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Point de presse téléphonique avec Elliott Abrams, représentant spécial des États-Unis pour le Venezuela

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Département d’État des États-Unis
Le 2 avril 2020

 

Modérateur : Bonjour à tous du Centre médiatique des Amériques du département d’État des États-Unis, à Miami, en Floride. Je souhaite la bienvenue à nos participants qui ont appelé depuis l’ensemble des États-Unis et de la région, et je vous remercie de votre patience. Nous avons voulu donner quelques minutes supplémentaires aux journalistes pour se joindre à cet appel aujourd’hui.

Il s’agit d’un point de presse officiel avec Elliott Abrams, représentant spécial des États-Unis pour le Venezuela, en ce qui concerne l’annonce récente du cadre de transition démocratique pour le Venezuela par le département d’État. Le représentant spécial Abrams prononcera une allocution d’ouverture et répondra ensuite aux questions des journalistes participants.

Nous avons le plaisir d’offrir un service d’interprétation simultanée en espagnol et portugais pour ce point de presse. Je demanderais à tout le monde de ne pas l’oublier et de parler lentement.

Je passe maintenant la parole au représentant spécial Abrams.

Monsieur le représentant spécial Abrams : Merci, Namita. Permettez-moi de dire quelques mots pour commencer. Il faut mettre fin à la terrible crise politique et économique au Venezuela afin que la démocratie puisse y être restaurée et que le pays puisse commencer à se rétablir. Les millions de Vénézuéliens qui ont dû quitter leur pays doivent espérer avoir une raison d’y retourner. Les États-Unis pensent que cela ne peut pas être le cas tant que le régime de Maduro reste au pouvoir. Et nous savons également que les Vénézuéliens doivent entrevoir la possibilité d’une solution qui assure le traitement équitable de toutes les parties et offre des garanties pour l’avenir.

Nous avons donc annoncé cette semaine un cadre en vue d’une transition démocratique. Le schéma de base est simple : nous appelons à un gouvernement de transition d’une durée de neuf à 12 mois, chargé d’organiser des élections présidentielles et parlementaires libres et équitables. Les États-Unis reconnaîtront les résultats d’une élection libre et équitable, quel que soit le parti vainqueur. Ce à quoi nous nous opposons, c’est l’abus de pouvoir de l’État qui permet à un parti de gouverner indéfiniment. Dans le cadre de notre proposition, l’Assemblée nationale élirait quatre membres d’un Conseil d’État – deux issus de la coalition démocratique dirigée par Juan Guaido et deux du PSUV – le PSUV, le parti chaviste au pouvoir – avec des vétos mutuels. Chacun des quatre doit être acceptable pour les deux parties, et ces quatre personnes en choisiraient une cinquième à titre de président par intérim. Et dans le cadre de notre proposition, cette personne ne peut pas se présenter aux élections présidentielles. Cette proposition fait suite aux suggestions de l’équipe représentant Juan Guaido et l’Assemblée nationale l’année dernière à la Barbade et réitérées par Guaido le week-end dernier.

La cour suprême et la commission électorale nationale du Venezuela doivent également faire l’objet d’une rénovation. Les nouveaux membres seraient choisis par l’Assemblée nationale dans le cadre de notre proposition, encore une fois, chaque camp ayant un droit de veto. L’Assemblée nationale constituante serait dissoute. Les droits politiques fondamentaux doivent être respectés, donc plus de censure, libération de tous les prisonniers politiques, retour des membres exilés de l’Assemblée nationale, les forces de sécurité étrangères doivent quitter le pays. Les États-Unis lèveraient les sanctions personnelles liées à la position de chaque titulaire de mandat. Par exemple, à la Cour suprême actuelle lorsque la personne a quitté le poste qu’elle occupait. Cela vaut pour les membres de cabinets et des forces armées aussi lorsque —

Modérateur : Monsieur, monsieur, je suis vraiment désolé de vous interrompre. Nous n’avons jamais eu à le faire, mais malheureusement, on me dit que personne ne peut rien entendre sur la ligne d’interprétation en espagnol ou en portugais. Puis-je vous demander de faire une pause juste un instant pendant que j’essaie de comprendre le problème avec AT&T ?

Monsieur le représentant spécial Abrams : Oui, bien sûr.

Modérateur : Je sais que tout le monde peut nous entendre. AT&T, comment pouvez-vous nous aider à résoudre ce problème, s’il vous plaît ?

[Pause.]

D’accord. Je pense que nous devons simplement continuer en anglais alors, s’il vous plaît. Monsieur le représentant spécial Abrams, veuillez continuer. Je suis vraiment désolé.

Monsieur le représentant spécial Abrams : D’accord. Et si vous souhaitez programmer un autre appel depuis le Centre médiatique pour ceux qui essaient d’écouter en espagnol et en portugais plus tard aujourd’hui ou demain, nous pouvons le faire.

Modérateur : Ou nous pouvons fournir une traduction de votre transcription, monsieur. 

Monsieur le représentant spécial Abrams : D’accord.

Modérateur : C’est ce que l’on va faire. D’accord ? Bon.

Monsieur le représentant spécial Abrams : D’accord. Où en étais-je. Je disais que lorsque des personnes qui exercent des fonctions au sein de l’assemblée constituante, à la Cour suprême, au conseil électoral, quittent ces postes, les sanctions qui leur sont infligées du fait de ces mandats  seraient levées.

Une fois que le Conseil d’État serait en place et assumerait ses fonctions de gouvernement, et une fois les forces de sécurité étrangères parties, les États-Unis suspendraient les sanctions contre le gouvernement, PDVSA et le secteur pétrolier. Et ces sanctions seraient définitivement révoquées une fois que les élections se seraient tenues et, bien entendu, que les observateurs conviendraient qu’elles étaient libres et équitables.

Donc encore une fois – et nous respecterons – les États-Unis respecteront le résultat d’une élection libre et équitable, quel que soit le vainqueur. Les forces armées joueront évidemment un rôle important au Venezuela pour déterminer les modalités de changement pacifique et pour façonner l’avenir. Aujourd’hui, la police et l’armée vénézuéliennes souffrent, comme tous les citoyens. Leur personnel a à peine les moyens de nourrir sa famille et ne peut s’acquitter des coûts des soins médicaux ou des médicaments. Le Venezuela fait face à un défi sécuritaire considérable du fait des trafiquants de drogue, des groupes terroristes et des gangs criminels. Et il lui faut des forces de sécurité mieux payées, entraînées et équipées pour sécuriser les frontières du pays et maintenir la paix. L’adhésion des forces armées à ce cadre de transition démocratique serait un pas décisif sur cette voie.

Nous appelons également à – dernier point – nous demandons également une commission de vérité et de réconciliation et une loi d’amnistie, comme cela a été le cas dans presque tous les pays qui sont passés de la dictature à la démocratie. Et nous demandons instamment que dès que le Conseil d’État prendra la relève en tant que gouvernement intérimaire, la communauté internationale et les institutions financières internationales mettent en œuvre des programmes pour aider le Venezuela à faire face à la crise, plus particulièrement en ce qui concerne l’eau, l’électricité et le système de santé. 

C’est le plan de base. Il y a bien sûr plus de détails. Mais la plupart des questions qui se posent, bien sûr, doivent être résolues par les Vénézuéliens car nous espérons qu’ils travaillent ensemble pour un avenir meilleur. Merci et c’est avec plaisir que je répondrai à quelques questions.

Modérateur : Monsieur, merci pour cela et merci à tous pour votre patience compte tenu de nos difficultés techniques aujourd’hui. À ce stade, nous allons passer au segment de réponse aux questions de l’appel d’aujourd’hui. Pour ceux qui posent des questions sur la ligne en anglais, veuillez préciser votre nom et votre affiliation, et vous limiter à une question liée au sujet du point de presse d’aujourd’hui.

Notre première question nous a été envoyée à l’avance par André Spigariol de CNN Brésil. Sa question est la suivante : « Nicolas Maduro a déjà rejeté le plan proposé par le département d’État. Dans la région, il n’y a pas de dialogue entre Maduro et la Colombie et le Brésil. Dans ces conditions, quel acteur pourrait mettre la proposition sur la table de négociation entre les deux parties ? »

Monsieur le représentant spécial Abrams : Merci. Pour commencer, le rejet immédiat par Maduro ou un porte-parole de Maduro était évident, c’était prévisible. Nous pensions que cela arriverait. Ce qui est vraiment important, ce n’est pas ce qu’ils disent en public; c’est ce qui se passe en privé au sein du gouvernement, du régime, du parti et du mouvement chavistes, au sein de l’armée lorsque l’on étudie la proposition et on réfléchit à ce qu’elle pourrait signifier pour le Venezuela et ce qu’elle pourrait signifier pour chacune de ces personnes.

Qui pourrait mettre cela sur la table des négociation ? Eh bien, l’église est certainement une possibilité. Je pense que la possibilité la plus logique pourrait être la Norvège, qui a dirigé les négociations – ou a accueilli les négociations l’année dernière à Oslo et à la Barbade. Mais si le régime est disposé à y réfléchir et à négocier, ce ne sera probablement pas un problème.

Modérateur : D’accord. Notre question suivante nous vient d’Alejandra Arredondo de Voice of America.

Question : Bonjour, Monsieur le représentant, et merci de votre participation. Ma question est la suivante : dans l’éventualité d’élections libres et équitables mentionnées dans votre plan, Nicolas Maduro pourrait-il se présenter à ces élections ? Et l’autre question que j’ai a trait à la raison pour laquelle dans le cadre, il est précisé que la Colombie, le Pérou et d’autres pays renoncent au renvoi devant la Cour internationale ? Merci beaucoup.

Monsieur le représentant spécial Abrams : Merci. Le plan tel que nous l’avons établi suggère qu’il n’y a qu’une seule personne au Venezuela qui ne peut pas se présenter : la personne qui fait office de président de transition, le président par intérim, sous la tutelle du Conseil d’État. Et nous avons fait ce choix parce que dans une situation fragile comme celle du Venezuela, nous avons pensé que personne ne croirait que si quelqu’un dirige le gouvernement et est également candidat, tout serait équitable. Alors oui, Nicolas Maduro pourrait se présenter, Juan Guaido pourrait se présenter. Nous avons passé en revue une année de sondages d’opinion et la cote d’approbation de Nicolas Maduro se situe entre 12 et 15 %, il nous semble donc qu’il n’a aucune chance de gagner dans le cadre d’élections libres, c’est pour cela que le secrétaire Pompeo a dit qu’il ne gouvernerait plus le Venezuela.

En ce qui concerne la saisie de la Cour pénale internationale, nous avons pensé que c’est un élément de la situation qui devrait – cela fait partie de la crise actuelle et qu’elle devrait être retirée une fois que le pays commencera à se préparer à une ouverture démocratique et ensuite aura entrepris une ouverture démocratique.

Modérateur : D’accord. Notre question suivante est – a été soumise à l’avance par Mikhail Turgiev de RIA Novosti en Russie : « Les sociétés russes Rosneft et Rosneft Trading n’ont maintenant plus rien à voir avec le Venezuela. Cela signifie-t-il que vous pouvez annuler les sanctions imposées à cette dernière ? Quand pensez-vous que cela pourrait être envisagé ? »

Monsieur le représentant spécial Abrams : En principe, c’est exact. Si Rosneft Trading n’a rien à voir avec le Venezuela, alors les sanctions fondées sur sa conduite au Venezuela ou à l’égard du Venezuela devraient être levées. Je ne sais pas encore si c’est vrai. J’ai vu les articles de presse, mais je – il n’est pas clair à mon avis, par exemple, si le transfert d’activités a eu lieu au niveau juridique, le transfert de fonds de l’État russe, le transfert d’activités à une nouvelle société qui allait apparemment être formée pour reprendre ces activités. Nous en jugerons en fonction des faits. Qu’est-il arrivé aux activités de Rosneft avec le pétrole vénézuélien, le commerce du pétrole vénézuélien ?

S’il s’avère dans les faits qu’il n’y a plus d’implication de Rosneft Trading, alors les sanctions – elles seraient levées, oui.

Modérateur : Notre question suivante nous vient d’Emmanuel Villalobos de TV Venezuela Network.

Question : Bonjour, Monsieur Abrams. Merci de répondre à nos questions. Le dossier vénézuélien est passé d’une cause politique à une cause criminelle et cela a rigidifié la question. Diosdado Cabello a déclaré hier dans son émission de télévision que les États-Unis ridiculisent  ceux qui croient en une intervention militaire. Textuellement, il a dit : « S’ils y mettent un pied, nous nous opposerons à eux. » S’agit-il d’une menace si le régime de Nicolas Maduro fait obstacle aux opérations antinarcotiques

[inaudible]

 ? Quel sera le scénario ?

Monsieur le représentant spécial Abrams : Merci. Eh bien, deux choses ici. Tout d’abord, sur les inculpations du département de la Justice – il s’agit d’accusations très graves contre Maduro, Cabello et d’autres. Ce sont des accusations de trafic de drogue. Il n’y a pas beaucoup plus grave que cela. Et les – ces accusations ont été portées parce que ces personnes ont engrangé des millions et des dizaines de millions et probablement des centaines de millions de dollars en autorisant le trafic de drogue. Autrement dit, elles acceptent des pots-de-vin pour laisser la drogue traverser le Venezuela puis aller au nord par les Caraïbes. Il ne s’agit pas de plaisanteries ni de blagues.

Comme vous le savez, hier, le président Trump et le secrétaire à la Défense ont annoncé des activités supplémentaires, tant du côté des Caraïbes que du Pacifique, qui visent à mettre fin aux activités de trafic de drogue, et nous savons que ces activités se poursuivent. Tous les participants à cet appel sont surtout préoccupés par la crise du coronavirus, la crise politique au Venezuela et la crise économique. Ce n’est pas le cas des trafiquants de drogue. Ils poursuivent leurs activités. Et donc ces activités militaires visent à les arrêter, à faire obstacle à leurs activités.

Quant à la possibilité d’une ingérence vénézuélienne dans ces activités, je pense que c’est franchement inconcevable. Je pense que l’armée vénézuélienne est composée de professionnels intelligents qui peuvent mesurer la force actuelle de l’armée vénézuélienne après des années et des années de budgets inadaptés. Et je pense qu’ils sont beaucoup trop intelligents pour entrer en confrontation avec les États-Unis.

Modérateur : Notre question suivante nous vient de Natasha Niebieskikwiat de Clarin en Argentine qui l’a envoyée à l’avance. « Pourquoi votre gouvernement inclut-il l’Argentine parmi ceux qui soutiennent la récente initiative du président Trump appelée Cadre démocratique pour le Venezuela ? Le gouvernement argentin n’appuierait pas cette initiative. Quelle est donc la position du gouvernement argentin, Monsieur Abrams ? Et Nicolas Maduro a appelé le président Alberto Fernandez pour le remercier de sa position en ce qui concerne le Venezuela. Ce n’est pas la même que celle des États-Unis. »

Monsieur le représentant spécial Abrams : Merci. Une chose est claire à propos de la position de l’Argentine, c’est qu’elle est favorable à la démocratie dans toute l’Amérique latine. Et le président Fernandez a parlé à plusieurs reprises de la nécessité d’une ouverture démocratique au Venezuela.

Quelle est exactement la réaction officielle à la proposition américaine cette semaine ? Ce n’est vraiment pas une question pour moi. C’est une question pour les porte-parole du gouvernement argentin.

Mais nous avons – et ça je peux vous le dire, il y a une communication très ouverte et fluide entre le gouvernement américain et le gouvernement argentin. Et nous savons que l’Argentine est favorable à des procédures démocratiques au Venezuela et partout ailleurs.

Modérateur : Notre question suivante nous vient de Michael Scott du Financial Times

Question : Bonjour. Pouvez-vous m’entendre ? 

Monsieur le représentant spécial Abrams : Oui.

Modérateur : Oui, allez-y.

Question : D’accord. Oui, merci, Monsieur Abrams, pour ce point de presse. Je voulais juste vous poser à nouveau une question sur l’opération militaire que le président Trump a annoncée hier en ce qui concerne les Caraïbes. Bon, elle a été présentée comme une opération liée à la lutte contre les narcotiques, mais je me demandais si les forces qui y étaient déployées pourraient également être potentiellement utilisées pour un blocus naval du Venezuela, ce dont le président a déjà parlé par le passé, ou pour une sorte d’opération similaire à l’invasion de Panama en 1989, contre le général Noriega qui faisait également l’objet d’accusations similaires à celles qui existent contre le président Maduro ? Merci.

Monsieur le représentant spécial Abrams : Merci. Eh bien, la proposition que nous avons faite mardi s’inscrit clairement dans le cadre de la politique américaine. Elle est favorable à une ouverture politique pacifique et démocratique au Venezuela qui mènerait à un gouvernement de transition, où les deux partis seraient politiquement représentés de manière équitable.

Vous posez une question de principe, je suppose, à savoir si les forces militaires peuvent être utilisées de diverses manières. Et je suppose que la réponse factuelle à cela est que, bien sûr, elles peuvent être utilisées de diverses manières.

Mais elles sont là pour faire obstacle au transit de très grandes quantités de drogues en direction de notre pays, notamment par le Venezuela et, dans de nombreux cas, avec la coopération du régime.

Et nous en avons de nombreux exemples où, par exemple, les avions transportant de la drogue sont arrêtés au Venezuela en l’absence de pots-de-vin aux responsables du régime, et ils sont autorisés si un paiement est effectué. Et nous avons vu une réelle augmentation au cours des deux dernières années du nombre de ces petits avions qui transportent de la drogue vers le nord à partir du Venezuela.

Bien sûr, ce n’est pas le seul moyen pour faire passer de la drogue aux États-Unis. Mais le président est déterminé à faire en sorte que l’on ne puisse pas se servir des Caraïbes comme de voie de transit de la drogue vers les États-Unis.

Modérateur : Notre question suivante est celle de Carla Angola d’EVTV. 

D’accord, nous allons poursuivre avec une question envoyée à l’avance. La question suivante nous vient de Mario Vallejo d’Univision : « Monsieur, que se passera-t-il si Maduro n’accepte pas cette proposition ? »

Monsieur le représentant spécial Abrams : Eh bien, nous avons bien sûr envisagé son rejet de la proposition. Mais, comme je l’ai dit,  c’est prévisible. Et nous pensons que la vraie question est de savoir ce qui se passera dans les semaines à venir lorsque le peuple du Venezuela réfléchira à la proposition.

Je crains que l’autre option dans un avenir proche soit que la terrible situation au Venezuela continue et s’aggrave même. Vous avez vu Maduro demander au FMI un prêt de 5 milliards de dollars. Et le FMI a immédiatement rejeté sa demande, en indiquant qu’il n’avait pas – que le Venezuela n’avait pas de gouvernement reconnu au niveau international.

Donc, si le régime de Maduro reste en place, on peut prédire, je pense, une aggravation des problèmes économiques et sociaux au Venezuela, c’est pourquoi nous espérons qu’il y aura beaucoup de messages publics et privés envoyés au régime. Et nous avons demandé à un certain nombre de gouvernements d’envoyer ces messages, suggérant qu’il s’agit d’une véritable ouverture et d’une opportunité pour le Venezuela de s’engager et d’essayer de trouver des solutions aux problèmes du pays.

Modérateur : Notre question suivante nous vient de Stefano Pozzebon de CNN.

Question : Merci, Monsieur le représentant spécial. Ma question revient sur les accusations du département de la Justice. Au cours de ces derniers jours, de la part de personnes à la fois du département d’État et du département de la justice, nous avons entendu dire que le système de justice aux États-Unis est indépendant et que les accusations sont distinctes du cadre proposé par le département d’État.

Pensez-vous que ces accusations s’inscrivent dans le cadre d’une négociation avec Maduro et son entourage ? Pensez-vous qu’il s’agit d’un moyen de contraindre Maduro à s’asseoir à la table des négociations ? Ou pensez-vous qu’il s’agit vraiment de deux négociations différentes – complètement différentes, et que même si Maduro renonce à ses pouvoirs, il devra toujours faire face aux accusations du département de la Justice ?

Monsieur le représentant spécial Abrams : Merci. Merci. Nous – dans le système américain, l’engagement de poursuites pénales est complètement indépendant de la politique étrangère. Au département d’État, nous avons été informés que des procureurs américains de Floride et de New York présenteraient ces actes d’accusations.

On ne nous a pas demandé notre avis ou notre permission parce que ce n’est pas comme cela que fonctionne dans le système américain. Nous ne pouvons pas non plus négocier sur ces points.

Cela dit, nous… le département d’État peut engager des négociations politiques avec d’autres régimes, d’autres gouvernements, d’autres ambassades étrangères. Mais lorsque les gens soulèvent une question sur les mises en accusation, nous leur disons qu’ils doivent s’adresser au département de la Justice. Nous ne pouvons pas négocier sur ces actes d’accusation.

Ce que beaucoup de gens font au Venezuela où ce ne sont pas les premiers actes d’accusation pour trafic de drogue et pour d’autres crimes, beaucoup de gens engagent des avocats et entament des négociations avec le département de la Justice.

Je n’ai pas connaissance de tous ces cas, mais j’en connais quelques-uns, et là – vous seriez surpris du nombre de responsables du régime qui ont, en fait, au cours des quelques dernières années, engagé des avocats chargés de négocier avec le département de la Justice.

Nous n’avons pas de traité d’extradition avec le Venezuela, alors je suppose qu’il est vrai que si les personnes mises en accusation ne quittent jamais le Venezuela ou ne se rendent que dans un pays avec lequel nous n’avons pas non plus de traité d’extradition – par exemple, Cuba, la Russie – ils seraient hors de la portée de notre système judiciaire.

Mais pour nous, il s’agit de questions distinctes. L’acte d’accusation vise Maduro à titre personnel. La proposition porte sur le Venezuela en tant que pays, en tant que gouvernement, en tant que société.

Merci.

Modérateur : Notre question suivante nous vient de Dmitry Kirsanov de TASS.

Question : Oui, pouvez-vous m’entendre ?

Monsieur le représentant spécial Abrams : Oui.

Modérateur : Oui.

Question: Monsieur l’Ambassadeur, merci de participer à cet appel. Je voulais vous demander si l’administration américaine est en contact avec le président Nicolas Maduro en ce qui concerne votre cadre, si vous avez eu un contact direct avec lui ou son entourage, pour ainsi dire, concernant tout cela ?

Monsieur le représentant spécial Abrams : Merci. Bien sûr, la proposition a été rendue publique mardi. Il ne s’est pas passé beaucoup de temps. Mais la réponse est non, nous n’avons pas cette relation avec le régime Maduro.  

Comme vous le savez, l’ambassade des États-Unis à Caracas a été fermée. Les diplomates américains sont partis et les représentants du régime Maduro ont quitté Washington. L’équipe de Juan Guaido, parce qu’il est respecté maintenant par 58 pays en tant que président intérimaire légitime du Venezuela, l’ambassadeur de Juan Guaido est à Washington. Nous ne l’avons pas..

Nous avons été en relation en ce qui concerne la situation au Venezuela avec la Russie, avec le gouvernement russe sur la situation là-bas et la proposition américaine. Nous n’avons pas eu de contact avec le régime Maduro.

Modérateur : Notre question suivante nous vient de Josh Goodman d’AP.

Question : Bonjour, Monsieur le représentant spécial Abrams. Comment allez-vous ? 

Monsieur le représentant spécial Abrams : Bien, merci.

Question : Je me demandais si vous pouviez nous faire part de votre réaction aux commentaires du général à la retraite Cliver Alcala avant qu’il ne se rende. Il a dit qu’il avait un contrat avec le gouvernement Juan Guaido pour libérer le Venezuela. Savez-vous de quoi il parlait ? Et vous-même ou d’autres responsables américains l’avez-vous rencontré dans la mesure où il vivait assez ouvertement en Colombie ces deux dernières années ?

Monsieur le représentant spécial Abrams : Je n’ai jamais rencontré Cliver Alcala. Je ne peux pas vous dire si des responsables américains l’ont déjà rencontré.

Il est assez clair, je pense, que son allégation fantaisiste à l’encontre de Juan Guaido alors qu’il était encore à Bogota est un mensonge, parce que Guaido ne participe à aucune forme de violence ou ne cherche aucune forme de violence ou aucune forme de coup d’État militaire.

Ce qu’il recherche, c’est ce qu’il a proposé à la Barbade l’année dernière. Et c’est sur ce principe que nous avons construit la proposition américaine, qui est un gouvernement de transition.

Je pense que les accusations d’Alcala  lorsqu’il était à Bogota étaient vraiment méprisables et assez dangereuses, ensuite environ 24 heures plus tard, il s’est rendu aux États-Unis et a quitté la Colombie.

Je suppose que nous en saurons plus – ou du moins le département de la Justice en saura plus – sur ce qu’il faisait en Colombie. Mais je pense clairement que c’est le régime qui l’a incité à proférer ces terribles accusations, puis il s’est rendu compte qu’il ferait mieux de quitter la Colombie et de se rendre dans un endroit où il serait au moins physiquement en sécurité, à savoir les États-Unis.

Modérateur : Notre dernière question vient de – ou je devrais dire qu’il nous reste du temps pour une dernière question, et la dernière question vient de Gabriela Perozo de VPI TV.

Question : Oui, merci beaucoup pour l’opportunité. Quelle est la position américaine quant à la rencontre qui s’est tenue la semaine dernière entre Delcy Rodriguez et le premier ministre de Trinidad et aux sanctions qui lui ont été infligées ? Hier, nous avons parlé avec M. Story et il a dit que les États-Unis avaient des contacts avec certaines personnes liées à Maduro. Jorge Arreaza en fait partie. Pouvez-vous élaborer là-dessus ? Merci beaucoup.

Monsieur le représentant spécial Abrams : Eh bien, nous pensons qu’en raison des sanctions imposées à Delcy Rodriguez, elle ne devrait être reçue nulle part. Comme vous le savez, il y a eu toute une controverse – c’est toujours le cas – en Espagne à propos de sa visite il y a quelques semaines.

C’est devenu un sujet controversé dans la politique espagnole, car du fait des sanctions de l’UE, aucun pays de l’UE ne devrait l’autoriser à entrer sur son territoire. Nous espérons donc que les pays ne lui permettront pas d’effectuer ces visites.

Pour ce qui est des contacts, il y aura toujours des contacts avec le régime. Au moins parce que – eh bien, il y a plusieurs raisons. D’une part, ils conservent un siège aux Nations unies, donc il doit y avoir des communications entre notre responsable, M. Story, et Arreaza en ce qui concerne par exemple les visites au siège de l’ONU, la participation aux délégations de l’ONU, le fait qu’ils conservent une mission de l’ONU à New York. Ces contacts se poursuivent donc.

Nous avons également une présence – une présence physique à Caracas, c’est-à-dire tous les bâtiments qui faisaient partie de l’ambassade des États-Unis et les résidences dans lesquelles vivaient les diplomates américains. Il y a donc aussi des communications occasionnelles à ce sujet.

Et il pourrait aussi y avoir communication pour d’autres raisons pratiques. Par exemple, le traitement réservé aux citoyens américains qui vivent au Venezuela et qui pourraient en ce  moment souhaiter quitter le Venezuela.

Donc, ce genre de communications très pratiques a et continuera d’avoir lieu. Mais nous n’avons actuellement aucun dialogue avec le régime sur des questions politiques plus larges.

Nous avons dit qu’en cas de redémarrage d’une négociation politique sur la base de notre plan ou de tout – vraiment de tout projet de retour à la démocratie au Venezuela, les États-Unis feront tout ce qui est en leur pouvoir, comme nous le savons beaucoup, beaucoup d’autres gouvernements le feraient, pour faire en sorte que ces négociations soient productives et couronnées de succès. 

Merci.

Modérateur : Cela conclut l’appel d’aujourd’hui. Je tiens à remercier le représentant spécial Abrams de s’être joint à nous, ainsi que tous nos participants. Je vous remercie tout particulièrement de votre patience face aux difficultés techniques que nous avons rencontrées aujourd’hui.

Si vous avez des questions concernant l’appel d’aujourd’hui, vous pouvez contacter le Centre médiatique de Miami à [email protected].


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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