rss

Point de presse avec un haut responsable du département d’État sur la stratégie de l’administration pour l’Arctique

English English, Русский Русский

Département d’État des États-Unis
Bureau de la porte-parole
Le 23 avril 2020

EXTRAITS

 

MODÉRATEUR : Bonjour, bienvenue à tous. Merci de participer à cet appel. La réunion d’information d’aujourd’hui porte sur la stratégie de l’administration pour l’Arctique, un sujet qui intéresse beaucoup d’entre vous, je le sais, et sur la place dans cette stratégie de nos projets de rétablissement d’une présence diplomatique américaine à Nuuk, au Groenland. Je vous rappelle que tout ce qui est dit durant ce point de presse est sous embargo jusqu’à demain, le 23 avril, 11 h 30, heure de Washington. Cet embargo permettra au gouvernement groenlandais de publier une déclaration qui est attendue vers 11 h 00. En cas de préoccupations en ce qui concerne cet embargo et – veuillez quitter cet appel si vous ne pouvez pas le respecter.

[Haut responsable du département d’État] sera notre intervenant d’aujourd’hui. Il sera présenté comme un haut fonctionnaire du département d’État. Ses collègues ont travaillé au sein du département d’État et en coordination avec les différentes agences du gouvernement pour veiller à ce que dans l’ensemble du gouvernement américain, nous travaillions en étroite collaboration avec les Groenlandais et les Danois pour arriver là où nous en sommes aujourd’hui.

Je vais donc maintenant – juste avant de lui passer la parole, veuillez vous inscrire dans la file d’attente si vous le souhaitez en suivant les instructions du modérateur, et je vais donc passer la parole à [Haut responsable du département d’État].

HAUT RESPONSABLE DU DÉPARTEMENT D’ÉTAT : Merci beaucoup, et si les gens sont un peu patients, je veux commencer à 100 000 pieds de hauteur, si je peux m’exprimer ainsi, puis lentement descendre pour en venir à la question très spécifique de notre présence au Groenland et notre assistance au Groenland.

J’aimerais énoncer quelques principes dès le départ, à savoir que nous avons un ensemble très clair de buts et d’objectifs dans l’Arctique, et ils sont assez simples. Nous voulons un Arctique sûr et stable où les intérêts américains sont protégés, notre patrie – la patrie américaine – est protégée, et les États de l’Arctique travaillent en collaboration pour relever des défis communs. Et le département – le département d’État – travaille en collaboration avec d’autres agences de l’ensemble du gouvernement des États-Unis pour s’assurer que l’Arctique reste une région sans conflits et caractérisée par le respect de la souveraineté nationale, un ordre fondé sur des règles, un dialogue constructif entre les États de l’Arctique pour relever nos défis économiques, scientifiques et environnementaux communs.

Nous avons – nous travaillons en étroite collaboration avec nos partenaires de l’Arctique dans le cadre du Conseil de l’Arctique, qui est la première instance de dialogue reconnue pour les questions de gouvernance de l’Arctique, et comme on le sait, il est composé des huit États de l’Arctique : les États-Unis, le Canada, le royaume du Danemark, la Finlande, l’Islande, la Norvège, la fédération de Russie et la Suède. Maintenant, notre objectif principal depuis le – cela a été notre objectif principal. Le travail du Conseil de l’Arctique depuis sa formation en 1996 a consisté à promouvoir cette coordination et cette coopération entre les États de l’Arctique et à œuvrer, bien sûr, avec les communautés autochtones de l’Arctique et les autres habitants sur les questions que j’ai identifiées.

Mais nous sommes également en train d’adapter notre politique arctique aux nouvelles réalités stratégiques d’aujourd’hui, qui se caractérisent par le retour de la géopolitique, si je peux m’exprimer ainsi, non seulement dans l’Arctique, mais en général dans le monde entier. Et ce changement est motivé par le désir de la Russie et de la république populaire de Chine de défier les États-Unis et l’Occident. Nous en sommes témoins dans d’autres parties du monde. L’Arctique n’est pas à l’abri des implications de ces changements et nous pouvons nous attendre, comme vous le savez probablement tous, à ce que l’évolution rapide du système arctique incite davantage le Kremlin et la Chine à mettre en œuvre des programmes qui vont à l’encontre des intérêts des États-Unis et de nos alliés et partenaires.

Maintenant, je vais dire quelques mots rapides sur chacun de ces défis, puis je passerai à la question de Nuuk et de notre assistance au Groenland. Je tiens à préciser que les États-Unis reconnaissent que la Russie a des intérêts légitimes dans l’Arctique. C’est un membre du Conseil de l’Arctique. Elle a coopéré avec les États-Unis et d’autres États de l’Arctique dans un certain nombre de domaines, notamment la lutte contre les marées noires, les activités de recherche et de sauvetage, les problèmes de pollution. Ce travail se poursuit. Il est permanent, et nous nous en réjouissons. Nous n’avons aucune inquiétude ni aucune objection à ce sujet, et nous entendons que cette coopération se poursuive.

Mais nous sommes également préoccupés par le renforcement de la présence militaire russe dans l’Arctique. Celle-ci a considérablement augmenté ces dernières années avec la mise en place de nouveaux commandements dans l’Arctique, de nouvelles brigades arctiques, la rénovation d’aérodromes et d’autres infrastructures, des ports en eau profonde, de nouvelles bases militaires le long de sa côte arctique, des activités visant à établir des systèmes de défense aérienne et de missiles côtiers, des radars d’alerte précoce, et toute une gamme d’autres dispositifs le long de la côte arctique. Nous avons assisté à une accélération du rythme des opérations de l’armée russe dans l’Arctique, en particulier, en octobre dernier, à l’un des exercices militaires russes dans l’Arctique les plus importants depuis la fin de la guerre froide. Les États-Unis et leurs alliés et partenaires sont donc véritablement et légitimement préoccupés par ce comportement dans l’Arctique.

La Chine est un défi un peu différent. Elle affirme que ses intérêts dans l’Arctique sont axés autour de l’accès aux ressources naturelles et des opportunités offertes par les voies de transport maritime de l’Arctique. Et comme vous le savez probablement tous, elle a présenté en 2018 les grandes lignes de ses projets de développement d’une route de la soie polaire, a affirmé qu’il s’agissait d’un état quasi-arctique et a signalé son intention de jouer un rôle plus actif dans la gouvernance de l’Arctique. Cela nous a semblé quelque peu troublant compte tenu du comportement de la Chine en dehors de l’Arctique, qui fait souvent fi des normes internationales, comme cela a été le cas en mer de Chine méridionale, par exemple. Et si je peux citer le secrétaire Pompeo, il a déclaré l’année dernière, en mai 2019, en Finlande : « Il n’y a que des États arctiques et des États non arctiques ». Il n’y a – « Il n’existe pas de troisième catégorie », donc nous n’acceptons pas les affirmations de Pékin selon lesquelles il s’agit d’un État quasi arctique.

Et nous avons également vu dans le monde entier que les outils du pouvoir de conviction de la Chine ont souvent un certain tranchant lorsqu’elle les déploie. Elle a fait de son capitalisme d’État une arme pour s’assurer le contrôle d’infrastructures essentielles telles que les ports et les réseaux de télécommunication. Elle a montré qu’elle n’hésitait pas à recourir à la coercition pour influencer les opérations et d’autres méthodes pour obtenir ce qu’elle veut, y compris dans l’Arctique. L’expérience récente des Îles Féroé menacées de la suspension d’un accord commercial pour ne pas avoir signé de contrat 5G avec Huawei n’est en qu’un exemple. Donc, son comportement, le comportement de la Chine au cours des dix dernières années montre que nous ne pouvons pas nécessairement présumer que ses intentions sont bonnes s’agissant de ses activités dans l’Arctique.

Maintenant, ceci dit, j’aimerais revenir sur ce que j’ai dit au début de ma présentation parce que je pense qu’on l’oublie souvent. Nous avons conscience du fait que nous devons modérer notre position du fait des changements géopolitiques mondiaux, nous ne disons pas et n’avons pas dit – en fait, le secrétaire a dit exactement le contraire – que le travail que nous faisons avec les États de l’Arctique, le travail que nous faisons en collaboration à l’échelle internationale sur les défis environnementaux, en matière de développement durable, de recherche et de sauvetage, sur le nettoyage des déversements d’hydrocarbures, tout cela se poursuit, doit se poursuivre et constitue un élément important et essentiel de notre politique et de notre programme pour l’Arctique. Et c’est dans ce contexte, celui du travail que nous faisons dans ces domaines et bien sûr des défis que nous voyons émerger sur la scène géopolitique, que nous entendons poursuivre notre mobilisation et notre travail dans l’ensemble de l’Arctique, non seulement au Groenland mais d’autres régions – dans d’autres États de l’Arctique également.

Ce qui m’amène à Nuuk. Comme chacun le sait, nous sommes une nation arctique depuis 150 ans, notre engagement dans l’Arctique n’est donc pas nouveau, et nous nous réjouissons de la réouverture de notre consulat à Nuuk cet été. Le premier consulat a été mis en place – était en place de 1940 à 1953. Pour la petite histoire, pendant la Seconde Guerre mondiale, après la chute du Danemark face aux nazis, l’ambassadeur du Danemark aux États-Unis a souhaité et fait en sorte qu’il existe une coopération permanente avec l’Amérique pour éviter que le Groenland ne tombe aux mains d’Hitler. C’est ainsi que le Groenland est devenu un territoire partiellement autonome. Et tout au long de la guerre, bien sûr – tout au long de la Seconde Guerre mondiale, le Groenland a été d’une importance stratégique considérable pour nous.

Après la guerre, le nouveau gouvernement danois a adopté et ratifié l’accord de temps de guerre entre les États-Unis et le Groenland qui, à ce jour – qui reste en place à ce jour et est le fondement juridique de la présence de notre base de l’armée de l’air américaine à Thule dans le nord-est – excusez-moi, le nord-ouest du Groenland. Et la coopération scientifique que nous avons mise en place pendant la Seconde Guerre mondiale se poursuit également à ce jour. La fondation nationale pour la science (National Science Foundation) des États-Unis investit jusqu’à 15 millions de dollars chaque année dans ses programmes de recherche basés au Groenland et contribue à plus de 50 projets de recherche, et littéralement des centaines de chercheurs américains se rendent chaque année au Groenland pour y mener des recherches avec des partenaires internationaux au bénéfice des Américains, des Groenlandais, des Danois et de toute la communauté mondiale.

L’ouverture de notre consulat à Nuuk sera donc à la fois l’aboutissement d’un processus de collaboration avec les Groenlandais et les Danois sur la base de dizaines d’années de coopération, et à certains égards, c’est aussi un nouveau départ. Il s’agit d’un élargissement de notre investissement dans cette relation que nous – pour une sécurité accrue, des liens économiques et entre les peuples plus profonds – des liens plus profonds entre les peuples des États-Unis, du Groenland et du royaume du Danemark.

Je tiens à souligner à ce stade que nous travaillons en étroite collaboration avec le gouvernement du Groenland et le royaume du Danemark dans le cadre de ce processus. Le gouvernement – le royaume du Danemark a approuvé l’ouverture du consulat en décembre 2019, ce n’était donc pas hier, c’était l’année dernière. Nous avons signé des accords qui prévoient une coopération dans des domaines spécifiques et une aide au développement dans des domaines spécifiques – l’année dernière dans celui des mines et les minéraux, par exemple, et je reviendrai sur ce point.

Donc, ce que vous voyez maintenant, c’est quelque chose sur lequel les deux gouvernements ont travaillé ensemble, et nous nous sommes consultés étroitement pendant plus d’un an. Et tout cela s’inscrit, comme je l’ai dit au début de cette allocution, dans le cadre de nos efforts pour continuer à travailler avec nos partenaires, y compris sur le terrain au Groenland, pour faire en sorte que la région reste à l’abri des conflits et que les nations – que lorsque des nations se trouvent dans l’Arctique, elles  agissent de façon responsable ; que lorsque l’on exploite des ressources énergétiques et économiques, elles soient mises en valeur de manière durable et transparente et de sorte à respecter l’environnement, les intérêts et les cultures des peuples autochtones. Ces objectifs n’ont pas changé. Nos efforts sur cette voie seront encore facilités par notre présence à Nuuk.

Notre objectif est d’être le partenaire de choix des États de l’Arctique et notre – et notamment du Groenland. C’est justement pour cette raison que nous entendons accroître notre mobilisation dans la région. C’est de la bonne vieille diplomatie, si je peux m’exprimer ainsi. Et c’est dans cette perspective que nous avons mobilisé, encore une fois, en consultation avec le royaume du Danemark et le gouvernement du Groenland, un financement de 12,1 millions de dollars pour relancer en quelque sorte ce nouveau départ – cette renaissance, si vous voulez – de notre engagement au Groenland, et il prévoit une assistance dans plusieurs domaines différents, et je vais terminer très rapidement, et puis je m’arrêterai pour répondre aux questions.

L’énergie – une assistance dans les domaines de l’énergie et du développement des ressources nationales. On revient à ce que j’ai dit plus tôt. Nous avons signé deux protocoles avec deux ministères groenlandais en juin de l’année dernière, et notre objectif ici est de les épauler dans leurs actions pour encourager des investissements compétitifs et transparents par les entreprises, promouvoir une saine gouvernance dans le secteur minier et énergétique, et favoriser l’utilisation des nouvelles technologies dans le secteur de l’énergie et des énergies renouvelables dans les villes et localités du Groenland.

Le deuxième volet de cette initiative consistera à renforcer les liens en matière d’éducation et entre les peuples. Plus précisément, nous espérons disposer d’un programme de renforcement des capacités d’enseignement universitaire qui se concentrera sur les secteurs du développement du tourisme et de l’hôtellerie et de la gestion durable des terres et des pêches, et ces domaines ont été ciblés pour une bonne raison. Je veux dire que la prospérité actuelle du Groenland repose en grande partie sur l’aménagement des terres et la gestion des pêches, et il se tourne vers le développement de son  industrie touristique. Il se voit comme la première destination de tourisme d’aventure dans les années à venir, et il est à la recherche d’un soutien dans le cadre du développement de ses infrastructures et de ses capacités pour exploiter ses avantages économiques au service des habitants du Groenland – pour le gouvernement et les habitants du Groenland.

Et puis le dernier domaine sur lequel nous allons nous attarder – et cela s’inscrit dans la continuité de ce que je viens de dire, mais il ne s’agit pas uniquement de l’éducation, en soi – eu égard aux opportunités de développement économique – la promotion des opportunités économiques par le tourisme et le développement de – développement durable des communautés rurales.

Je vais donc m’arrêter là parce que cela fait près de 20 minutes que je parle, et j’imagine que vous aurez des questions pour moi, et c’est avec grand plaisir que j’y répondrai.

 


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
Mises à jour par courrier électronique
Pour vous abonner aux mises à jour ou pour accéder à vos préférences d'abonné, veuillez saisir vos coordonnées ci-dessous