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Conférence de presse avec le secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines, Tibor P. Nagy, Jr., à l’issue de l’Assemblée générale des Nations unies

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Département d’État des États-Unis
Centre médiatique régional de l’Afrique
Le 2 octobre 2019

 

OPÉRATEUR : Mesdames et messieurs, merci de votre présence. Nous avons le plaisir d’accueillir le secrétaire d’État adjoint M. Nagy à la conférence sur l’Assemblée générale des Nations unies. Tous les participants sont maintenant en mode écoute uniquement. Vous aurez plus tard la possibilité de poser vos questions. Nous vous communiquerons alors les instructions correspondantes. Si vous avez besoin d’aide, appuyez sur *0. À titre de rappel, cette conférence est enregistrée. Je vais maintenant donner la parole à Marissa Scott pour son allocution d’ouverture. Allez-y s’il vous plaît.

MODÉRATEUR : Bonjour à tous et à toutes de la part du centre médiatique de l’Afrique du département d’État des Etats-Unis. J’aimerais souhaiter la bienvenue à nos participants en communication depuis tout le continent, et vous remercier tous pour votre participation à cette discussion. Aujourd’hui, nous avons le grand plaisir d’accueillir Tibor P. Nagy, secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines. Le secrétaire adjoint Nagy nous parlera des événements récents à l’Assemblée générale des Nations unies, notamment de sa participation à la table ronde des affaires américano-africaine organisée par le sous-secrétaire John Sullivan, de ses réunions bilatérales avec ses homologues africains en marge de l’Assemblée générale des Nations unies et de sa participation à des événements de haut niveau sur le Mali, le Sahel et le Soudan.

Nous commencerons l’appel d’aujourd’hui par l’allocution d’ouverture du secrétaire d’État adjoint Nagy, avant de passer à vos questions. Nous allons essayer de répondre au plus grand nombre possible de questions dans le temps qui nous est imparti, soit environ 40 à 45 minutes. Si, à tout moment de l’appel, vous souhaitez poser une question, veuillez appuyer sur *1 sur votre téléphone pour rejoindre la file d’attente des questions. Si vous souhaitez participer à la conversation sur Twitter, utilisez le hashtag #AFHubPress et suivez-nous sur @AsstSecStateAF et @africamediahub.

À titre de rappel, l’appel d’aujourd’hui est enregistré, et, là-dessus, je passe la parole au secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines, Tibor Nagy.  

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT TIBOR NAGY : Bonjour, merci beaucoup. Et ceux d’entre vous qui ont déjà participé avec moi à ces événements ont remarqué que j’aime beaucoup dialoguer avec nos amis des médias sur tout le continent. C’est un grand plaisir car notre équipe Afrique ici au département d’État vient de rentrer de l’Assemblée générale des Nations unies à New York et ceux d’entre vous qui couvrent l’événement peuvent comprendre pourquoi on appelle cela du « speed dating » pour diplomates.

Nous avons pu assister à un certain nombre de réunions très animées. Il est particulièrement notable à mon avis que notre sous-secrétaire d’État M. Sullivan a organisé une table ronde sur le commerce entre les États-Unis et l’Afrique à laquelle ont participé des ministres africains, des cadres d’entreprises américaines et d’autres personnalités de haut niveau, afin de discuter de la priorité absolue de notre administration qui est de stimuler l’investissement et le commerce avec le continent, et de certains des outils enthousiasmants que le gouvernement américain propose maintenant à cet effet.

Nous avons parlé de la nouvelle International Development Finance Corporation des États-Unis, du doublement du financement. Nous avons consacré pas mal de temps à des discussions sur Prosper Africa. Mais ce que j’ai surtout trouvé passionnant, c’est d’entendre directement des ministres africains parler de ce qu’ils faisaient dans leur environnement pour le rendre plus propice aux affaires pour les Américains, et également d’entendre des dirigeants d’entreprises américaines, quelques-unes des plus grandes sociétés implantées depuis longtemps sur le continent. Par exemple, je pense que General Electric est sur le continent depuis 120 ans, ce qui est incroyable et m’a vraiment surpris. Ils ont aussi parlé de leur perception de l’environnement. Parce que, comme je l’ai répété maintes et maintes fois depuis que j’ai assumé mes fonctions il y a un peu plus d’un an, je suis intimement convaincu que les entreprises américaines sont exactement ce dont l’Afrique a besoin pour créer des emplois, et des emplois dont les jeunes Africains ont besoin maintenant et auront besoin à l’avenir.

Parmi les autres événements que nous avons organisés, j’ai pu participer à deux événements de haut niveau des Nations unies, l’un sur le Mali et le Sahel, puis un autre sur le Soudan. Malheureusement, le Sahel est l’une des zones les plus problématiques du continent. On y a observé une détérioration considérable de la situation au cours de l’année qui vient de s’écouler. La communauté internationale s’efforce donc de chercher un moyen de remédier à cette situation.

Le Soudan était beaucoup, beaucoup plus optimiste, parce que toute la communauté internationale est extrêmement enthousiasmée par les évolutions positives au Soudan et ce que nous pouvons faire pour aider le Soudan à réussir sa transition. Mon équipe ici au bureau Afrique s’est jointe à moi. Et au total, je pense que nous avons eu 31 réunions distinctes avec des dirigeants africains. Comme je l’ai dit, la semaine de l’Assemblée générale des Nations unies est une suite de rencontres express pour les diplomates. Notre sous-secrétaire aux Affaires politiques a également co-organisé l’un des événements de haut niveau, celui-ci au sujet de la Somalie. C’est une autre partie du continent qui, comme nous le savons tous, est très problématique. Mais il y a une lueur d’espoir à l’horizon.

Donc, là-dessus, je vais m’arrêter et répondre à vos questions.  Et encore une fois, je suis absolument ravi d’être avec vous. À vous.

MODÉRATEUR : Merci, monsieur le secrétaire adjoint Nagy. Nous allons maintenant commencer la partie questions/réponses de l’appel d’aujourd’hui. Pour ceux qui poseront des questions, veuillez indiquer votre nom et votre organe de presse et vous limiter à une seule question. Je répète, une seule question liée au sujet de la conférence de presse d’aujourd’hui : les événements récents à l’Assemblée générale des Nations unies.

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT TIBOR NAGY : Oui, une seule question, c’est très important.

MODÉRATEUR : Oui.  Pour ceux qui écoutent l’appel en anglais, veuillez composer le *1 au téléphone pour rejoindre la file d’attente des questions. Si vous utilisez un haut-parleur, il est possible que vous deviez décrocher le combiné avant de composer le *1. Pour ceux d’entre vous qui écoutent l’appel en français et en portugais, nous avons reçu des questions préalablement envoyées par courrier électronique et vous pouvez continuer à les soumettre en anglais par courrier électronique à l’adresse [email protected].

Notre première question nous vient d’Assira Nambatingar, journaliste à la télévision nationale tchadienne. La question est la suivante : que proposent les États-Unis pour lutter contre l’expansion terroriste au Sahel ?

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT TIBOR NAGY : C’est un peu la question du jour. Comme je l’ai dit, malheureusement, le Sahel, dont nous savons tous que le Tchad fait tout à fait partie, a été l’une des régions les plus problématiques sur le continent l’an dernier. Il y a un an, la situation et les activités terroristes d’ampleur concernaient essentiellement uniquement les pays sahéliens. Comme nous le savons tous, des événements très regrettables ont eu lieu au cours de l’année dernière, ce que j’appelle un virus s’est propagé au Burkina Faso. Au cours de l’année dernière, dans le cadre de mes fonctions de secrétaire adjoint, j’ai eu le privilège de me rendre dans 22 pays, dont de nombreux États côtiers de l’Afrique de l’Ouest. Et je peux vous dire que les gouvernements de ces États côtiers sont également très préoccupés par la propagation du virus.

La meilleure façon de remédier à ce problème, c’est celle par laquelle les médecins traitent les virus. Il s’agit d’une approche multidimensionnelle et multifacettes. Il ne peut pas simplement s’agir de l’aspect sécuritaire. Parce que si nous abordons le problème uniquement sur le plan de la sécurité, nous pouvons, en travaillant ensemble, nous débarrasser des terroristes. Mais et après ? S’il reste un espace vide, qui va venir l’occuper ?

Si nous ne prévoyons pas immédiatement un développement, une gouvernance pour combler cet espace, tôt ou tard, un autre groupe d’extrémistes fera surface et, dans de nombreux cas, il sera pire que celui qui est parti. Il doit donc s’agir d’une approche à multiples facettes, de travailler avec les gouvernements de la région, avec des amis et des partenaires de toute l’Afrique, et avec d’autres amis et partenaires plus éloignés, qu’ils soient en Europe ou en Amérique du Nord.

Heureusement, nous communiquons énormément. Nous sommes très coordonnés. Nous dialoguons constamment tous pour déterminer ce que nous pouvons mieux faire à l’avenir afin de pouvoir inverser cette tendance. Parce que nous comprenons, nous savons tout à fait à quel point les personnes touchées souffrent de ce fléau. À vous.

MODÉRATEUR : Merci. Notre question suivante nous vient du groupe réuni à l’ambassade des États-Unis à Accra.  L’ambassade d’Accra ?

QUESTION : Je m’appelle Iddi Yire de l’agence de presse du Ghana.  Vous dites que vous avez de l’espoir pour l’Afrique. Pouvez-vous nous en dire plus ?

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT TIBOR NAGY : Que j’ai de l’espoir pour l’Afrique ? Oui, d’accord, je peux certainement élaborer sur ce point. Je suis l’Afrique et je vis en Afrique depuis 1978. Depuis mon arrivée en Afrique, et je pense jusqu’à ma mort, je resterai un afro-optimiste. Ce qui ne veut pas dire que je pense que l’Afrique est toujours le continent de l’avenir. Je pense que l’Afrique est un continent de l’ici et maintenant.

Si vous regardez les statistiques en Afrique, certaines personnes sont effrayées par le fait que la population africaine va doubler d’ici à 2050. Moi, je trouve qu’il s’agit d’un motif d’enthousiasme. Parce que pour moi ces millions et millions de jeunes représentent une formidable opportunité, une opportunité de croissance économique, une opportunité de prospérité, une opportunité de dynamisme. Ce que nous devons fondamentalement faire, c’est ne pas faire obstacle à cette jeunesse, ce qui signifie une meilleure gouvernance, de meilleures règles, de meilleurs environnements pour les entreprises, afin que toutes ces entreprises du monde entier qui souhaitent investir en Afrique y viennent et y investissent, et créent des emplois pour tous ces millions de jeunes. Parce que, comme je l’ai dit, ils veulent exactement ce que veulent les jeunes d’Amérique, de Chine, d’Inde et d’Europe. Ils veulent une chance de progresser au niveau économique, une chance de subvenir aux besoins de leurs familles et une chance de vivre une vie agréable grâce à la technologie moderne.

Donc oui, je suis tout à fait afro-optimiste et je crois en l’Afrique. Et j’espère que l’année prochaine, je pourrai me rendre dans les pays que je n’ai pas pu visiter l’année dernière et dialoguer à nouveau avec les gouvernements, les milieux d’affaires pour trouver des moyens de mieux travailler en partenariat. À vous.

MODÉRATEUR : Merci. La question suivante nous vient de Sani Martin de Radio Miraya du Soudan du Sud, également à l’écoute à l’ambassade des Etats-Unis à Juba. Nous entrons dans la sixième année de conflit. La communauté internationale a fait part de sa « lassitude des donateurs » et de sa réticence à financer l’accord jusqu’à ce que des progrès concrets soient accomplis dans la mise en place en cours des dispositions de sécurité transitoires. Les États-Unis diraient-ils qu’ils seront satisfaits des progrès accomplis et seraient-ils en mesure de reconsidérer l’offre d’une aide directe ?

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT TIBOR NAGY : J’aime beaucoup cette question. C’est une autre des questions importantes de la journée. Je serai en mesure de mieux répondre à cette question le 13 novembre. Parce qu’à l’heure actuelle, toute la communauté internationale s’emploie à mettre en place ce gouvernement de transition avant le 12 novembre. C’est ce que l’on attend.

Vous savez, sur de nombreuses questions internationales, il y a un plan A, un plan B et un plan C. En ce qui concerne le Soudan du Sud, il n’y a qu’un plan A, un gouvernement de transition en place le 12 novembre. Nous avons eu, pas seulement moi, je pense que c’est le cas de beaucoup de partenaires du Soudan du Sud, de longues discussions avec des membres du gouvernement. Nous avons eu des réunions des amis du Soudan du Sud et ainsi de suite. Mais tout le monde s’intéresse essentiellement à cette question.

Vous savez, en ce qui concerne d’autres questions et d’autres problèmes, le fait est que certaines de ces autres questions n’ont aucune pertinence s’il n’y a pas de gouvernement de transition en place. Maintenant, pour ce qui est de l’argent, encore une fois, le point de vue des communautés internationales est, que, comme nous le savons tous, il y a eu des problèmes de corruption par le passé. Le Soudan du Sud possède d’énormes atouts pétroliers. Le Soudan du Sud a des revenus importants. Nous croyons que le gouvernement du Soudan du Sud devrait utiliser une partie de ses propres ressources pour ce processus, de sorte qu’il soit strictement responsable des revenus comme des dépenses.

Et une fois que la communauté internationale sera satisfaite de l’utilisation de cet argent, nous pourrons peut-être alors discuter d’une assistance supplémentaire. Bien entendu, les États-Unis d’Amérique poursuivent leurs efforts d’aide humanitaire, aux réfugiés, à ceux qui sont, vous savez, d’innocentes victimes des circonstances. Mais en ce qui concerne le financement de la facilitation de la transition, nous pensons que le Soudan du Sud dispose de ressources propres qui peuvent être utilisées à cette fin. À vous.

MODÉRATEUR : Merci. Nous allons continuer sur le thème du Soudan. Nous avons deux journalistes, Wasil Ali du Sudan Tribune et Gabriele Steinhauser du Wall Street Journal qui ont des questions similaires. Le gouvernement de transition soudanais semble frustré par la réticence apparente de Washington à retirer le Soudan de sa liste d’États qui parrainent le terrorisme et une ligne d’arrivée qui semble toujours plus distante. Existe-t-il un espoir de retirer le Soudan de la liste dans un avenir proche ou le processus sera-t-il long ? L’autre question, pourriez-vous nous parler du nouveau gouvernement soudanais et du retrait du pays de la liste des États qui soutiennent le terrorisme par les États-Unis ? Et quand pensons-nous que ce retrait pourrait intervenir de manière réaliste ? Est-il possible de stabiliser l’économie du pays alors qu’il figure sur la liste et ne peut pas prétendre à l’aide du FMI ou de la Banque mondiale ?

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT TIBOR NAGY : D’accord, cela fait beaucoup de problèmes en deux questions. Mais je vais en parler, parce que, encore une fois, je suis ravi des questions de cet après-midi, car elles vont vraiment au cœur de certains des problèmes les plus importants sur notre continent. D’accord, numéro un, et je pense que cela est très important et qu’il convient de le noter, parlons du paradigme. 

Vous savez, souvent les gens parlent et utilisent cette expression de changement de paradigme à la légère. Ce changement de paradigme temporel a vraiment beaucoup de sens car, jusqu’à ce que le gouvernement de transition et le premier ministre Hamdok prennent le pouvoir, les États-Unis d’Amérique considéraient le Soudan comme un pays très problématique. À bien des égards, nous avions d’énormes problèmes avec le Soudan parce que nous le considérions comme une source d’instabilité. Nous y voyions une source d’exportation du terrorisme. C’est pour cela qu’il figurait sur la liste des États sponsors du terrorisme. Très important à noter. Cette relation a malheureusement longtemps existé. Peut-on même dire plusieurs dizaines d’années ?

Et pendant ces dizaines d’années, les États-Unis d’Amérique, le Congrès, les administrations successives ont promulgué un certain nombre de lois qui limitaient ce que nous pouvions et ne pouvions pas faire avec le Soudan. Passons à aujourd’hui. Changement total de paradigme. Les États-Unis considèrent maintenant le Soudan comme un partenaire et le gouvernement du premier ministre Hamdok comme un gouvernement avec lequel nous pouvons coopérer. Nous travaillons avec des partenaires internationaux pour faire en sorte que le Soudan puisse réussir, car nous voyons maintenant le Soudan en train de se transformer en un pays qui contribue à la stabilité dans la région. Nous espérons avoir des relations complètes et normales avec le Soudan. Nous espérons que le Soudan sera très prospère et offrira à ses propres citoyens toutes les opportunités et tous les avantages économiques possibles.

En ce qui concerne le parrainage du terrorisme par l’État, il est également très important de noter ceci. Vous savez, si nous pouvions actionner un interrupteur et y mettre fin, ce serait une chose. Mais le retrait de la désignation d’État sponsor du terrorisme n’est pas un événement, c’est un processus. Nous pouvons travailler avec le Soudan et le nouveau gouvernement pour faire en sorte que le processus se déroule le plus rapidement possible, mais je ne peux pas vous donner de dates aujourd’hui, vous dire combien de temps cela exigera, ce qui se passera quand, parce que ce processus fait intervenir un certain nombre de contraintes juridiques.

Ainsi, même si nous comprenons le point de vue de tous nos amis dans le monde entier qui demandent le retrait de la désignation de sponsor du terrorisme, les États-Unis d’Amérique doivent suivre la procédure légale en collaboration avec le gouvernement soudanais. Et je peux vous assurer que nous coopérons étroitement. Nous communiquons en permanence. Nous avons un envoyé spécial extrêmement énergique et efficace, l’ambassadeur Donald Booth, dont j’aime dire en plaisantant, mais ce n’est malheureusement pas une blague, que son bureau est installé à bord d’un avion de ligne parce qu’il ne cesse de se rendre d’un pays et d’une conférence à l’autre. Et nous organiserons ici, à Washington, dans les deux semaines à venir, la prochaine réunion des amis du Soudan créés à notre initiative, à l’initiative des États-Unis, peu après les premières évolutions positives. Il s’agit de réunions dans le cadre desquelles nous pouvons nous rencontrer et vraiment discuter des moyens d’aider le Soudan à réussir.

Certains d’entre vous se souviennent peut-être qu’à Rome, il y avait un sénateur romain qui terminait chaque discours par Carthage doit être détruite. J’en suis arrivé à terminer chaque discours par le Soudan doit réussir.

MODÉRATEUR : Merci. La question suivante nous vient d’un groupe d’écoute réuni à l’ambassade des États-Unis à Harare.  Opérateur, veuillez ouvrir la ligne, s’il vous plaît.

OPÉRATEUR : Quel endroit ?

MODÉRATEUR : L’ambassade de Harare, au Zimbabwe.

OPÉRATEUR : Merci. Cette ligne est maintenant ouverte.

QUESTION : D’accord, bonjour. Je m’appelle Muchemwa Norman du Sunday Mail de Harare, au Zimbabwe. Et ma question est la suivante : comme vous l’avez dit précédemment, vous avez de l’espoir pour l’Afrique et il s’agit d’une incitation aux entreprises américaines pour qu’elles investissent au Zimbabwe. Vous savez que le Zimbabwe est ouvert – en Afrique plutôt, on sait que le Zimbabwe est ouvert aux affaires. Quelles sont les mesures en place pour un arrangement mutuellement bénéfique concernant la question de l’investissement au profit des Zimbabwéens qui souffrent depuis longtemps ?

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT TIBOR NAGY : Bien, j’aime aussi cette question parce que j’ai eu plusieurs fois l’occasion de dialoguer avec des personnes aux plus hauts niveaux de votre gouvernement et ce dialogue a été très franc et honnête, et je ne vais pas entrer dans les détails, car ce sont des discussions privées. Mais vos dirigeants comprennent ce que les États-Unis recherchent avant que nous puissions commencer à entretenir une relation normale, constructive et positive avec le Zimbabwe.

Maintenant, je vous l’ai déjà dit, le Zimbabwe est très cher à mon cœur, car non seulement ai-je aidé à y ouvrir l’ambassade peu de temps après les accords de Lancaster House en 1980, mais je pense que mon véhicule était le deuxième à traverser le pont de Chirundu entre la Zambie et le Zimbabwe. Mes enfants sont nés au Zimbabwe indépendant, à Harare. Donc j’apprécie vraiment, vraiment le pays. J’apprécie ses formidables talents, ses qualités. Malheureusement, ce n’est pas un secret, nos relations avec le Zimbabwe sont problématiques. Il y a la loi ZIDERA qui limite dans une certaine mesure ce que les États-Unis peuvent et ne peuvent pas faire.

Des informations erronées circulent que je tiens à rectifier. Certaines personnes disent que les États-Unis ont imposé des sanctions au Zimbabwe. Nous répétons encore une fois qu’il n’y a pas de sanctions des États-Unis en vigueur à l’encontre du Zimbabwe. Nous appliquons des sanctions à l’encontre de certaines personnes et de certaines sociétés et il pourrait y avoir plus de détails à ce sujet, mais pas contre le pays. Rien n’empêche les entreprises américaines d’investir au Zimbabwe, d’aller au Zimbabwe.

Cependant, encore une fois, soyons tout à fait francs. Le Zimbabwe a un problème de réputation. Nous sommes très préoccupés par la façon dont le gouvernement traite ses propres citoyens. Nous sommes très préoccupés par l’espace disponible pour la démocratie et la gouvernance au Zimbabwe. Nous avons été alarmés par la façon dont le gouvernement a traité ses propres citoyens. Voilà donc les problèmes. Mais comme je l’ai dit, nous avons eu des discussions très franches, honnêtes et ouvertes aux plus hauts niveaux de votre gouvernement. Vous savez donc, espérons-le, encore une fois, vous savez que je rêve et je prie que nous puissions avoir des relations positives entièrement normalisées avec tous les pays d’Afrique. Et le Zimbabwe est presque en haut de ma liste de souhaits.

Encore une fois, compte tenu du rapport très personnel que j’ai avec votre très beau pays et votre peuple magnifique. À vous.

MODÉRATEUR : Merci.  La question suivante vient d’un groupe d’écoute réuni à l’ambassade des États-Unis à Addis Abeba, en Éthiopie.  Opérateur, veuillez ouvrir la ligne s’il vous plaît.

OPÉRATEUR : Elle est ouverte.

QUESTION : Merci beaucoup.  Je m’appelle Bereket de l’agence de presse éthiopienne. Je vois des informations en provenance de l’Assemblée générale des Nations unies sur des dirigeants africains qui ont eu leur —

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT TIBOR NAGY : Ralentissez, ralentissez mon ami.     

QUESTION : Certains dirigeants africains qui ont eu la possibilité de prononcer un discours liminaire à l’Assemblée générale des Nations unies avaient tous deux leur conseil concernant la représentation de l’Afrique au Conseil de sécurité des Nations unies. Ils disent que l’Afrique devrait avoir un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. Ils posent cette question depuis quelques années, mais ils ne reçoivent aucune réponse concrète de la part des Nations unies. [Inaudible] et donc quelle est la position des États-Unis sur cette question. Et ma deuxième question est …

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT TIBOR NAGY : D’accord, une question. N’oubliez pas les règles, mon ami.

MODÉRATEUR : Juste une question.

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT TIBOR NAGY : Une question. D’accord, il fallait bien essayer quand même. Vous savez, vous êtes toujours très bons à ce jeu. Très bien, voici ce que je peux dire au sujet de la représentation au Conseil de sécurité, qui a ou n’a pas, vous savez, une représentation permanente, comme nous le disons, c’est une question qui se situe au plus haut niveau politique. Ce n’est pas à moi de décider ou de m’exprimer à ce sujet.

Cependant, ce que je peux vous dire, c’est que nous accordons une grande valeur, une très grande valeur – les États-Unis attachent une grande importance au travail de l’A-3. Vous savez, il y a toujours trois membres africains au Conseil de sécurité. Nous avons toujours grand plaisir à travailler avec eux, nous les consultons très attentivement et étroitement sur chaque question sans exception. Cela sera encore le cas cette année. Nous dialoguons avec ces capitales. Nous dialoguons personnellement avec les représentants. Ainsi, dans le Conseil de sécurité actuel, dans sa composition, nous accordons une grande importance à la représentation africaine. À vous.

MODÉRATEUR : Merci. La question suivante nous vient d’un groupe d’écoute réuni à l’ambassade des Etats-Unis en Eswatini.  Opérateur, veuillez ouvrir la ligne s’il vous plaît.

OPÉRATEUR : Excusez-moi, de quelle ville s’agit-il ?

MODÉRATEUR : Eswatini.

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT TIBOR NAGY : à Mbabane.

OPÉRATEUR : D’accord, cette ligne est ouverte.

QUESTION : Je m’appelle Zwelethu Dlamini du Sunday Observer et ma question est la suivante : Quelles réformes politiques et économiques l’Eswatini doit-il entreprendre pour rester éligible au bénéfice d’opportunités commerciales avec les États-Unis telles que l’AGOA, la MCC et Prosper Africa ?

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT TIBOR NAGY : D’accord, j’aimerais pouvoir répondre de manière très détaillée à cette question concernant vos critères particuliers. Malheureusement je ne peux pas. Je connais les critères d’éligibilité généraux, je sais ce que sont nos paramètres en général pour accroître le commerce et les investissements avec l’Afrique. Nous comptons sur chacune de nos ambassades des États-Unis pour traiter directement avec leur gouvernement hôte des problèmes spécifiques rencontrés. Je peux vous dire de manière générale que pour que les États-Unis, les entreprises américaines investissent dans un pays, elles veulent voir ce que nous appelons des conditions équitables, dans lesquelles tous les pays doivent respecter les mêmes règles en matière de commerce. Ils veulent voir des contrats honnêtes et à valeur contraignante afin de signer un contrat dans ce pays, qu’en cas de conflit, l’affaire soit examinée de manière équitable. Ils veulent voir un système de justice honnête, de sorte qu’en cas de litiges contractuels, le juge ne décide pas automatiquement en faveur de la personne susceptible de verser le plus grand pot-de-vin par exemple, ou qui fait partie de la famille du chef de l’État.

Ces entreprises apporteront également avec elles de merveilleuses opportunités pour les citoyens du pays. Elles transfèrent des technologies. Elles ne font pas venir des centaines, voire des milliers d’employés d’Amérique. Elles aiment embaucher des gens localement. Elles aiment former les gens localement. Elles aiment traiter les hommes et les femmes du pays de la même manière. Elles respectent très strictement les dispositions en matière de protection de l’environnement. Elles ne font pas de contrebande de produits de base, que ce soit de l’or, des diamants ou des défenses d’éléphants. 

Vous savez, je suis très favorable à l’envoi de sociétés américaines. Mais en même temps, nous demandons aux gouvernements de nos pays hôtes d’instaurer un environnement propice à l’activité des entreprises et je sais que la Banque mondiale publie chaque année un index appelé l’Indice de facilité de faire des affaires. Et vous pouvez toujours le consulter pour voir où votre pays s’y situe. Parce que je peux vous promettre que les entreprises américaines qui envisagent d’investir en Afrique le consultent certainement. À vous.

MODÉRATEUR : Merci. La question suivante nous vient d’un groupe d’écoute réuni à l’ambassade des États-Unis de Nairobi, au Kenya. Opérateur, veuillez ouvrir la ligne s’il vous plaît.

OPÉRATEUR : La ligne est ouverte.

QUESTION : Bonjour, je m’appelle Enzi Langa, je travaille pour le journal The Star au Kenya. Ma question est la suivante : des centaines de Kenyans observent pendant huit ans les États-Unis, par exemple le président américain Donald Trump lorsqu’il se rend en septembre [Inaudible]. Les États-Unis ont-ils l’intention de créer des emplois pour les Kenyans ? Et aussi le financement a été ouvert de 57 milliards – de shillings – à 60 milliards l’an dernier. Donc, nous en avons aussi – les États-Unis ont-ils l’intention d’augmenter leur financement dans notre pays ?

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT TIBOR NAGY : Je n’ai pas compris le fond de cette question. Pouvez-vous s’il vous plaît la répéter – Je veux dire répéter l’essence de votre question ?

QUESTION : D’accord, si l’on considère des centaines de Kenyans, quelles sont les ONG financées par le gouvernement américain [INAUDIBLE] Et ma question est la suivante : les États-Unis prévoient-ils de créer des emplois pour les Kenyans et aussi la pratique du plan d’urgence du président des États-Unis [INAUDIBLE] soutenant la position de [INAUDIBLE] et – oui, le financement a augmenté de 57 milliards à 60 milliards l’année dernière. Donc, les États-Unis prévoient-ils d’accroître cette somme au Kenya ?

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT TIBOR NAGY : D’accord, alors voilà. Aux États-Unis d’Amérique, le financement officiel de notre gouvernement que nous dépensons dans le monde représente un très, très petit pourcentage de ce que j’appellerais l’investissement total américain dans les pays. Parce que contrairement aux pays où tout est la propriété de l’État, aux États-Unis, l’essentiel des investissements destinés à l’Afrique provient de notre secteur privé.

Si vous regardez le montant que le secteur privé américain investit en Afrique, il éclipse ce que pourrait faire tout autre pays. Je ne connais pas la proportion, par exemple, au Kenya, mais je sais qu’en Afrique du Sud, par exemple, l’investissement américain est responsable d’environ 20 % du PIB et emploie environ 200 000 Sud-Africains. Donc, l’investissement américain est énorme.

Par conséquent, le seul fait que les programmes officiels du gouvernement des États-Unis puissent diminuer ne signifie pas que nos investissements globaux dans un pays n’augmentent pas. Avec le Kenya en particulier, nous entretenons des relations très coopératives et positives avec le gouvernement. Comme vous le savez, l’année passée, nous avons eu un dialogue de haut niveau entre les États-Unis et le gouvernement du Kenya. Et une autre nouvelle chose que nous avons faite l’année dernière et dont nous sommes très très satisfaits en Afrique est la mise en place, dans chacune de nos ambassades, de ce que nous appelons des équipes de négociation, et toute l’ambassade américaine est mobilisée par la recherche de débouchés commerciaux pour l’Amérique dans le pays, pour le pays en Amérique, en travaillant avec le gouvernement du pays pour améliorer l’environnement des affaires.

Et je vous assure que la manière dont les pays se développent, prospèrent et passent de faibles revenus à des revenus moyens, consiste à investir dans le secteur privé mondial et c’est ce que nous souhaitons vraiment, vraiment dynamiser parce que le financement officiel du gouvernement en est très loin.  Ce n’est même pas dans le même ordre de grandeur que ce qu’apporte le secteur privé. À vous.

MODÉRATEUR : Merci. La question suivante nous vient du journaliste américain Nick Turse. Opérateur, veuillez ouvrir la ligne s’il vous plaît – de The Intercept.

QUESTION : Oh, d’accord. Merci d’avoir pris le temps de nous parler aujourd’hui, monsieur l’ambassadeur Nagy. Vous avez brièvement évoqué la Somalie dans votre allocution liminaire et il y a quelques jours, pour la deuxième fois cette année, Amnesty International a publié un rapport accablant selon lequel les États-Unis ont fait preuve de ce qu’ils appellent un « mépris effroyable pour les civils » en Somalie, attirant l’attention sur les attaques aériennes sur les non-combattants.

Le commandement américain pour l’Afrique affirme qu’après des centaines de frappes aériennes et de missions terrestres au cours des 10 dernières années, les États-Unis n’ont tué ou blessé que deux civils en Somalie. Je voulais donc vous demander si cela vous semble crédible. Et des civils sont-ils tués lors des frappes américaines ?

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT TIBOR NAGY : D’accord, sur cette question je déteste botter en touche mais je dois le faire. C’est absolument une question qui doit être adressée au ministère de la Défense, ce n’est pas pour le secrétaire d’État. Alors, s’il vous plaît, posez-la au ministère de la Défense et parlez-en à son personnel. À vous.

QUESTION : D’accord et dans ce cas —

MODÉRATEUR : Merci. Merci opérateur, fermez la ligne. La question suivante nous vient d’un groupe d’écoute réuni à l’ambassade de Juba, au Soudan du Sud. Opérateur, veuillez ouvrir la ligne s’il vous plaît.

OPÉRATEUR : La ligne est ouverte.

QUESTION : D’accord, je peux parler ? Très bien, je m’appelle Emmanuel de Eye Radio à Juba. Je crois que, M. Tibor, vous avez pris connaissance du rapport publié récemment par The Sentry sur l’implication de hauts responsables du gouvernement du Soudan du Sud et proposant en fait des recommandations au gouvernement américain. Quelles sont donc vos recommandations actuelles ?

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT TIBOR NAGY : Merci beaucoup d’avoir soulevé cette question. Parce que je connais très bien les personnes impliquées dans The Sentry. En fait, j’en connais une et la respecte depuis très longtemps, John Prendergast. Notre département d’État, le gouvernement des États-Unis, nous saluons les efforts de The Sentry pour faire la lumière sur les pratiques corrompues au Soudan du Sud. Nous savons depuis longtemps qu’il existe malheureusement un lien très étroit entre la corruption et les conflits. Des innocents ont souffert. Les États-Unis examineront très attentivement les documents présentés et les recommandations du rapport de The Sentry et, comme vous le savez tous, les États-Unis d’Amérique conservent le droit d’utiliser tous les outils à leur disposition, diplomatiques, financiers ou autres en conséquence.

À l’heure actuelle, il y a des allégations. Il s’agit d’allégations très graves, mais elles exigent une analyse, une évaluation et une enquête minutieuses. Merci beaucoup, à vous. C’est tout.

MODÉRATEUR : Merci. Merci Monsieur le secrétaire adjoint Nagy.  Nous aimerions savoir si vous souhaitez dire quelques mots en conclusion. 

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE ADJOINT TIBOR NAGY : La seule chose que je voudrais dire est encore une fois, merci beaucoup pour votre intérêt. Merci beaucoup pour votre participation. Nous voulons vraiment faire cela régulièrement. Nous apprécions grandement nos échanges et les échanges avec les journalistes de continent à continent. Nous sommes tous d’accord, nous le croyons tous et, comme je l’ai dit plus tôt, notre bureau, ici à Washington, est absolument afro-optimiste. Faisons donc en sorte que l’Afrique réussisse. Non seulement le Soudan mais l’Afrique. À vous.

MODÉRATEUR : Je vous remercie. Cela conclut l’appel d’aujourd’hui. Je tiens à remercier le secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines, Tibor Nagy, de s’être joint à nous. Et merci à tous les appelants pour leur participation. Si vous avez des questions sur l’appel d’aujourd’hui, vous pouvez contacter le Centre médiatique régional de l’Afrique à [email protected].  Merci.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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