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Vers des liens plus étroits entre les Etats-Unis et les Caraïbes

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Département d’État des États-Unis
Michael R. Pompeo, secrétaire d’État
Kingston, Jamaïque
Le 22 janvier 2020

 

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Bonjour à tous. J’étais là-bas. J’ai entendu un « amen ». C’est le meilleur accueil sur scène que l’on puisse faire. (Rire.)

Merci, Madame la ministre des Affaires étrangères, pour cette aimable présentation. Je suis ravi d’être ici. C’est mon premier voyage ici en tant que secrétaire d’État, mais mon neuvième voyage dans la région. Et je suis ravi que les États-Unis et la région se soient unis de cette manière importante.

Je tiens à saluer un certain nombre d’amis qui sont parmi nous aujourd’hui : le premier ministre de la Jamaïque, Andrew Holness ; les ministres des Affaires étrangères des Bahamas, de la République dominicaine, d’Haïti, de Saint-Kitts-et-Nevis et de Sainte-Lucie ; et je tiens également à saluer Ann-Dawn Young de l’AmCham Jamaica et Keith Duncan de l’Organisation du secteur privé de la Jamaïque. Vous avez eu la gentillesse d’accueillir cet événement ici aujourd’hui. Je vous en remercie de tout cœur.  

L’hospitalité dont j’ai bénéficié ici a été exceptionnelle. J’ai maintenant été invité – et ma femme Susan le sait aussi, nous reviendrons donc ici. Nous reviendrons pour voir les Montagnes bleues et les plages un jour, probablement lorsque j’aurais fini de voyager de par le monde à cette fréquence. (Rire.)

Je voulais vraiment venir ici. J’ai beaucoup pensé à cette visite avec vous. J’ai été frappé lorsque je préparais mon voyage par les propos de Luis Almagro, le secrétaire général de l’Organisation des États américains, c’est ce qu’il a dit lors de notre rencontre la semaine dernière à Washington.

Il a dit que « l’Amérique latine et les Caraïbes ne sont plus ignorés des États-Unis ».

Ces propos m’ont paru bien étranges, étant donné que nous sommes des voisins si proches. Et pourtant je pense qu’il avait probablement raison. Je pense que les États-Unis ne se sont trop longtemps intéressés aux Caraïbes que lorsqu’elles étaient frappées par des catastrophes naturelles. Trop de responsables américains sont venus ici pour parler d’aide, et seulement d’aide.

Ce n’est pas ce dont je vais parler aujourd’hui. Je pense que les États-Unis et les Caraïbes font beaucoup d’autres choses ensemble, peuvent accomplir encore plus de choses ensemble et, surtout, devraient collaborer beaucoup plus étroitement. Comme l’a fait remarquer le premier ministre, nous sommes des alliés et des partenaires naturels. Le moment est maintenant venu de resserrer encore nos liens. Il y a tellement d’opportunités.

C’est de cela dont je vais parler aujourd’hui, et ensuite je répondrai avec plaisir à quelques questions d’Allison.

Commençons par la géographie. La géographie est importante. Il faut deux fois moins de temps pour aller de Miami à Kingston que pour parcourir la distance de Miami à New York en avion. Nous avons toujours été aussi proches physiquement. Mais de nouveaux défis à notre souveraineté et à notre sécurité exigent que nous nous rapprochions encore plus aujourd’hui.

Je viens juste de rentrer de Bogota, du troisième sommet sur la lutte contre le terrorisme sur notre continent. Les nations de toute la région se trouvent confrontées aux mêmes menaces communes, et elles ne manquent pas.

Des combattants de Daech – des combattants de Daech – sont venus de Trinité-et-Tobago. Le Hezbollah a des tentacules partout en Amérique du Sud. Les FARC et l’ELN se réfugient aujourd’hui au Venezuela. La crise d’origine humaine provoquée par Maduro au Venezuela a entraîné une crise migratoire sans précédent. Près de 5 millions de Vénézuéliens ont fui sa tyrannie. Cuba et la Russie continuent de s’ingérer dans les affaires souveraines des pays, et essaient de déstabiliser les démocraties. Et bien sûr, il y a les cartels de la drogue auxquels nous avons à faire, et le trafic d’êtres humains, le trafic d’armes et la cybercriminalité qui les accompagnent.

C’est très différent de l’époque de la guerre froide. J’étais un jeune lieutenant à l’époque, et les défis et les menaces auxquels je suis confronté et auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui sont très différents. Les « méchants » sont plus sophistiqués et plus impitoyables. Et nos nations ont donc l’obligation, pour notre peuple même, de coopérer plus étroitement dans le souci de notre sécurité commune.

C’est ce que nous faisons déjà dans le cadre de l’Initiative pour la sécurité du bassin des Caraïbes, qui en est à sa dixième année, une décennie. Nous obtenons des résultats incroyables en ce qui concerne la saisie des expéditions de drogue. Nous aidons les enfants à éviter de tomber dans la criminalité. Et nous sommes prêts, l’Amérique est prête, à continuer à le faire en partenariat avec les pays de la région.

Continuons à progresser sur la voie de liens plus étroits.

Il y a aussi – et nous le voyons clairement dans la vision de l’Amérique du président Trump – il y a un impératif économique au rapprochement. Nous sommes liés depuis longtemps par le commerce. La ministre des Affaires étrangères a dit que les États-Unis étaient le principal partenaire commercial de la région. Je n’en donnerai qu’un exemple : on trouve de l’asphalte de Trinité-et-Tobago sur le trottoir de Pennsylvania Avenue entre la Maison Blanche et le Capitole des États-Unis.

Mais nos liens économiques ne sont pas définis par l’aide du gouvernement ou les envois de fonds des membres de vos communautés qui sont partis vivre aux États-Unis. Nous voulons construire des économies économiquement durables – et c’est possible.

Ce succès commence par une bonne politique, une politique saine. Vous connaissez tous la réponse : le respect de l’État de droit, du droit de propriété, une culture commerciale propice à l’entreprise et à la prise de risques. Nous savons que vous travaillez à tout cela, et nous sommes heureux de vous aider. Nous voulons ce qu’il y a de mieux pour vos peuples.

De solides liens économiques sont aussi importants pour d’autres raisons cruciales. J’en ai parlé dans un discours que j’ai prononcé en Californie la semaine dernière. Ce sont ces idées, cet impératif vaut autant pour Ste Lucie que pour la Silicon Valley où j’ai fait ce discours.

Il est tentant d’accepter de l’argent facile de pays comme la Chine. Mais à quoi cela sert-il s’il alimente la corruption et affaiblit l’état de droit dans votre pays ? À quoi servent ces investissements s’ils détruisent en fait votre environnement et ne créent pas d’emplois pour vos citoyens ?

Il y a une meilleure solution. Nous le savons tous et nous pouvons tous y parvenir ensemble. Les activités des entreprises occidentales, des entreprises américaines reposent sur des valeurs qui ont fait leurs preuves pour aboutir à des accords constructifs et un travail de qualité, le travail que nous faisons dans les démocraties, des choses comme des contrats transparents, le respect de l’État de droit, des pratiques comptables honnêtes et simples. C’est pourquoi je suis fier d’être le secrétaire d’État des États-Unis et de plaider pour que des entreprises américaines viennent et souhaitent participer à l’économie et investir dans des endroits comme la Jamaïque et la région.

Vous voyez, certaines de ces grandes entreprises sont représentées ici aujourd’hui. Cela témoigne de notre souhait sincère de partenariat pour la prospérité. Nous pouvons faire en sorte que toutes nos nations progressent ensemble. C’est pourquoi nous avons lancé ce que nous appelons maintenant l’initiative Growth in Americas.

La Jamaïque faisait partie des membres fondateurs lors du lancement de cette initiative en décembre à Washington, et nous sommes impatients d’inclure davantage de pays. Nous voulons aider chacun de vos pays à catalyser l’investissement privé dans les infrastructures.

Nous avons créé une nouvelle Development Finance Corporation au sein de notre département d’État. Elle peut aider votre secteur privé à parvenir à l’autonomie. Un seul exemple. Nous avons hâte de travailler avec Haïti pour déterminer comment la DFC peut aider son économie. 

Il est vrai aussi que nos valeurs gagnent également du terrain dans le secteur de l’énergie, où nous élargissons notre collaboration. C’est important. Cela réduit les coûts pour les consommateurs et les entreprises. PetroCaribe disparaît à l’horizon, comme le fera le régime de Maduro lui-même.

Nous progressons vers des liens plus étroits.

Cela m’amène à une autre raison pour laquelle le moment est venu de nouer des relations plus profondes – la centralité de nos principes démocratiques, notre vision de la vie humaine.

Il est clair que ce continent s’achemine vers la liberté, plus que jamais auparavant, du Brésil à ce qui s’est passé ces derniers mois en Bolivie. Les gens réclament la démocratie et la liberté.

Nous le voyons surtout dans la manière dont les pays de la région ont réagi à la crise vénézuélienne. Seuls les dictateurs du Venezuela, de Cuba et du Nicaragua pensent que les gens devraient vivre sous un joug autoritaire, dans une économie en faillite, où les avantages sont monopolisés par une élite corrompue.

Je sais que de nombreux pays des Caraïbes, comme Sainte-Lucie, et Curaçao, ont accueilli des personnes qui ont fui l’autoritarisme de Maduro. Je tiens à remercier chaque nation qui a accueilli ces personnes confrontées à un tel défi.

J’étais avec le président Guaido lundi en Colombie. Nous avons parlé du soutien qu’il a reçu de la part de ce continent. Il voulait que je vous remercie tous dans cette salle aujourd’hui.

Nous nous rapprochons, sans aucun doute.

Écoutez, nous n’allons demander à aucun d’entre vous de relever seul ces défis. L’administration Trump est axée vers l’action. Des discussions sans fin et des promesses vides ne préserveront pas notre sécurité, nos économies et nos libertés. Je pense que les ministres des Affaires étrangères qui m’ont rencontré aujourd’hui peuvent voir que nous sommes relativement directs.

Le président Trump a donc pris l’initiative d’accueillir cinq dirigeants pour un important dialogue l’année dernière à Mar-a-Lago.

Ici même en Jamaïque, nous avons élargi notre partenariat en matière de cybersécurité. Il reste encore beaucoup de bon travail à faire ensemble.

Et ce matin, le premier ministre et moi avons convenu de l’importance de bien faire les choses. Nous allons de l’avant avec la stratégie Caraïbes 2020 que nous avons lancée en 2017.

L’année dernière seulement, l’année dernière, un navire-hôpital de la marine américaine, le Comfort, s’est rendu dans sept pays des Caraïbes pour dispenser des soins aux communautés locales, en particulier celles qui font face à l’afflux de réfugiés vénézuéliens.

Les États-Unis et 18 pays de la région ont formé le Partenariat pour la résilience, afin que nous puissions réagir avant même d’être frappés par les catastrophes.

Les États-Unis ont également aidé à sauver 400 Bahamiens des ravages de l’ouragan Dorian, et ont apporté une aide humanitaire de 34 millions de dollars.

Ma foi m’enseigne qu’il n’y a rien de plus noble que d’aider son prochain. C’est aussi ce que croit l’Amérique.

Je terminerai rapidement pour que nous puissions passer à quelques questions. Je sais que les peuples de cette région sont capables de grandes choses. Vous devez tous le croire également. Je sais que c’est le cas.

Je voudrais vous parler de Tishon Thomas, qui a grandi dans un orphelinat de Saint-Kitts-et-Nevis. À 13 ans, il découvre sa passion pour la technologie. Il raconte qu’il a « commencé en prenant « HTML pour les nuls » sur une étagère ». Il a ensuite travaillé pour certaines des plus grandes entreprises de Saint-Kitts jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’il pouvait être son propre patron.

L’initiative américaine Young Leaders of the Americas l’a aidé à développer son activité informatique et à doubler son personnel. Les grands rêves de Thomas ne sont pas si différents de ceux d’un autre orphelin de Saint-Kitts-et-Nevis – Alexander Hamilton, l’un des pères fondateurs des États-Unis.

L’Amérique est synonyme de partenariat. Nous sommes des amis naturels. Nous sommes des alliés naturels ensemble. Le moment est idéal pour resserrer nos liens.

Que Dieu vous bénisse tous. Que Dieu bénisse la Jamaïque. Et que Dieu bénisse tous nos frères et sœurs des Caraïbes.

Merci et j’aurai grand plaisir à répondre à quelques questions et converser agréablement aujourd’hui. Merci beaucoup à vous tous. (Applaudissements.)

MME PEART : Bienvenue en Jamaïque.

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Merci, Allison.

MME PEART : Vous savez, je porte une grosse broche du Rotary, je ne vais pas trop en parler. Je suis donc tellement heureuse de cette visite. Je suis l’ancienne présidente de la Chambre de commerce américaine en Jamaïque, et au nom de l’AMCHAM et du PSOJ, au titre de la communauté des affaires, nous tenons à vous remercier pour cette visite, et nous nous réjouissons vraiment de cette occasion de s’asseoir et de discuter. La relation entre les États-Unis et les Caraïbes est vraiment importante pour nous, et nous sommes heureux d’entendre que nous sommes des alliés naturels, nous sommes un partenaire naturel. Mais j’ai quelques questions. Pourquoi la Jamaïque ? Pourquoi maintenant ?

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Eh bien, pourquoi maintenant ? Parce que je n’ai pas pu venir plus tôt. (Rires.) Je voulais venir dans la région. Je travaille depuis – je suis secrétaire d’État depuis un an et demi. Je voulais vraiment me rendre dans cette région. J’ai eu la chance de rencontrer bon nombre de mes homologues des Caraïbes lors d’événements à New York, à Washington, en Amérique du Sud et ailleurs, mais je voulais venir. Je voulais venir dans la région car c’est tellement naturel. Ce n’est pas que l’Amérique impose cette relation ou, franchement, que ces pays imposent une relation à l’Amérique. C’est une relation naturelle, non ? Cela fonctionne et c’est important. C’est près de nous aux États-Unis. Nous avons des citoyens de chacun de ces pays qui viennent vivre en Amérique. Nous avons aussi des Américains qui viennent vivre dans chacun de ces pays. C’est naturel. Cela va de soi.

Et quand l’on s’accorde – lorsque les valeurs ne correspondent pas et que l’on essaie de construire une relation, c’est poussif – il y a des frottements. Lorsque l’on travaille à établir des relations basées sur cet ensemble fondamental de valeurs et de principes, cela fonctionne. On n’est jamais d’accord sur tout. Du moins, je ne l’ai encore jamais vu. Si quelqu’un parmi vous l’a vu, j’aimerais que vous m’expliquiez comment tout cela fonctionne. (Rires.) Écoutez, il y a toujours des intérêts différents, et il y a des avancées et des reculs, et il y a des endroits où il y a des conflits ou des divergences. Ce n’est pas un problème. Mais quand l’on a en commun des valeurs et des principes, et les idées de démocratie et de liberté et de protection de la dignité humaine pour chaque être humain, alors on peut faire de grandes choses ensemble. On prend acte des points sur lesquels nos vues divergent. On travaille dans l’intérêt des deux nations. Et puis nous avons chacun la responsabilité d’obtenir un résultat pour notre propre peuple.

MME PEART : Donc, même s’il a fallu si longtemps pour que l’on porte son attention sur la Jamaïque et les Caraïbes, qu’est-ce qui fait que l’administration Trump voudrait vraiment s’intéresser à nous ? Qu’est-ce qui est différent maintenant ?

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Oui. Tout d’abord, je ne pense pas que cela ait pris autant de temps. Il m’a simplement fallu tout ce temps pour arriver physiquement ici. Je pense que nous y travaillons depuis midi le 20 janvier 2017. C’est important parce que le président Trump accorde beaucoup d’importance à la démocratie et à la liberté, et le président Trump entend absolument faire en sorte que la prospérité économique stimule la croissance partout dans le monde. Il – le président Trump, il est issu du monde des affaires. Moi aussi. J’ai passé – avant de siéger au Congrès, quand j’ai perdu la tête et dirigé deux petites entreprises au Kansas. C’étaient – l’une d’elle était un atelier d’usinage et l’une d’elle dans l’industrie pétrolière. Il s’agissait dans les deux cas de petites entreprises. Les dirigeants de l’administration Trump comprennent les bases sur lesquelles repose la prospérité économique. Elle repose sur l’État de droit. Il faut des systèmes judiciaires qui fonctionnent. Il faut un système éducatif qui stimule l’esprit d’entreprise. La prise de risques doit être récompensée. C’est le cas dans les pays de cette région. Cela vient naturellement. Ce sont des partenaires et des alliés naturels. Et donc que ce soit les réunions du président à Mar-a-Lago ou les conversations téléphoniques et les déplacements du vice-président, nous pensons que c’est un endroit où nous pouvons travailler ensemble sur les questions économiques, où nous pouvons développer l’économie américaine et, en retour, faire progresser les économies dans les Caraïbes.

Nous savons également qu’il existe là une relation importante en matière de sécurité. Je l’ai vue. C’était lorsque j’étais directeur de la Central Intelligence Agency. Je surveillais les risques associés au trafic de stupéfiants, aux cartels. J’ai vu le terrorisme s’infiltrer dans la région. Je pouvais le voir alors que nos pays travaillaient ensemble et nous pouvions partager des informations – des informations sur les flux de menaces, sur les risques émergents – je nous voyais nous améliorer. Effectivement, nous améliorer collectivement pour réduire les risques pour chaque citoyen, chacun de nos pays. Cela marche. Cela fonctionne pour les États-Unis et cela fonctionne pour les Caraïbes, et nous avons l’obligation en tant que dirigeants de ces pays de faire en sorte que cela fonctionne encore mieux.

MME PEART : Je suis heureuse d’apprendre que vous avez dirigé de petites entreprises. J’ai récemment décidé de créer une entreprise, alors j’espère que je pourrai atteindre un niveau supérieur, car nous commençons tous petit. Les Jamaïcains sont des créateurs d’entreprise nés. Les Caraïbes – Je n’ai jamais rencontré personne aux Caraïbes qui ne veuille pas posséder quelque chose et posséder une entreprise. Alors, comment pouvons-nous faire en sorte d’attirer les bons investissements dans les Caraïbes et dans la région ? Parce qu’en tant que tout nouveau chef d’entreprise, quand la Jamaïque, quand les Caraïbes se portent bien, je vais bien. Eh bien, comment pouvons-nous faire ce qu’il faut ?

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Oui.

MME PEART : Comment savoir qui choisir ?

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Oui. C’est une question assez simple. Pour les bailleurs de fonds, si c’est à cela que vous pensez —

MME PEART : Oui.

LE SECRÉTAIRE POMPEO : — les gens qui se présentent avec des ressources pour vous aider à croître et à développer votre entreprise, ils ont un certain nombre d’objectifs. Ils veulent un rendement correspondant au risque. Et je mentionne l’adaptation au risque parce qu’on l’oublie souvent.  Les gens qui vont mettre leur capital en jeu doivent comprendre tous les risques, et certains de ces risques sont des risques politiques, parfois il s’agit de risques économiques. Ils veulent savoir que s’ils veulent investir dans un endroit et dans une entreprise, cette entreprise est dotée de dirigeants qualifiés, que l’entreprise a un modèle commercial qui a une chance de réussir. Chaque fournisseur de capital-risque sait que certaines de ses transactions échoueront. Ce n’est pas grave. J’ai participé à des opérations qui ne se sont pas bien passées aussi. Cela fait simplement partie de l’écosystème de l’économie.

Mais ici – ce qu’ils ne sont pas prêts à accepter, ce sont des endroits où il n’y a pas d’État de droit, où il y aura des concurrents autorisés à participer à l’écosystème économique d’une manière qui n’est pas légale, juste. Si vous décidez d’investir dans un pays particulier, si ce pays permet à un autre pays de se présenter et de conclure des accords, soit par des moyens relevant de la corruption ou de l’absence de transparence, soit avec des entreprises parrainées par l’État qui sont en concurrence déloyale, contre lesquelles on n’est pas en mesure de lutter, les chances de gagner de l’argent, de l’argent par de bons moyens, sont réduites.

Et donc en tant que propriétaire d’entreprise, vous voulez vous assurer que vos partenaires sont de bonnes personnes, que vous pouvez leur faire confiance, qu’ils respecteront l’État de droit, que lorsque les choses seront difficiles dans votre entreprise, et cela arrivera inévitablement, que ces partenaires resteront à vos côtés et qu’ils ne vont pas fermer votre entreprise – c’est-à-dire qu’ils sont vraiment des partenaires. C’est le genre de choses auxquelles les entreprises et les pays doivent penser lorsqu’ils essaient de décider où ils veulent diriger les capitaux, dans une entreprise, ou dans un pays.

MME PEART : Vous avez donc mentionné la Chine. Pourquoi la Jamaïque ou toute autre nation des Caraïbes devrait-elle étudier les investissements chinois ou de quiconque ? Pourquoi la Chine ?

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Oui. Vous devez étudier les investissements de partout, vous devez les évaluer de la même manière et le faire en profondeur. Le Parti communiste chinois présente un défi particulier et nous n’avons pas hésité à dire aux nations : « Assurez-vous simplement qu’il s’agit d’une transaction qui a un potentiel de gain, qu’elle est claire, que cet investissement est fait à des fins économiques. »

Nous aimons le peuple chinois. Il y a des investissements énormes de la Chine dans notre pays, et des entreprises américaines investissent en Chine aujourd’hui. Il en sera ainsi pendant très longtemps, aujourd’hui et à l’avenir. Nous venons de clore la première phase d’un accord commercial important avec la Chine. Mais voici ce que fait l’Amérique : nous nous assurons que lorsque les entreprises chinoises viennent investir en Amérique, qu’elles font ce que le président Trump a dit. La relation sera équitable, elle sera réciproque. Autrement dit, les entreprises américaines qui investissent en Chine devraient être autorisées à le faire sur la même base que les entreprises chinoises qui investissent en Amérique. Il en va de même pour le commerce. S’il doit y avoir des droits de douane dans un endroit, et bien, cela doit être réciproque. Nous voulons simplement une concurrence équitable et à armes égales.

Dernière chose. Il faut que les règles mises en place conduisent à la transparence. Vous avez le devoir – avons tous le devoir vis-à-vis des citoyens de nos nations de veiller à ce que, lorsque des investissements étrangers directs ont lieu, qu’ils soient vraiment justifiés par de bonnes raisons – qu’il ne s’agisse pas de raisons de sécurité nationale qui mettent en danger la vie privée des citoyens de la Jamaïque. Ils ne doivent pas avoir de résultat politique. Ils doivent véritablement reposer sur une base économique – c’est véritablement un rendement adapté au risque que ce fournisseur de capitaux doit rechercher. Quand c’est le cas, s’il s’agit d’une entreprise européenne, tant mieux. Si c’est une entreprise africaine, fantastique. Si c’est une entreprise des Caraïbes, encore mieux. Mais chaque nation a l’obligation de s’assurer que l’argent qui est introduit dans le pays l’est pour le bien de son peuple et non à des fins de sécurité nationale ou politiques.

MME PEART : J’aime lier nos investissements en tant que pays aux entreprises, car l’on est vraiment une entreprise.

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Tout à fait.

MME PEART : Donc, quand vous avez mentionné dans votre discours l’État de droit, les marchés concurrentiels, la lutte contre la corruption, il est difficile de tout avoir correctement.

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Oui.

MME PEART : Nous voulons donc prospérer. Croyez-vous que ce que nous faisons nous met sur la bonne voie en ce qui concerne la façon dont la Jamaïque attire les investissements ? Dans une perspective commerciale, que peut faire la Jamaïque pour attirer davantage d’investissements en Jamaïque et dans la région des Caraïbes en provenance des États-Unis ?

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Oui. C’est très simple. Je pense vraiment que la Jamaïque est sur la bonne voie. Je le pense absolument. Je pense que, franchement, elle est déjà très bien partie à partir d’un niveau assez élevé sur cette voie. Bon, je pense qu’elle est très bien positionnée. Quant à savoir ce qu’il faut faire pour progresser à partir de là, regardez, il faut toujours s’assurer que les gens du monde entier sont informés. Il y a donc cet élément pour vous assurer que vous communiquez la valeur de la proposition d’investissement, la thèse de l’investissement dans votre entreprise ou votre activité. Il appartient à la Jamaïque – et à chaque entreprise – de le faire afin que les chefs d’entreprise du monde entier pensent à la Jamaïque ou aux Caraïbes lorsqu’ils essaient de comprendre à quoi devrait ressembler leur empreinte dans le monde. Et ensuite, il faut simplement être rigoureux pour s’assurer que ces chefs d’entreprises savent que vous les appréciez, que vous les voulez, que vous voulez leur capital, que vous voulez leur ingéniosité. Et puis le dernier élément – et ce n’est pas principalement une question de politique étrangère – nous devons tous nous assurer que nous faisons tout ce que nous pouvons pour montrer que nous développons le capital humain à l’intérieur de notre pays.

MME PEART : Absolument.

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Et que nous avons les ressources, les cerveaux qui conduisent finalement à la prise de décision pour les chefs d’entreprises du monde entier. Ils doivent savoir quand ils viennent dans un endroit – où que ce soit, que ce soit au Kansas ou à Kingston – qu’ils auront à leur disposition les bonnes personnes, la bonne main-d’œuvre, les bons talents pour aider leur entreprise à réussir.

MME PEART : Je me réjouis que vous ayez dit cela, parce que l’USAID a joué un rôle déterminant dans les Caraïbes et en Jamaïque. Je parle de mon expérience de Junior Achievement et de ce qu’elle a fait en faveur de l’éducation en matière financière, ce qu’elle a fait pour que les Jamaïcains se familiarisent avec les principes de la finance. Mais pour passer à un autre sujet, quel rôle aura, à votre avis, la Jamaïque et les Caraïbes dans leur ensemble sur ce continent ? Si nous faisons progresser notre population dans la bonne direction, quel rôle devrions-nous jouer ?

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Et bien, cela dépendra de votre premier ministre et de votre peuple.

MME PEART : D’accord.

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Nous regardons la Jamaïque. Nous voyons un excellent modèle pour la région. Nous voyons que c’est un pays qui fait du bon travail, qui a le bon modèle de croissance économique, le bon modèle en matière de sécurité, non seulement pour lui-même mais pour la région, et qui projette également le bon ensemble de valeurs. Nous – chaque pays – vous avez parlé de l’USAID. L’Amérique fait de son mieux là où nous le pouvons pour faire en sorte que chaque nation et chaque peuple ait la possibilité de vivre dans la liberté et la démocratie. C’est important pour nous indépendamment des éléments tangibles susceptibles de bénéficier aux États-Unis. J’espère que chaque pays utilisera un peu de son temps, un peu de ses richesses, un peu de son intelligence pour s’assurer que d’autres, ailleurs, disposent également de ces mêmes possibilités. Cela a toujours des répercussions positives et profite à la nation qui essaie de donner l’exemple de ce type de comportement.

MME PEART : J’aime bien cette idée. Et dans une perspective de développement humain, comment pouvons-nous travailler en partenariat avec les États-Unis, former nos jeunes ? Parce que notre avenir est prometteur parce que nous avons des enfants magnifiques –

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Oui.

MME PEART : Nous avons des enfants intelligents. Comment pouvons-nous nous assurer qu’ils bénéficient des bonnes opportunités et que les bonnes personnes adéquatement qualifiées et formées sont là pour les conduire sur un chemin (inaudible) ?

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Je ne vais pas commencer à dire aux Jamaïcains comment faire cela. Vous le découvrirez tous. Vous savez, c’est formidable ? Nous avons des Américains qui viennent étudier ici. Nous avons des Jamaïcains qui viennent étudier aux États-Unis d’Amérique ce qui permet cet échange d’idées en toute liberté. Quand j’étais en Californie, j’ai vu des Jamaïcains travailler à certains de nos projets les plus complexes – ils faisaient des choses. Je n’avais aucune idée de ce sur quoi ils travaillaient. On pouvait le voir. Et c’est le genre de chose – je suis sûr que certains de ces jeunes reviendront ici et bâtiront la prochaine grande entreprise.

MME PEART : Donc, si nous pouvons travailler en partenariat pour faire en sorte que les gens reviennent et développent la Jamaïque. Et maintenant, dernière question : vous avez vu la crise vénézuélienne toucher la région. Vous avez rencontré Guaido cette semaine. Quelles leçons pouvons-nous tirer de ses efforts au Venezuela ? Quel rôle voyez-vous l’OEA jouer ? Dernière question.

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Oui. La crise humanitaire au Venezuela ne ressemble à aucune crise que j’ai vue ailleurs, sauf peut-être en Syrie aujourd’hui. Chacune a à peu près le même nombre – 6 millions – de personnes déplacées. Mais au Venezuela, cela se produit parce qu’une seule personne a conduit une nation dans le cadre d’une dictature autoritaire qui rejette fondamentalement tout ce dont nous avons parlé ici aujourd’hui. Il s’agit d’une catastrophe d’origine humaine. Nous souffrons tous de choses que l’homme n’a pas créées, n’est-ce pas ? Nous voyons des ouragans. Nous voyons des tremblements de terre. Mais dans ce cas, c’était du fait de politiques malavisées, de politiques néfastes et d’un groupe de dirigeants qui ne se souciaient pas de leur propre peuple.

Donc, face à cette situation, nous devons faire tout notre possible pour rétablir la démocratie vénézuélienne, et les États-Unis y travaillent, mais ce qui a été fantastique, c’est de regarder, de regarder l’Organisation des États américains travailler sur ce problème, les pays de toute la région qui assument la responsabilité d’un pays de leur région. Nous en faisons aussi partie. Plus de cinquante nations du monde entier se servent ensemble de ces outils multilatéraux pour essayer de mettre fin à la crise humanitaire au Venezuela et pour que le peuple vénézuélien bénéficie d’élections libres et équitables afin de pouvoir commencer à reconstruire cette grande nation.

MME PEART : Eh bien, merci pour vos réflexions.

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Allison, merci.

MME PEART : Je sais que vous n’avez vraiment que très peu de temps, donc nous allons conclure, et je tiens vraiment à vous remercier d’être venu ici. Il est bon de discuter parce que lorsque l’on confronte ses idées, on peut devenir de bien meilleurs partenaires et que l’on ne se contente plus de parler, on agit vraiment.

Je veux donc que vous reveniez en Jamaïque, amenez votre femme, passez-y quelque temps, profitez de nos belles plages, des montagnes bleues et surtout, du peuple chaleureux des Caraïbes, parce que le meilleur atout de la Jamaïque, c’est sa population.

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Amen.

MME PEART : Vous êtes formidable. Alors, merci beaucoup.

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Allison, merci.

MME PEART : J’espère que vous avez fait un excellent voyage. Merci.

LE SECRÉTAIRE POMPEO : Merci. Merci beaucoup à tous. (Applaudissements.) Merci. Que Dieu vous bénisse. Merci.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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