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La Chine communiste et l’avenir du monde libre

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Département d’État des États-Unis
Le 23 juillet 2020

Allocution du secrétaire d’État Michael R. Pompeo à la Bibliothèque présidentielle et au Musée Richard Nixon

 

MONSIEUR LE SECRÉTAIRE POMPEO : Merci. Merci à tous. Merci, Monsieur le gouverneur, pour cette très, très généreuse présentation. C’est vrai : lorsque vous entrez dans ce gymnase et que vous dites le nom « Pompeo », un murmure s’élève. J’avais un frère, Mark, qui était vraiment bon – un très bon joueur de basket.

Et que diriez-vous d’une autre salve d’applaudissements pour la garde d’honneur des Blue Eagles et la senior airman Kayla Highsmith, et sa merveilleuse interprétation de l’hymne national ? (Applaudissements.)

Merci aussi au pasteur Laurie pour cette émouvante prière, et je tiens à remercier Hugh Hewitt et la Fondation Nixon pour votre invitation à prendre la parole dans cette importante institution américaine. C’était formidable qu’un membre de l’armée de l’air chante pour moi, d’être présenté par un marine, et ils ont laissé le gars de l’armée devant la maison du gars de la marine. (Rires.) C’est parfait.

C’est un honneur d’être ici à Yorba Linda, où le père de Nixon a construit la maison dans laquelle il est né et a grandi.

À tous les membres du conseil d’administration et du personnel du Nixon Center qui ont rendu ceci possible aujourd’hui – c’est difficile ces temps-ci – merci d’avoir rendu cette journée possible pour moi et pour mon équipe.

Nous avons la chance que des personnes incroyablement spéciales se trouvent dans le public, en particulier Chris, dont j’ai fait la connaissance – Chris Nixon. Je tiens également à remercier Tricia Nixon et Julie Nixon Eisenhower pour leur soutien à cette visite.

Je tiens à rendre hommage à plusieurs courageux dissidents chinois qui se sont joints à nous aujourd’hui et ont fait un long voyage.

Et à tous les autres invités de marque – (applaudissements) – à tous les autres invités de marque, merci d’être ici. Pour ceux d’entre vous qui sont entrés sous la tente, vous devez avoir payé un supplément.

Et à ceux d’entre vous qui regardent en direct, merci d’être avec nous.

Et enfin, comme l’a dit le gouverneur, je suis né ici à Santa Ana, pas très loin d’ici. Ma sœur et son mari sont dans le public aujourd’hui. Merci à tous d’être venus. Je parie que vous n’avez jamais pensé que je serais ici.

Mon allocution d’aujourd’hui est la quatrième série d’un ensemble de discours sur la Chine que j’ai demandé au conseiller à la Sécurité nationale Robert O’Brien, au directeur du FBI Chris Wray, et au procureur général Barr de prononcer à mes côtés.

Nous avions un objectif très clair, une véritable mission. Il s’agissait d’expliquer les différentes facettes de la relation de l’Amérique avec la Chine, les déséquilibres massifs qui se sont accumulés dans cette relation au fil des décennies et les projets d’hégémonie du parti communiste chinois.

Notre objectif était de montrer clairement que les menaces pour les Américains que la politique chinoise du président Trump entend combattre sont claires, et que nous disposons d’une stratégie pour garantir ces libertés.

L’Ambassadeur O’Brien a parlé d’idéologie. Chris Wray, le directeur du FBI, a parlé d’espionnage. Le procureur général Barr a parlé d’économie. Et maintenant, mon objectif aujourd’hui est de faire une synthèse de tout cela pour le peuple américain et d’expliquer ce que la menace chinoise signifie pour notre économie, pour notre liberté et, en fait, pour l’avenir des démocraties libres dans le monde entier.

L’année prochaine ça fera un demi-siècle que le Dr Kissinger a effectué sa mission secrète en Chine, et le 50ème anniversaire du voyage du président Nixon en 2022 approche à grands pas.

Le monde était alors bien différent.

Nous pensions que le dialogue avec la Chine conduirait à un avenir de brillantes promesses de courtoisie et de coopération.

Mais aujourd’hui – aujourd’hui nous portons tous encore des masques et sommes témoins de l’augmentation du nombre des victimes de la pandémie parce que le parti communiste chinois (PCC) a failli à ses promesses au monde. Nous lisons chaque matin de nouveaux titres de presse sur la répression à Hong Kong et dans le Xinjiang.

Nous voyons des statistiques stupéfiantes sur les pratiques commerciales abusives des Chinois qui coûtent des emplois aux États-Unis et portent des coups énormes aux économies de toute l’Amérique, y compris ici dans le sud de la Californie. Et nous constatons que l’armée chinoise devient de plus en plus forte, et de fait de plus en plus menaçante.

Je vais me faire l’écho des questions qui occupent le cœur et l’esprit des Américains d’ici en Californie jusqu’à mon État d’origine, le Kansas et au-delà :

Qu’a gagné le peuple américain 50 ans après l’ouverture du dialogue avec la Chine ?

Les théories de nos dirigeants qui prévoyaient une évolution de la Chine vers la liberté et la démocratie ont-elles été vérifiées ?

Est-ce la définition de la Chine d’une situation mutuellement bénéfique ?

Et en fait, ce qui est essentiel du point de vue du secrétaire d’État, l’Amérique est-elle plus en sécurité ? La paix est-elle plus probable pour nous-mêmes et les générations qui nous suivront ?

Écoutez, il faut se rendre à l’évidence. Nous devons admettre une vérité douloureuse qui doit nous guider dans les années et les décennies à venir. En effet, si nous voulons un 21ème siècle libre, et non le siècle chinois dont rêve Xi Jinping, l’ancien paradigme du dialogue aveugle avec la Chine ne nous conduira tout simplement à rien. Nous ne devons pas continuer et nous ne devons pas y revenir.

Comme l’a dit très clairement le président Trump, il nous faut une stratégie qui protège l’économie américaine et, en fait, notre mode de vie. Le monde libre doit triompher de cette nouvelle tyrannie.

Maintenant, avant que j’aie trop l’air de m’empresser de démolir l’héritage du président Nixon, je tiens à préciser qu’il a fait ce qu’il croyait être le meilleur choix pour le bien du peuple américain à l’époque, et il est bien possible qu’il ait eu raison.

Il a brillamment étudié la Chine, c’était un guerrier féroce et froid, et un grand admirateur du peuple chinois, tout comme je pense que nous le sommes tous.

Il a le grand mérite d’avoir réalisé que la Chine était trop importante pour être ignorée, alors même que le pays était affaibli par la propre brutalité communiste qu’il s’infligeait à lui-même.

En 1967, dans un article très célèbre du magazine Foreign Affairs, Nixon expliquait sa future stratégie. Voici ce qu’il disait :

Il disait : « Dans une perspective à long terme, nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de laisser la Chine pour toujours à l’écart de la famille des nations… Le monde ne peut pas être en sécurité tant que la Chine ne changera pas. Ainsi, notre objectif – dans la mesure où nous le pouvons, nous devons influencer les événements. Notre objectif devrait être d’induire le changement. »

Et je pense que c’est l’expression clé de tout l’article : « induire le changement ».

Ainsi, avec ce voyage historique à Beijing, le président Nixon a donné son impulsion à notre stratégie de dialogue. Il entendait noblement favoriser l’avènement d’un monde plus libre et plus en sécurité, et il espérait que le parti communiste chinois prendrait le même engagement.

Au fil du temps, les décideurs politiques américains ont présumé de manière croissante que lorsque la Chine deviendrait plus prospère, elle s’ouvrirait, ses citoyens seraient plus libres dans le pays et, en fait, elle présenterait un danger inférieur à l’étranger, elle serait plus amicale. Tout cela semblait, j’en suis sûr, si inévitable.

Mais cette ère d’inévitabilité est révolue. Le type de dialogue que nous avons mené n’a pas apporté le changement en Chine que le président Nixon avait espéré induire.

La vérité, c’est que nos politiques – et celles d’autres nations libres – ont ressuscité l’économie chinoise défaillante, et Beijing n’a fait que mordre les mains internationales qui la nourrissaient.

Nous avons ouvert les bras aux citoyens chinois, seulement pour voir le parti communiste chinois exploiter notre société libre et ouverte. La Chine a envoyé des propagandistes à nos conférences de presse, dans nos centres de recherche, nos lycées, nos universités, et même à nos réunions parents-professeurs.

Nous avons marginalisé nos amis de Taïwan, qui s’est ensuite transformée en une démocratie vigoureuse.

Nous avons accordé au parti communiste chinois et au régime lui-même un traitement économique spécial, seulement pour voir le PCC insister pour qu’on passe sous silence ses violations des droits de l’homme en échange de la présence d’entreprises occidentales en Chine.

L’ambassadeur O’Brien a mentionné quelques exemples l’autre jour : Marriott, American Airlines, Delta, United ont tous supprimé les références à Taïwan de leurs sites Web, afin de ne pas s’attirer les foudres de Beijing.

Hollywood, pas trop loin d’ici – l’épicentre de la liberté créative américaine et les arbitres autoproclamés de la justice sociale – s’autocensure même pour éliminer toute référence la plus légèrement défavorable à la Chine.

Cette complaisance des entreprises vis-à-vis du PCC s’observe également dans le monde entier.

Et quels ont été les résultats de cette allégeance des entreprises ? Cette flatterie est-elle récompensée ? Je vais vous citer un extrait du discours du procureur général Barr. Dans un discours prononcé la semaine dernière, il a déclaré que « l’ambition ultime des dirigeants chinois n’est pas de commercer avec les États-Unis. Il s’agit de piller les États-Unis ».

La Chine a plagié notre propriété intellectuelle et nos secrets commerciaux précieux, ce qui a conduit à la perte de millions d’emplois dans toute l’Amérique.

Elle a pompé les chaînes d’approvisionnement hors d’Amérique, et y a ajouté une touche de travail forcé.

Elle a fait en sorte que les principales voies navigables du monde sont moins sûres pour le commerce international.

Le président Nixon a dit un jour qu’il craignait d’avoir créé un « Frankenstein » en ouvrant le monde au PCC, et nous y voilà.

Maintenant, les gens de bonne foi peuvent débattre des raisons pour lesquelles les nations libres ont permis à ces évolutions déplorables de se produire pendant toutes ces années. Peut-être avons-nous été naïfs à propos de la virulence du type de communisme de la Chine, ou triomphalistes après notre victoire dans la guerre froide, ou avons-nous pratiqué un capitalisme lâche, ou avons-nous été dupés par les discours de Beijing sur une « ascension pacifique ».

Quelle qu’en soit la raison – quelle qu’en soit la raison, la Chine est aujourd’hui de plus en plus autoritaire chez elle et plus agressive dans son hostilité à la liberté partout ailleurs.

Et le président Trump a dit : ça suffit.

Je ne pense pas que beaucoup de gens quel que soit leur parti contestent les faits que j’ai exposés aujourd’hui. Mais même maintenant, certains insistent pour que nous préservions le modèle du dialogue pour le dialogue.

Maintenant, pour être clair, nous allons continuer à dialoguer. Mais les conversations sont différentes de nos jours. Je me suis rendu à Honolulu il y a quelques semaines à peine pour rencontrer Yang Jiechi.

C’était la même rengaine – de belles paroles, mais littéralement aucune offre de changement d’aucun des comportements.

Les promesses de Yang, comme tant d’autres que le PCC a faites avant lui, étaient creuses. Il s’attendait, je suppose, à ce que je cède à ses demandes, car franchement, c’est ce que trop d’administrations antérieures ont fait. Pas moi, et le président Trump non plus.

Comme l’a si bien expliqué l’ambassadeur O’Brien, nous ne devons pas oublier que le régime du PCC est un régime marxiste-léniniste. Le secrétaire général Xi Jinping croit fermement en une idéologie totalitaire en faillite.

C’est cette idéologie, c’est cette idéologie qui informe son désir d’hégémonie mondiale du communisme chinois depuis plusieurs dizaines d’années. L’Amérique ne peut plus ignorer les différences politiques et idéologiques fondamentales entre nos pays, tout comme le PCC ne les a jamais ignorées.

Mon expérience au sein de la commission du renseignement de la Chambre, puis en tant que directeur de la CIA, et mes deux ans et plus maintenant en tant que secrétaire d’État des États-Unis m’ont conduit à cette conclusion fondamentale :

Le seul moyen – le seul moyen de vraiment changer la Chine communiste est d’agir non pas sur la base de ce que disent les dirigeants chinois, mais en fonction de leur comportement. Et vous pouvez voir la politique américaine en réponse à ce constat. Le président Reagan a dit qu’il traitait avec l’Union soviétique sur la base de « la confiance mais à condition de vérifier ». Quand il s’agit du PCC, je dis que nous devons nous méfier et vérifier. (Applaudissements.)

Nous, les nations du monde éprises de liberté, devons inciter la Chine à changer, comme le voulait le président Nixon. Nous devons inciter la Chine à changer de manière plus créative et plus ferme, car les actions de Beijing menacent nos peuples et notre prospérité.

Nous devons commencer par changer la façon dont notre population et nos partenaires perçoivent le parti communiste chinois. Nous devons dire la vérité. Nous ne pouvons pas traiter cette incarnation de la Chine comme un pays normal, comme n’importe quel autre.

Nous savons que le commerce avec la Chine n’est pas comme le commerce avec une nation normale et respectueuse des lois. Beijing menace les accords internationaux comme – traite les suggestions internationales comme – ou les accords comme des suggestions, comme des instruments sur la voie de la domination mondiale.

Mais en exigeant des conditions équitables, comme l’a fait notre représentant au commerce [extérieur] lorsqu’il a conclu la phase 1 de notre accord commercial, nous pouvons forcer la Chine à assumer la responsabilité de son vol de propriété intellectuelle et de ses politiques préjudiciables aux travailleurs américains.

Nous savons aussi que faire des affaires avec une entreprise soutenue par le PCC n’est pas la même chose que faire des affaires avec, disons, une entreprise canadienne. Ces entreprises ne rendent pas de comptes à des conseils d’administration indépendants, et nombre d’entre elles sont parrainées par l’État et n’ont donc pas besoin de chercher à faire des bénéfices.

Huawei en est un excellent exemple. Nous avons cessé de prétendre que Huawei est une société de télécommunications innocente qui entend seulement faire en sorte que vous puissiez parler à vos amis. Nous l’avons dénoncée pour ce qu’elle est vraiment – une véritable menace pour la sécurité nationale – et nous avons pris des mesures en conséquence.

Nous savons aussi que si nos entreprises investissent en Chine, elles peuvent sciemment ou non se faire complices des violations flagrantes des droits de l’homme commises par le parti communiste.

Nos départements du Trésor et du Commerce ont ainsi sanctionné et mis sur une liste noire les dirigeants et entités chinois qui portent atteinte aux droits les plus élémentaires des personnes du monde entier et les violent. Plusieurs agences ont travaillé conjointement à la préparation d’un avis aux entreprises pour faire en sorte que nos PDG sont informés de la façon dont leurs chaînes d’approvisionnement se comportent en Chine.

Nous savons aussi, nous savons aussi que tous les étudiants et employés chinois ne sont pas que des étudiants et des travailleurs normaux qui viennent ici pour gagner un peu d’argent et acquérir quelques connaissances. Trop d’entre eux viennent ici pour voler notre propriété intellectuelle et la ramener dans leur pays.

Le département de la Justice et d’autres organismes ont vigoureusement entrepris de sanctionner ces crimes.

Nous savons que l’Armée populaire de libération n’est pas non plus une armée normale. Son but est de veiller au règne absolu des élites du parti communiste chinois et d’étendre un empire de Chine, et non de protéger le peuple chinois.

Notre département de la Défense a donc intensifié ses efforts, ses opérations en faveur de la liberté de navigation dans les mers de Chine orientale et méridionale, ainsi que dans le détroit de Taïwan. Et nous avons créé une Force spatiale pour contribuer à dissuader la Chine de toute agression sur cette dernière frontière.

Et donc aussi, franchement, nous avons élaboré un nouvel ensemble de politiques au département d’État concernant la Chine, en vue de la promotion des objectifs du président Trump en matière d’équité et de réciprocité, pour remédier aux déséquilibres qui se sont creusés au fil des décennies.

Cette semaine même, nous avons annoncé la fermeture du consulat chinois à Houston, car il s’agissait d’un centre d’espionnage et de vol de propriété intellectuelle. (Applaudissements.)

Nous avons cessé, il y a deux semaines, de tendre l’autre joue comme nous le faisions depuis huit ans en ce qui concerne le droit international en mer de Chine méridionale.

Nous avons appelé la Chine à adapter ses capacités nucléaires aux réalités stratégiques de notre temps.

Et le département d’État – à tous les niveaux, partout dans le monde – dialogue avec nos homologues chinois simplement pour exiger équité et réciprocité.

Mais notre approche ne peut pas se limiter à être plus durs. Il est peu probable que cela aboutisse au résultat que nous souhaitons. Nous devons également nous adresser au peuple chinois et l’autonomiser – c’est un peuple dynamique, épris de liberté et complètement distinct du parti communiste chinois.

Cela commence par la diplomatie en personne. (Applaudissements.) J’ai rencontré des Chinoises et des Chinois de grand talent et très travailleurs partout où je vais.

J’ai rencontré des Ouïghours et des Kazakhs ethniques qui ont fui les camps de concentration du Xinjiang. J’ai parlé avec les dirigeants des mouvements pour la démocratie de Hong Kong, du cardinal Zen à Jimmy Lai. Il y a deux jours à Londres, j’ai rencontré le combattant de la liberté de Hong Kong Nathan Law.

Et le mois dernier, dans mon bureau, j’ai entendu les histoires de survivants de la place Tiananmen. L’un d’eux est ici aujourd’hui.

Wang Dan était un étudiant clé qui n’a jamais cessé de se battre pour la liberté du peuple chinois. Monsieur Wang, veuillez vous lever pour que nous puissions vous reconnaître. (Applaudissements.)

Le père du mouvement démocratique chinois, Wei Jingsheng, est également parmi nous aujourd’hui. Il a passé plusieurs dizaines d’années dans des camps de travail chinois en raison de son action militante. Monsieur Wei, pouvez-vous vous lever ? (Applaudissements.)

J’ai grandi et servi dans l’armée pendant la guerre froide. Et s’il y a une chose que j’ai apprise, c’est que les communistes mentent presque toujours. Le plus gros mensonge qu’ils racontent est de penser qu’ils parlent au nom de 1,4 milliard de personnes qui sont surveillées, opprimées et qui ont peur de s’exprimer.

Bien au contraire. Le PCC craint les opinions honnêtes du peuple chinois plus que n’importe quel ennemi, et à moins qu’ils perdent leur propre emprise sur le pouvoir, ils ont des raisons – il n’ont aucune raison de le faire.

Pensez simplement à quel point la situation du monde serait meilleure – sans parler de celle des habitants de la Chine – si nous avions pu entendre les médecins de Wuhan et s’ils avaient été autorisés à sonner l’alarme à propos de l’émergence d’un nouveau virus.

Pendant trop longtemps, nos dirigeants ont ignoré, minimisé les paroles de courageux dissidents chinois qui nous ont mis en garde contre la nature du régime auquel nous sommes confrontés.

Et nous ne pouvons plus l’ignorer. Ils savent aussi bien que quiconque que nous ne pourrons jamais revenir au statu quo.

Mais changer le comportement du PCC ne peut être la mission du seul peuple chinois. Les nations libres doivent s’efforcer de défendre la liberté. C’est loin d’être facile.

Mais j’ai foi en notre capacité à le faire, parce que nous l’avons déjà fait. Nous savons comment le faire.

J’ai confiance parce que le PCC répète certaines des mêmes erreurs que l’Union soviétique a commises – aliéner des alliés potentiels, briser la confiance chez soi et à l’étranger, rejeter les droits de propriété et l’état de droit prévisible.

J’ai foi. J’ai foi parce que je vois le réveil d’autres nations qui savent que nous ne pouvons pas revenir au passé comme nous ici en Amérique. Je l’ai entendu à Bruxelles, à Sydney, à Hanoï.

Et surtout, je suis convaincu que nous pouvons défendre la liberté du fait de son attrait même.

Regardez les Hongkongais qui demandent à corps et à cri d’émigrer alors que le PCC resserre son emprise sur cette fière ville. Ils agitent des drapeaux américains.

C’est vrai, il y a des différences. Contrairement à l’Union soviétique, la Chine est profondément intégrée dans l’économie mondiale. Mais Beijing dépend plus de nous que nous de la Chine. (Applaudissements.)

Écoutez, je rejette l’idée selon laquelle nous vivons à une époque d’inévitabilité, les jeux sont joués d’avance, la suprématie du PCC est l’avenir. Notre approche n’est pas vouée à l’échec parce que l’Amérique est en déclin. Comme je l’ai dit à Munich cette année, le monde libre gagne toujours. Nous avons juste besoin de le croire, de le savoir et d’en être fier. Les peuples du monde entier veulent toujours aller vers des sociétés ouvertes. Ils viennent ici pour étudier, ils viennent ici pour travailler, ils viennent ici pour bâtir une vie pour leurs familles. Ils ne se bousculent pas pour s’installer en Chine.

C’est l’heure. C’est formidable d’être ici aujourd’hui. Le choix du moment est parfait. Il est temps que les nations libres agissent. Tous les pays n’aborderont pas la Chine de la même manière, et tant mieux. Chaque nation devra parvenir à sa propre compréhension des modalités de protection de sa propre souveraineté, de sa propre prospérité économique et de ses idéaux des tentacules du parti communiste chinois.

Mais j’appelle tous les dirigeants de chaque nation à commencer par faire comme l’Amérique – à exiger simplement la réciprocité, exiger la transparence et la responsabilisation du parti communiste chinois. C’est un groupe de dirigeants loin d’être homogène.

Et ces normes simples et puissantes permettront d’accomplir beaucoup de choses. Pendant trop longtemps, nous avons laissé le PCC fixer les règles du jeu, mais c’est terminé. Les nations libres doivent donner le ton. Nous devons opérer en fonction des mêmes principes.

Nous devons tracer des lignes communes dans le sable qui ne peuvent pas être emportées par les marchés du PCC ou leurs flatteries. En fait, c’est ce que les États-Unis viennent de faire lorsque nous avons rejeté une fois pour toutes les prétentions illégales de la Chine dans la mer de Chine méridionale, quand nous avons exhorté les pays à devenir « des pays propres » afin que les informations privées de leurs citoyens ne se retrouvent pas entre les mains du parti communiste chinois. Nous avons pour cela établi des normes.

Maintenant, il est vrai que c’est difficile. C’est difficile pour certains petits pays. Ils ont peur de faire l’objet d’attaques. Certains d’entre eux, pour cette raison, n’ont tout simplement pas la capacité ni le courage de nous soutenir pour le moment.

En effet, un de nos alliés de l’OTAN n’a pas tenu tête à la Chine en ce qui concerne Hong Kong comme il le devrait, car il craint que Beijing ne restreigne l’accès au marché chinois. C’est le genre de timidité qui mènera à un échec historique, et nous ne pouvons pas accepter que cela se reproduise.

Nous ne pouvons pas répéter les erreurs de ces dernières années. Le défi que pose la Chine exige des efforts, de l’énergie de la part des démocraties – celles d’Europe, celles d’Afrique, celles d’Amérique du Sud, et en particulier celles de la région indo-pacifique.

Et si nous n’agissons pas maintenant, le PCC finira par éroder nos libertés et affaiblir l’ordre fondé sur des règles à l’édification duquel nos sociétés ont tant travaillé. Si nous nous inclinons maintenant, les enfants de nos enfants seront peut-être à la merci du parti communiste chinois, dont les actions constituent le principal défi aujourd’hui dans le monde libre.

La tyrannie du secrétaire général Xi n’est pas inévitable à l’intérieur et à l’extérieur de la Chine, à moins que nous le permettions.

Maintenant, il ne s’agit pas de confinement. Détrompez-vous. Il s’agit d’un nouveau défi complexe auquel nous n’avons jamais été confrontés auparavant. L’URSS était fermée hors du monde libre. La Chine communiste est déjà à l’intérieur de nos frontières.

Nous ne pouvons donc pas faire face seuls à ce défi. Les Nations unies, l’OTAN, les pays du G7, le G20, nos capacités économiques, diplomatiques et militaires combinées sont sûrement suffisantes pour relever ce défi si nous les utilisons avec clarté et avec beaucoup de courage.

Le moment est peut-être venu pour d’un nouveau groupement de nations partageant les mêmes idées, une nouvelle alliance de démocraties.

Nous disposons des outils nécessaires. Je sais que nous pouvons le faire. Il nous faut la volonté correspondante. Pour citer les Écritures, je vous pose la question suivante : « Notre esprit veut-il mais notre chair est-elle faible ? »

Si le monde libre ne change pas – ne change pas, la Chine communiste nous changera sûrement. Il ne peut y avoir de retour aux pratiques passées parce qu’elles sont rassurantes ou parce qu’elles sont commodes.

La garantie de nos libertés face au parti communiste chinois est la mission de notre temps, et l’Amérique est parfaitement positionnée pour en prendre la tête parce que nos principes fondateurs nous en donnent l’opportunité.

Comme je l’ai expliqué à Philadelphie la semaine dernière, face à Independence Hall, notre nation a été fondée sur le principe selon lequel tous les êtres humains possèdent certains droits inaliénables.

Et c’est à notre gouvernement qu’il appartient de garantir ces droits. C’est une vérité simple et incontournable. Elle a fait de nous un symbole de la liberté pour les peuples du monde entier, y compris en Chine.

Effectivement, Richard Nixon avait raison lorsqu’il écrivait en 1967 que « le monde ne peut être en sécurité tant que la Chine ne changera pas ». C’est maintenant à nous d’écouter ses conseils.

Aujourd’hui, le danger est clair.

Et aujourd’hui, le monde se réveille

Aujourd’hui, le monde libre doit réagir.

Nous ne devons jamais revenir au passé.

Que Dieu vous bénisse tous.

Que Dieu bénisse le peuple chinois.

Et Dieu bénisse le peuple des États-Unis d’Amérique.

Merci.

(Applaudissements.)


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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