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Point de presse en ligne sur le 20e anniversaire de la stratégie pour les femmes, la paix et la sécurité

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Département d’État des États-Unis
Centre médiatique régional de l’Afrique
Madame Kelley E. Currie, ambassadrice itinérante pour les questions relatives aux femmes dans le monde
Le 15 octobre 2020

Modératrice : Bonjour à tous depuis le Centre médiatique régional de l’Afrique du département d’État des États-Unis. Je souhaite la bienvenue à nos participants de tout le continent et vous remercie tous de participer à cette discussion.

Aujourd’hui, nous avons le plaisir de nous trouver en compagnie de Madame l’ambassadrice Kelley Currie, ambassadrice itinérante pour les questions relatives aux femmes dans le monde au bureau correspondant du département d’État des États-Unis. L’ambassadrice Currie nous parlera du programme Femmes, paix et sécurité mis en œuvre par les États-Unis pour promouvoir la participation des femmes à la prévention et à la résolution des conflits sur le continent africain. L’ambassadrice Currie est en communication avec nous depuis Washington.

Nous commencerons l’appel d’aujourd’hui par l’allocution d’ouverture de Madame l’ambassadrice Currie, avant de passer à vos questions. Nous essaierons de répondre au plus grand nombre possible de celles-ci dans le temps qui nous est imparti. À tout moment pendant le point de presse, si vous souhaitez poser une question en direct, veuillez l’indiquer en cliquant sur le bouton « lever la main », et saisir votre nom, votre organe de presse et votre localisation dans l’onglet « questions et réponses ».

Vous pouvez également saisir votre question complète directement dans les questions et réponses pour que je la lise à notre intervenante. Encore une fois, veuillez indiquer votre nom, votre organe de presse et votre localisation géographique. Si vous souhaitez vous joindre à la conversation sur Twitter, veuillez utiliser le hashtag #AFHubPress et suivez-nous sur Twitter @StateGWI et @AfricaMediaHub.

Pour rappel, la conférence d’aujourd’hui est officielle. Et là-dessus, je cède la parole à Madame l’ambassadrice Currie pour son allocution d’ouverture.

Madame l’ambassadrice Currie : Merci beaucoup, Marissa, et je remercie tout le monde d’avoir bien voulu patienter malgré notre début tardif. Nous avons en fait eu un exercice d’évacuation en cas d’incendie ce matin, auquel nous ne nous attendions pas, alors j’apprécie que tout le monde ait accepté de patienter et nous permette de commencer un peu plus tard aujourd’hui.

Comme l’a dit Marissa, je suis Kelley Currie, notre ambassadrice itinérante au département d’État pour les questions relatives aux femmes dans le monde. Et ce mois d’octobre est un très grand mois pour nous ici, pour ce bureau, alors que nous marquons le 20ème anniversaire de la résolution sur les femmes, la paix et la sécurité au Conseil de sécurité, la résolution 1325 du CSNU comme nous l’appelons ici et comme on l’appelle dans le monde des femmes, de la paix et de la sécurité, qui est rapidement – une communauté de pratique et une communauté d’intérêts qui se sont considérablement développées au cours des 20 dernières années, y compris et à certains égards tout particulièrement sur le continent africain.

Nous sommes vraiment heureux de célébrer ce mois-ci cet anniversaire important, ce grand jalon de vingt ans d’inscription à l’ordre du jour du Conseil de sécurité des questions relatives aux femmes, à la paix et à la sécurité. Et nous avons beaucoup à dire sur le rôle de chef de file des États-Unis sur cette question depuis longtemps – depuis bien avant l’adoption de la résolution 1325, et la poursuite de notre travail sans relâche pour mettre en œuvre ce point essentiel de l’ordre du jour.

Récemment – en 2017, lorsque le président Trump a signé la loi sur les femmes, la paix et la sécurité qui a été adoptée à une très large majorité bipartisane ici au Congrès des États-Unis, nous sommes devenus le premier pays au monde à inscrire cet objectif dans notre législation nationale. Et bien que la résolution, la résolution 1325 du CSNU, appelle les pays à élaborer des plans d’action nationaux, plan dont nous disposons depuis 2000, nous nous réjouissons vraiment que cela fasse partie intégrante de notre législation nationale et que nos agences de politique étrangère et de sécurité nationale soient juridiquement tenues de mettre en œuvre ce programme dans l’ensemble de notre infrastructure de politique étrangère et de sécurité nationale. Et c’est ce que nous faisons depuis le début de cette administration de manière vraiment très importante.

Pour cela, nous devons veiller à ce que nos diplomates, notre personnel, que ce soit au département de la Défense ou ici au département d’État ou au sein de l’Agence des États-Unis pour le développement international, soient prêts à se mobiliser pour ce programme et à l’intégrer à tous leurs travaux. Et cela est particulièrement vrai dans les États fragiles et touchés par un conflit, mais c’est le cas pour l’ensemble de notre programme diplomatique. Parce que les femmes – s’assurer que les voix des femmes sont entendues dans les décisions importantes concernant leurs sociétés, y compris les décisions en matière de sécurité, que les femmes sont en mesure de participer pleinement aux forces armées de leur pays et de prendre – et de participer aux instances importantes où les décisions sont prises est essentiel dans tous les pays du monde, y compris ici aux États-Unis.

Nous travaillons donc de manière importante en interne sur nos propres institutions pour nous assurer qu’elles sont aptes à mettre pleinement en œuvre ce programme, mais nous travaillons également avec des partenaires du monde entier dans le cadre de ce programme. Et nous avons des programmes actifs concernant les femmes, la paix et la sécurité en œuvre dans 30 pays ne serait-ce que par le département d’État à lui seul, et nous venons de procéder à un appel de données que nous fournissons à la Maison-Blanche qui suit cet agenda de très près. Nous gérons tellement de choses dans le monde qu’il m’est presque impossible de les suivre toutes un jour donné. Les demandes de partenariats sur ce thème en provenance du monde entier sont si nombreuses que nous ne savons plus où donner de la tête certains jours. [Rire.]

Je suis donc très fière de pouvoir parler du travail que nous faisons ici, de son importance pour le département [d’État], mais je préfère de loin répondre à vos questions et entrer dans certains détails avec vous, si cela vous convient. Donc, Marissa, j’aimerais vous céder la parole pour cela, si c’est possible.

Modératrice : Aucun problème. Merci, Madame l’ambassadrice Currie. Nous allons maintenant passer à la partie questions et réponses de l’appel d’aujourd’hui. Pour ceux qui posent des questions, veuillez indiquer si vous souhaitez poser une question, puis saisissez votre nom, votre localisation géographique et votre organe de presse. Nous vous demandons de vous limiter à une question liée au thème du point de presse d’aujourd’hui : les programmes internationaux en Afrique dans le cadre de la Stratégie nationale des États-Unis de 2019 sur les femmes, la paix et la sécurité ; les mises à jour concernant les Casques bleus de l’ONU sur le continent ; et la protection des femmes touchées par les conflits contre la violence sexiste.

Nous allons passer en direct pour notre première question. Notre première question est celle de M. Bereket Sisay de l’agence de presse éthiopienne, basée en Éthiopie. La question est la suivante : « Comment aidez-vous les femmes à faire partie intégrante des processus de prévention des conflits et de consolidation de la paix ? »

Madame l’ambassadrice Currie : Eh bien, c’est vraiment un aspect essentiel de notre action. Nous travaillons sur différents vecteurs, y compris – et je vais vous donner de bons exemples de notre action en Afrique. Par exemple, au Kenya et en Afrique de l’Est, nous travaillons avec le programme de prévention de l’extrémisme violent par les femmes en partenariat avec l’Institut des États-Unis pour la paix. Et ce programme soutient un grand réseau appelé Sisters without Borders, qui travaille à prévenir et à contrer l’extrémisme violent et à soutenir les femmes qui travaillent dans ce domaine dans l’ensemble de la Corne de l’Afrique. C’est donc une très bonne initiative où ils ont fait – ils font tout, du street art avec des peintures murales dans les villes à la formation et aux vidéos qui contribuent à sensibiliser et à donner aux femmes des outils en vue de leur participation aux différents processus de paix. Au Soudan, par exemple, un autre pays qui nous préoccupe beaucoup et où nous travaillons sur de nombreux fronts différents, notre bureau accompagne des actions en faveur des femmes – pour aider les femmes soudanaises à prévenir et réduire la violence et les conflits en partenariat avec des réseaux existants de la société civile.

C’est donc quelque chose que nous faisons beaucoup. Nous travaillons avec les organisations féminines locales pour voir ce dont elles ont besoin et leur fournir les outils qui leur donneront les moyens et l’autonomie nécessaires à la promotion de leurs propres programmes. Parce qu’il ne s’agit pas vraiment de nous. Il s’agit de faire en sorte que les femmes sur le terrain dans ces États fragiles et touchés par un conflit disposent des outils et du soutien dont elles ont besoin.

Donc, nous sommes – nous travaillons avec elles dans le cadre d’actions de renforcement des capacités et de formation afin qu’elles puissent parler d’elles-mêmes et prendre part aux processus en cours au Soudan, qu’il s’agisse du processus de paix ou de la transition vers l’autonomie démocratique que nous observons en Afrique du Sud – au Soudan, je suis désolée, ces dernières années. Et nous travaillons donc aussi avec elles pour surmonter – l’un des rôles que nous pouvons jouer est celui de facilitateur lorsque vous avez des groupes qui sont – qui ont des antécédents de conflit et lorsque nous pouvons aider à rassembler des femmes de différentes ethnies et traditions religieuses et les aider à trouver leur cause commune et à travailler ensemble dans le cadre d’une coalition. Et c’est en particulier le cas au Soudan.

Nous sommes également – l’un des autres grands programmes que nous avons en Afrique est le programme Women and Girls Empowered (WAGE) qui est – qui travaille sur des questions transversales et toutes les questions qui vont de la violence sexuelle et sexiste à la lutte contre l’extrémisme violent. Et c’est vraiment formidable – nous – je déteste ce mot, mais l’appeler une boîte à outils est très – est en fait tout à fait adapté dans ce contexte parce que c’est le cas – il a beaucoup de possibilités différentes et cela peut être adapté aux différents contextes où cela fonctionne. Ainsi, au Soudan, les actions sont vraiment axées sur les questions qui sont pertinentes au Soudan, que ce soit – et en particulier sur cette transition d’une dictature islamiste vers un cadre plus pluraliste et démocratique. Nous sommes donc vraiment enthousiasmés par le travail que nous sommes en mesure d’effectuer au Soudan maintenant.

Modératrice : Fantastique. Je me réjouis que vous ayez mentionné le programme WAGE parce que le 12 octobre était la Journée internationale des filles, et beaucoup de gens se sont demandés, eh bien, ce nous faisons pour – nous faisons beaucoup de choses liées à l’autonomisation des femmes, mais que faisons-nous pour les jeunes filles ? C’est donc un programme formidable et j’espère que, en tant que – c’est un outil dans cette boîte à outils, c’est quelque chose que nous pourrons vraiment étendre à plusieurs pays et qui sera disponible sur tout le continent.

Notre question suivante nous a été envoyée du Rwanda, par M. Dusabemungu Ange de la Victoire de Top Africa News. Sa question est la suivante : « Le Rwanda est l’un des pays qui fait une place importante aux femmes dans le maintien de la paix. Que pouvez-vous nous dire du rôle du Rwanda à cet égard ? Et quelle aide comptez-vous apporter au Rwanda pour poursuivre ce programme ? »

Madame l’ambassadrice Currie : Eh bien, nous savons que le Rwanda est un PFC [pays fournisseur de contingents] majeur qui a fait un travail formidable, notamment en faisant en sorte que les femmes participent au maintien de la paix, un domaine très important que nous, aux États-Unis, avons également très fortement soutenu. Nous organisons beaucoup de formations avec nos partenaires, y compris le Rwanda, pour nous assurer que non seulement les femmes qui participent directement au maintien de la paix, mais aussi les hommes qui y participent avec elles, sont prêts à autonomiser et à soutenir cet effort.

Nous avons vu de manière très critique que lorsque les femmes participent au maintien de la paix, les niveaux de violence sexuelle et sexiste diminuent, les niveaux d’exploitation et de maltraitance sexuelle diminuent. Une des choses que nous avons remarquées – et vous le voyez. Je veux dire, nous avons toujours d’énormes défis, évidemment, avec les violences et l’exploitation sexuelles comme nous l’avons vu récemment en république démocratique du Congo. Mais ce que nous avons vu, c’est que nous avons fait un effort concerté depuis, en ce qui concerne le maintien de la paix et que nous avons vraiment augmenté le nombre de femmes qui y participent directement, non seulement en tant que Casques bleus, mais tout au long de la chaîne de commandement, et comme l’ONU a elle-même pris un engagement réel – encore une fois, par le biais du leadership du Conseil de sécurité – de donner aux femmes les moyens de devenir des Casques bleus, notamment en s’assurant qu’elles ont des douches et des dortoirs séparés et des choses simples comme ça, puisque quand nous avons commencé à avoir des femmes soldats de la paix, elles n’avaient pas de toilettes, elles devaient utiliser – être dans les mêmes locaux que les hommes et cela ne fonctionnait pas très bien.

Nous avons donc appris beaucoup de choses au cours des 20 dernières années, c’est certain, et le Rwanda a joué un rôle clé pour nous aider dans ce processus. Nous sommes donc ravis d’avoir ce partenariat permanent. Mais ce que nous avons vu, c’est que les niveaux de violences et d’exploitation sexuelles dans les troupes de maintien de la paix ont considérablement diminué depuis que nous avons vraiment fait un effort concerté pour intégrer davantage de femmes directement dans le maintien de la paix dans tous les rôles et à tous les niveaux.

Ce que nous constatons actuellement, c’est que nous devons faire un meilleur travail dans tout le spectre humanitaire pour faire en sorte que cet horrible problème soit complètement éliminé de l’espace humanitaire. Mais le maintien de la paix a ouvert la voie et nous devons maintenant tirer certaines de ces leçons importantes du maintien de la paix dans le reste de l’espace humanitaire, y compris en ce qui concerne la responsabilisation. Et une chose que nous avons vue avec les Nations unies, c’est qu’ils n’ont plus peur de couper certains pays, certaines unités et de renvoyer des gens s’ils sont impliqués dans un comportement inapproprié et qui compromet la mission. Et nous avons vraiment besoin de faire en sorte que la responsabilisation devienne la norme dans tout l’espace humanitaire.

Modératrice : Si nous pouvions rester sur ce thème que vous avez mentionné à propos du pluralisme et d’avoir plus de femmes dans cette chaîne d’autorité et cette chaîne hiérarchique en matière de maintien de la paix. À quoi ressemble l’inclusion ? Vous avez mentionné certaines choses auxquelles il me semble que le monde du maintien de la paix ne pense généralement pas : les problèmes de salle de bain et toutes les choses qui y sont liées et qui sont si importantes pour faire en sorte que l’on prête attention à l’inclusion des femmes. Alors, pourriez-vous décrire un peu plus à quoi ressemble cette inclusion dans des environnements complexes, spécifiquement liés aux conflits, qui exigent une attention urgente ?

Madame l’ambassadrice Currie : Eh bien, nous avons vu, par exemple, dans des endroits comme le Soudan du Sud, nous avons un détachement de Casques bleus constitué entièrement de femmes, et elles ont pu aller dans des communautés là-bas et s’occuper de questions que les troupes de maintien de la paix, qu’elles soient mixtes ou masculines, n’ont pas été en mesure de gérer, et faire face à certaines crises liées à la violence sexuelle et à la violence sexiste.

Nous constatons que, par exemple, lorsque les femmes sont présentes dans les unités de maintien de la paix, qu’il s’agisse d’unités militarisées ou de la police civile – et les unités de police civile sont particulièrement importantes parce que lorsque nous évoluons vers un environnement plus mixte où nous ne fournissons pas la même sorte de sécurité militaire, mais comme nous le verrons, comme avec le Soudan où nous nous dirigeons vers une mission politique spéciale et nous nous éloignons d’un contexte de maintien de la paix traditionnel, le besoin d’unités civiles intégrées et entièrement féminines a connu une augmentation spectaculaire parce que dans ces pays – dans ces environnements mixtes, dans ces environnements de transition, les besoins sont différents. Et les femmes policières – on pense immédiatement au Bangladesh, un pays qui compte un grand nombre de femmes policières et qui a beaucoup contribué à l’apprentissage de ce processus d’intégration des femmes dans des unités mixtes et de ce qu’une unité entièrement féminine peut faire dans le – sur le terrain.

Je pense donc que nous continuons à apprendre. Il s’agit de s’assurer que les femmes occupent également des postes de décision, car elles peuvent alors vous dire ce dont elles ont besoin et vous n’avez pas à essayer de le comprendre en vous basant sur l’expérience. Vous avez des femmes qui prennent les choses en main. Je pense qu’il a également été important de voir qu’au Conseil de sécurité, c’est là que, lorsque ces missions sont planifiées, quand on regarde le département des opérations de maintien de la paix et que l’on a des femmes fortes à des postes au DPPA, au département des Affaires politiques et de la Consolidation de la paix de l’ONU – et franchement, l’accent mis par le secrétaire général lui-même sur les femmes – sur l’autonomisation des femmes a été très important.

Et je pense que c’est quelque chose que nous tous – le rôle que – ce que nous voyons partout depuis 20 ans est juste un niveau de sensibilisation tellement énorme maintenant autour de la nécessité pour les femmes de participer pleinement et d’être intégrées dans toutes ces décisions et tous ces processus. Et nous n’y sommes pas encore. Je veux dire, je ne veux pas exagérer. Mais d’où nous venons et où nous sommes, vous voyez juste une telle différence autour de cela, au point où on pense que cela va de soi dans certains cas que les femmes vont avoir voix au chapitre, ou les femmes doivent faire partie de la prise de décision. Et c’est à cela que ressemblera le véritable pluralisme, c’est quand il sera pleinement acquis que les femmes ont – ont un rôle égal et critique dans la prise de toutes les décisions concernant la paix et la sécurité.

Modératrice : Merci. Je veux juste rappeler à nos participants, nos journalistes, que si vous souhaitez poser une question, veuillez cliquer sur le bouton « lever la main ». Nous voulons vraiment vous entendre et entendre vos questions. Madame l’ambassadrice Currie a vraiment beaucoup parlé de ce que font les États-Unis en termes d’inclusion et pour veiller à ce que l’on entende la voix des femmes en matière de paix – de questions de paix et de sécurité.

Nous allons prendre une question qui nous a été envoyée d’Allemagne, de Vivienne Machi, journaliste indépendante. Sa question est la suivante : « Comment la stratégie pour les femmes, la paix et la sécurité est-elle compatible avec la présence de l’armée américaine sur le terrain en Afrique pour essayer de prévenir l’augmentation des activités terroristes nationales alors que les pays africains continueront à faire face à la COVID-19, au changement climatique, à des questions de sécurité alimentaire, et honnêtement, toute une gamme d’autres questions ? »

Madame l’ambassadrice Currie : C’est une excellente question, Vivienne. Je vous remercie. Nous – nos partenaires du département de la Défense – sommes tellement enthousiastes à ce sujet – à propos de ce programme, et il n’y a pas de meilleurs partenaires que nos collègues du département de la Défense. Les commandants des combattants, en particulier, ont adopté avec enthousiasme le programme sur les femmes, la paix et la sécurité. Ils y voient un moyen essentiel de dialoguer avec les communautés locales avec lesquelles ils doivent travailler, et ils y voient un excellent – un excellent point d’entrée pour travailler avec les communautés sur des problèmes critiques, qu’il s’agisse de lutter contre l’extrémisme violent ou de répondre à certains des besoins humanitaires que vous avez identifiés.

Nous sommes vraiment enthousiasmés par le niveau de coopération avec le département de la Défense, et ici au département d’État, notre plus – l’un de nos plus grands partenaires sur les questions relatives aux femmes, à la paix et à la sécurité est notre bureau chargé des Affaires politiques et militaire, qui sert essentiellement de pont entre le département d’État et le département de la Défense sur les questions de formation. Il est responsable de notre centre de formation au maintien de la paix, où nous dispensons beaucoup de formations aux unités de maintien de la paix. Et il a été, encore une fois, l’un des adeptes les plus enthousiastes du programme sur les questions relatives aux femmes, à la paix et la sécurité. Il s’agit de notre principal partenaire ici au département. Nous sommes donc vraiment – nous les voyons travailler sur tous ces aspects – sur toutes ces questions avec les pays partenaires en particulier.

L’un de nos plus grands défis et l’un de nos plus grands domaines d’intervention est le travail avec les pays partenaires pour améliorer la réactivité de leurs services de sécurité face à ces problèmes afin d’éliminer la nécessité d’une implication directe des États-Unis ou d’un soutien direct des États-Unis, afin que les pays soient en mesure de se débrouiller seuls. Et donc nous continuons à travailler avec les services de sécurité sur tout le continent pour contribuer à renforcer leurs capacités.

J’étais – quand j’étais à Addis en février, je m’y trouvais pour – avec le secrétaire, mais nous étions également là à un moment où le département de la Défense organisait un programme de formation à l’échelle de l’Afrique et des actions avec les forces armées de tout le continent. Et c’était formidable de voir le nombre de femmes de partenaires africains qui participaient à ces activités, et de les voir – toutes les différentes forces armées africaines dans leurs uniformes se promener dans le centre de conférence et dialoguer avec nos propres forces.

Et donc nous voyons – nous avons un large éventail de partenariats avec les forces armées de tout le continent africain, et continuons à travailler avec elles pour renforcer leurs capacités à répondre à ces défis, en particulier dans le domaine de la lutte contre l’extrémisme violent, où nous voyons que les connaissances communautaires faisant intervenir les communautés dans ces domaines sont – sont absolument essentielles pour y mettre un terme. Ce sont des problèmes qui ne seront pas résolus par la force militaire. Ils doivent être traités au niveau communautaire. Et nous, au département d’État et nos collègues de la Défense, le comprenons très bien.

Modératrice : Excellent. En parlant d’Éthiopie, nous allons répondre en direct à une question d’un journaliste éthiopien, Bereket Sisay de nouveau. Bereket, la parole est à vous. Bereket, allez-y. Rétablissez le son. Je pense – voyons voir.

Question:  Bonjour, je crois que vous avez désactivé mon mode silencieux. Je suis Pearl.

Modératrice : D’accord. Eh bien, Pearl, nous allons vous donner la parole, et ensuite nous passerons à Bereket.  Donc nous sommes au Zimbabwe maintenant.

Question : D’accord.

Modératrice : Allez-y, Pearl.

Question : D’accord. Je vous remercie. Bonjour, Madame l’ambassadrice. Ravi de vous reparler. J’ai une question concernant la participation civique. De nombreuses femmes seront confrontées à l’obstacle civique de participer et d’être – ou d’être empêchées de participer aux processus électoraux pendant la COVID. La Tanzanie organise des élections. L’Ouganda organisera des élections. Au Zimbabwe, les élections partielles où les candidats – ils essaient de pourvoir des postes vacants entre les élections générales, sont désormais interdites. Ce ne sont là que quelques exemples d’ici la fin de 2020. Pouvez-vous nous parler de la participation aux processus électoraux, de l’exclusion ou des obstacles, et de la situation des femmes à cet égard ?

Madame l’ambassadrice Currie : Merci pour cette excellente question, Pearl. Vous avez toujours de si bonnes questions à nous poser. De toute évidence, nous suivons tous ces contextes électoraux avec une grande inquiétude. Nous avons été – nous travaillons en étroite collaboration avec notre bureau chargé de la Démocratie, des Droits de l’homme et du Travail, qui est notre principal bureau chargé des questions électorales. Et il prend très au sérieux la participation des femmes et le leadership politique des femmes, tout comme nous.

Et donc encore une fois, il s’agit d’une composante essentielle des questions relatives aux femmes, à la paix et à la sécurité, car si les femmes ne sont pas autorisées à participer pleinement aux processus électoraux, si elles ne sont pas autorisées à se présenter comme candidates, si elles ne sont pas autorisées à être pleinement engagées au sein des partis politiques et faire partie de l’infrastructure du pouvoir politique dans ces pays, alors comment peuvent-elles faire entendre leur voix ? Et donc nous sommes vraiment – nous nous investissons beaucoup dans les processus électoraux, et au niveau du travail avec les organisations régionales en particulier, pour nous assurer que ces processus sont inclusifs et donnent aux femmes la possibilité de participer.

La COVID étant un défi supplémentaire, je pense que chaque pays qui organise une élection est confronté à ces difficultés. Nous travaillons, je le sais, dans tous ces contextes pour essayer de nous assurer que nous soutenons ceux qui croient en la démocratie et qui croient au droit de vote et au – et à sa protection. Mais nous parlons de pays où les dirigeants ne sont pas ouverts à une pleine participation plurielle en premier lieu. Le problème de la participation des femmes s’inscrit dans le cadre d’un modèle plus large de gouvernance abusive, et nous essayons également d’y remédier.

Comme vous le savez, au Zimbabwe en particulier, nous avons imposé un certain nombre de sanctions et un certain nombre de – pris un certain nombre de mesures pour remédier à ce que nous considérons comme des pratiques problématiques de la part du gouvernement. Nous sommes également en contact avec l’Ouganda et la Tanzanie en ce qui concerne nos préoccupations s’agissant des pratiques électorales et autres pratiques politiques que nous jugeons problématiques. Nous avons un nouvel ambassadeur en Tanzanie, que nous – qui a été très actif dans le cadre du dialogue avec non seulement des organisations de femmes là-bas, mais aussi avec le gouvernement malgré le confinement dû à la COVID et les restrictions qui lui ont été imposées, pour mettre un frein à certains des comportements inquiétants que nous y observons.

Nous – mais nous surveillons ces situations de très près. Nous sommes – nous sommes très préoccupés par les restrictions et certaines des tactiques dont nous observons la mise en œuvre. J’ai notamment remarqué cette semaine en Ouganda des détentions supplémentaires et d’autres actions préoccupantes. Et nous suivons cela de très près avec une grande inquiétude. Merci.

Modératrice : Merci. Revenons à l’Éthiopie, à Bereket.  Bereket, vous devriez pouvoir parler maintenant. Bereket Sisay de l’agence de presse éthiopienne. Allez-y, Bereket.

Question : Allô ?

Modératrice : Nous vous entendons. Allez-y.

Question : D’accord. Merci beaucoup. Je m’appelle Bereket de l’agence de presse éthiopienne. Ma question est la suivante : l’Éthiopie est l’un des principaux fournisseurs de contingents en Afrique dans le cadre des mandats de l’ONU, et puis il y a beaucoup de femmes – nous pouvons voir qu’un nombre important de femmes participe réellement à ces activités. Alors, comment voyez-vous cela et quel type d’aide allez-vous apporter à l’Éthiopie, c’est ma première question. Et la deuxième est la suivante : en ce qui concerne l’Éthiopie, en particulier, il y a encore une très petite proportion de femmes qui participent réellement au processus de négociation, et en même temps au processus de consolidation de la paix et de prise de décision. Quelle est votre recommandation à cet égard ? Merci beaucoup.

Madame l’ambassadrice Currie : Eh bien, merci, Bereket. Et j’ai moi-même vu en Éthiopie à quel point les femmes sont fortes et comment elles s’emploient vraiment à aménager un espace pour des structures politiques plus inclusives. Nous avons vu émerger de grandes dirigeantes ces dernières années, en particulier en Éthiopie, qui font progresser cette participation du public.

Mais je pense qu’il reste de toute évidence encore beaucoup à faire. Nous avons – nous sommes – nous avons vu – au cours des quatre dernières années, nous n’avons toujours qu’environ 5 % de femmes à participer au maintien de la paix dans le monde. Il s’agit donc, bien qu’il s’agisse d’une augmentation considérable par rapport à, d’une augmentation de 50 % au cours des cinq dernières années, c’est encore très faible. C’est donc quelque chose pour lequel nous pouvons tous faire davantage et que nous pouvons tous faire mieux. Et je pense que c’est une question de recrutement. Il s’agit de faire en sorte que les femmes soient informées des conditions et des incitations pour les troupes de maintien de la paix et qu’elles y aient accès.

Il s’agit également du recrutement dans vos forces armées et de vous assurer que vous disposez d’une réserve plus importante au sein de vos propres forces armées, et de vous assurer que – et ce sont des choses pour lesquelles nous pouvons aider nos partenaires. Notre département de la Défense a beaucoup appris au cours des dernières dizaines d’années sur l’intégration des femmes dans tous les aspects de nos forces armées. Et nous continuons à faire face à des défis, évidemment, et ce n’est pas – ce n’est pas facile. Je ne vais pas vous raconter des histoires et donner l’impression qu’il suffit de claquer des doigts et c’est fait. Ce n’est certainement pas le cas.

Il faut pour cela un effort cohérent et concerté de la part des leaders et à tous les niveaux sans exception. Nous continuons vraiment à nous assurer que nous recrutons très activement ici aux États-Unis pour promouvoir et créer un environnement, un environnement propice, pour que les femmes réussissent dans nos forces armées. Mais ce n’est pas facile et il nous reste des défis à relever. Mais nous sommes très ouverts et francs avec nos partenaires, et nous voulons partager les enseignements que nous en avons tirés.

C’est pourquoi nous avons mis en place un programme vraiment – ce que je pense être l’un de nos meilleurs programmes d’assistance à la sécurité, à savoir notre Initiative mondiale pour les opérations de paix, c’est-à-dire que notre – l’objectif est de viser – nous entendons former les gens. Nous avons déjà formé plus de 8 000 femmes soldats de la paix dans le cadre de ce programme, ce qui est incroyable. Je pense donc que c’est l’une des choses que nous avons faites qui ont contribué à accroître les déploiements parmi les partenaires qui y participent.

Nous voulons donc nous assurer que nos partenaires participent à l’Initiative mondiale pour les opérations de paix, axée sur les modalités d’aide à la formation de vos propres femmes soldats de la paix et de facilitation de leur participation et de leur mobilisation. Nous sommes donc – c’est l’une de nos actions les plus importantes, je pense. Et je vous encourage, vous et votre gouvernement, à continuer à en profiter. Je pense que l’Éthiopie a déjà participé à l’Initiative mondiale pour les opérations de paix, mais nous pensons qu’il s’agit d’un excellent vecteur pour former davantage de femmes à participer au maintien de la paix. Et nous encourageons tous nos partenaires à profiter de cette opportunité.

Modératrice : Excellent. Je voudrais simplement rappeler à nos participants d’appuyer à nouveau sur le bouton « lever la main » si vous avez des questions ou de les poser simplement dans la salle des questions et réponses afin que je puisse les transmettre à Madame l’ambassadrice Currie.

Juste pour revenir sur ce que Bereket a dit, il y avait clairement beaucoup de bruit derrière lui alors qu’il lui posait une question. Mais j’aime vraiment l’aspect de cette focalisation sur la médiation des négociations et l’enseignement de ces processus aux femmes, car il ne s’agit pas simplement de permettre la participation des femmes aux négociations. Il s’agit de mobiliser les femmes qui conviennent. Et de faire en sorte, comme vous l’avez dit, qu’elles sont formées à cet effet.

Nous comprenons que les processus de paix auxquels les femmes participent en tant que médiatrices, négociatrices et groupes d’intérêt ont des perspectives bien plus prometteuses que ceux dans lesquels les femmes sont absentes. J’espère donc que nous encourageons les gouvernements et que nous encourageons la société civile à vraiment profiter de la – de l’Initiative des opérations de paix mondiales pour être en mesure de mieux le faire.

Je vais revenir à Top Africa News. Une autre question que nous avons reçue sur la manière dont les femmes sont traitées dans les opérations de maintien de la paix. « Que pensez-vous du traitement des femmes dans les opérations de maintien de la paix ? Et avez-vous connaissance de cas de violences envers des femmes dans le cadre de celles-ci ? » Je sais que vous avez déjà abordé certaines de ces questions. Si c’est le cas, pouvez-vous nous parler de manière générale de ces cas et de ce qui est fait pour mettre fin à ce type de menaces et de traitement à l’encontre des femmes ?

Madame l’ambassadrice Currie : Donc, la question des violences et de l’exploitation sexuelles dans le cadre des missions de maintien de la paix est quelque chose dont nous avons beaucoup, beaucoup parlé et qui nous préoccupe depuis longtemps. Et nous avons constaté que le fait qu’il y ait plus de femmes dans les missions de maintien de la paix a considérablement réduit le niveau d’exploitation et de violence sexuelle dans l’ensemble du contexte du maintien de la paix.

Donc les États-Unis, nous avons rédigé une résolution au Conseil de sécurité, la résolution 1820, qui se concentrait – c’était une chose cruciale pour nous parce que c’était – je pense qu’il y a – et il y a encore dans de nombreux endroits cette acceptation de la violence sexuelle comme une sorte de dommage collatéral qui accompagne un conflit, et que ce sont juste des choses qui arrivent. Mais nous avons dit très clairement lorsque nous avons rédigé et ensuite poussé à l’adoption de cette résolution qu’il y a un – il y a un lien réel entre la sécurité et la violence sexuelle, et nous insistons sur le fait que la violence sexuelle ne doit pas être la conséquence naturelle du conflit ou de l’instabilité.

C’est inacceptable, et nous insistons pour souligner que ce sont des choses qui peuvent être changées, que nous pouvons les résoudre, qu’il existe des remèdes et qu’il n’est pas nécessaire de les accepter comme un résultat inéluctable. Nous travaillons donc vraiment à tous les niveaux – de la diplomatie à la programmation en passant, encore une fois, par le changement de la nature des déploiements pour faire en sorte qu’en ayant des femmes participant au maintien de la paix, on contribue à réduire considérablement l’incidence de la violence sexuelle.

Encore une fois, les femmes sont toujours – nous – je n’aime pas toujours parler de la façon dont les femmes sont victimes et survivantes de violence sexuelle parce que je pense que nous ne devons pas le faire – je veux – je tiens à insister sur le libre arbitre des femmes et la capacité de résilience des femmes et leur capacité à diriger les processus de paix et à être des actrices fortes et pleinement autonomes dans ces processus. Mais le fait est que les femmes sont souvent ciblées et que ce sont des outils intentionnels utilisés par les parties au conflit pour démoraliser, dans le cadre d’un conflit. Et c’est souvent un effort concerté de la part des parties – à titre de tactique de guerre.

Et nous continuons de faire tout ce que nous pouvons, non seulement en prenant des mesures de prévention et de remédiation et en fournissant un soutien et une assistance aux survivants, mais aussi par la responsabilisation. Et c’est là que, vraiment, si vous pouvez augmenter le niveau de responsabilité, vous créez différentes structures d’incitation qui favorisent l’élimination de ces choses.

Donc, comme je l’ai déjà dit, lorsque nous parlons de maintien de la paix, l’une des choses les plus importantes que l’ONU a faites est d’instituer une plus grande culture de responsabilisation autour du maintien de la paix lorsque ces incidents se produisent – et ils continuent malheureusement de se produire là où des troupes de maintien de la paix sont impliquées dans des incidents – que l’on doive en rendre compte. Les auteurs sont immédiatement retirés du contexte. Les pays sont pénalisés. Et vous savez qu’il s’agit souvent de sources de revenus importantes pour les pays qui fournissent des contingents, et ils en ressentent les conséquences lorsque leurs unités se comportent mal et font des choses qu’elles ne sont pas censées faire. Nous avons donc été très – et c’est relativement nouveau, ce niveau de responsabilité.

Simultanément, nous veillons aussi à ce qu’on en rende compte lorsque ces choses se produisent, lorsque ces crimes sont commis – et ce sont des crimes, soyons très clairs à ce sujet – lorsque ces crimes sont commis dans le contexte d’un conflit armé. Nous travaillons dans le cadre de plusieurs missions d’enquête. Nous travaillons avec – et les États-Unis prennent très au sérieux nos propres engagements envers la justice et pour nous assurer que nous avons – nous avons des programmes, y compris un qui – au Rwanda, nous venons d’aider à capturer un fugitif qui était  en fuite depuis le génocide rwandais, un génocidaire qui se cachait depuis plus de 25 ans et grâce à notre programmes de récompenses dans le cadre de la lutte contre les crimes de guerre (War Crimes Rewards Program), nous avons contribué à sa capture.

Et c’est donc le genre de chose où nous travaillons à beaucoup de niveaux d’engagement différents, de cette offre de récompenses pour la capture de criminels de guerre qui ont participé à des actes odieux, à veiller à ce que les missions de maintien de la paix examinées au Conseil de sécurité soient tenues de respecter les normes de comportement les plus élevées, en passant par le travail avec nos partenaires par le biais de la formation pour s’assurer qu’ils sont adaptés à leurs missions lorsqu’ils se rendent sur le terrain.

Je pense donc que nous avons – nous essayons à tous les niveaux possibles de résoudre ces problèmes, mais ils continuent de se produire. Il est essentiel de nous assurer que nous les minimisons au moyen des bonnes incitations en veillant à la responsabilisation et à ce que les formations soient ciblées pour les éliminer. Mais nous pouvons le faire. Nous pensons que nous pouvons les éliminer.

Modératrice : Merci. Encore une fois, je tiens à rappeler à nos participants qu’ils doivent appuyer sur le bouton « lever la main » s’ils ont des questions pour Madame l’ambassadrice Currie. C’est l’occasion de poser des questions sur les femmes, la paix et la sécurité sur le continent africain.

Madame l’ambassadrice Currie, parlez-nous un peu du langage des femmes, de la paix et de la sécurité. Et comment faire en sorte que ces questions, le langage des femmes, de la paix et de la sécurité, soient mieux connues dans les cadres de sécurité nationale ? Quand les gens parlent de la sécurité nationale, honnêtement, ils pensent à des hommes derrière une table pour prendre des décisions pour un pays. Comment pouvons-nous changer cela et comment nous assurer que la terminologie y contribue ?

Madame l’ambassadrice Currie : Eh bien, je pense que pour nous, il s’agit de beaucoup parler de l’autonomie des femmes et de veiller à ce que les voix des femmes soient entendues et que cela est essentiel, et d’utiliser les idées d’inclusion, comme vous l’avez mentionné, et de pluralisme – que ce sont des décisions cruciales qui sont prises. Je pense que cela tient en partie à cette tendance – et cela m’a toujours semblé en quelque sorte – cela me semble très illogique que vous vous tourniez vers les personnes mêmes qui ont créé un problème, les hommes armés, pour le résoudre. Cela ne fonctionne pas vraiment. Et je pense que nous l’avons appris maintenant, j’espère. Le fait de demander aux personnes mêmes qui ont créé un problème de trouver des moyens de le résoudre va probablement nous faire tourner en rond, et cela a toujours été le cas par le passé.

Je pense donc que se concentrer sur le rôle des femmes en tant qu’agentes et qui – et en tant que personnes qui peuvent aider à résoudre les problèmes est vraiment essentiel à ce processus, pour nous assurer que nous considérons les femmes non seulement comme des victimes de conflits, mais comme des personnes qui ont un rôle important à jouer en tant que pacificateurs et artisans de la paix. Et l’inclusion de ce genre de langage – et je pense que vous le voyez avec la Commission de consolidation de la paix à l’ONU. Vous le voyez avec une architecture différente en cours de développement. Vous voyez les exigences.

Dans un autre contexte – ce n’est pas l’Afrique, évidemment, mais en Afghanistan où nous travaillons beaucoup et, de toute évidence, c’est une question très importante pour les États-Unis. Nous avons insisté pour que les femmes participent à la prise de décision. Et maintenant, je pense que nous commençons à le voir, à voir que les tables où il n’y a pas de femmes présentes, ça ne va pas, et cela commence à – nous commençons à voir ce changement, lorsque vous avez une vision d’hommes uniquement qui travaillent sur un problème, les gens disent maintenant – y voient maintenant un problème. Et je pense que c’est là que nous avons ce changement de paradigme qui est vraiment critique, où il devient, comme je l’ai dit, totalement une seconde nature de faire en sorte que les femmes soient incluses, non pas comme des alibis, mais comme des personnes réellement autonomes, comme des actrices de la paix.

Et donc nous essayons d’utiliser ces mots d’action. Je sais que cela semble parfois ridicule, mais nous essayons de nous assurer que nous utilisons des termes très actifs et forts pour décrire ce dont nous parlons en termes de participation des femmes.

Modératrice : Fantastique. Vous pouvez probablement voir l’expression de mon visage s’animer, même si je suis en mode silencieux. Je tiens vraiment à vous remercier, Madame l’ambassadrice Currie. Nous tenons vraiment à remercier tous nos participants. Et je voudrais vous demander si vous avez quelques mots à ajouter en conclusion, ce que vous voulez que nos journalistes retiennent, peut-être un plaidoyer ou un acte auquel vous aimeriez qu’ils participent.

Madame l’ambassadrice Currie : Continuez simplement à parler de cette question, car c’est important. Vos voix sont importantes pour faire en sorte que l’on s’intéresse à cette question dans vos pays d’origine et que vous puissiez nous aider à communiquer ce message sur la nature essentielle des questions relatives aux femmes, à la paix et à la sécurité et de ce programme. Le continent africain est vraiment à la pointe s’agissant de ces questions. Je dois dire que c’est un domaine dans lequel nous coopérons beaucoup avec nos partenaires en Afrique et nous nous réjouissons de continuer à œuvrer en ce sens, et nous sommes impatients de continuer à coopérer dans cet espace. Merci.

Modératrice : Cela conclut le point de presse d’aujourd’hui. Je tiens à remercier – je remercie sincèrement Madame l’ambassadrice Kelley Currie, ambassadrice itinérante pour les questions relatives aux femmes dans le monde du bureau correspondant du département d’État des États-Unis, de nous avoir parlé aujourd’hui, et je tiens à remercier tous nos journalistes pour leur participation. Si vous avez des questions quelles qu’elles soient sur le point de presse d’aujourd’hui, vous pouvez contacter le Centre médiatique régional de l’Afrique à [email protected] Merci.

Madame l’ambassadrice Currie : Merci.


Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.
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