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Intervention de la secrétaire adjointe aux Affaires des Amériques, Kimberly Breier, à l’occasion de la séance plénière de la 49e assemblée générale de l’OEA

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Département d’État des États-Unis
Kimberly Breier, secrétaire adjointe
Bureau des Affaires des Amériques
Medellin, Colombie
Le 27 juin 2019

 

Merci beaucoup. Je tiens à remercier le président Duque, le secrétaire général Almagro et vos équipes respectives d’avoir organisé cette 49e Assemblée générale de l’Organisation des États américains. Nous apprécions votre leadership solide et inlassable.


Les États-Unis ont le plaisir d’annoncer aujourd’hui leur soutien sans cesse renouvelé au secrétaire général, M. Almagro, et à sa direction de cette institution, et le remercient d’être disposé à assumer un nouveau mandat. Les États-Unis soutiennent fièrement sa candidature à la réélection.


J’aimerais également saluer le travail remarquable effectué par notre représentant permanent, l’ambassadeur Carlos Trujillo, et notre délégation.

Je me réjouis d’être ici au nom du secrétaire Pompeo qui vous fait parvenir ses salutations depuis le G-20 et au nom du secrétaire adjoint John Sullivan, qui n’a pu être avec nous aujourd’hui. Nous ne doutons pas qu’il s’agira d’une excellente assemblée générale de l’OEA.

C’est un plaisir d’être ici à Medellin à la tête de la délégation américaine. Je suis ravie d’avoir l’opportunité de revoir beaucoup de mes collègues du continent pour parler de nos opportunités et de nos défis communs. Les États-Unis attachent une grande importance à l’OEA et à son rôle de principal forum politique du continent. Nous devons tous faire notre part ensemble pour renforcer l’OEA et relever efficacement les défis d’aujourd’hui et ceux que nous devrons affronter à l’avenir.

Il est particulièrement opportun que cette assemblée entreprenne activement de réaffirmer l’engagement des États membres en faveur de la démocratie, le patrimoine le plus important que nous puissions transmettre à la prochaine génération de citoyens et de dirigeants de notre continent.

Nous nous réunissons également ici à Medellin pour marquer le 70e anniversaire de l’adoption, ici en Colombie, de la Charte de l’OEA et de la Déclaration américaine des droits et devoirs de l’homme, un document qui reste le fondement du système interaméricain des droits de la personne.

Il importe de ne pas oublier la signification historique de ce moment et son impact remarquable sur le reste du monde. La Déclaration américaine proclame que « tous les hommes naissent libres et égaux, en dignité et en droits ». Cette déclaration audacieuse qui énonce une évidence a servi de fondement central à la Déclaration universelle des droits de l’homme et a ainsi éclairé cette région et le monde avec elle.

Depuis l’adoption de la Charte de l’OEA et de la Déclaration américaine, notre région est confrontée au difficile défi de concrétiser les promesses de ces documents visionnaires.

Nous vivons aujourd’hui dans une région dont les peuples ont consenti d’énormes sacrifices pour renforcer et consolider nos acquis démocratiques. Le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales n’est plus l’exception, mais la norme. L’attachement de nos gouvernements à la démocratie et à l’état de droit est inscrit dans la Charte démocratique interaméricaine qui a servi d’inspiration à des engagements démocratiques similaires dans le monde entier.

La Charte démocratique reste notre boussole alors que nous entendons renforcer la gouvernance démocratique dans l’ensemble des Amériques. La Charte exige de nos gouvernements qu’ils travaillent de concert pour promouvoir et protéger les institutions de la démocratie représentative qui nous sont chères. Cet engagement était novateur lorsqu’il a été pris pour la première fois en 2001 et il distingue encore l’OEA de la plupart des autres organisations régionales.

Pour que l’OEA en tant qu’institution puisse s’attaquer efficacement à ces problèmes, nous, États membres souverains, devons renouveler notre engagement dans ce sens. Cela signifie que nous devons nous impliquer davantage pour que l’OEA repose sur des bases solides et efficaces – avec l’appui et le soutien financier de tous ses États membres.

Dans cet esprit, je voudrais souligner l’importance de la décision prise lors de l’assemblée générale de 2017 de réduire la dépendance de l’organisation vis-à-vis d’un seul État membre. Il s’agissait alors d’une étape importante dans la perspective d’une participation croissante à la réussite de l’OEA, et du partage de la responsabilité financière.

Elle impliquera des choix difficiles, qui nous contraindront dans un premier temps à identifier des priorités puis à nous concentrer sur celles-ci, mais en fin de compte, cela permettra à l’OEA de bénéficier d’une assise financière et politique plus durable.

Je tiens à rendre hommage au leadership du secrétaire général Almagro qui a permis l’assainissement de la situation financière de l’OEA au cours des deux dernières années. Bien sûr, il reste encore beaucoup à faire et nous entendons poursuivre notre coopération avec tous les États membres au cours des prochaines semaines dans le cadre du programme substantiel de réforme pour la prospérité de notre organisation.

Parallèlement, l’OEA doit continuer à faire preuve de réactivité face aux défis politiques en constante évolution. Nous devons être réalistes et pragmatiques face à nos défis communs dans la région.

La crise au Venezuela est au premier rang de ces préoccupations. Comme nous le savons tous, elle ne se limite pas au Venezuela. Il s’agit maintenant d’une crise à l’échelle régionale, dont les effets sont ressentis particulièrement vivement ici en Colombie, mais aussi dans d’autres États membres de l’OEA et au-delà. Elle fait appel à un engagement permanent au niveau régional et de l’OEA. Nous sommes reconnaissants à l’OEA pour son solide leadership.

La crise vénézuélienne est fondamentalement une crise politique, avec de profondes conséquences humanitaires, économiques, sociales et autres. Sa solution doit donc être politique. Ce n’est que lorsque l’ancien régime de Maduro aura cédé la place et renoncé à tout contrôle sur les institutions de l’État que pourra commencer une véritable transition politique. Après tout, comment pouvons-nous nous attendre à ce que Maduro s’engage de bonne foi alors que son régime révoque l’immunité des députés élus ?

Comment pouvons-nous espérer que Maduro respecte les institutions démocratiques alors qu’il a illégalement arrêté et refusé l’accès humanitaire à plusieurs membres de l’Assemblée nationale, dont Edgar Zambrano, ainsi qu’au chef du cabinet du président par intérim Guaidó, Roberto Marrero ? Ce n’est pas un homme avec lequel on peut négocier. Le départ définitif de Maduro est le premier pas nécessaire vers le rétablissement de la démocratie. Bien sûr, cette étape seule n’est que nécessaire, elle n’est toutefois pas suffisante.

Comme vous le savez tous, il doit y avoir des élections libres et équitables – sous les auspices du gouvernement de transition du président par intérim Juan Guaidó.

Le rôle de l’OEA reste essentiel pour tous ces efforts. Tout d’abord, nous devons affronter les faits avec lucidité. Ensuite, nous devons prendre les mesures qui s’imposent.

De même au Nicaragua, il est clair qu’une modification de l’ordre démocratique est intervenue. Nous devons être à la hauteur de notre engagement dans le cadre de la Charte démocratique, prendre acte de cette réalité, et mettre en œuvre des mesures pour défendre et rétablir la démocratie.

À cette fin, il nous appartient de répondre aux revendications du peuple nicaraguayen en faveur d’une réforme démocratique significative, et à ses appels à la reddition de comptes par les responsables des atteintes généralisées aux droits de l’homme perpétrées par les forces de sécurité fidèles au président Daniel Ortega et à la vice-présidente Rosario Murillo.

Les États-Unis appuient les mécanismes mis en place par la Commission indépendante interaméricaine des droits de l’homme pour favoriser le respect des droits de l’homme et la gouvernance démocratique au Nicaragua. Nous exhortons instamment le gouvernement nicaraguayen à mettre en œuvre les recommandations de la Commission et à permettre le rétablissement des mécanismes de surveillance de l’OEA au Nicaragua.

À la lumière des développements en cours, nous devons envisager des moyens d’action conformes à la Charte démocratique, ce que le Conseil permanent de l’OEA a déjà commencé à faire à la demande du secrétaire général. À de nombreuses reprises, le Nicaragua a gaspillé des occasions d’entreprendre le genre de dialogue inclusif et honnête que prévoit la Charte.

Nous ne demandons que ce que toutes les nations de l’OEA veulent pour leur peuple : un retour à l’ordre démocratique, des élections libres et équitables surveillées par des observateurs internationaux crédibles, le respect des droits de l’homme universels et la libération sans condition des prisonniers politiques. Ne nous laissons pas duper par la « loi d’amnistie » que l’Assemblée nationale a approuvée le 9 juin, avant la libération de plus de 100 prisonniers dans les jours suivants.

Des dizaines de personnes sont toujours emprisonnées pour avoir exercé leurs droits humains et leurs libertés fondamentales. Les États-Unis rejettent catégoriquement une amnistie générale qui exonérerait les personnes impliquées dans des violations des droits de l’homme, et continuerait à interdire l’exercice des droits humains et des libertés fondamentales par la population en général.

Le refus du régime de donner suite à ses engagements en matière de mise en œuvre de réformes démocratiques importantes témoigne d’une mauvaise foi indéniable. Malgré les affirmations contraires du gouvernement nicaraguayen, nous savons la vérité : Ortega a transformé le Nicaragua en un État autoritaire brutal.

Alors que nous célébrons les progrès de notre région à cette Assemblée, nous ne devons pas oublier ce que la Charte démocratique nous demande de faire face à une interruption de l’ordre démocratique d’un État membre : prendre des mesures concrètes pour obliger le gouvernement Ortega à rendre des comptes. De tels efforts démontrent que l’OEA ne se contente pas de belles paroles.

En ce qui concerne le Honduras, nous sommes heureux que la Mission de l’OEA d’appui à la lutte contre la corruption et l’impunité (MACCIH) collabore avec le gouvernement hondurien et la société civile pour renforcer la démocratie hondurienne et lutter contre la corruption et l’impunité. Les États-Unis soutiennent cette lutte et encouragent l’OEA et le Honduras à trouver un remplaçant approprié au Dr Luiz Guimaraes Marrey, qui a admirablement exercé ses fonctions de porte-parole l’année dernière et dont le mandat s’achèvera à la fin du mois.

Je faillirais à mon devoir si je ne parlais pas de Cuba. À Cuba, on observe des aspirations à un changement inévitable et attendu avec impatience. Les jeunes Cubains nés sous une dictature ne sont pas intéressés par des slogans révolutionnaires creux.

Ils veulent ce que souhaitent les jeunes du monde entier : avoir la possibilité d’utiliser leurs talents, de faire entendre leur voix et de se bâtir un avenir radieux. En tant que sociétés démocratiques, nous devons soutenir les jeunes à Cuba – et ailleurs sur le continent – et leurs espoirs de changement démocratique. Nous félicitons le secrétaire général Almagro pour les efforts qu’il a déployés au cours de l’année écoulée pour attirer l’attention sur la situation des droits de l’homme à Cuba.

La protection des démocraties – à la fois naissantes et bien établies – signifie également la défense contre les tentatives de nombreux acteurs d’y faire obstacle et de leur porter atteinte. Les interventions malveillantes peuvent prendre de nombreuses formes : la contrainte par l’endettement et la manipulation des élections nationales en sont deux exemples que l’on observe dans le monde entier.

Les États-Unis continueront d’exhorter les pays à faire preuve de vigilance et à se prémunir contre les tentatives d’atteintes à nos démocraties et à la souveraineté nationale par des acteurs extérieurs.

En conclusion, et en appui au peuple nicaraguayen et au peuple vénézuélien, nous réaffirmons les engagements que nous avons pris il y a 70 ans dans la Charte de l’OEA et dans la Déclaration américaine.

Ici, à Medellin aujourd’hui, nous avons la possibilité de montrer que ces engagements conservent toute force et toute leur actualité. Merci.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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