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Conférence de presse spéciale par téléphone avec le sous-secrétaire adjoint Jon Piechowski du bureau des Affaires des Amériques

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Département d’État des États-Unis
Le 11 octobre 2019

 

Modératrice : Bonjour à tous du Centre médiatique pour les Amériques du département d’État des Etats-Unis, à Miami, en Floride. J’aimerais souhaiter la bienvenue à nos participants qui se joignent à nous depuis les Etats-Unis et le continent.

Les propos de cette conférence avec le sous-secrétaire adjoint du bureau des Affaires des Amériques du département d’État, M. Jon Piechowski, sont officiels. Le thème d’aujourd’hui est la situation actuelle des droits de l’homme au Venezuela alors que le pays brigue un siège au Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

Nous commencerons par une allocution d’ouverture, et passerons ensuite à vos questions.

Et, avec cela, je cède la parole à Monsieur Jon Piechowski, sous-secrétaire adjoint.

Monsieur Piechowski : Merci beaucoup, Namita.  Merci à tous de participer à cet appel. 

La semaine prochaine, les membres de l’Assemblée générale des Nations unies éliront de nouveaux membres au Conseil des droits de l’homme. Le Venezuela, en particulier le régime illégitime de Nicolas Maduro, est candidat à l’un de ces sièges.

Les États-Unis estiment que l’élection d’un pays qui s’est rendu coupable de violations flagrantes des droits de l’homme comme le Venezuela constituerait un affront à ce conseil, à la protection des droits de l’homme au Venezuela et dans le monde, et je voudrais vous exposer les raisons pour lesquelles il s’agit d’une proposition aussi scandaleuse.

Maduro préside un régime qui se sert de ses forces de sécurité pour réprimer son peuple. Dans son récent rapport, la Haute-Commissaire, Michelle Bachelet, a trouvé des preuves de plus de 7 000 exécutions extrajudiciaires depuis 2018. Il est clair que ce système a recours à la violence pour terroriser la population. Maduro détient également actuellement environ 470 prisonniers politiques dans ses geôles, à la fois dans les systèmes de la police secrète et dans ses locaux militaires. Les prisonniers, qu’il s’agisse de militants, de politiciens ou de militaires vénézuéliens, sont incarcérés dans des conditions épouvantables, où nous avons entendu parler de cas crédibles de torture. Il y a tout juste un an, un homme politique vénézuélien, Fernando Alban, a été victime de ce qui semble être un meurtre, et cet anniversaire est un rappel au monde entier que Maduro représente quelqu’un – ou est un – représente un pays et un système qui ne respecte pas les opinions politiques divergentes.

Enfin, je voudrais parler de la censure de la presse au titre des libertés et des droits fondamentaux. Maduro a pratiquement fermé tous les médias indépendants, des journaux aux radios en passant par la télévision, et procède même à des coupures d’Internet afin d’empêcher le peuple vénézuélien d’avoir accès à des informations véridiques sur ce qui se passe dans son pays.

Pour terminer, je voudrais simplement dire que Maduro a même recours à la nourriture comme outil de répression, ce qui conforte également l’idée selon laquelle la présence d’un représentant de Maduro au Conseil des droits de l’homme est une proposition absolument choquante. Les prestations du programme alimentaire qu’il préside, appelé CLAP, sont principalement destinées aux personnes qui ont exprimé leur soutien politique pour Maduro. Ceux qui ne veulent pas adhérer à ses idées ou qui ne lui font pas allégeance reçoivent moins ou pas de nourriture. Donc, cette utilisation de la nourriture comme arme politique, comme outil de répression, disqualifie à elle seule la candidature d’un émissaire de Maduro à Genève. Mais avec ces trois autres motifs que j’ai exposés, je pense que le monde entier peut voir que l’on ne manque pas de raisons de refuser qu’un représentant de Maduro siège au Conseil des droits de l’homme à Genève.

Et là-dessus, je vais répondre à vos questions.  Merci.

Modératrice : Merci. Nous allons maintenant passer à la portion consacrée aux questions de notre conférence de presse d’aujourd’hui.

Notre première question nous vient de Nora Gamez du Miami Herald.  Allez-y s’il vous plait.

Question : Bonjour, et merci d’organiser cet appel.  Pouvez-vous nous décrire les efforts diplomatiques déployés par les États-Unis pour empêcher l’assignation d’un siège à Maduro et pensez-vous qu’il y a suffisamment de voix pour élire le Costa Rica au lieu du Venezuela ?

Monsieur Piechowski : Eh bien, je ne veux pas spéculer, et je crois que ce vote a lieu à bulletin secret lors de l’Assemblée générale. Donc, je ne veux pas spéculer sur cette question. Mais je pense qu’il est clair que, quand on regarde la liste des pays qui s’expriment, le Venezuela de Maduro n’est définitivement pas digne de siéger au Conseil des droits de l’homme.

Modératrice : Merci. Notre question suivante est une question de Carla Angola d’EVTV Miami.

Question : Bonjour. Merci. Même si le monde réussit à frustrer les intentions de Maduro en ce qui concerne l’obtention d’un siège au Conseil des droits de l’homme, Maduro continue d’assiéger et de torturer, d’emprisonner et de tuer des civils et des militaires simplement en raison de leurs différences d’opinion. La question qui se pose est la suivante : comment empêcher ces violations des droits de l’homme ? Le [inaudible] illégal du Venezuela avec ce bourreau, et ils ne comprennent pas comment un rapport, une motion ou une résolution peuvent leur sauver la vie. Pouvez-vous s’il vous plaît nous l’expliquer ?

Monsieur Piechowski : C’est une excellente question. Clairement, une résolution en elle-même ne peut pas sauver des vies. Mais parallèlement, les informations communiquées par des Vénézuéliens courageux ainsi que par des organismes internationaux tels que le Haut-Commissariat révèlent au monde la répression et les conditions inhumaines dans lesquelles tant de Vénézuéliens sont contraints de vivre. Et nous continuerons à travailler avec les pays du monde entier pour accroître la pression sur Maduro afin que l’on aboutisse finalement à une transition vers la démocratie, au rétablissement de la démocratie vénézuélienne, afin que les Vénézuéliens ne soient plus obligés de vivre dans cette peur ou avec la possibilité d’être tués sans – tués par des forces de sécurité comme cela.

Modératrice : Je vous remercie. Notre question suivante a été soumise à l’avance par Dario Mizrahi d’Infobae en Argentine. Je le cite : « Les violations des droits de l’homme au Venezuela sont en augmentation. Les États-Unis pourraient-ils changer de stratégie pour exercer davantage de pression sur le régime ? Quelles autres mesures les États-Unis pourraient-ils prendre contre le régime ? »

Monsieur Piechowski : Bien merci. Je ne veux pas spéculer sur les mesures spécifiques que les États-Unis sont susceptibles de prendre. Je dirai que les États-Unis ont – en ce qui concerne nos propres outils que nous possédons en tant que pays, nous avons renforcé les sanctions à l’encontre du Venezuela ainsi que contre des responsables vénézuéliens. Et je pense que vous avez également constaté un nombre croissant de sanctions prises par d’autres pays, y compris l’Union européenne

Je pense que l’invocation récente du traité de Rio nous permet de disposer d’un mécanisme supplémentaire par lequel les pays de la région peuvent exercer des pressions accrues sur Maduro et ses hommes de main, de sorte qu’ils se rendent compte que la situation actuelle au Venezuela n’est pas supportable et qu’ils devraient prendre la bonne décision et laisser la place pour que la démocratie revienne au Venezuela.

Modératrice : Notre question suivante nous vient d’Emanuel Villalobos de TV Venezuela.  Allez-y s’il vous plait.

Question : Bonjour tout le monde. Bonjour, monsieur Piechowski. Le Venezuela et la Russie ont reconduit un contrat d’assistance et de conseil militaire. Quelle est votre opinion à ce sujet et en quoi la question des droits de l’homme peut-elle être compliquée par cet arrangement ?

Monsieur Piechowski : Bien merci. Je pense que les États-Unis ont clairement indiqué que la Russie ne joue pas un rôle utile au Venezuela. Nous pensons que le soutien apporté par la Russie conforte réellement la position de Maduro d’une manière contraire aux souhaits du peuple vénézuélien. Je dirais également qu’il est intéressant que le Venezuela dépense une telle portion de son budget en armes russes alors qu’il pourrait aider son peuple. Les États-Unis continueront de dialoguer avec la Russie ainsi qu’avec d’autres pays de la communauté internationale afin de trouver des moyens d’isoler Maduro pour qu’il démissionne et que le peuple vénézuélien puisse à nouveau jouir de la démocratie dans son pays.

Modératrice :Notre question suivante est celle de Ben Fox d’Associated Press.  Allez-y s’il vous plait.

Question : Oui. Bonjour. La coalition pour – qui appelle à l’investiture de Guaido au poste de président par intérim a en quelque sorte atteint un plateau autour de 54 pays, et je me demande si les États-Unis font quoi que ce soit pour renforcer cette coalition et, dans l’affirmative, pourquoi ne progresse-t-elle pas plus et qu’est-ce que cela tend à indiquer en ce qui concerne les résultats du Venezuela lors de ce vote de l’Assemblée générale ? Je vous remercie.

Monsieur Piechowski : Merci pour la question. Je dirais tout d’abord que je pense que le nombre de pays reconnaissant Guaido comme président par intérim du Venezuela est maintenant de 56. Mais au-delà de cela, je pense qu’il y a beaucoup de choses que peuvent faire les pays, ils peuvent prendre diverses mesures pour soutenir la démocratie au Venezuela, depuis la reconnaissance de Guaido en tant que président par intérim à des mesures plus directes, je pense, pour sanctionner les responsables vénézuéliens et faire en sorte que Maduro ne bénéficie pas d’une présence au sein des organisations internationales. Je dirais que refuser à Maduro un siège au Conseil des droits de l’homme est l’un des moyens par lesquels les pays du monde entier peuvent manifester leur rejet de son mépris flagrant pour les droits fondamentaux du peuple vénézuélien.

Modératrice : Nous avons une question de suivi. Et ensuite, je vais prendre une question de suivi de Nora Gamez du Miami Herald.

Question:  Bonjour, bonjour. Oui, merci encore une fois. Si vous pouviez simplement décrire un peu plus le genre d’actions que les États-Unis ont entreprises pour empêcher Maduro d’obtenir ce siège au Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Monsieur Piechowski : Sûr. Bien évidemment, je vous parle. Voilà déjà une façon. Bien sûr, il y a beaucoup de travail diplomatique qui intervient, un dialogue avec des pays qui croient fermement en les droits de l’homme et qui reconnaissent que le Conseil des droits de l’homme ne peut fonctionner efficacement que si les membres qui siègent à Genève incarnent les valeurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Je pense que lorsque vous regardez les pays qui se sont présentés – qui ont présenté leur candidature, affirmer clairement que le respect des droits de l’homme, le respect de la démocratie doivent être un critère fondamental pour y siéger est, à mon avis, un de ces moyens. Mais bien sûr, nous avons mis en œuvre d’importantes actions diplomatiques au-delà du dialogue avec le public afin que le monde entier sache ce qui se passe et que Nicolas Maduro ne soit pas apte à envoyer un représentant à Genève.

Modératrice : Merci.  Et nous avons maintenant une question de suivi de Carla Angola d’EVTV Miami. 

Question: Merci beaucoup encore une fois. En ce qui concerne de futures violations des droits de l’homme sur le continent, je voudrais vous demander comment les États-Unis sont prêts à faire face aux plans de sabotage du Venezuela contre la région ? Il ne s’agit plus seulement de groupes terroristes ou de dissidents des FARC annonçant depuis le territoire vénézuélien qu’ils vont retourner à la violence. On dit maintenant que l’ex-président équatorien Correa a organisé des manifestations de protestation en Équateur depuis sa cachette au Venezuela. Des émissaires importants de Maduro sont arrêtés avec des informations sensibles sur le président Moreno. Comment allez-vous empêcher Maduro de continuer à protéger les fugitifs de la justice internationale et à déstabiliser l’ensemble du continent, et même de devenir une menace majeure pour les États-Unis ? Merci.

Monsieur Piechowski : Eh bien, merci pour cette question. Je pense en premier lieu que le fait que les pays du traité de Rio se soient réunis pour invoquer ce traité constituait une reconnaissance, non seulement du fait que Maduro opprime le peuple du Venezuela, mais que par sa répression, par sa mauvaise gestion, et son règne ruineux sur le Venezuela, il présente également une menace pour la stabilité et la sécurité dans la région. Plus de quatre millions et demi de Vénézuéliens ont fui leur pays, ce qui a contraint les pays voisins à accueillir des centaines de milliers de réfugiés et de migrants. Ce n’est pas une situation durable.

Le gouvernement colombien a révélé qu’il existe différents groupes terroristes et membres de groupes terroristes et, à l’évidence, d’organisations de trafic de stupéfiants, qui trouvent refuge  au Venezuela. Nous avons également entendu différentes choses en provenance de l’Équateur. Dans le cas de l’Équateur, nous surveillons activement les manifestations qui se déroulent dans ce pays en ce qui concerne une implication éventuelle d’acteurs extérieurs. Nous ne soutenons pas la violence en Équateur et nous pensons que toutes les manifestations dans ce pays doivent avoir lieu de manière pacifique. Mais nous cherchons à déterminer s’il y a une activité malveillante d’acteurs externes.

Modératrice : Merci, et cela conclut l’appel d’aujourd’hui. Je tiens à remercier le sous-secrétaire adjoint M. Piechowski de s’être joint à nous et tous nos interlocuteurs pour leur participation. Si vous avez des questions sur l’appel d’aujourd’hui, vous pouvez nous contacter à [email protected] Merci et bonne journée.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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