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Point de presse avec l’ambassadeur Nathan Sales, coordinateur pour la lutte contre le terrorisme

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Département d’État des États-Unis
Nathan A. Sales, coordinateur pour la lutte contre le terrorisme
Le 17 septembre 2020

 

Modérateur : Bonjour du Centre pour les médias de Bruxelles du département d’État des États-Unis. J’aimerais souhaiter la bienvenue à tous les participants à la conférence de presse téléphonique d’aujourd’hui avec l’ambassadeur Nathan Sales, coordinateur du département d’État pour la lutte contre le terrorisme. L’ambassadeur Sales nous parlera des mesures prises par les États-Unis pour mettre fin aux activités terroristes du Hezbollah en Europe et dans le monde entier.

Nous commencerons par l’allocution d’ouverture de Monsieur l’ambassadeur Sales, avant de passer à vos questions. Nous ferons de notre mieux pour répondre au plus grand nombre de question possible dans le temps dont nous disposons aujourd’hui, qui est d’environ 30 minutes. À titre de rappel, l’appel d’aujourd’hui est enregistré. Et là-dessus, je vais céder la parole à Monsieur l’ambassadeur Sales. Allez-y s’il vous plait.

Monsieur l’ambassadeur Sales : Merci beaucoup, Justin, d’avoir organisé cet appel. Et merci à nos amis journalistes qui sont en ligne aujourd’hui. Je serai très bref. Je viens juste d’une table ronde organisée par le Comité juif américain sur la menace que représente le Hezbollah pour l’Europe, et j’aimerais vous faire part de certains des points importants qui ont été soulevés à cette occasion.

Il y a longtemps que les États-Unis ont inscrit le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes dans son intégralité. Cela remonte à 1997. Et nous encourageons davantage de pays dans le monde entier à faire de même, c’est-à-dire à rejeter la notion erronée selon laquelle il y a une distinction entre une soi-disant aile politique du Hezbollah et ses entreprises terroristes. Ce que nous demandons, c’est que davantage de pays désignent le Hezbollah dans son intégralité.

Nous assistons à des moments vraiment incroyables sur ce front dans la mesure où de plus en plus de pays dans le monde admettent cette réalité et désignent ou interdisent le groupe dans son intégralité. Cela a été le cas du Royaume-Uni en 2019. L’Allemagne a interdit cette année le Hezbollah dans son intégralité. Et ne serait-ce qu’au cours des quelques derniers mois, nous avons vu des annonces similaires de la part de la Lituanie, du Kosovo et de la Serbie. Plus près de chez nous, ici, sur le continent américain, nous avons observé une dynamique incroyable avec des pays comme l’Argentine, le Paraguay, la Colombie et le Honduras qui ont désigné ou interdit le Hezbollah dans son intégralité au cours des 18 derniers mois.

L’une des raisons pour lesquelles ces groupes – ces pays désignent le Hezbollah, est qu’ils reconnaissent la menace qu’il représente pour le monde et pour eux. J’ai révélé aujourd’hui de nouvelles informations sur la menace que représente le Hezbollah pour l’Europe et sa présence en Europe, et j’aimerais vous faire part maintenant de ces informations qui étaient auparavant sensibles.

Depuis 2012, le Hezbollah a mis en place des caches de nitrate d’ammonium dans toute l’Europe en transportant des kits de premiers secours dont les compresses froides contiennent cette substance. Et comme nous l’avons tous vu lors de l’explosion du port de Beyrouth, le nitrate d’ammonium est une substance vraiment dangereuse.

Je peux aussi révéler que ces caches ont été déplacées via la Belgique vers la France, la Grèce, l’Italie, l’Espagne et la Suisse. Je peux également vous dire que d’importantes caches de nitrate d’ammonium ont été découvertes ou détruites en France, en Grèce et en Italie. Nous avons des raisons de penser que ces activités se poursuivent. En 2018, on soupçonnait toujours l’existence de caches de nitrate d’ammonium dans toute l’Europe, peut-être en Grèce, en Italie et en Espagne.

Et c’est pour cela que nous continuons à considérer le Hezbollah comme une menace, non seulement pour les États-Unis mais aussi pour nos alliés européens. Et c’est pourquoi nous renouvelons notre appel pour que plus de pays désignent le Hezbollah dans son intégralité, et à l’Union européenne pour qu’elle élargisse sa désignation de 2013 de la soi-disant aile militaire à l’ensemble de l’organisation.

Et là-dessus, c’est avec plaisir que je répondrai à quelques questions.

Modérateur : Merci beaucoup pour cette allocution, Monsieur l’ambassadeur. Nous allons maintenant passer à la partie questions-réponses de l’appel d’aujourd’hui. Notre première question nous vient de Hadi Bou Chaaya qui appelle du Liban. Allez-y s’il vous plait.

[Pas de réponse.]

Modérateur : Hadi Bou Chaaya d’Al Hadeel au Liban. Allez-y s’il vous plait.

Question : D’accord. Juste un instant, s’il vous plaît. Notre première question est la suivante : quelle est votre évaluation de la réalité selon laquelle le Hezbollah et son [inaudible] au Liban et dans la région ?

Monsieur l’ambassadeur Sales : Je suis désolé. La communication a été très brouillée. Pouvez-vous répéter la question ?

Question : Quelle est votre évaluation de la réalité que le Hezbollah et son [inaudible] représentent au Liban et dans la région ?

Monsieur l’ambassadeur Sales : Eh bien, nous pensons que le Hezbollah n’est pas une force pour la stabilité au Liban. Au contraire, nous pensons que le Hezbollah est un facteur d’instabilité au Liban. Le Hezbollah n’est pas une solution aux problèmes du Liban. Le Hezbollah est la cause des problèmes du Liban. Il a contribué à favoriser une culture de corruption et d’impunité. Il s’est enrichi aux dépens du peuple libanais. Et la solution est pour nous de reconnaître la réalité que le Hezbollah n’est pas une organisation politique. Ce n’est pas un représentant légitime du peuple libanais. En fait, il s’agit d’une organisation terroriste qui existe pour faire couler le sang dans le monde, aux ordres de ses maîtres à Téhéran. Pour faire face à ce problème, il faut reconnaître sa véritable nature, et marginaliser et isoler le Hezbollah comme le groupe terroriste qu’il est. Merci.

Modérateur : Merci beaucoup. Notre question suivante nous vient de Maria Maalouf de Saudi24. Allez-y, Maria.

Question : Oui, Monsieur l’ambassadeur. Je vois que la plupart des pays européens considèrent que le Hezbollah est une organisation terroriste à part entière. Cela a été bien accueilli par les États-Unis. Mais la question est, pourquoi la France fait-elle preuve de souplesse avec le Hezbollah au Liban ?

Monsieur l’ambassadeur Sales : Merci pour la question. Je pense qu’un certain nombre de pays européens, comme le Royaume-Uni et l’Allemagne, partagent notre point de vue selon lequel le Hezbollah est une organisation terroriste en tous points. Nous aimerions que davantage de pays adhèrent à ce club, pour ainsi dire. En ce qui concerne la France et nos objectifs au Liban, je pense que la France et les États-Unis partagent le même objectif. Nous voulons tous voir un Liban souverain, prospère et stable. Je pense que nous devons toutefois reconnaître que nous avons des désaccords assez importants sur la meilleure façon d’atteindre cet objectif.

Nous ne pensons pas qu’il soit utile de dialoguer avec le Hezbollah comme s’il était un acteur politique légitime. À notre avis, ce genre de dialogue ne sert qu’à légitimer ce qui est en fait une organisation terroriste. L’approche américaine consiste plutôt à dialoguer avec les organes légitimes de l’État libanais, en particulier à offrir une assistance complète à ces entités dans l’espoir que l’État libanais se remette sur pieds et prospère sans l’interférence du Hezbollah.

Les États-Unis ont investi des milliards de dollars au Liban depuis 2006. Nous avons consacré plus de 2 milliards de dollars au renforcement des capacités des services de sécurité libanais. Nous avons également débloqué plus d’un milliard de dollars pour l’aide économique au Liban. Nous voulons tous la même chose pour le Liban, mais la voie à suivre pour y parvenir ne passe pas par le Hezbollah, à notre avis.

Modérateur : Merci beaucoup pour cette réponse. Notre question suivante nous vient de Michel Ghandour avec Al Hurra TV. Allez-y, Michel.

Question : Oui. Bonjour. Merci pour cet appel. Tout d’abord, quelle est l’importance des sanctions contre le Hezbollah aujourd’hui ? Et deuxièmement, quel est l’effet des sanctions américaines sur le parti, en particulier sur le fait qu’il est toujours en mesure de distribuer de l’argent, des salaires et de répondre aux besoins de ses partisans ?

Monsieur l’ambassadeur Sales : Eh bien, merci pour la question. Pour clarifier, vous parlez des sanctions annoncées par le département du Trésor aujourd’hui ?

Question : Correct.

Monsieur l’ambassadeur Sales : Oui. Oui. D’accord. Merci. Donc, pour ceux d’entre vous qui n’ont pas suivi cette question, le département du Trésor américain a imposé aujourd’hui des sanctions supplémentaires à deux entreprises liées au Hezbollah, spécifiquement Arch Consulting et Meamar Construction. Le Trésor a également imposé des sanctions à Sultan Khalifa Assad, qui est un membre du conseil exécutif du Hezbollah qui se trouve lié à ces deux entreprises. Les mesures d’aujourd’hui font suite à l’annonce du 8 septembre dans le cadre de laquelle nous avons sanctionné l’ancien ministre libanais Youssef Fenianos, coupable de collusion avec ces deux sociétés pour dissimuler leurs activités et contribuer à l’enrichissement du Hezbollah.

Donc, nous avons procédé à cette annonce aujourd’hui pour attirer davantage l’attention sur le fait que le Hezbollah et ses partisans continuent à se rendre coupables d’abus de confiance et à s’enrichir aux dépens du peuple libanais, ainsi qu’à exploiter et piller l’économie libanaise pour leur propre compte.

Modérateur : Merci beaucoup pour cette réponse. Notre question suivante –

Question : Quelle est l’importance de – Je suis désolé. Une question de suivi ?

Modérateur : Désolé. Une question par journaliste. Donc passons à Joyce Karam avec The National.  Allez-y, Joyce.

Question : Oui. Bonjour. Je veux juste revenir sur la question de Michel. Voyez-vous des indications du Liban selon lesquelles ces sanctions sèment peut-être la discorde entre le Hezbollah et son allié ? Et je sais que l’on ne dispose que d’une question, mais je vais en poser une autre. La formation du prochain gouvernement fait actuellement l’objet de luttes sectaires. Les États-Unis s’opposent-ils à l’idée d’un ministre des Finances chiite, je veux dire, si nous pouvons en parler sans détour ? Merci.

Monsieur l’ambassadeur Sales : Merci pour la question. Ce sont donc en quelque sorte des questions internes sur ce qui se passe en coulisses au Liban – alors que le pays se débat avec des crises très importantes : la crise financière provoquée par des décennies de corruption et de mauvaise gestion, avec la complicité, bien sûr, du Hezbollah, ainsi que la catastrophe humanitaire plus immédiate à la suite de l’explosion du port de Beyrouth.

Je n’ai pas grand-chose à dire sur ce qui se passe dans les coulisses, si ce n’est rappeler l’objectif des États-Unis dans cette situation. Nous voulons voir un Liban souverain et indépendant, prospère et stable. Et nous voulons le voir sortir des crises actuelles d’une manière qui lui permette d’atteindre cet objectif. Et nous pensons que le meilleur moyen de parvenir à ce résultat n’est pas de légitimer le Hezbollah en tant qu’acteur politique, mais de le marginaliser et de l’isoler, et de s’appuyer sur d’autres organes légitimes de la société libanaise et de l’État libanais. Merci.

Modérateur : Merci beaucoup pour cette réponse. Nous allons répondre à une question qui nous a été envoyée à l’avance. C’est celle de Grecia Antoun de LBCI au Liban. Elle écrit : « De nouvelles sanctions seront prises aujourd’hui à l’encontre de responsables libanais liés au Hezbollah. Les sanctions américaines seront-elles semblables aux sanctions européennes ? Quelles en seront les répercussions sur le gouvernement libanais en difficulté ? Serez-vous capables de faire la distinction entre les éléments militaires et politiques ? »

Monsieur l’ambassadeur Sales : Eh bien, permettez-moi de commencer par la dernière partie. Nos sanctions ne font pas de distinction entre une aile militaire du Hezbollah et une partie politique du Hezbollah. Nos sanctions reposent sur le fait que le Hezbollah est une organisation unique, et c’est une organisation terroriste, en tous points. Et vous n’avez pas besoin de croire sur parole les États-Unis. Le Hezbollah a clairement indiqué qu’il ne faisait pas lui-même de distinction entre ses opérations terroristes et une soi-disant branche politique. Ainsi nos sanctions contre le Hezbollah sont et ont toujours été dirigées contre l’ensemble de l’organisation, et cela restera le cas.

En ce qui concerne les effets de nos sanctions, et cela est vrai indépendamment du fait que nous parlions de sanctions contre le Hezbollah ou al-Qaïda ou Daech ou toute autre organisation terroriste, elles ont pour effet d’exclure les personnes physiques et morales concernées du système financier américain, et d’accroître les coûts de leurs activités. Nous voulons faire en sorte qu’il leur soit plus difficile de mobiliser des fonds. Nous voulons faire en sorte qu’il leur soit plus difficile de transférer des fonds. Nous voulons faire en sorte qu’il leur soit plus difficile de faire fonctionner des sociétés écrans, car en privant ces organisations de ressources, on les empêche de commettre des actes de meurtre de masse.

Modérateur : Merci beaucoup pour cette réponse. Notre question suivante nous vient d’Alain Dargham avec The Independent dans le – je suis désolé, avec MTV Liban. Allez-y.

Question : Oui. Donc, vous avez donc mentionné qu’ils avaient trouvé – l’Europe – chez des personnes appartenant au Hezbollah, du nitrate d’ammonium. Essayez-vous de lier l’incident qui a eu lieu dans notre port ici à Beyrouth avec le – avec ce qui se passe en Europe et, par exemple, en attendant [inaudible] ici ? Alors, essayez-vous de dire que ce nitrate d’ammonium était celui du Hezbollah au port ? Est-ce ce que vous essayez d’insinuer ici, Monsieur l’ambassadeur Sales ?

Monsieur l’ambassadeur Sales : Eh bien, merci pour cette question. Voilà ce que nous savons. Nous savons que le Hezbollah a stocké des quantités massives de nitrate d’ammonium dans toute l’Europe. Selon les informations que j’ai révélées aujourd’hui, ce type de caches a été trouvé dans un certain nombre de pays, dont le Royaume-Uni, la Grèce, la France, l’Italie et un certain nombre d’autres. Nous connaissons également d’après ce que nous avons vu à Beyrouth le pouvoir véritablement destructeur du nitrate d’ammonium. Il peut causer des destructions massives lorsqu’il est utilisé comme explosif. C’est pourquoi les États-Unis ont appelé à une enquête complète, ouverte, transparente et approfondie sur l’explosion de Beyrouth, et nous espérons en voir les résultats sous peu.

Modérateur : Merci beaucoup. Notre question suivante nous vient de Jeanine Jalkh de L’Orient-Le Jour au Liban. Allez-y s’il vous plait.

[Pas de réponse.]

Modérateur : Allô, Jeanine Jalkh de L’Orient-Le Jour ?

Question : Oui, je suis en ligne. Allô ?

Modérateur : Oui. Allez-y s’il vous plait, posez votre question.

Question : Oui. Ma question était que M. David Schenker a dit que les sanctions contre les anciens ministres Fenianos et Ali Hassan Khalil étaient un message adressé à d’autres politiciens libanais qui ne luttent pas contre la corruption. Sur quelle base l’administration américaine prendrait-elle ce genre de sanctions dans la perspective de – en – pour cibler la corruption, ou les personnes qui ne s’opposent pas à la corruption ?

Monsieur l’ambassadeur Sales : Eh bien, il nous semble que les sanctions signalent sans équivoque que le statu quo au Liban ne fonctionnera pas pour le peuple libanais. Je n’ai pas grand-chose à ajouter au-delà de ce qu’a dit le secrétaire adjoint Schenker. Mais les États-Unis sont résolument solidaires du peuple libanais qui aspire à un État stable dont le gouvernement répond à leurs besoins et n’est redevable à aucune organisation terroriste.

Modérateur : Merci beaucoup pour cette réponse. Notre question suivante nous vient de Raji Unnikrishnan du Gulf Daily News à Bahreïn. Allez-y s’il vous plait.

Question : Bonjour. Merci, Monsieur l’ambassadeur, pour ce point de presse, et je sais que vous avez parlé dans le contexte de l’Europe – L’Europe et le Hezbollah en Europe. Je voudrais vous poser la question suivante : parle-t-on du Hezbollah au sein du CCG ? Comme vous l’avez dit en ce qui concerne la dissimulation de nitrate d’ammonium, pensez-vous qu’il existe un risque semblable dans cette région ? Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ? Merci.

Monsieur l’ambassadeur Sales : Merci. Je n’ai pas – je n’ai plus d’informations sensibles à révéler aujourd’hui. Mais ce que je peux vous dire d’une manière plus générale, c’est que dans la région du Golfe, nous sommes reconnaissants au Conseil de coopération du Golfe ainsi qu’à la Ligue arabe pour les mesures qu’ils ont prises pour contrer le Hezbollah. Ces deux organisations se sont associées aux États-Unis pour désigner le Hezbollah dans son intégralité, et nous saluons cette initiative. Plus largement, nous avons vu toute une gamme d’organisations terroristes soutenues par l’Iran – pas seulement le Hezbollah mais d’autres organisations soutenues par l’Iran – qui sont actives dans la région et qui entendent fomenter la violence, que ce soit Kata’ib Hezbollah en Iraq, les Brigades Al-Ashtar au Bahreïn, ou divers autres groupes ayant des liens avec l’Iran. L’histoire est très similaire. L’histoire est la même. Ces groupes se procurent de l’argent, des armes et des ressources auprès de leurs maîtres à Téhéran, s’en servent pour commettre des actes de violence, et les États-Unis feront tout ce qui est en leur pouvoir et se serviront de leurs outils de sanctions pour les priver de ces ressources afin que nos partenaires dans le Golfe ne soient pas confrontés à cette menace.

Modérateur : Merci beaucoup pour cette réponse. Notre question suivante nous vient de Joseph Haboush d’Al Arabiya aux E.A.U.

Question : Merci pour cet appel, Monsieur l’ambassadeur. Il y a une question qui a été posée précédemment et sur laquelle je voulais simplement revenir. Vous avez expressément mentionné que les sanctions ont eu un impact sur le Hezbollah de manière spécifique. Pensez-vous que les sanctions ont un impact positif sur la volonté américaine de semer la discorde entre le Hezbollah et ses alliés au Liban ?

Monsieur l’ambassadeur Sales : Eh bien, nous pensons que les sanctions contribuent à faire du Hezbollah un paria. Si vous avez été sanctionné par les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, c’est un signe assez révélateur que vous n’êtes pas une organisation politique légitime. Il s’agit d’une indication assez claire selon laquelle vous êtes une organisation terroriste. Nous pensons donc que nos sanctions ont un effet pratique évident, qui est de priver les entités visées de ressources, et leur effet est démontrable. Il n’y a pas si longtemps, Hassan Nasrallah sollicitait publiquement des dons parce que le poids de nos sanctions était suffisant pour qu’il ne puisse pas compter sur le même niveau de soutien qu’auparavant. Mais en plus de ces conséquences pratiques, nos sanctions ont valeur de message très fort, c’est-à-dire que lorsque l’on stigmatise une organisation terroriste, en reconnaissant la réalité de la nature d’une organisation terroriste, on contribue à marginaliser et à isoler ce groupe.  

Modérateur : Merci beaucoup. Notre question suivante nous vient de Thomas Nehls d’ARD-Radio en Allemagne. Allez-y s’il vous plait.

Question : Oui merci. Bonjour de Berlin. Je ne comprends pas qu’il y ait deux poids, deux mesures, si vous permettez que je vous pose la question. D’une part, vous qualifiez le Hezbollah de groupe terroriste dans son intégralité. De l’autre, votre – pour autant que je sache, votre ambassadeur est à Beyrouth et traite avec des membres du gouvernement du Hezbollah et c’est aussi le cas des États-Unis, de toute l’administration. Alors n’est-ce pas contradictoire, car les États-Unis traitent-ils avec des terroristes, négocient-ils ? Je veux dire, ça n’est pas possible.

Monsieur l’ambassadeur Sales : Eh bien, je suppose – je suppose que je rejetterais l’hypothèse sur laquelle repose votre question, selon laquelle les États-Unis dialoguent avec le Hezbollah. Ce n’est tout simplement pas le cas. Notre politique n’a jamais été de dialoguer avec le Hezbollah, et c’est une politique qui remonte à 23 ans et qui a été mise en œuvre par les présidents et les administrations de partis politiques très différents et d’opinions générales très différentes. Mais les politiques américaines envers le Hezbollah depuis 1997 s’accordent toutes sur un point, qui consiste à le qualifier de ce qu’il est vraiment : c’est une organisation terroriste.

Cela dit, nous entretenons des relations diplomatiques très solides avec le Liban et nous lui apportons une aide étrangère très importante. Mais ne vous y trompez pas, il s’agit d’un dialogue avec les organes légitimes de l’État libanais, et le but de ce dialogue est précisément de renforcer leur capacité à résister à l’influence malveillante du Hezbollah. Nous ne voyons donc aucune contradiction dans la marginalisation et la sanction du Hezbollah d’une part, et le dialogue avec des éléments non liés au Hezbollah de l’État libanais d’autre part. Merci.

Modérateur : Merci beaucoup. Nous avons le temps pour une dernière question, celle d’Ibrahim Rihan d’Al Hadeel au Liban. Allez-y s’il vous plait

Question : Bonjour, Monsieur l’ambassadeur Sales. Je vous remercie. Je voudrais poser une question sur la visite d’Ismail Haniyeh au Liban. Son – dernièrement, il vit au Liban depuis deux semaines. Que pensent les États-Unis de cette visite, d’autant plus qu’il était en Turquie et qu’il a rencontré le président Erdogan, sachant que la Turquie est membre de l’OTAN ?

Monsieur l’ambassadeur Sales : Merci pour la question. Il n’est pas utile qu’un terroriste notoire comme Ismail Haniyeh puisse voyager librement dans tout le Moyen-Orient ou dans le monde. Notre position est très claire. Le Hamas figure sur la liste des organisations terroristes désignées. Comme le Hezbollah, il s’agit de l’un des tout premiers groupes à être désignés par les États-Unis. Et Haniyeh lui-même a également été pointé du doigt comme un terroriste mondial expressément désigné. Nous ne le considérons pas comme un acteur politique légitime. C’est une personne qui a du sang sur les mains et nous encourageons le reste du monde à reconnaître sa véritable nature et à le traiter en conséquence, comme un terroriste, pas comme un homme d’État.

Modérateur : Merci beaucoup. Malheureusement, c’était bien la dernière question compte tenu du temps qui nous est imparti aujourd’hui. Monsieur l’ambassadeur Sales, souhaitez-vous conclure par quelques mots ?

Monsieur l’ambassadeur Sales : Non. Merci beaucoup d’avoir participé à l’appel et je vous remercie pour votre temps et vos questions. 

Modérateur : Je voudrais remercier l’ambassadeur Sales de s’être joint à nous aujourd’hui et remercier tous les journalistes en ligne pour leur participation et leurs questions.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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