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Point de presse officiel avec le représentant spécial pour l’Iran et le Venezuela, Elliott Abrams, sur l’actualité en Iran et au Venezuela

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Département d’État des États-Unis
Le 16 septembre 2020

 

MME ORTAGUS : Merci beaucoup et bonjour à tous. Je sais que nous organisons cet appel juste après la conférence de presse avec le secrétaire et que nous avons un autre point de presse aujourd’hui, alors excusez-vous d’accumuler tout cela aujourd’hui. Nous allons essayer d’allouer autant de temps que possible pour les questions / réponses (inaudible) qu’ont beaucoup d’entre vous. Mais je tiens simplement à réitérer, bien sûr, qu’il s’agit d’un point de presse officiel avec le représentant spécial pour le Venezuela et maintenant aussi pour l’Iran Elliott Abrams. Même si cet appel est officiel, son contenu est sous embargo jusqu’à sa conclusion s’il vous plaît.

Il s’agit en fait du premier point de presse d’Elliott depuis qu’il assume ces deux fonctions. Il commencera bien sûr par une déclaration liminaire, puis nous passerons à vos questions. Juste un rappel, vous pouvez appuyer sur 1 puis 0 à tout moment sur (inaudible) pour entrer dans la file d’attente des questions.


Sur ce, je vais donc céder la parole au représentant spécial M. Abrams.

M. ABRAMS : Merci, Morgan. Je voudrais commencer par une remarque sur le Venezuela et l’élection frauduleuse de l’Assemblée nationale maintenant prévue pour le 6 décembre, avant de passer à l’Iran.

Aucune des conditions de base pour des élections libres n’existe au Venezuela. Les partis d’opposition ont été volés et des agents du régime ont été nommés pour les diriger. La commission électorale nationale est entièrement sous le contrôle du régime. La liberté de la presse n’existe pas. La répression et l’intimidation par la police et les gangs colectivos se poursuivent. Il n’y a pas de machines à voter fiables et testées au Venezuela. Les règles du jeu ont été récemment modifiées par le régime, qui a créé plus de 100 nouveaux sièges à l’Assemblée nationale et modifié le découpage des circonscriptions électorales. Je pourrais continuer. Et c’est précisément pourquoi le président par intérim Juan Guaido et une coalition de 37 partis ont déclaré qu’ils ne légitimeraient pas cette fraude en participant à l’élection. Il va sans dire qu’il ne suffira pas d’un report pour remédier à ces conditions. Des élections frauduleuses ne le sont pas moins si elles se tiennent quelques mois plus tard.

L’une des pierres angulaires de notre politique au Venezuela consiste à aider le large éventail des acteurs démocratiques qui luttent pour la liberté et la démocratie dans ce pays. À ceux qui ont décidé de participer aux élections à l’Assemblée nationale, nous disons que vous avez une obligation particulière d’exiger les conditions nécessaires, et acceptées au niveau international, pour des élections libres et équitables, et de parler ouvertement de la répression et de la corruption du régime de Maduro.

Nous pouvons faire la distinction entre les acteurs démocratiques dont les opinions diffèrent en matière de stratégie et les personnes qui travaillent avec le régime pour affaiblir la démocratie. Nous n’hésiterons pas à appliquer les sanctions des États-Unis  de la manière la plus rigoureuse à l’encontre de ce dernier groupe, comme nous l’avons fait ces dernières années. À tous les Vénézuéliens qui luttent pour des élections libres et un rétablissement de la démocratie, nous continuons à promettre notre plein appui. Et comme vous le savez, le secrétaire Pompeo rendra visite à tous les voisins du Venezuela – la Colombie, le Brésil et le Guyana – lors d’un voyage qui débutera demain.

J’aimerais attirer votre attention sur le rapport du Conseil des droits de l’homme des Nations unies présenté aujourd’hui par la Mission indépendante d’établissement des faits des Nations unies sur le Venezuela. Cette mission des Nations unies, a, je cite, « trouvé des motifs raisonnables de penser que les autorités et les forces de sécurité vénézuéliennes ont planifié et commis depuis 2014 de graves violations des droits de l’homme, dont certaines » – je cite toujours – « dont certaines – en particulier des meurtres arbitraires et le recours systématique à torture – relèvent de crimes contre l’humanité », fin de citation. Et puis dans une déclaration extraordinaire pour un rapport de l’ONU, elle dit, je cite « la Mission a de bonne raisons de penser que tant le président que le ministre du Pouvoir populaire des Relations intérieures, de la Justice et de la Paix, et celui de la Défense, ont ordonné ou facilité l’exécution des crimes documentés dans ce rapport », fin de citation. Ces crimes, selon l’ONU, des crimes contre l’humanité, commencent au sommet.

Nous disposons par ailleurs d’informations faisant état d’autres pétroliers se dirigeant vers le Venezuela en provenance de l’Iran, et cela nous rappelle encore une fois que Maduro a détruit l’économie et les infrastructures du Venezuela par son incompétence, sa mauvaise gestion et la corruption qui y règne, de sorte que ce pays riche en pétrole doit en importer. La capacité de raffinage de pétrole brut installée au Venezuela est de 1 300 000 barils par jour. Mais cette corruption et cette négligence ont réduit la quantité de pétrole réellement raffinée à moins de 5 pour cent de cette capacité. Le régime s’est donc tourné vers un autre paria international, l’Iran, auquel il expédie de l’or pour acheter du pétrole.

Comme vous le savez, pratiquement toutes les sanctions de l’ONU contre l’Iran seront rétablies ce week-end à 20 heures, heure de l’Est le samedi 19. L’embargo sur les armes sera désormais réimposé indéfiniment et d’autres restrictions seront de nouveau en vigueur, notamment l’interdiction pour l’Iran de se livrer à des activités d’enrichissement et de retraitement, l’interdiction des essais et du développement de missiles balistiques, et des sanctions portant sur le transfert de technologies nucléaires et liées aux missiles à l’Iran.

Le secrétaire [d’État] a déclaré il y a quelques heures à peine que nous attendons de tous les États membres de l’ONU qu’ils appliquent pleinement les sanctions de l’ONU et respectent le processus et les obligations de faire respecter ces sanctions. Nous en parlerons beaucoup plus en détail lundi.

C’est une bonne occasion de réfléchir à l’attachement presque religieux de certains pays à cet accord sur le nucléaire. Mais cinq années de réunions du Plan d’action global commun n’ont pas du tout modéré les tactiques ou les choix de l’Iran. Il est temps que les nations qui veulent la paix reconnaissent cette réalité et se joignent à nous pour imposer des sanctions à l’Iran. Il est inconcevable que quiconque pense ou ait pensé qu’il est raisonnable de permettre l’expiration de l’embargo sur les armes contre l’Iran le mois prochain, étant donné le rôle de ce régime dans la déstabilisation de l’Iraq, de la Syrie, du Yémen et du Liban et son soutien constant au terrorisme.

J’aimerais terminer avec l’histoire de Navid Afkari, le jeune champion de lutte iranien. À l’été 2018, Navid a participé à une manifestation pacifique avec ses deux frères. Le régime les a arrêtés tous les trois et les a torturés pour qu’ils avouent un meurtre survenu alors qu’ils se trouvaient dans une partie complètement différente de la ville. Le régime a voulu un châtiment exemplaire et, comme vous le savez, a exécuté Navid le week-end dernier.


C’est un terrible rappel du régime brutal et despotique auquel nous avons affaire. Je vous rappelle qu’hier Siamak Namazi a célébré son 49ème anniversaire dans la célèbre prison d’Evin. Cela faisait 1 800 jours – 1 800 jours que le régime iranien l’a pris en otage. Siamak, son père Baquer ,et Morad Tahbaz restent des victimes innocentes du régime iranien et nous travaillons chaque jour pour obtenir leur libération.

Merci, et je répondrai avec plaisir à des questions sur le Venezuela et l’Iran.

MME ORTAGUS : Très bien. D’accord. Formidable. La première personne dans la file d’attente est Gabriela Perozo, de VPITV.

QUESTION : Bonjour. Merci beaucoup pour cette opportunité. Pensez-vous que ce nouveau rapport présenté par la mission indépendante de l’ONU aidera l’Europe à ne pas se laisser manipuler par cette nouvelle stratégie de Maduro de libérer des prisonniers politiques pour instaurer un dialogue ? Pensez-vous que l’Assemblée générale des Nations unies sera une bonne plateforme pour réaffirmer la stratégie autour du président par intérim Guaido ?

Et une autre question : Le voyage du secrétaire Pompeo au Brésil et en Colombie apportera-t-il des surprises, peut-être quelque chose de nouveau contre le régime de Maduro ? Merci.

M. ABRAMS : Merci. Eh bien, pour ce qui est des surprises éventuelles du voyage du secrétaire, bien sûr, si je disais quelque chose, il ne s’agirait pas de surprises. Il y aura un point de presse sur le voyage et je laisserai [haut responsable du département d’État] et, pendant le voyage, le secrétaire, parler du voyage.


En ce qui concerne votre première question, je l’espère certainement. C’est un rapport extraordinaire qui viendra des Nations unies. Nous n’avons pas l’habitude de voir des rapports aussi durs venant directement des Nations unies. J’espère donc qu’il aura un impact sur tout gouvernement qui réfléchit à sa politique à l’égard du régime de Maduro. Cela commence par une réunion – une réunion importante – demain, du Groupe de contact international sur le Venezuela, qui publiera évidemment une déclaration, comme c’est toujours le cas. Je pense donc que cela rappellera aux gens la nature du régime et que la libération de certains prisonniers politiques – dans certains cas la libération partielle parce qu’ils sont en résidence surveillée ou les accusations n’ont pas encore été abandonnées, et beaucoup d’autres n’ont été pas libérés – il s’agit d’une mesure du régime qui, comme votre question le suggérait vraiment, est une tactique qui ne change pas la nature du régime et ses violations systématiques des droits de l’homme, qui sont documentées dans ce rapport très substantiel.

Quant à l’Assemblée générale des Nations unies, je ne sais pas si cela affectera la manière dont l’Assemblée vote sur le Venezuela. J’espère vraiment que ce sera le cas et je pense que de nombreux gouvernements dans le monde liront ce rapport, et en particulier pour ceux qui ne suivent pas le Venezuela de près, ce sera une révélation.

MME ORTAGUS : Très bien, merci beaucoup. Nous allons maintenant passer la parole à Matt Lee, AP.

QUESTION : Merci, Elliott.  J’ai une – mes questions portent sur l’Iran. Vous pouvez dire tout ce que vous voulez, que vous pensez que les États membres de l’ONU se joigneront à vous dans l’application des sanctions dont vous dites qu’elles vont être réimposées, mais la réalité de la situation est que personne – aucun autre pays – à l’exception peut-être d’Israël et peut-être du Golfe, certains des pays du Golfe – ne pense que vous avez la capacité juridique de le faire, de sorte qu’ils ne vont donc pas les appliquer. Alors pourquoi les gens ont-ils tort de penser que vous êtes en train de vous précipiter dans quelque chose qui va créer des problèmes majeurs pour l’ONU en termes de crédibilité, et pour la crédibilité du Conseil de sécurité, ainsi que celle des États-Unis ? Merci.

M. ABRAMS : Merci, Matt. Le secrétaire Pompeo a répondu à des questions similaires et je répondrai à votre question du mieux que je peux, mais je vous invite à jeter également un œil à ce qu’il a dit vers midi aujourd’hui lors de la conférence de presse avec le secrétaire aux Affaires étrangères M. Raab. Je me souviens il y a quelques années des très nombreuses opinions d’experts qui suggéraient que l’imposition unilatérale de sanctions par les États-Unis n’aurait aucun effet sur l’Iran, et comme le secrétaire l’a dit, bon sang, il suffit de regarder l’économie iranienne pour voir que ce n’est pas vrai. Et la raison pour laquelle ce n’était pas vrai est que, quoi qu’en aient dit les ministères des Affaires étrangères, les particuliers, les hommes et femmes d’affaires, les banques, les entreprises du monde entier ont prêté attention aux sanctions et n’ont pas souhaité les violer. Je pense que vous verrez que cela sera aussi le cas de la réimposition des sanctions de l’ONU. Je pense que tous ces acteurs individuels du monde entier liront le texte de ces sanctions et ce que les États-Unis disent et se rendront compte que pour eux, les sanctions de l’ONU doivent être considérées de nouveau en vigueur. Donc je pense que cela aura un impact très important. 

Je ne pense pas – et je pense que c’est – les États-Unis, tout d’abord, ne sont pas isolés en ce qui concerne l’embargo sur les armes. Je pense et nous savons d’après nos conversations que de nombreux pays dans le monde ont exactement le même sentiment que nous, y compris en Europe, à propos de l’expiration de l’embargo sur les armes. Il y a eu une lettre du Conseil de coopération du Golfe, de tous les membres, au Conseil de sécurité de l’ONU, lui demandant de ne pas laisser l’embargo sur les armes de l’ONU prendre fin. Et comme l’a dit le secrétaire, ce dont il s’agit ici, c’est d’un effort de la part des États-Unis pour surmonter les erreurs diplomatiques d’il y a cinq ans selon lesquelles il serait une bonne idée de permettre à l’Iran d’importer et d’exporter toutes les armes qu’il voulait – des chars de combat, des avions de combat – après seulement cinq ans. C’est ce contre quoi nous nous élevons et c’est pourquoi nous prenons ces mesures.

MME ORTAGUS : Merci beaucoup. D’accord, je vais essayer de ne pas mal prononcer le nom ici.  Haik, H-a-i-k, Garats, G-a-r-a-t-s, d’Argus Media.

QUESTION : Bonjour, je suis Haik Gugarats avec Argus Media. Merci. J’ai deux questions à vous poser, monsieur, une sur le Venezuela et une sur l’Iran.


En ce qui concerne le Venezuela, que pensez-vous actuellement des échanges de diesel contre du brut ? Vos efforts pour persuader les entreprises de ne pas y participer donnent-ils des résultats, et si ce n’est pas le cas, pensez-vous qu’une directive gouvernementale pour y mettre fin par des sanctions finira par être nécessaire ?


Et sur le rétablissement des sanctions sur l’Iran, j’essaie de comprendre l’effet pratique étant donné que vous venez de dire que les sanctions unilatérales des États-Unis ont déjà pratiquement mis fin à la plupart des transactions entre l’Iran et tous les autres pays. Alors, dans quelle mesure exactement votre rétablissement des sanctions permettra-t-il de mettre fin à toute nouvelle transaction ? S’agit-il d’accords humanitaires ou quel en sera exactement l’effet pratique ? Merci.

M. ABRAMS : Merci. Sur cette dernière question, pas d’accords humanitaires, il y a des exclusions dans toutes – toutes les sanctions des États-Unis  pour les biens humanitaires tels que la nourriture et les médicaments. Mais je vais vous donner un exemple d’un domaine dans lequel nous prévoyons un effet pratique : l’embargo sur les armes. Et comme vous le savez, les États-Unis étaient d’avis que l’embargo sur les armes devrait être prolongé, et s’il avait été prolongé, nous n’aurions pas eu à rétablir toute la  panoplie des sanctions de l’ONU. Nous pensons donc qu’un effet pratique sera de dire aux fabricants et aux négociants d’armes du monde entier que s’ils participent à des opérations avec l’Iran, ils feront l’objet de ces sanctions nouvelles ou plutôt rétablies de manière immédiate. Ils ne pourront pas s’y soustraire. Je pense donc que vous le verrez.

En ce qui concerne le diesel et l’impact des sanctions des États-Unis, je voudrais juste commencer par noter : vous avez peut-être vu la décision de Tipco, la société d’asphalte, un grand consommateur de pétrole vénézuélien qui traite avec le régime, et PDVSA a annoncé qu’elle se retirait de cette activité. Nous examinons très attentivement la question du diesel et nous notons, par exemple, que le régime de Maduro expédie constamment du diesel et d’autres produits pétroliers à Cuba. Je n’ai aucune annonce à faire aujourd’hui, mais je pense que l’on sait très bien que nous examinons l’ensemble de la question du diesel.

MME ORTAGUS : Merci. Carol Morello, Washington Post

QUESTION : (Inaudible) Elliott, vous venez de dire que les négociants d’armes du monde entier comprendront que les sanctions rétablies se feront sentir immédiatement. Faites-vous des plans concrets pour des sanctions secondaires après l’expiration officielle de l’embargo le mois prochain ? Et avez-vous une idée de l’impact qu’une confrontation avec des alliés des États-Unis, la Russie, la Chine, l’Iran et le Conseil de sécurité lui-même pourrait avoir sur le vote lui-même, à peine deux semaines avant les élections ?

M. ABRAMS : Premièrement, à notre avis, les sanctions de l’ONU reprennent effet samedi à 20 heures. De ce fait, la date d’octobre – je pense que c’est le 18 octobre, la date de la fin de l’embargo de l’ONU sur les armes – est une date moins importante. Quant à savoir si nous faisons des plans concrets, c’est le cas à bien des égards, et nous ferons des annonces au cours du week-end et d’autres annonces lundi, puis les jours suivants la semaine prochaine, en ce qui concerne les modalités exactes d’application de ces sanctions de l’ONU rétablies. Vous allez donc le voir. Nous avons en fait des annonces cette semaine, mais nous en ferons d’autres samedi, puis encore lundi et la semaine prochaine. Je ne pense pas que cette mesure de la part des États-Unis en ce qui concerne l’application de la résolution 2231 aura un impact négatif sur le Conseil de sécurité de l’ONU, à moins que d’autres membres du Conseil continuent de considérer que les sanctions de l’ONU ne sont plus en vigueur et peuvent être ignorées. Et il reste à voir si ces pays ignoreront en fait les sanctions de l’ONU. Nous avons suivi exactement les procédures énoncées dans la résolution 2231 mot pour mot.

MME ORTAGUS : D’accord. Merci. Nous avons maintenant Meghan Gordon de Platts.

QUESTION : Bonjour merci. Oui, en ce qui concerne les cargaisons de carburant iranien à destination du Venezuela, prévoyez-vous de les cibler dans le cadre d’affaires de confiscation civile supplémentaires comme nous l’avons vu cet été ou toute autre mesure supplémentaire, ou le fait que des pétroliers iraniens sont utilisés limite-t-il les options dont on dispose pour les arrêter ?

 M. ABRAMS : Eh bien, notre premier objectif était de nous assurer que personne d’autre que l’Iran ne se livrerait à ce commerce. Et c’est intéressant, en fait. Beaucoup de gens ont du pétrole à vendre. Certes, la Chine et la Russie ont du pétrole à vendre, mais les sanctions des États-Unis les ont incitées à penser qu’ils ne devraient pas participer à ces activités, et les chargeurs grecs se sont retirés de ce commerce.


Il ne nous reste donc plus que des navires pétroliers iraniens, des navires de pétrole brut détenus par des iraniens et sous pavillon iranien qui se livrent à ce commerce de manière limitée. Il y en a trois en route. Cela répondra aux besoins en pétrole de quelques semaines. Si vous vouliez empêcher le retour du type de pénurie qui est maintenant si courant au Venezuela, il vous aurait fallu quitter l’Iran hier avec trois autres pétroliers. Il vous faudrait un service de navette, ce que nous n’avons pas vu.

Nous surveillons donc ce que fait l’Iran et nous nous assurons, en premier lieu, que les autres chargeurs, assureurs, armateurs, capitaines de navires, comprennent bien qu’ils doivent se tenir à l’écart de ce commerce.

MME ORTAGUS : Merci. Joel Gerhke, Washington Examiner.

QUESTION : Bonjour, merci de participer à cet appel. Je voulais simplement revenir sur la question de l’Iran. Je me pose la question suivante : quelles mesures pratiques pensez-vous que les pays européens puissent prendre pour dissuader ou interdire les ventes d’armes russes et chinoises à l’Iran ? S’agirait-il de sanctions supplémentaires liées à l’Iran à l’encontre de l’industrie de la défense russe ou de nouvelles sanctions contre les entreprises chinoises ? Ces actions trouveraient-elles leur fondement juridique uniquement dans l’embargo sur les armes de l’ONU ou pourraient-elles être prises sous l’autorité de l’embargo sur les armes de l’UE ou dans le cadre d’une autre initiative ?


Et puis en quelque sorte dans le même ordre d’idée, mis à part le différend juridique particulier avec le Conseil de sécurité de l’ONU, je me demande : y a-t-il des négociations peut-être de la part de responsables britanniques, des propositions sur les modalités d’une coopération éventuelle des États-Unis et des pays européens pour atténuer les menaces perçues, les dangers que toutes les parties perçoivent autour de ces transactions d’armes ?

M. ABRAMS : Oui. Eh bien, les pays européens nous ont dit – l’UE-3 et d’autres aussi – qu’ils ne voulaient pas que l’embargo sur les armes prenne fin, mais qu’ils ne pouvaient pas prendre de mesures pour maintenir l’embargo des Nations unies sur les armes. Il existe un embargo européen distinct sur les armes.

Ce que les pays européens pourraient faire serait, en premier lieu, appliquer les sanctions de l’ONU qui sont rétablies ce week-end. Deuxièmement, ils pourraient maintenir un embargo de l’ONU – pardon, un embargo de l’UE sur les armes contre l’Iran et ils pourraient le faire indéfiniment. Troisièmement, ils pourraient coopérer étroitement avec nous lorsqu’ils constatent que la Russie, la Chine ou quiconque tente de vendre des armes à l’Iran. Nous – encore une fois, nous appliquerons ces sanctions de l’ONU.


L’UE-3 et d’autres Européens nous ont dit souhaiter vraiment que l’embargo de l’ONU sur les armes reste en place. Ils devraient prendre des mesures pour s’assurer, premièrement, qu’aucun pays de l’UE ne vende des armes à l’Iran, et deuxièmement, ils devraient nous aider à appliquer les sanctions de l’ONU. Et je pense vraiment que si l’UE se joignait à nous pour maintenir ces sanctions, cela aurait évidemment un impact sur les sociétés qui envisageaient de participer à une vente.

MME ORTAGUS : D’accord. Très bien, merci. Voyons. La question suivante, Muath Alamri.

(Pas de réponse.)

MME ORTAGUS : Muath Alamri.

OPÉRATEUR : Allez-y. Votre ligne est ouverte.

(Pas de réponse.)

MME ORTAGUS : D’accord. Je vais vous donner encore une chance. Muath.

(Pas de réponse.)

MME ORTAGUS : D’accord.

QUESTION : Allô ?

MME ORTAGUS : Bonjour. Allez-y.

QUESTION : Oui, merci. Je voudrais vous poser des questions sur le rapport des services de renseignement que Politico a publié sur l’histoire de – l’Iran qui envisageait de tenter d’assassiner l’ambassadeur des États-Unis en Afrique du Sud en représailles du meurtre de Soleimani. Si vous pouviez préciser quel pourrait en être l’impact et quelles cibles l’Iran cherche à attaquer.

M. ABRAMS : Je dirais tout d’abord que – je dirais d’abord que personne ne devrait être surpris par des informations dans la presse selon lesquelles l’Iran envisage ou prépare des actes de terrorisme. Ce régime a du sang sur les mains depuis des décennies à la suite d’attaques terroristes non seulement près de l’Iran, mais partout dans le monde, alors nous nous souvenons du projet d’attentat contre l’ambassadeur saoudien ici à Washington.

À part cela, je dirais seulement que le département d’État et le gouvernement des États-Unis plus généralement s’attachent toujours à protéger les responsables américains dans le monde, mais je ne veux pas élaborer plus avant en ce qui concerne ces rapports de presse particuliers.

MME ORTAGUS : D’accord. Merci. Nick Schifrin, PBS.

(Pas de réponse.)

MME ORTAGUS : Nick Schifrin.

OPÉRATEUR : M. Schifrin, veuillez appuyer sur le 1, 0.

MME ORTAGUS : Oh, désolée. Je pensais qu’il était encore dans la queue. D’accord. Si ce n’est pas le cas, passons à Lara Jakes, du New York Times. Je crois qu’elle est en ligne.

OPÉRATEUR : Un moment.  D’accord. Mme Jakes, vous êtes en ligne.

QUESTION : Bonjour Elliott, Bonjour Morgan. Elliott, pourriez-vous s’il vous plaît nous parler de l’affaire, de l’affaire curieuse de Matthew Heath, cet ancien militaire – un Marine, je crois – qui, selon le gouvernement vénézuélien, est un espion américain ? Je veux dire, je suppose que vous ne direz pas s’il est un agent ou non, mais je ne doute pas que si un Américain est détenu – retenu captif au Venezuela, je suppose que c’est quelque chose que le gouvernement des États-Unis essaie de démêler pour obtenir son retour chez lui. Pourriez-vous s’il vous plait nous dire où en sont ces efforts ? Merci.

M. ABRAMS : Eh bien, il y a une limite à ce que je peux dire, car je ne dispose pas de l’autorisation de divulgation qui nous le permettrait – qui nous permettrait d’en dire un peu plus. Évidemment, nous sommes toujours préoccupés lorsque nous recevons des informations selon lesquelles un Américain est détenu dans un pays étranger. Et c’est particulièrement difficile au Venezuela puisque nous n’avons pas d’ambassade avec une section consulaire à Caracas.

Je ne pense pas que je puisse dire grand-chose d’autre à propos de cette affaire, si ce n’est que, en fonction de tout ce que j’ai vu, c’est – je peux dire que le gouvernement des États-Unis n’a pas envoyé M. Heath au Venezuela.

MME ORTAGUS : Merci. Je pense que je voudrais essayer d’avoir Nick en ligne de nouveau, Nick Schifrin – il a dit qu’il était en ligne – PBS. Est-ce qu’on peut le récupérer ?

OPÉRATEUR : Allez-y. Votre ligne est ouverte.

QUESTION : Merci, Morgan. Bonjour, Elliott. Merci de participer à cet appel. Du point de vue logistique, si je comprends bien, la résolution exige que les États-Unis opposent un veto à une résolution qui prolongerait les sanctions, les sanctions rétablies. Alors je voudrais juste m’assurer que c’est juste. Est-ce que les États-Unis envisagent de présenter leur propre résolution à laquelle ils opposeraient alors leur veto, ou pensez-vous que ce n’est même pas nécessaire avant samedi soir ?


Et une question plus large : si ces autres pays n’appliquent pas ces sanctions, craignez-vous que cela dilue les autres sanctions du Conseil de sécurité, y compris, bien sûr, celles dont vous avez parlé et sur lesquelles vous travaillez en ce qui concerne le Venezuela ? Merci.

M. ABRAMS : Je pense que vous faites une erreur d’interprétation de la résolution 2231. Je pense que 2231 dit assez clairement que tout État participant au Plan d’action global commun peut envoyer cette notification au Conseil de sécurité au sujet du non-respect par l’Iran de ses responsabilités. Et les sanctions sont rétablies 30 jours plus tard, à moins qu’une résolution ait été adoptée en faveur de la poursuite de la levée des sanctions dans le cadre de la résolution 2231, des sanctions de toutes les résolutions précédentes – 1737, 1929, etc.


Donc, une façon d’y arriver est que quelqu’un présente une résolution en faveur du maintien des sanctions, et on leur oppose un véto. Un véto est opposé à cette résolution. L’autre moyen d’y parvenir est que quelqu’un présente la lettre au conseil pour le notifier, puis la résolution en faveur de la poursuite de la levée des sanctions n’est pas adoptée. Eh bien, elle n’est pas adoptée. Personne ne l’a présentée. Les sanctions sont donc rétablies.


Je pense que la résolution 2231 est assez claire à ce sujet. L’introduction d’une résolution et son veto ne sont pas nécessaires. Et si vous revenez aux discours prononcés par divers responsables il y a cinq ans, ils ont été très clairs sur le fait qu’un pays – nous, dans ce cas-ci – peut rétablir les sanctions sans action d’aucun autre. Je ne pense donc pas que ce soit – je ne pense pas que votre interprétation soit correcte.


Quant à l’impact sur d’autres sanctions du Conseil de sécurité, eh bien, il va sans dire que nous espérons que ce ne sera pas le cas. Ici, les États-Unis ne font que respecter le texte exact de la résolution du chapitre VII du Conseil de sécurité de l’ONU, la résolution 2231. Et si d’autres nations ne la respectent pas, je pense qu’on devrait en fait leur poser votre question, pour savoir si elles ne pensent pas qu’elles affaiblissent la structure des sanctions de l’ONU.

MME ORTAGUS : Très bien. Merci beaucoup. D’accord, je sais que l’on arrive à la fin du temps qui nous est imparti. Je vais essayer de caser une ou deux question supplémentaires dans la mesure du possible. Nous avions – désolée, je vais reprendre la queue ici – Nora Gamez du Miami Herald

QUESTION : (Inaudible) ceci. J’ai juste une question sur le Venezuela. Les États-Unis ont dit qu’ils étaient prêts à négocier avec Maduro, sa sortie. Le fait que l’ONU pense qu’il a commis des crimes contre l’humanité rend-il ces négociations hypothétiques moins probables ?

M. ABRAMS : Je pense que c’est un – ce rapport de l’ONU est un rappel de la nature de ce régime. C’est la raison pour laquelle les États-Unis ont présenté il y a quelques mois notre cadre pour une transition démocratique, car nous pensions – et c’est toujours le cas – qu’il faut un gouvernement de transition au Venezuela qui puisse organiser des élections libres. À la lecture de ce rapport de l’ONU et la nature des crimes qu’il attribue à Maduro et au régime de Maduro, on peut vraiment se poser des questions quant à la probabilité que Maduro et son régime organisent réellement des élections libres. Nous avons conclu qu’il n’y en avait aucune chance, c’est pourquoi nous avons dit qu’il fallait un gouvernement de transition pour organiser – dans six mois, neuf mois, peu importe, douze mois – une élection présidentielle véritablement libre et équitable.

Nous avons également, dans le – nous l’avons dit à beaucoup, beaucoup de gouvernements dans le monde, et c’est l’une des raisons pour lesquelles nous pensons que l’idée qu’il y aura des élections libres le 6 décembre défie vraiment toute logique et tout ce que nous savons de la nature de ce régime. Le problème est que certaines personnes semblent penser que c’est une question de temps. Alors, d’accord, pas le 6 décembre, on peut peut-être les reporter de trois mois, puis nous pourrons organiser des élections libres. Nous ne pensons pas qu’il sera possible d’organiser des élections libres sous ce régime.

MME ORTAGUS : Merci. D’accord. Voyons, j’avais quelqu’un d’ABC ici. Oh oui, David Alandete d’ABC.

QUESTION : Merci Morgan. Merci, Monsieur l’ambassadeur Abrams. Je voulais vous demander, il y a une réunion ce jeudi du Grupo de Contacto avec l’Union européenne. Il semble que le Haut-Commissaire Borrell ait mentionné que peut-être, peut-être qu’un report des élections garantirait l’envoi d’observateurs par l’Union européenne. Il ne l’a pas dit lui-même. C’est son bureau qui l’a dit à certains journalistes à Bruxelles. Et je voulais savoir si, ce que vous pensez qu’il pourrait se passer sur la base de cette réunion du Grupo de Contacto, et si le report des élections était acceptable pour l’Union européenne, qu’en dirait la diplomatie américaine ? Merci beaucoup.

M. ABRAMS : Il y a deux questions ici. La première, comme je l’ai dit il y a un instant, est le choix du moment. Personne ne croit qu’ils pourraient, même s’ils voulaient tenir des élections libres en décembre, qu’ils pourraient en organiser. Ils ont besoin de 30 ou 40 000 machines à voter. Ils doivent les importer de quelque part. Cinq millions de Vénézuéliens sont maintenant à l’extérieur du pays et des millions d’autres se sont déplacés à l’intérieur du pays. La mise à jour du registre électoral est donc une tâche énorme qu’il ne serait pas possible d’achever d’ici décembre, encore une fois, même si vous essayiez vraiment de le faire avec beaucoup de bonne volonté.

Mais il y a un deuxième problème, et c’est là que je m’inquiète un peu de certaines des choses que nous avons entendues de la part de Bruxelles. Un simple report ne suffit pas. Les conditions électorales doivent changer. Comme je l’ai dit au début, je ne veux pas revenir sur tous les points, mais rappelez-vous qu’ils ont récemment changé les règles du jeu. La commission électorale est entièrement entre les mains de Maduro. Il n’y a pas de liberté de la presse. On a pris le contrôle des principaux partis d’opposition et les membres du régime ont été placés à la direction de ces partis, les conditions nécessaires à des élections libres n’existent pas.

Qu’est-ce que je crains ? Ce qui m’inquiète, c’est un accord en vertu duquel l’Union européenne dit essentiellement : « Si – nous n’allons pas surveiller les élections en décembre. Mais si vous reportez, nous pourrons probablement les contrôler ». Une fois que vous avez conclu cet accord, si vous le faites, vous êtes très près d’un engagement à la surveillance. Et si en cours de route – c’est le danger – si en cours de route Maduro arrête cette femme, Maduro emprisonne cet homme, Maduro refuse de laisser ces gens sortir de prison, vous – vous ne voulez pas dire : « Eh bien, nous avons fait une erreur, et nous n’allons pas surveiller, et nous allons nous retirer. » Les gens ont normalement tendance à essayer de minimiser ou de passer outre les violations afin de pouvoir poursuivre la mise en œuvre de l’accord   – « Si vous reportez, nous enverrons des observateurs. »

Je pense que ce serait une très mauvaise idée. Et je pense que l’UE devrait, lors de la réunion du groupe de contact international de demain et dans ses autres déclarations, être extrêmement claires sur le fait que le choix du moment n’est qu’un facteur et que les conditions fondamentales doivent être mises en place. J’ai parfois pensé en écoutant l’expression « conditions de base » ou « quelles sont les conditions minimales », que ce que certains porte-parole disent, c’est que bien sûr, en Europe, nous devons avoir toutes les conditions pour des élections libres, mais au Venezuela, vous avez juste besoin de conditions minimales de base et c’est une attitude inacceptable. Les Vénézuéliens ont le même droit à des élections libres et équitables que n’importe qui en Europe.

MME ORTAGUS : Eh bien, merci, Elliott, vous avez été très généreux avec votre temps. Je vais prendre une autre question et ensuite vous serez nombreux à participer à notre prochain point de presse avec [haut responsable du département d’État]. Alors est-ce que nous pouvons passer à Eli Lake, Bloomberg, pour la dernière question ?  Avons-nous Eli sur —

QUESTION : Oui, est-ce que vous m’entendez ?

MME ORTAGUS : Oui.

OPÉRATEUR : Votre ligne est maintenant – oh, il vient de se déconnecter. Un moment. Veuillez composer de nouveau le 1, 0.

MME ORTAGUS : Eli, je crois que nous vous avons toujours.

OPÉRATEUR : Allez-y, Eli, vous êtes en ligne.

QUESTION : D’accord. Merci beaucoup pour cet appel, Elliott. Très vite : il s’est écoulé presque 10 mois depuis que les États-Unis ont tué Qasem Soleimani. En avez-vous constaté un effet dissuasif ? L’Iran est-il aussi menaçant qu’avant cette action, ou pouvez-vous nous en dire plus sur cette question ?

M. ABRAMS : Oui. Je dirais que cette action a beaucoup contribué à rétablir la dissuasion américaine et, je dirais, à une certaine prudence de la part de l’Iran. Auparavant, eux ou certains d’entre eux doutaient de la volonté des États-Unis de mener une action comme celle-là, et je pense que c’était également le cas de certains autres pays de la région. Et je pense qu’il est beaucoup plus clair maintenant que les États-Unis sont vraiment disposés à agir pour se défendre et défendre leurs alliés et lutter contre le terrorisme dans la région. Et donc je pense que, après avoir étudié la réaction iranienne depuis lors, je ne peux pas lire les esprits, mais on observe des signes de prudence de la part de l’Iran quant à la réaction qu’une action iranienne particulière pourrait susciter de la part des États-Unis.

 MME ORTAGUS : Formidable. Eh bien, merci à tous de vous être connectés aujourd’hui. Nous avons largement dépassé les délais. Merci beaucoup Elliott pour le temps supplémentaire. Et nous aurons un autre point de presse cet après-midi avec [haut responsable du département d’État] et j’espère que vous vous connecterez tous à ce moment-là. Merci.

M. ABRAMS : Merci. Au revoir.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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