant rouge, du sang de nos héros. Puis, à quelques centaines de mètres de là où je me trouve, une percée a lieu. Le cours de la bataille change et avec lui celui de l’histoire.

Sur la plage, le capitaine Joe Dawson, le fils d’un pasteur du Texas, conduit la compagnie G à travers un champ de mines jusqu’à un repli naturel sur la colline, qui existe toujours. Juste au-delà de ce sentier à ma droite, le capitaine Dawson se faufile sous un nid de mitrailleuse ennemi et lance ses grenades. Sous peu, les troupes américaines chargent « Dawson’s Draw ». Quel travail il a accompli. De quelle bravoure il a fait preuve.

Le lieutenant Spalding et les hommes de la compagnie E poursuivent leur chemin et prennent d’assaut les fortifications ennemies de l’autre côté de ce cimetière Ils mettent fin au massacre sur la plage en contrebas. Un grand nombre d’Américains se déversent sur toute la campagne en provenance de la plage. Ils y rejoignent des soldats américains de Utah Beach et des alliés de Juno, Sword et Gold, ainsi que des troupes aéroportées et des patriotes français.

Le soldat de première classe Russell Pickett, du célèbre 116e régiment d’infanterie de la 29e division, est blessé lors de la première vague qui s’est abattue sur Omaha Beach. Dans un hôpital en Angleterre, le soldat Pickett promet de retourner au combat. « Je reviendrai », dit-il. « Je reviendrai. »

Six jours après D-Day, il rejoint sa compagnie. Les deux tiers de ses soldats ont déjà été tués. Beaucoup ont été blessés dans les 15 minutes suivant l’invasion. Ils viennent de perdre 19 hommes, tous de la petite ville de Bedford, en Virginie. Peu de temps après, une grenade blesse à nouveau le soldat Pickett. Il est de nouveau grièvement blessé. Encore une fois, il choisit de revenir. Cela n’avait pas d’importance. Il fallait à tout prix qu’il soit ici.

Il est ensuite blessé une troisième fois et reste inconscient pendant 12 jours. On pense qu’il est mort. On pense qu’il n’a aucune chance. Russell Pickett est le dernier survivant connu de la légendaire compagnie A. Et, aujourd’hui, croyez-le ou non, il est retourné une fois de plus sur ces côtes pour être avec ses camarades. Soldat Pickett, nous sommes tous honorés de votre présence. (Applaudissements.) Un dur. (Rire.)

La quatrième semaine d’août, Paris était libéré. (Applaudissements.) Certains de ceux qui ont atterri ici sont allés jusqu’au centre de l’Allemagne. Certains ont ouvert les portes des camps de concentration nazis pour libérer les Juifs qui avaient subi les horreurs innommables de l’Holocauste. Et certains guerriers sont tombés sur d’autres champs de bataille, et reposent ici pour l’éternité.

Avant que ce lieu ne soit consacré à l’histoire, ces terres appartenaient à un fermier français, membre de la résistance française. C’étaient des gens formidables. C’étaient des gens forts et durs. Sa femme terrifiée attendait le débarquement dans une maison voisine, en étreignant leur petite fille. Le lendemain, un soldat est apparu. « Je suis américain », a-t-il déclaré. « Je suis ici pour aider. » La Française en était émue aux larmes. Quelques jours plus tard, elle a déposé des fleurs sur de fraîches tombes américaines.

Sa petite fille Stéphanie fait aujourd’hui office de guide dans ce cimetière. Cette semaine, Stéphanie a conduit pour la première fois Marian Wynn, qui a 92 ans et vient de Californie, jusqu’à la tombe de son frère Don à laquelle elle rend visite pour la toute première fois.

Marian et Stéphanie sont toutes les deux avec nous aujourd’hui. Et nous vous remercions de veiller au souvenir de nos précieux héros. Je vous remercie. (Applaudissements.)

9 388 jeunes Américains reposent sous les rangées de croix blanches et d’étoiles de David dans ce lieu magnifique. Chacune a été adoptée par une famille française qui la considère comme la sienne. Ils viennent de toute la France pour s’occuper de nos garçons. Ils s’agenouillent. Ils pleurent. Ils prient. Ils déposent des fleurs. Et ils n’oublient jamais. Aujourd’hui, l’Amérique exprime toute son amitié au peuple français et vous remercie d’avoir rendu hommage à nos morts bien-aimés. Je vous remercie. (Applaudissements.) Merci. Merci.

À tous nos amis et partenaires : notre alliance que nous chérissons a été forgée au cœur d’une bataille, testée dans les épreuves de la guerre et affirmée par les bénédictions de la paix. Notre lien ne peut être brisé.

De l’autre bout du monde, les Américains sont attirés par cet endroit comme s’il faisait partie de notre âme même. Nous ne venons pas seulement à cause de ce qu’ils ont fait ici. Nous y venons pour ce qu’ils étaient.

C’étaient de jeunes hommes qui avaient toute la vie devant eux. Des maris qui ont dit au revoir à leur jeune femme et ont fait de leur devoir leur destin. Des pères qui ne rencontreraient jamais leurs fils et filles parce qu’ils avaient un travail à accomplir. Et avec Dieu pour témoin, ils allaient s’en acquitter. Ils sont venus vague après vague, sans question, sans hésitation et sans se plaindre.

Les cœurs des Américains étaient encore plus forts que leurs bras.

Ces hommes ont traversé les feux de l’enfer sous l’impulsion d’une force qu’aucune arme ne pourrait détruire : le patriotisme farouche d’un peuple libre, fier et souverain. (Applaudissements.) Ils n’ont pas lutté pour le contrôle et la domination, mais pour la liberté, la démocratie et l’autodétermination.

Ils se sont battus pour l’amour de leurs communautés et de leur pays – les rues, les cours d’école, les églises et les voisins, les familles et les communautés qui nous ont donné des hommes comme eux.

Ils étaient animés par la confiance en le fait que rien n’était impossible pour les États-Unis, parce que nous sommes une nation noble, un peuple vertueux, priant un Dieu juste.

Cette force exceptionnelle provenait d’un esprit vraiment exceptionnel. L’abondance de courage venait d’une abondance de foi. Les grandes actions d’une armée venaient des profondeurs de son amour.

Face à leur destin, les Américains et les Alliés ont confié leur vie aux mains de Dieu.

Les hommes derrière moi vous diront qu’ils ont simplement eu de la chance. Comme l’a dit l’un d’entre eux récemment : « Tous les héros sont enterrés ici ». Mais nous savons ce que ces hommes ont fait. Nous savions à quel point ils étaient courageux. Ils sont venus ici et ont sauvé la liberté, puis ils sont rentrés chez eux et nous ont montré à tous ce que veut dire la liberté.

Les Américains et Américaines qui nous ont conduits à la victoire n’en étaient pas moins extraordinaires en temps de paix. Ils ont fondé des familles. Ils ont construit des industries. Ils ont créé une culture nationale qui a inspiré le monde entier. Dans les décennies qui ont suivi, les États-Unis ont vaincu le communisme, défendu les droits civils, révolutionné la science, envoyé un homme sur la lune, et poursuivi leur progression vers de nouvelles frontières. Et, aujourd’hui, l’Amérique est plus forte que jamais. (Applaudissements.)

Il y a soixante-quinze ans, les soldats du débarquement ont combattu un ennemi maléfique qui parlait d’un empire millénaire. En combattant ce mal, ils nous ont laissé un héritage qui durera non seulement mille ans, mais l’éternité – tant que l’âme connaîtra le devoir et l’honneur ; tant que la liberté restera maîtresse du cœur de l’homme.

Aux hommes qui sont assis derrière moi et aux garçons qui reposent dans le champ devant moi, votre exemple ne vieillira jamais, absolument jamais (Applaudissements.) Votre légende ne s’évanouira jamais. Votre esprit – brave, inflexible et sincère – ne mourra jamais.

Le sang qu’ils ont versé, les larmes qu’ils ont versées, les vies qu’ils ont données, le sacrifice qu’ils ont consenti, n’ont pas simplement permis de gagner une bataille. Ils n’ont pas simplement gagné une guerre. Ceux qui se sont battus ici ont conquis un avenir pour notre pays. Ils ont permis la survie de notre civilisation. Et ils nous ont montré comment aimer, chérir et défendre notre mode de vie pendant de nombreux siècles à venir.

Aujourd’hui, alors que nous nous tenons ensemble sur cette terre sacrée, nous nous engageons à ce que nos nations soient toujours fortes et unies. Nous serons toujours ensemble. Notre peuple sera toujours audacieux. Nos cœurs seront toujours fidèles. Et nos enfants et leurs enfants seront toujours libres.

Que Dieu bénisse nos anciens combattants. Que Dieu bénisse nos alliés. Que Dieu bénisse les héros du D-Day. Et que Dieu bénisse l’Amérique. Merci. (Applaudissements.) Merci beaucoup.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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